Denis Bonzy

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  • Vif, St Paul de Varces, Varces, Claix … : la démocratie locale en crise

    Au début de la seconde moitié des mandats municipaux, un constat s'impose : la démocratie locale est en crise dans plusieurs Communes et sur des bases assez identiques.

    1) L'urbanisation densifiée accélérée suscite de vives oppositions naturelles. Du jour au lendemain, des personnes qui ont effectué des efforts financiers considérables voient leur cadre quotidien de vie entièrement modifié pour subir un nouveau voisinage qui va susciter du bruit, des nuisances diverses. C'est normal que des réactions s'expriment.

    2) C'est d'autant plus normal que, très souvent, les projets en question ne figuraient pas dans les programmes municipaux de 2008. Par conséquent, les habitants ont le sentiment que le "contrat de 2008" a été trahi.

    3) En plus de considérations individuelles légitimes, les habitants ont conscience que l'accélération d'une urbanisation densifiée va poser des enjeux collectifs majeurs à court terme dont l'adaptation de certains équipements publics.

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  • Le « nouvel impôt » : l’emploi ou le mensonge à plusieurs milliards de dollars

    Le groupe GE (General Electric) vient d'être pris en flagrant délit de mensonge. Son Vice-Président (John Krenicki) a déclaré au sujet des impôts acquittés par le groupe :"nous payons ce que nous devons. Les impôts fluctueront". Mais le New York Times révèle dans la foulée que le groupe qui avait réalisé 10 milliards de dollars de bénéfices sur son exercice 2009 n'a pas payé d'impôt aux Etats-Unis. Il en est de même sur 2010.

    Ces groupes acquittent un autre "impôt" : l'emploi. Actuellement les gros employeurs effectuent bien un chantage à l'emploi : des impôts = moins d'embauches.

    Lors des années difficiles, les pertes sont nationalisées et payées par tous les contribuables. Lors des années faciles, les bénéfices sont privatisés ou délocalisés et les contribuables ne voient même pas un retour partiel par le biais des impôts.

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  • Kévin Bernardi : « Annecy 2018 ou les nouveaux défis de l’olympisme »

    Annecy met en lumière la beauté des paysages des Alpes françaises dont la renommée n'est plus à faire.

    Toutefois, cette promotion permet indéniablement de montrer le savoir-faire français en matière d'accueil de sports d'hiver (en témoigne le succès rencontré par l'IBU Cup de biathlon au Grand Bornand avec plus de 10 000 spectateurs).

    Lors de la visite de la Commission d'Evaluation du CIO à Annecy (09 au 12 Février dernier), les experts ont mis en avant la qualité des sites et ont été impressionnés par les paysages naturels qui sont au coeur de la réflexion olympique d'Annecy, à savoir le développement durable d'un territoire pour construire la montagne du XXIe siècle.

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  • Cantonales 2011 : faits majeurs : Grenoble : la révolution verte : new look vert contre radical chic

    Les cantonales de mars 2011 consacrent l’indiscutable poussée des Verts dans une vaste agglomération grenobloise. Avec le pourcentage élevé des votes protestataires (FN + FdG), c’est probablement le fait politique majeur actuel. Dans l’agglomération, les Verts sont au coude à coude avec le PS. Pourquoi ?

    1) Il y a une sociologie grenobloise « particulière » : les nouvelles technologies, l’Université … apportent un creuset culturel favorable à cette sensibilité politique. Il suffit de participer à une des manifestations en question pour constater une « vague porteuse » indiscutable. En novembre 2009, la conférence de Chouinard (PDG de Patagonia) a été à l’origine d’un accueil d’une « rock star » rarement connu à ce point.

    2) Le PS local a longtemps incarné une « contre-culture » qui empruntait à « l’esprit des Verts ». Mais le PS a évolué vers une culture gestionnaire qui laisse désormais un espace important aux Verts. Au départ, le PS grenoblois, c’est la « culture CFDT » des années 70, le « rocardisme du temps du PSU » : l’anti-étatisme, l’autogestion, les radios libres … C’était même la « contre-culture » au sein des instances du PS face à Mitterrand et localement à Mermaz. Aujourd’hui, le PS grenoblois, c’est « le radical chic » et tout particulièrement la « nouvelle génération » du PS (Safar, Noblecourt …). C’est le second élément qui s’ajoute au premier. Les Verts ont un espace neuf abandonné par le PS « version gestionnaire » des années 2000.

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  • Cantonales Isère 2011 : les 6 leçons du second tour

    1) La gauche a atteint un seuil technique qui freine désormais sa marge de progression. Pour bon nombre d'observateurs, l'analyse est faussée par une fiction : les cantons seraient politiquement à 50 / 50 en matière d'appartenance politique et les candidats ou les circonstances feraient la différence. Les cantons ont un ancrage politique très marqué. C'est le canton qui fait le candidat et non pas l'inverse. Depuis la progression engagée en 1995, la gauche en Isère a atteint une sorte de plafond technique. Elle s'attaque désormais à de véritables bastions de droite. En gagner un ou deux relève désormais d'un exploit.

    2) L'électorat a beaucoup gagné en indépendance de décision. Anticiper une élection sur les bases d'un autre scrutin est une aventure très risquée. Par conséquent, il y a peu de tendances certaines à tirer du scrutin de mars 2011 a fortiori quand il est marqué par une abstention record de ce type.

    3) Néanmoins, des évolutions méritent l'attention. La progression va aux "nouvelles formations" (Verts et FN). Le PS se stabilise. L'UMP continue sa chute.

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  • Cantonales 2011 : Grenoble et Vienne à un tournant

    Ces élections cantonales sont un tournant pour les deux principales Villes du département de l'Isère : Grenoble et Vienne.

    Tout d'abord, sur le sujet de la participation, certes l'abstention va battre des records mais il s'agit d'une tendance désormais durable depuis 1983 sur le plan national. Depuis 1983 en effet, l'abstention progresse en permanence lors des élections locales y compris à l'occasion des municipales. Participation mars 2011 Il y a là un phénomène durable qui va imposer des analyses détaillées bien au-delà du seul scrutin de mars 2011.

    Ensuite, pour plusieurs Villes, c'est un tournant politique pour 3 raisons :

    1) l'entrée dans la seconde moitié du mandat accélère le temps dont la question de la succession des Maires sortants. Une seconde moitié de mandat qui sera marquée par deux scrutins majeurs dans une douzaine de mois : la présidentielle puis les législatives dans la foulée immédiate,

    2) A Grenoble, le tournant est dans l'installation ou pas des écologistes comme concurrents du PS à égalité avec lui ou presque. Les scores sur Grenoble 1 et St Egrève seront très instructifs. En 2008, l'équipe de Michel Destot s'est émancipée des Verts en cherchant un équilibre vers le centre : Modem + société civile. Mais la société civile n'existe plus dans le débat politique actuel et le Modem est à moins de 5 % quand les Verts récoltent de 15 à 20 % dans l'agglomération … Le compte n'y est donc plus ! C'est une nouvelle donne a fortiori si les Verts devaient compter deux Conseillers Généraux le 27 mars au soir,

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  • Annecy : nouvelle capitale française de la montagne

    Annecy augmente ses moyens financiers pour défendre sa candidature pour 2018. Dans les derniers jours, la Caisse des Dépôts et Consignations vient de participer à hauteur de 1, 5 millions d’euros. Orange a confirmé sa participation pour 400 000 €. La semaine prochaine, des annonces sont attendues du côté de Total et Sodexo.

    La compétition avec Munich reste très difficile. Mais, Annecy organise avec intelligence une recomposition des places sur le podium des villes françaises de la montagne. Les violences répétées ont changé l’image de marque de Grenoble en « l’urbanisant », en l’éloignant d’une « nature douce » pour la placer dans l’imaginaire des villes ayant du mal à dompter leur développement urbanistique. C’est peut-être là le prix le plus lourd à terme pour la Capitale du Dauphiné. A fortiori quand, au même moment, une voisine (Annecy) assure la promotion de ses « belles montagnes ». Le choc des comparaisons devient alors difficile.

    Dans cette recomposition, Annecy est en passe de devenir manifestement la nouvelle capitale française de la montagne. C’est un nouvel équilibre qui émerge dans la logique à terme du « sillon alpin » à supposer que cette perspective dépasse le stade des bonnes intentions.

  • 36 jours qui vont être très instructifs …

    Le Canada vient de se lancer dans une élection fédérale. C’est une chance formidable pour effectuer ses « ultimes révisions » avant la présidentielle française. En effet, la démocratie canadienne est une démocratie d’une extrême qualité, vivante, imaginative avec des candidats dotés d’un fort leadership. En janvier 2006, Stephen Harper a inversé une tendance à l’aide d’une campagne négative d’une remarquable efficacité transformant le parcours initial paisible des sortants en défaite grâce à une campagbe referendum sur le scandale des commandites.

    C’est une démocratie à ce jour plus offensive que la démocratie française. Il importe donc d’observer attentivement la place des réseaux sociaux dans cette campagne. Là aussi, les ménages canadiens sont très équipés, très actifs.

    Avec 12 mois d’avance, c’est une chance considérable que de pouvoir constater sur le terrain, dans les faits, la portée de nouvelles méthodes dans les actuelles circonstances de crise avec le particularisme qui peut en résulter pour le pouvoir sortant.

    Ce sont donc 36 jours qui vont être très instructifs.

  • La région Ouest veut concurrencer la Silicon Valley …

    La 11 ème édition de Start West vient de se dérouler à Rennes. C’est une initiative remarquable conduite par des entrepreneurs de l’Ouest de la France. Les projets locaux sont de très grande qualité. De nouvelles perspectives de réseaux sociaux ont été présentées. L’innovation est manifestement au rendez-vous.

    Cette région Ouest, autour de Nantes et de Rennes, met en place des initiatives de très grande qualité à l’exemple de l’opération Atlantic2.0. Ce qui pose difficulté, à la différence de la Silicon Valley ou de la route 128, c’est la présence d’investisseurs nombreux et aux centres d’intérêts diversifiés. Les projets sont manifestement là avec un grand sens de l’innovation mais les « partenaires financiers » sont moins nombreux, moins « investisseurs » et surtout moins téméraires.

    Sans ce volet financier, cette initiative peine à connaître le succès qu’elle mérite pourtant.

  • Présidentielle France 2012 : la course de lenteur

    En 2012, les Etats-Unis connaissent leur présidentielle en novembre, soit six mois après le scrutin français. Pour autant, les déclarations officielles ont déjà débuté. Quant aux visites sur le terrain, elles avaient été engagées depuis plusieurs semaines déjà.

    Quel contraste avec la France ! En France, à l'exception objective de Marine le Pen, les autres candidats ont engagé une course de lenteur. C'est à celui qui organise le jeu du "je ne sais pas encore ou si je le sais je ne le dis pas …".

    Aucun d'entre eux n'a véritablement engagé une plongée dans les "terroirs" comme si être à Paris et parcourir les plateaux TV c'était rencontrer … la "France profonde".

    Ce sont toutes ces attitudes de la classe politique qui provoquent l'exaspération. Une exaspération qui n'est probablement qu'au début de son expression.

    Pour concurrencer sérieusement le FN, il faut une "plongée dans le vrai" d'une classe politique entièrement décrédibilisée qui vit en microcosme. L'opinion n'a pas de réponse à ses vraies questions, donc elle part dans une escalade qui est d'abord un cri.

    Ce n'est pas en cherchant à la culpabiliser que le problème sera réglé.

    Pourquoi les prix à la pompe ne sont-ils pas bloqués : parce que ceux qui décident n'ont pas payé l'essence de leurs voitures de … fonction depuis une éternité ? 

    Pourquoi les forces de l'ordre sont-elles si présentes le jour pour verbaliser au bord des chaussées et si absentes la nuit pour faire respecter l'ordre fut-ce par la simple dissuasion de l'idée de voir un uniforme ? Existe-t-il un autre "marché" où la demande d'ordre est organisée en totale opposition de l'offre de délinquance : depuis le choix des lieux de présences jusqu'aux horaires des présences … ?

    Plus cette course de lenteur durera face aux problèmes comme face au terrain, plus Marine le Pen gagnera des voix parce qu'elle l'outil emblématique de la revanche face à une élite qui exaspère. Il serait temps que cette élite regarde en face cette réalité car, au lieu de lutter par les mots contre le FN, elle en est aujourd'hui le premier promoteur dans les actes.