Bien loin des théories fumeuses, une question très pratique se pose : jusqu'où le mécontentement actuel va-t-il faire grimper le Front national ?
Deux éléments d'incompréhension (volontaire ou pas ?) ne sont pas assez considérés à ce jour :
1) Le FN a dépassé le seul objet de la sécurité ou de l'immigration. Il y a une incompréhension sur son ADN. Il est le vote de "l'anti-système" : c'est la démonstration de l'exaspération contre un statu quo qui ne peut plus durer.
2) Par conséquent, chaque fois que l'actuel système pose problèmes, il alimente le vote FN qui est aujourd'hui dans l'agglomération grenobloise le troisième parti politique.
Jusqu'où les forces politiques classiques poursuivront-elles leur autisme face aux préoccupations des Français ?
Le sondage Ifop / Paris Match à paraître demain montre une nouvelle détérioration de la cote du Président de la République. Une détérioration qui mène à un seuil historique battant tous les planchers.
Dans le même temps, dans la foulée des cantonales, le PS progresse en crédibilité mais peu (+ 4 points) et surtout parvient au seuil modeste de 43 % en qualité à faire … mieux.
Au pouvoir depuis 16 ans, l'actuelle municipalité conduite par François Diaz décide d'augmenter le tarif du m3 d'eau de + 21, 4 % et le prix des nouveaux compteurs d'eau de + 51 %. Comment expliquer cette hausse aussi considérable que soudaine ?
L'analyse des dernières cantonales a une fois de plus été occultée par des déclarations tapageuses qui ont prévalu sur la réalité de certains chiffres. C'est le cas tout particulièrement de l'examen des scores du FN lors de ce scrutin. Quatre appréciations fausses se sont installées au premier rang du débat.
1) Le FN a manqué son second tour. C'est faux. Dans toutes les hypothèses, le FN a progressé en moyenne de 10 points au second tour. Cette réalité ne doit pas être cachée par la faiblesse du nombre national des élus FN.
2) Le FN bénéficie du climat culturel installé par l'UMP. C'est faux.
A 9 jours de la présentation de son projet pour les Français, le Président de République Solidaire, en visite à Denain avec à ses côtés Brigitte Girardin et Isabelle Baert, a montré une nouvelle fois l’immensité de ses différences avec la situation actuelle.
Presque tout oppose la vision de Dominique de Villepin et la réalité de la France actuelle.
Dominique de Villepin souhaite réconcilier les différences quand la mode actuelle est à les nier ou à les stigmatiser. Il a ainsi pris le temps pour une visite au Député Maire PS.
L’UMP est souvent devenue un portrait des privilèges quand l’opinion attend d’abord
Le Président de République Solidaire passe pour un rebelle en matière d’idées avec le souci qui est le sien de ne jamais être prisonnier de la « pensée unique ». Mais, c’est surtout par son style qu’il casse les codes de la classe politique française. Une classe politique qui parle souvent de sport mais qui ne le pratique pas, qui loue les bienfaits de l’activité physique mais pour les … autres, qui, avec la Vème République, a toujours revendiqué la fin des repas républicains du « bon radicalisme d’antan » sans nécessairement abandonner la « taille cassoulet » de ses prédécesseurs et loin s’en faut.
A l’opposé de ces constats, Villepin pour l’opinion publique, c’est d’abord le candidat jus de fruits. Nul doute que ce côté de son style explique une bonne partie de la sociologie de ses soutiens dont son impact chez les jeunes.
C’est un style qui devrait compter en 2012 parce qu’il est la face la plus visible d’une façon d’être qui tranche avec les repères habituels de la classe politique.
Cette formule du Gal de Gaulle a souvent été commentée : « toute ma vie, je me suis efforcé de respecter l’héritage des capétiens« . Cette formule s’applique aux contenus des priorités exposées par Dominique de Villepin : l’indépendance dans la politique internationale et l’unité nationale en matière de politique intérieure.
Sur le plan intérieur, cette volonté a été exposée dès le discours du 19 juin 2010. C’est d’abord une certaine idée de l’Etat. Un Etat qui se tient à l’écart de l’effervescence politique, qui incarne l’honneur et la vertu, qui est d’abord le socle permanent de l’unité nationale.
C’est probablement sur ce volet que la politique conduite ces dernières années a accumulé de nombreux déficits.
Déficit d’autorité quand l’Etat s’incline à ce point devant des féodaux locaux qui dans certaines géographies conduisent des politiques aussi opposées à de grandes priorités nationales par démagogie, par opposition partisane ou par clientélismes locaux.
Déficit d’éthique donc de vertu avec la multiplication d’affaires qui créent un soupçon permanent d’affairisme dans l’opacité.
Déficit d’honneur quand des représentats éminents de l’Etat gaspillent des deniers publics dans des comportements individuels scandaleux. Là aussi la multiplication des affaires s’est accélérée au point de banaliser des comportements indignes qui expliquent aujourd’hui pour une grande partie le niveau de l’abstention ou le poids de votes protestataires : depuis les cigares payés par les contribuables jusqu’aux appartements de fonction occupés dans des conditions « particulières » en passant par le coût de jets privés pris en charge par les deniers publics …
L’opinion attend manifestement une autre attitude de l’Etat, de ses représentants, qu’ils soient capables de donner l’exemple et d’être les garants du ciment de la nation dans la diversité et les épreuves.
Ce volet sur la place et les fonctions de l’Etat sera probablement l’un des points majeurs des propositions de Dominique de Villepin le 14 avril 2011 lors de la présentation de son projet pour les Français.
A 12 jours de la présentation de son projet pour les Français le 14 avril au Press Club, Dominique de Villepin apparaît progressivement sous un jour neuf pour l’opinion qui a appris à mieux le connaitre sans les dorures de l’exercice du pouvoir. Ces trois dernières années ont été l’étape de « l’autre tempérament ».
Cette étape est double en réalité dans l’esprit de l’opinion.
Dominique de Villepin a été d’abord le caractère différent de celui du Chef de l’Etat sortant. Ce dernier semble entièrement accaparé par le pouvoir. Chaque seconde de journée parait alors vouée à la conquête ou au maintien au pouvoir. Tandis que pour l’ancien Premier Ministre de Jacques Chirac il y a une vie « à côté » de la politique où la littérature, le sport notamment sont des composantes à part entière de l’équilibre global.
C’est une facette qui compte de plus en plus pour l’opinion car elle donne une densité et une authenticité recherchées désormais par les citoyens.
C’est ensuite la facette d’un responsable public accessible, proche, cool, sympa.
Le jeu politique le plus répandu actuellement ne consiste pas à chercher « qui fait » mais « qui ne permet pas de faire ».
La politique est ainsi devenue le jeu du mistigri. Les impôts locaux augmentent, c’est la faute à l’Etat. Les équipements municipaux prennent du retard, c’est la faute à la Région qui ne verse pas la subvention. Un gymnase n’est pas construit, c’est la faute au Département qui tarde à financer sa part. Des logements sociaux sont perçus trop nombreux, c’est la faute au schéma d’agglomération …
Il n’y a bien que pour percevoir leurs indemnités que les élus, professionnels de la politique, ne trouvent pas d’excuses ou de bouc-émissaire pour expliquer une impossibilité ou un retard.
Valérie Pécresse de passage sur Lyon vient pour une fois de casser ce code du « jamais responsable ». Elle a constaté des retards graves sur le plan campus et elle a, en présence de l’intéressé, clairement indiqué à qui incombait la faute : la Région Rhône-Alpes.
Il y a là une clarté de ton qui change avec l’hypocrisie ambiante généralisée et de surcroît en présence du Président de la collectivité concernée.
La poussée de la préoccupation environnementale dans l’agglomération grenobloise résulte de très nombreux facteurs mais surtout du constat d’échec dans la gestion de ressources naturelles de grand qualité et de proximité.
C’est le cas du Syndicat du Lavanchon.
Cette rivière remplit toutes les qualités pour être un exemple de bonne intégration dans l’environnement de qualité. Que constate-t-on ?
1) Les berges ne sont plus entretenues à l’exemple d’ailleurs de la quais-totalité des chemins de proximité. Des chemins qui subissent des détériorations par des usages inadaptés à l’exemple des pratiques violentes de quads et de motos. Ces usages sont une menace grave pour l’ensemble de l’éco-équilibre et connaissent une incompatibilité absolue avec les randonneurs. Mais rien n’est fait pour assurerle respect d’une réglementation pourtant présentée comme adoptée en terme d’interdiction.