Denis Bonzy

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  • Plus envie d’entendre …

    Lors du dernier débat pour les élections fédérales canadiennes (mercredi), la firme de sondage Angus Reid a mis en place un dispositif souvent actionné en France dans des études lourdes : l’indication en temps réel de l’adhésion dans la suite immédiate de l’expression d’un leader politique.

    3 leçons majeures :

    1) quand Harper défend son bilan, la manette a été baissée quasi-systématiquement et immédiatement : il n’y a plus envie d’entendre,

    2) quand Ignatieff s’exprime, c’est trop détaillé. Il ennuie et la manette baisse au fur et à mesure que l’explication dure,

    3) les seules adhésions fortes interviennent lors de moments brefs d’émotions appliqués à la vie quotidienne : simple, concret, vécu !

    C’est l’inconnue de 2012. Pour qu’il y ait rebond de tel ou tel candidat, encore faut-il qu’il y ait envie d’entendre. La crise a usé la capacité à entendre. La crise a fragilisé la place de la raison donc de la démonstration au profit de la seule émotion. C’est une donnée nouvelle à ce point là qui risque d’ouvrir l’espace à des surprises encore plus fortes que d’ordinaire.

  • Urbanisme : la Faute-sur-Mer ou la faute sur Maire ?

    Des noms portent des symboles lourds à l'exemple de l'actuelle Commune de la Faute-sur-Mer. Au-delà de cette Commune, l'urbanisme est l'un des échecs majeurs de la décentralisation des années 80.

    Dans les Communes de dimensions petites ou moyennes tout particulièrement, le poids des propriétaires fonciers lors des élections municipales est considérable. Des présences au sein des équipes municipales posent des questions majeures des intéressés comme de professionnels du secteur de la construction.

    La gravité est double :

    – le retrait de l'Etat a été excessif en la matière. Il a disparu du circuit tant du volet du conseil que du volet de la surveillance et encore davantage de celui de la décision,

    – l'importance financière des décisions a considérablement augmenté. Une opération immobilière est un enjeu financier de première importance.

    La décentralisation du début des années 80 a montré toutes ses limites. L'urbanisme est une caricature des méfaits d'une décentralisation qui s'est accompagnée d'un retrait excessif de l'Etat. La Faute- sur-Mer, dans des circonstances dramatiques, n'est que la première étape d'une "vague" d'affaires qui devraient conduire à des évolutions urgentes en la matière.

  • Grenoble 2014 : la bataille entre les héritiers, les successeurs et les dauphins

    La succession éventuelle de Michel Destot en 2014 alimente de plus en plus les commentaires. A écouter certaines déclarations, la décision serait prise et les premiers intéressés auraient même été informés dernièrement.

    Trois profils se détachent.

    Pour voir s’il y a des « héritiers », il faut d’abord identifier s’il y a un « héritage » : une idéologie ou des pouvoirs dont le parti qui peuvent être légués comme un actif déterminant. Il n’est pas sûr qu’il y ait matière à héritage malgré le pouvoir, malgré les années de gestion. Le parti est tenu par une sensibilité différente des « rocardiens grenoblois historiques ». Le pouvoir a été « peu partagé » sur Grenoble même et les classements de notoriété assistée le rappelent. L’idéologie est en situation difficile avec la montée des Verts qui désacralisent le bilan tant ils sont contestataires sur la quasi-totalité des fronts.

    Par conséquent, il n’est pas sûr que l’un des prétendants se positionne en « héritier ».

    Y a-t-il matière à se positionner en « dauphin » ? Ce positionnement apporte deux nuances : la différence de génération et la complicité du pouvoir comme le roi jadis veillait à l’ascension du dauphin pour un passage de témoin dans la « douceur ». Il n’y aura pas de « douceur » parce qu’il y a trop de dauphins : Safar, Noblecourt …

    Existe-t-il alors un « successeur » ? L’espace du successeur est singulier : être fidèle, appartenir à la même génération que le détenteur sortant du pouvoir. C’est le « Poulidor » d’hier auquel Anquetil accepte de laisser la première place du podium parce qu’il n’est plus dans la course. Deux personnes ont ce profil : G. Fioraso et S. Siebert. Ils ont été des adjoints techniques. Pour accéder à la première fonction, il leur faut sortir de la technicité qui a fait leur force hier et aujourd’hui.

    Par conséquent, la situation s’annonce singulière. C’est l’une des originalités de l’année qui vient où la présidentielle puis les législatives dans la foulée vont dénouer des positionnements bien au-delà des seuls enjeux en question sauf à enregistrer avant que le Maire de Grenoble partira pour une candidature de plus ou que les autres candidats aient trouvé un accord consensuel, ce qui paraît très hautement improbable.

  • La Métro : la cohérence de son aire d’interventions : un débat jamais ouvert

    La Métro, structure de coopération intercommunale dans l’agglomération grenobloise, est d’abord une création politique avant de répondre à une logique d’organisation territoriale.

    Trois débats n’ont jamais été ouverts publiquement parce que la Métro a d’abord dépendu de choix exclusivement politiques.

    1) Il n’a jamais été question d’un tableau comparatif entre un dispositif mutualisé et la création d’une structure de ce type. La raison est simple : le choix était politique et non pas financier. Il s’agissait d’organiser la cohabitation entre Destot et Migaud dans l’agglomération grenobloise. Donc, à chacun « sa collectivité ».

    2) Il n’a jamais été question d’une logique dans les rapports entre la Ville clef (Grenoble) et la Métro. La Métro est l’une des très rares structures sur le plan national (peut-être même la seule ?) où le Maire de la Ville centrale (Grenoble) ou son représentant n’occupe pas la Présidence de la structure intercommunale. La raison est identique au point 1.

    3) Il n’a jamais été question d’une logique territoriale de la Métro, d’où le développement déséquilibré vers le Sud Isère au lieu du bas Grésivaudan par exemple. La raison est simple : Didier Migaud était Député du Sud Isère et la Métro s’est orientée « tout naturellement » vers sa circonscription d’alors.

    Ces points ont toujours été reconnus et établis. A la page 9 du document ci-dessous mis en ligne le 12/09/2008 (3 209 lecteurs à ce jour), il y a une présentation très détaillée de ce dispositif et des incohérences manifestes qui en résultent.

    Par conséquent, si un débat devait être ouvert sur la logique d’interventions de la Métro sur les bassins de vie qui composent l’agglomération grenobloise, ce serait une première depuis 1995.

  • Agglomération de Grenoble : le record des échelons administratifs

    L'intercommunalité peut réserver le meilleur comme le pire tant elle se déroule à l'écart d'un contrôle démocratique direct.

    Le meilleur, quand des structures mutualisent leurs moyens sans créer d'organisme nouveau supplémentaire.

    Mais le pire quand la multiplication des structures est à l'origine d'une mêlée de dispositifs, de commissions …où les citoyens ne peuvent s'y retrouver.

    C'est ce pire que vit l'agglomération grenobloise. La Métro absorbe le Voironnais. Crolles n'est pas dans la Métro mais Coublevie y sera. Où est la cohérence territoriale ?

    Les "mauvaises langues" disent que les indemnités des élus et les rémunérations de certains postes étant alignées sur l'équivalent population, c'est un bond en avant considérable des indemnités en question ? Ce volet méritera d'être clarifié.

    Et au même moment, le Sillon Alpin donne lieu à l'installation d'une conférence interdépartementale informelle. L'agglomération grenobloise est la seule à connaître à court terme 9 échelons :

    – Commune,

    – Canton,

    – Métro,

    – Circonscription législative,

    – Métro + Voironnais,

    – Département,

    – Conférence interdépartementale du Sillon Alpin,

    – Région,

    – Etat.

    Un métier à part entière que de passer d'une réunion à une autre de l'un de ces échelons où comment vivre en circuit fermé avec des indemnités cumulées.

    En pleine crise, quand l'allègement des charges publiques est un impératif avec un besoin de clarification pour mieux identifier les responsabilités, c'est un choix bien particulier qui est effectué montrant le décrochage entre les réalités et des professionnels de la politique.

  • Lycée de Vif : un projet de plus … sur le papier !

    Brigitte Périllié rend public une lettre de "bonne intention" sur le projet de lycée de Vif. Une lettre qui n'engage à rien et qu'elle baptise elle-même avec pudeur de "commencement d'un début", ce qui témoigne à la fois d'une lucidité certaine pour le papier en question mais d'une moins convenable volonté de réécrire l'histoire locale.Canton de Vif lycée avril 2011

    Pendant combien de temps encore, les actuels détenteurs du pouvoir local lanceront-ils autant de projets sans la moindre suite concrète ?

    Le péage urbain : grand dossier il y a trois mois. Qu'en est-il aujourd'hui ?

    La rocade Nord : grand dossier il y a 10 ans. Sans suite aujourd'hui.

    Le sillon alpin : grand projet il y a 15 ans. Sans suite aujourd'hui.

    La carte des lycées va s'ajouter à cette liste impressionnante des projets appelés à "changer la vie" qui ont coûté cher aux contribuables pour des études sans lendemain.

    Les campagnes de 2014 sont lancées.

    Avant d'inscrire de nouveaux projets partout, il serait quand même temps de commencer à s'expliquer sur les raisons de tous les projets d'hier qui ne sont pas aboutis.

    Le papier c'est bien. Les actes c'est toujours mieux.

  • Michael Ignatieff et la « génération Obama 2008 »

    Il faut suivre avec beaucoup d’attention la campagne actuelle de Michael Ignatieff dans le cadre des élections fédérales canadiennes.

    De façon générale, la démocratie canadienne est une démocratie d’une remarquable qualité, moderne, réactive. En 2006, en quelques semaines de campagne, Harper avait inversé les tendances. C’est une campagne que nous avions suivie évoquant dès fin décembre l’inversion qui était intervenue le 10 janvier 2006.

    Le climat commence à frémir pour Ignatieff qui mène une campagne de terrain avec une intensité très efficace. Il met en oeuvre une campagne jumelle de celle d’Obama en 2008 et a pris l’avantage, gagnant + 11 points de bonne opinion dans la seule première semaine de lancement de sa campagne. Il a trouvé le ton intimiste qui convient à l’exemple des explications sur la raison de sa candidature ou la présentation des journées de campagne : site Ignatieff. Harper semble scotché par les contraintes du pouvoir. L’opinion volatile est prête à bouger en faveur de cet universitaire longtemps défait car perçu comme lointain et distant.

  • J – 5 : Dominique de Villepin et le « smile is beautiful »

    Le "success starter" pour le Président de République Solidaire réside beaucoup chez les 18 – 35 ans. Le présidentiable qui parviendra à leur parler, à les impliquer, à les mobiliser peut connaître des bonds de géants.

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  • Grenoble : 12 mois plus tard : quelle situation ?

    Il y a un an, l’image de marque de la Capitale du Dauphiné basculait. Le vendredi 9 avril 2010, elle s’installait à la une des violences urbaines.

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  • J – 6 : Dominique de Villepin et la force militante

    Et si République Solidaire était aujourd’hui la première force militante en France ? Cette question se pose avec une acuité croissante au moment où officiellement l’UMP implose.

    Il importe d’abord de définir le terme même de militantisme. Sur le plan étymologique, ce terme vient de milititia, « le métier de soldat ». Ce volet permet d’ailleurs de mieux comprendre pourquoi c’est un comportement parfois « démodé » maintenant.

    En réalité, il reste « à la mode » à la condition de se vivre selon de nouvelles modalités : l’engagement de cause.

    Dans cette logique, engagement de cause, Dominique de Villepin peut aujourd’hui compter sur une force militante de première qualité.

    1) Sur les « réseaux sociaux », c’est probablement la 1ère force actuelle et de loin. Elle occupe toute la gamme des supports. Le site 2villepin ( 2villepin ) est une formidable base de données constituée sur plusieurs années sans aucune comparaison avec d’autres dispositifs dans ce créneau.

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