Denis Bonzy

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  • Essence : la différence de l’insupportable entre la France et les Etats-Unis …

    L'essence à la pompe est au plus haut. Elle s'invite donc dans la campagne électorale américaine. Dans certains Etats, le prix du gallon d'essence vient de dépasser la barre psychologique des 4 dollars, ce qui met le litre d'essence à environ 1, 05 dollars US le litre d'essence soit 63 cents d'euros.

    Le prix de l'essence fait scandale aux Etats-Unis quand il est moitié moins élevé que le prix pratiqué en France.

    Et en France, la soumission est encore de mise alors que les compagnies pétrolières vont afficher des bénéfices records.

    C'est vrai que la "gestion française" est toujours empreinte d'une certaine spécificité. Les classes scolaires sont fermées parce que les "caisses sont vides" mais elles n'ont pas été vides pour renflouer les banques dans des conditions à l'opacité absolue et elles ne sont pas davantage vides pour financer la guerre en Libye.

    Moins impliqués que la France, les Etats-Unis ont avoué que le coût d'un missile Tomahawk est de 650 000 dollars US soit une dépense pour ce seul poste de 230 millions de dollars pour les seules premières journées selon les chiffres révélés au Sénat US.

    Une bombe française est estimée à 350 000 euros en moyenne. C'est par bombe un budget intéressant pour l'enseignement national.

    La sélection du motif des caisses vides est instructif. Mais les contribuables français sont tellement résignés qu'ils s'acquittent des prix records à la pompe, qu'ils acceptent des fermetures de classes et qu'ils observent une guerre qui n'a pas de coût déclaré pour l'instant. Etonnante situation pour le pays qui se revendique la terre des Libertés et de la Révolution…

  • Le Conseil régional Rhône-Alpes et la micro-centrale de St Paul de Varces

    En 2005, le Conseil régional Rhône-Alpes inaugure une micro-centrale sur la Commune de St Paul de Varces. Cette inauguration le 15 octobre 2005 est l'objet de toutes les attentions pour vanter un "projet exemplaire" supposé rapporter 45 000 € de ressources par an. Sur un montant de 422 000 € TTC, la région et l'Ademe ont apporté 50 % de subventions.Micro centrale 2 18 02 07

    Mais, le 18 février 2007, la micro-centrale en question est entièrement détruite par un chute de rochers. Il s'avère qu'elle ne fonctionnait toujours pas car les autorisations des autorités techniques sanitaires n'avaient pas été données plus d'un an et demi après l'inauguration.

    Il semblerait que les assurances n'aient pas fonctionné dans de telles circonstances. La micro-centrale a été reconstruite et elle serait sur le point d'être cédée à une structure de droit privé pour … 150 000 € selon les chiffres qui sont évoqués.

    Comment un équipement public bénéficiant d'une subvention de 200 000 € (+ ? lors de sa reconstruction) et supposé garantir une ressource annuelle de 45 000 € peut-il être valorisé à 150 000 € lors d'une cession à une structure de droit privé (SEM) ?

    Il serait intéressant pour les contribuables que les critères de valorisation de cette cession soient publiés.

  • Isère : premières indications sur les « cantons » de 2014 …

    En 2014, l'Isère comptera 49 cantons au lieu des 58 actuels. Sur le fond, cette réduction des cantons est une bonne réforme pour au moins deux raisons. Elle va réduire les inégalités de représentation entre les territoires en adaptant les cantons à une moyenne départementale (de l'ordre de 20 000 habitants désormais pour chaque Canton de l'Isère). Elle va réduire le nombre des Conseillers Généraux, nombre considérablement trop élevé à l'exemple de la quasi-totalité des assemblées françaises, ce qui nuit à l'efficacité. DL230411

    Mais encore faut-il que les critères de découpages soient publics, rigoureux, honnêtes. L'honnêteté, c'est la capacité de la structure administrative à correspondre à un espace cohérent de vie et non pas à une rente de situation politique au gré des influences diverses.

    Aujourd'hui, avec la première étape sur la coopération intercommunale, des craintes sérieuses doivent être exprimées.

    1) Le Département est, peut-être pour la première fois à ce point, en voie d'éclatement. Vienne et Roussillon sont en passe de retrouver l'axe Lyon – St Etienne, prochaine grande métropole régionale.

    2) Comment imaginer que le Voironnais puisse rejoindre l'agglomération grenobloise et pas le Grésivaudan ?

    3) Comment imaginer que le Vercors puisse rejoindre l'agglomération grenobloise et pas le sud du Canton de Monestier de Clermont ? Quelle logique ne serait-ce qu'au titre des seules voies de communication ?

    4) Mais surtout, pourquoi la Métro doit-elle absolument franchir le seuil des 450 000 habitants au prix de la déstructuration des bassins de vie dans le péri-urbain ?

    C'est une logique de désaménagement de l'espace très grave à terme.

    Trois vices majeurs affectent l'actuel projet :

    – son élaboration technocratique qui donne trop de marge de manoeuvre aux seuls Préfets dans chaque département,

    – pour l'Isère, une absence totale de réflexion de l'opposition dépaertementale pour proposer une alternative. Non seulement, elle ne présente pas d'alternative mais elle est aux côtés de Marc Baïetto (PS) pour mener l'extension de la Métro sur des bases territorialement incohérentes. C'est l'approche des chiffres et pas des réalités locales. Les Verts ont raison de parler du "mercato des territoires".

    – Pour l'agglomération grenobloise, avec la révision collatérale des modalités de représentation des Communes au sein de la prochaine communauté urbaine, c'est une modification majeure du fonctionnement de l'agglomération sur des bases artificielles de bassins de vie et des rapports de décision politique qui vont considérablement altérer le bon fonctionnement de la démocratie locale.

    Dans l'indifférence quasi-absolue, un dossier majeur prend corps sur des bases qui ne sont pas dignes de l'importance des enjeux durables en question.

  • Dominique de Villepin et les mauvais habits

    Une question anime actuellement beaucoup d'analyses et de commentaires bien au-delà des "cercles spécialisés". Comment Dominique de Villepin peut-il actuellement stagner entre 3 et 6 % ?

    Toutes les fées se sont penchées sur lui et comment peut-il être dépassé par des concurrents objectivement moins "favorisés" ?

    Comment l'opinion du centre droit qui veut s'émanciper de Nicolas Sarkozy peut-elle lui préférer Borloo qui a endossé 4/5 ème du bilan de Nicolas Sarkozy alors même que Dominique de Villepin a pris ses distances depuis 2007 ? Faudrait-il en déduire que l'opinion a toujours tort et qu'elle ne saurait reconnaître les talents qui se présentent à elle ?

    (suite…)

  • Tramway de Grenoble : état d’urgence !

    Le printemps dans l’agglomération grenobloise est-il l’hiver de la sécurité ? Sans amélioration rapide de la sécurité dans le tramway, c’est toute l’image de marque des transports collectifs qui va être pliée rapidement.

    Le tramway est dans toutes les conversations. Là pour exposer un vol. Ailleurs, pour parler d’incivilités qui dissuadent de le reprendre. Parfois même, des actes graves de violence. Toutes les campagnes de pub ne remplaceront pas l’impact de ce bouche à oreille.

    Trois fautes majeures ont été faites ces dernières années :

    1) Trop de recrutements de bureaux et pas assez sur le terrain : une bureaucratie locale considérable a été constituée mais sur le terrain, en dehors des PV posés par une compagne privée en matière de stationnement : rien ! Pas d’uniformes de polices municipales : sous-effectifs, sous-entraînement, sous-motivation. Il suffit d’ailleurs de parler avec ces agents exposés à la réalité du terrain. Ils indiquent : « mais ils sont tous dans les bureaux » …

    2) Insuffisante présence visible des moyens humains de sécurité dans les lieux de vie dont les transports en commun : des sommes considérables sont dépensées dans des campagnes de pub (Super Titi, PlayGrenoble …). A fiscalité constante, le recrutement d’agents de proximité aurait été un plus grand service rendu au service public.

    3) L’extension du tramway est aujourd’hui compromise par la détérioration accélérée de son image de marque. Ce n’est pas seulement un enjeu de fréquentation donc d’ampleur des pertes compensées par l’impôt. C’est aussi, voire surtout, qu’aujourd’hui, dans de telles circonstances, accueillir le tramway pour une Commune péri-urbaine, ce n’est plus une priorité, loin s’en faut, parce que le tranmway devient associé au transport à risques. L’alternative à la voiture par les transports en commun prend un sérieux coup.

    Il y a urgence pour changer cette réalité qui se dégrade à une vitesse inquiétante.

     

    http://www.dailymotion.com/swf/video/xc2k6f?width=560&theme=none

  • 2012 : la sanction contre les partis traditionnels …

    Dès hier matin (voir billet ci-dessous), nous annonçions le sondage qui a été publié hier soir à 19 heures 38 (sondage Louis Harris pour Le Parisien). Marine le Pen passe en tête du 1er tour de la Présidentielle à une exception près. Une poussée annoncée dès la veille sur le site Exprimeo : 2012 direct

    Cette semaine, dans le cadre des élections fédérales canadiennes, le NPD connait une poussée considérable. Il est donné en tête au Québec devançant de 5 points le Bloc, ce qui est une situation jamais vue de toute l’histoire électorale du Québec.

    Certes, dans chaque hypothèse des facteurs spécifiques expliquent ces évolutions. Mais une tendance prend naissance : la grande lessive des formations politiques traditionnelles. Elles n’ont pas été de bonnes infirmières face à la crise : coupées des réalités comme des résultats. La crise peut les emporter. Peut-être pour pire (?) mais le pire n’est jamais sûr et pour l’instant l’opinion a besoin de revanche.

    Elle cautionne donc tout ce qui se distingue des partis politiques classiques. C’est la force de Marine le Pen en France actuellement qui, pour élargir son emprise, pourrait dans les prochains jours changer le nom du FN et lancer l’Alliance Républicaine …

  • Marine le Pen en route pour une nouvelle progression dans les sondages

    Une nouvelle enquête d'opinion à paraître conforte la progression de Marine le Pen qui semble désormais installée de façon difficilement contournable dans le second tour.

    La marge de progression de Marine le Pen s'annonce forte car elle consolide ses ancrages dans trois directions majeures :

    1) Elle progresse au sein même de son camp d'origine qui quitte Nicolas Sarkozy. Elle va faire le plein des voix de son camp "de base" : l'électorat traditionnel du FN.

    2) Elle s'enracine dans l'électorat ouvrier mécontent à 80 % de Nicolas Sarkozy. Un électorat qui peine à trouver une alternative à … Marine le Pen tant les autres candidats ne se démarquent pas de la "caste du pouvoir" : mêmes mots, mêmes costumes, mêmes postures …

    3) Elle progresse chez les salariés du secteur privé ulcérés par la question de la "vie chère" laissée sans réponse par les forces politiques classiques (mécontents à 79 % de Nicolas Sarkozy).

    Marine le Pen capitalise ainsi le vote "anti-système" qui semble aujourd'hui se consolider contre toutes les autres forces politiques. Un vote "anti-Sarkozy" comme représentant du système et qui aborde la présidentielle 2012 avec un pourcentage d'impopularité historique.Sarkozy popularité avril 2011

    Elle capitalise aussi le seul style qui tranche à tous égards avec les apparences du reste de la "classe politique".

    Pour ceux qui veulent lutter contre le FN, il ne s'agit plus de l'agresser mais de retrousser les manches pour aller sur son terrain. Jusqu'à maintenant, les candidats des formations politiques classiques semblent avoir peur du peuple. L'UMP et le PS sont des partis de notables. La poussée du FN est leur échec : le PS a été dans l'incapacité de rester crédible aux yeux de la classe ouvrière qui fait aujourd'hui le gros des bataillons du FN. C'est l'échec des "petits marquis locaux" générés par la décentralisation. C'est l'échec de l'UMP qui a abandonné la bataille du pouvoir d'achat passant notamment par l'exemplarité des efforts de l'Etat pour une gestion spartiate et la fin des dépenses somptuaires des administrations centrales et non pas la diète injustement imposée à des services publics de proximité .

    Sur ce terrain, une vague considérable est en train de naître. Elle est à la hauteur des échecs des formations politiques classiques, c'est dire …

  • Maintenant, 15 jours en politique : une éternité !

    C'est l'époque du "vote rapide". L'opinion consacre de moins en moins de temps à la politique qui la lasse. Le choix s'effectue de plus en plus tardivement en fonction des dernières émotions. Lors des dernières cantonales en France, 24 % des électeurs qui ont voté ont indiqué avoir fait leur choix dans la dernière semaine. A ce premier bloc s'ajoutent 10 % qui ont indiqué avoir décidé le jour même du vote. Par conséquent, plus d'un électeur sur trois des exprimés s'est décidé dans la dernière semaine.

    Actuellement, dans le cadre de l'élection fédérale canadienne, Harper vient de perdre 4 points d'intentions de vote en une semaine soit plus de 10 % d'érosion de son potentiel électoral de base en 7 jours. Au point que des observateurs commencent à s'interroger sur un nouveau 2006. A cette époque, entre Noël et la mi-janvier, le Parti Libéral était tombé dans la disgrâce avec une mauvaise explication sur le scandale des commandites. Le Parti Libéral avait provoqué des élections anticipées car les sondages le donnaient grand gagnant. 60 jours plus tard, il perdait le pouvoir et Harper gagnait. Même situation en 2011 mais cette fois au détriment de Harper ? 15 jours à attendre qui vont apparaitre une éternité.

  • Etats-Unis : le combat des gorilles contre les « tristouilles » …

    L’actuelle pré-campagne américaine est riche de très nombreux enseignements. C’est la lutte des gorilles contre les tristouilles.

    Les « tristouilles », c’est la marée des candidats républicains : Pawlenty, Bachmann, Barbour, Santorum, Gingrich … Ils sont trop nombreux pour exister. La multiplication crée la confusion et la confusion tue l’intérêt. Ils se condamnent tous à l’échec. L’opinion les quitte. La compétition devient triste à tous égards. Elle se dévitalise parce qu’elle se perd dans les nuances et dans les « sans chance » de gagner.

    Ce sera le même problème de fond pour le PS et sa primaire. Si les candidats sont trop nombreux, l’opinion se lassera vite parce qu’elle ne s’alimente pas des nuances.

    Face aux « tristouilles », il y a les « gorilles ». Où dort un gorille de 500 kilos ? Réponse : où il veut.

    C’est pareil en politique. Le Parti Républicain a deux gorilles : Palin et son audience hors du commun. Romney et ses finances hors du commun. Tant qu’ils ne seront pas entrés en campagne officielle, la « vraie campagne » ne vivra pas du côté républicain.

    Chez les démocrates, le seul « gorille » est Obama. Tout seul, il ne peut faire vivre la campagne d’où le flop de l’immédiat post annonce de candidature. Il lui faut un défi, un danger pour mobiliser son camp. L’actuelle situation le pénalise aussi. Parce qu’il n’y a pas de combat intéressant entre un gorille et des tristouilles, il doit donc attendre lui aussi l’arrivée des « comparables ». Espérons qu’ils ne se fassent pas encore attendre trop longtemps.

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  • La crise est-elle un tue – campagne ?

    Trois campagnes électorales se déroulent actuellement dans des démocraties comparables : Canada (vote fédéral du 2 mai 2011, France pour mai 2012, Etats-Unis pour novembre 2012).

    Au Canada actuellement, une répartition inattendue des supports intervient. Twitter, Flickr et YouTube se taillent la meilleure part du gateau. Pour Twitter, c’est étonnant car le nombre des abonnés est faible. Mais le profil des abonnés est très actif, ce sont donc de bons relais qui démultiplient l’information. Pour Flickr et YouTube, c’est la confirmation du règne de l’image. Mais pour l’instant, la campagne ne connait pas de réelle nouveauté significative.

    En France, les candidatures déclarées retombent vite. Hollande, Hulot, derniers candidats officiellement déclarés, n’ont pas été capables d’organiser un lendemain efficace de la déclaration de candidature.

    Aux Etats-Unis, le parti républicain se perd dans la confusion liée à la multiplication des candidats. Seule l’arrivée de Sarah Palin semble de nature à électriser une campagne morne du côté républicain. Pour les démocrates, c’est l’aile gauche si active en 2008 qui boude. Obama peine à faire vivre les deux temps : celui du Président et celui du candidat. Mais surtout, rien ne donne le frisson d’une campagne qui vit. En juin 2007, l’Obama Girl avait réveillé la campagne (voir vidéo ci-dessous) en donnant un côté sexy et mode à un candidat. Cette vidéo a été vue 120 millions de fois entre juin 2007 et novembre 2008. A partir de cette époque, les « Obama Girls » se multipliaient, les vidéos aidant, lors des différentes occasions : soirées, animations sportives … La vie de la campagne était lancée.

    La crise économique de l’hiver 2008 a-t-elle été un « tue campagne » avec les parts d’illusion, d’euphorie, de rêve qui existent d’ordinaire ? La question se pose avec une acuité croissante dans de telles ambiances…