Denis Bonzy

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  • Le candidat du PS sera-t-il désigné aussi par … la droite ?

    Le mécanisme des primaires n’est pas adapté à la tradition française. De façon étonnante, le sondage IFOP pour le JDD du 1er mai est passé inaperçu : 29 % des citoyens français déclarent vouloir participer à la … primaire PS.

    Il y a 17 % des électeurs de Nicolas Sarkozy en 2007 qui déclarent vouloir, certainement ou probablement, participer à la primaire … PS.

    Bien davantage, il y a 34 % d’électeurs de JM le Pen en 2007 qui déclarent vouloir participer certainement ou probablement à la primaire … PS.

    Dans la même enquête téléphonique, une personne sondée se déclare à la fois électrice de Nicolas Sarkozy ou de JM le Pen et … déclare son intention de participer à la désignation du candidat socialiste !

    Cet élément d’actualité montre combien la méthode des primaires n’est pas adaptée à la culture française. C’est comme les élections internes aux partis politiques où la course aux cousins, aux voisins et aux autres relations prime sur toutes les considérations de convictions comme d’engagement réel.

    Ce serait quand même un comble de voir le candidat PS désigné aussi par les électeurs de droite qui auront tendance à désigner le candidat ou la candidate qu’ils estiment le ou la plus facile à battre au second tour. La mentalité française réserve souvent des « trésors » d’imagination …

  • Isère : sénatoriales : le sondage qui montre l’ampleur de la tâche pour l’opposition départementale

    Dans la foulée de sa victoire à Grenoble en 1983, la droite républicaine a compté 4 Sénateurs sur 4 dans l'Isère : MM Boyer, Cabanel, Descours, Faure. Puis elle a compté 2 Sénateurs sur 4 : MM Saugey et Faure. En septembre 2011, elle pourrait compter … 1 Sénateur sur 5 !

    C'est le résultat d'un sondage OpinionWay réalisé du 17 au 30 mars auprès de 309 électeurs de l'Isère dans le cadre du collège sénatorial et par voie téléphonique. 16 noms sont sondés en matière de notoriété comme d'image de marque. 7 hypothèses de votes sont testées.

    Les principaux enseignements de ce sondage sont les suivants :

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  • Quand DSK lance la « gauche Porsche »

    C'est la photo du Parisien du jour : DSK fait le tour de locaux à Paris (choix d'une permanence ou visite de relations ?) avec une Porsche dont le "modèle de base" est à 105 880 €.DSK Porsche

    L'atterrissage s'annonce difficile si a fortiori on ne même plus circuler dans les "plus belles étrangères"…

    Quand le PS passe de la rose à … la Porsche, il n'est pas sûr qu'il ne devienne pas le "premier fournisseur" des effectifs de Marine le Pen désormais en première place des votes dans les collèges ouvriers et employés.

  • Jack Layton et la nouvelle logique de la « saveur du jour »

    Comme indiqué depuis plusieurs jours déjà dans nos billets, les élections canadiennes du 2 mai 2011 ont donné naissance à un nouveau paysage politique compte tenu de la percée du NPD de Jack Layton.

    Comme le marché n’est pas extensible, les électeurs qui ont poussé la progression du NPD ont été retranchés à d’autres forces politiques : Parti Libéral et Bloc Québecois. Ces deux formations descendent très bas désormais : 19 % et 6 % respectivement.

    Layton et le NPD sont caricaturaux de l’effet de mode. Avec les sondages en progression, ils étaient devenus la « saveur du jour ». Les enquêtes à la sortie des bureaux de votes ont souvent établi l’absence de raison de fond en faveur du NPD si ce n’est qu’il était devenu le « vote à la mode ».

    C’est une logique assez singulière mais qui s’installe de plus en plus d’une opinion qui se range derrière la « mode du moment », la « saveur du jour ». Débutant au-dessous des 15 %, en 35 jours de campagne, le NPD termine à … 31 %.

    Son leader Jack Layton en était à sa 4ème campagne fédérale. Mais avec l’annonce du 5 janvier 2010 et sa confession sur son cancer, il avait changé aux yeux d’autrui…

    Comme en 2006, l’opinion canadienne a beaucoup bougé le temps d’une campagne électorale. C’est le constat qui va le plus plaider contre des élections anticipées à l’avenir car l’opinion du jour n’est pas nécessairement celle du lendemain même à 35 jours d’écart.

  • « Le printemps arabe » : Lara Logan rompt le silence

    Nous avions été parmi les premiers à relayer alors « dans le feu de l’action » l’information des violences gravissimes subies par la journaliste américaine. Elle vient de rompre le silence et d’exprimer la gravité des violences subies à cette époque.

    La sous-exposition de ce cas dans les médias traditionnels est une illustration parmi beaucoup d’autres d’une pensée unique qui sévit dans notre pays de façon écrasante en fonction des modes mais sans la moindre rationnalité.

    Le » printemps arabe » (révolutions Egypte, Tunisie)  a bonne image donc ce qui est contraire est passé sous silence. Ce sont des révolutions de la tête ou du moins présentées comme telles par la supposée aspiration à la liberté alors que, selon d’autres versions, ce sont d’abord des révoltes de la faim donc du ventre face à la cherté de certains produits alimentaires alors impossibles à acheter.

    La France intervient en Libye mais pas en Syrie. Pourquoi la défense des citoyens d’un pays et pas ceux de l’autre ? Le coût ? Mystère, c’est un sujet tabou. Quand les bombes de Kadhafi tombent, elles causent des pertes humaines tandis que les bombes de l’Otan ne détruiraient que des matériels …

    Quand des postes sont réservés à des personnes de « couleurs typées », c’est de la discrimination positive. Mais si cette réservation devait concerner des personnes « moins typées » elle devient du … racisme à l’exemple du dossier de la fédération de football. Là aussi, il y a une présomption d’innocence normalement avant toute décision judiciaire sauf quand c’est la Ministre qui prend la mesure disciplinaire.

    Jusqu’à quelle frontière de « non sens », ce climat peut-il aller ?

    Lara Loga vient de rompre le silence et tous ceux qui sont attachés à la réalité matérielle des faits comme à la dignité humaine devraient contribuer à rompre ce silence aussi.

     

  • Grenoble : la privatisation du stade des Alpes inquiète sur la gravité de la situation financière de la Métro

    Que l’une des plus grosses agglomérations de France ne puisse plus financer les « années difficiles » d’un équipement public pendant une période transitoire, n’est ce pas d’abord la reconnaissance d’une gravité extrême de sa situation financière ? Les Verts ont dénoncé à plusieurs reprises le niveau d’endettement de la Métro. Le projet de péage urbain était déjà l’aveu officiel de l’obligation de trouver une recette de plus pour financer des grands travaux de voiries.

    Mais là, privatiser le stade des Alpes, c’est la reconnaissance que la Métro n’a pas les moyens financiers à impôts constants pour porter un équipement public pendant une période difficile.

    La privatisation de cet équipement, c’est notamment :

    – la fin des invitations aux jeunes des clubs pour les matchs fanions,

    – la hausse des tarifs pour des opérations évènementielles,

    – la cession à un opérateur privé d’un élément présenté il y a encore quelques semaines comme l’atout essentiel de la vitalité économique de Grenoble compte tenu des gros efforts effectués en matière de diversification des locaux (voir vidéo ci-dessous).

    Il serait temps que la Métro expose avec clarté et rigueur technique la réalité de sa situation financière qui concerne tous les contribuables de l’agglomération grenobloise. Si les prévisions des Verts se confirment, ce serait une situation d’une extrême gravité. A ce sujet, il est étonnant et préjudiciable que le site Internet de la Métro soit d’une extrême complication pour accéder aux délibérations et aux éléments financiers alors que cette structure vivant sur les deniers publics se devrait d’être plus pédagogique en la matière.

     

    Entreprises : vos réceptions au Stade des Alpes par grenoblealpesmetropole

  • Grenoble : la Métro privatise le stade des Alpes : le plus mauvais choix

    C’est une décision sans précédent qui vient d’être prise par la Métro puisque c’est la première fois qu’un équipement public sportif est privatisé dans l’agglomération grenobloise. La situation actuelle imposait des mesures : stade vide, équipe de football en perdition totale, aides financières publiques indirectes qui suscitent des appréciations diverses … Tout n’est que crise.

    Mais la privatisation de cet équipement va ajouter à terme de la crise à la crise parce qu’elle n’est

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  • Quand la monarchie devance trop la République …

    La France serait une « monarchie républicaine ». Mais dans cette course entre deux cultures différentes, la monarchie a de plus en plus tendance à devancer la République tant sur le plan national qu’au local.

    Sur le plan national, prenons un exemple concret : le pouvoir et l’industrie numérique. Quand Obama veut parler d’Internet, il se rend chez Facebook. Il est à côté de son PDG, il parle, il plaisante, il échange. Quand Sarkozy veut parler d’Internet, il convoque à l’Elysée, son chef du protocole en grande tenue fait les annonces, son attaché militaire apporte le discours … : la monarchie avec toutes ses caricatures.

    Sur les plans locaux, toutes proportions gardées, les copies sont assez nombreuses. Chacun pourrait donner des exemples nombreux.

    Y-a-t-il un responsable politique national pour changer ce décrochage de plus en plus ridicule mais surtout de plus en plus insupportable aux yeux de l’opinion dès qu’elle est composée de personnes qui n’appartiennent pas à la Cour ?

    C’est pas sûr ! Ils semblent avoir tous tellement baigné dans cette culture qu’elle leur colle à l’esprit. Et pourtant, à voir les résultats et l’état du pays, la vanité du Pouvoir n’est pas proportionnelle à la qualité des actes et c’est là un euphémisme.

    Ils parlent du « panier de la ménagère » mais ne le connaissent pas. Comme Sarkozy parlant de l’industrie numérique avec des exemples d’une abstraction consternante qui devait provenir des lectures de jeunes chargés de mission tout juste sortis d’une grande école chargée d’assurer la reproduction des castes … monarchiques.

    Ce sont des réalités et, pire encore, des images de ce type qui ouvrent des espaces considérables à des votes extrêmes comme à l’abstention parce que la question qui progresse actuellement est très simple : dans les formations politiques classiques y en a-t-il seulement un pour « racheter » les autres …?

  • Meetup et votebuilder entrent dans les campagnes électorales

    Pour les campagnes 2012, des évolutions se produisent actuellement au niveau des logistiques.

    D'une part, poussée indiscutable des réseaux sociaux intégrant une entrée dédiée à la géographie. Dans ce cadre, Meetup connait une poussée comme Foursquare déjà présenté dans nos billets. C'est normal qu'il en soit ainsi puisque les campagnes évoluent vers une logique de proximité territoriale. Par conséquent, le réseau social qui intègre comme donnée majeure cette entrée territoriale est par définition très adapté.

    D'autre part, la place des sondages va considérablement évoluer. Internet va réformer en profondeur la logistique donc l'organisation des sondages, leur coût, donc leur périodicité. Louis Harris Interactive en France vient de franchir de premières étapes sur cette évolution. L'enjeu réside dans la fiabilité de l'échantillon permanent. La permanence nuit-elle à la sincérité de l'expression ? Pas sûr. Bien au contraire. Un sondé dans cet échantillon permanent peut avoir le souci plus fort d'une cohérence de ses positions exprimées alors que le sondé ponctuel exceptionnel peut se "laisser aller" au n'importe quoi persuadé du "one shot". Dans ces techniques d'enquêtes en ligne, le site Votebuilder.com connait lui une percée sur ce créneau.

    Signaler des percées ne signifient pas que les anciens outils deviendraient sans intérêt. Heureusement, les évolutions sont plus nuancées et progressives. C'est seulement surveiller l'émergence de tendances ou d'outils qui peuvent prendre une place croissante. C'est désormais le cas pour Meetup et Votebuilder.

  • La crise des vieux partis politiques

    L’élection du 2 mai au Canada est l’illustration de la crise des vieux partis politiques. Le NPD de Jack Layton continue sa poussée dans des conditions déjà historiques mais qui rendent désormais possibles des perspectives inimaginables il y a encore trois semaines.

    1) Cette poussée est d’abord le fait des jeunes. Le NDP canalise actuellement 37 % des votes des jeunes de 18 à 34 ans.

    2) Pourquoi les jeunes ne votent-ils plus d’abord pour le Parti Conservateur ou pour le Parti Libéral ? Parce qu’ils ont échoué tous les deux à leurs yeux et parce qu’ils se ressemblent trop.

    3) Mais surtout, parce que le nouveau militantisme se vit en dehors des structures disciplinaires des vieux partis. Ce sont les réseaux sociaux, les engagements ponctuels de voisinages … qui ont désormais la faveur et non pas le suivisme permanent dans une structure hiérarchisée.

    4) La personnalité d’un leader qui ouvre les fenêtres pour de nouvelles perspectives ; d’où le thème du « grand changement » pour Jack Layton.

    La crise économique a amplifiée et a accéléré la crise des structures politiques de représentation. Le 2 mai 2011, la démocratie canadienne très active, moderne et d’une remarquable qualité va passer un message de première importance avec le score du NPD.