En septembre, il est possible que les Canadiens retournent aux urnes. La situation de cette belle démocratie donne des enseignements instructifs.
1) Aujourd'hui comme hier, l'opinion vote toujours contre la crise. Par conséquent, le calendrier de sortie de crise va impacter directement les scores électoraux,
2) l'opinion vote contre la crise mais encore faut-il qu'elle trouve un "leader de rechange". Michael Ignatieff a rendu sa crédibilité au parti libéral,
3) tant que la crise est là, elle écrase tous les autres sujets.
Le suivi de la politique canadienne donne des leçons bien au-delà de ce seul pays.
Les seconds « 100 jours » ont été plus délicats que l’installation. L’électorat Américain est très pragmatique. Il juge sur des résultats. Or, les résultats en matière d’emploi se font attendre. Les résultats quant à la réforme de santé peuvent être une hausse significative de prélèvements fédéraux selon diverses modalités.
Par conséquent, les classes moyennes passent sur la réserve. Mais le taux d’approbation demeure élevé. Surtout, le parti républicain est en panne de leadership. Sarah Palin s’engage mais elle est très controversée. Bobby Jindal apparaît trop conservateur. Eric Cantor n’a pas encore la notoriété fédérale incontournable. Bref, pour l’instant, il n’y a pas de solution de rechange.
Les élections de 2010 s’annoncent encore assez aisées pour le parti démocrate. Elles seront le dernier test des rapports de forces avant le démarrage de la prochaine présidentielle.
A ceux qui pouvaient douter de l’enthousiasme populaire suscité par les grandes compétitions sportives (débat ouvert sur les candidatures pour les JO), Genève apporte actuellement une réponse sans contestation : le défi d’Alinghi devient le défi de tous.
C’est un défi qui transforme le sport en challenge de très haute technologie. En période de crise, des défis de ce type font naître de nouveaux patriotismes positifs qui mobilisent les énergies et font oublier, fut-ce un instant, les dures réalités présentes.
Les déclarations de Rebiya Kadeer donnent le frisson : 10 000 Ouïghours disparus en Chine en … une nuit. Les conditions de répression de la dissidence donnent froid dans le dos. Mais "la France des Libertés" est sur la plage …
L'information d'ordinaire est déjà désormais axée sur le couple exécutif et le pittoresque des terroirs. Hier, la politique c'était l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Aujourd'hui, la politique c'est Nicolas, Carla et Daniel Cohn-Bendit pour la contestation.
L'information sur l'étranger est faible en temps "actif" alors en période de vacances elle est inexistante. La Chine peut donc réprimer en totale quiétude.
Finalement, Bernard Kouchner était peut-être davantage intéressé par la fonction même de Ministre des Affaires Etrangères que par la défense des libertés dans le monde ? En ce moment tout particulièrement, il ne fait pas bon être opposant dans un pays puissant.
Le Président Américain a défendu hier sa politique économique.
Sa présentation a eu le mérite de la simplicité, bien loin des formules intellectuelles Françaises si compliquées en la matière tout particulièrement.
Il a déclaré : "nous avions une maison superbe. Elle a pris le feu. Il a fallu utiliser la lance à incendie. Le feu est éteint mais nous avons découvert qu'il y avait de la maçonnerie à faire, que le toit fuit, que la chaudière est hors d'usage et que … nous sommes en retard de paiement sur les traites. Tous ces travaux vont prendre un certain temps et nous ne sommes pas encore tirés d'affaire."
Gavin Newsom est un des élus les plus clivants de la politique Américaine. Sa personnalité est très réactive. Il malmène souvent la presse locale. Mais sa politique est très novatrice.
Il vient de s’engager sérieusement dans la course à la fonction de Gouverneur de Californie.
Comme Maire de San Francisco, il a monté un accord avec Twitter pour que les plaintes et requêtes auprès de la Ville puissent être transmises par Twitter.
C’est un exemple concret des possibilités considérables offertes par les nouvelles technologies. Il en sera de même demain du dialogue citoyen via Internet. Pour l’instant, peu de collectivités locales françaises se sont engagées dans cette voie.
Dick Morris, ex conseiller en communication de Bill Clinton, n’y va pas par 4 chemins. Il annonce des élections très difficiles pour le Parti Démocrate en 2010.
Obama a annoncé hier le report de la sortie de crise. Le seuil de 10 % de chômeurs devrait être franchi avant la fin de l’année.
Pour bon nombre d’analystes, une fois l’état de grâce d’installation passé, la courbe de popularité suit celle de l’emploi. Plus le plein emploi est fort, plus la courbe est élevée. Tout le reste ne serait que fausses interprétations.
La grande leçon de la popularité de Reagan aurait résidé d’abord dans une période de quasi-plein emploi. Un plein emploi atteint y compris au prix de déficits considérables mais le plein emploi.
Sous l’administration Reagan, 9 millions de nouveaux emplois ont été créés. L’inflation est tombée de 12, 4 % à moins de … 4 %.
Un organisme d’études (Cabinet Seymour Lipset) a publié une analyse qui montrait que la courbe de popularité de Reagan était collée très exactement à celle des créations d’emplois.
Une enquête a démontré alors que 48 % des votes étaient liés à ce retour à l’emploi. L’endettement fédéral a alors battu des records historiques (2 000 milliards de dollars). Mais tout résidait dans le niveau d’emploi.
A ce titre, si le niveau d’emploi continue à se détériorer, la courbe de popularité de Barack Obama devrait donc descendre rapidement.
C’est un des points qu’il faudra donc suivre dans les prochaines semaines car les chiffres du chômage noircissent dangereusement.
Avec les répressions en Chine, en Iran et le silence des autorités Françaises, c’est manifestement la fin de la course aux Droits de l’Homme.
La conversion au réalisme a frappé dans des conditions difficilement prévisibles à ce point.
Derrière ce réalisme, c’est aussi peut-être la reconnaissance de la faiblesse de la marge de manoeuvre d’une puissance moyenne qui n’est plus attendue pour les grandes décisions.
La France est devenue une puissance régionale (Europe) et à l’intérieur même de ce territoire elle doit partager son influence avec des voisins importants : l’Allemagne et la Grande-Bretagne.
La vidéo ci-dessous de B. Kouchner dénote une mollesse qui explique peut-être le lapsus sur les ouïghours … ?
Est-ce le climat Italien ou le côté sulfureux du Premier Ministre Italien, mais force est de constater que la couverture presse du dernier G8 a tranché avec les habitudes.
La presse internationale multiplie les photos atypiques. Dans ce climat, cette vidéo a gagné un franc succès.
Lors des dernières législatives en Israël, la candidate à la fonction de Premier Ministre avait choisi cette formule pour ses affiches « un véritable homme ».
J’ai été surpris par cette formule. Certes, ce pays et sa population sont confrontés à des épreuves quotidiennes qu’ils affrontent avec un courage exemplaire créant ainsi un contexte particulier justifiant une telle formule quasi-provocatrice.
En réalité, derrière cette formule, il y a une volonté d’assumer la féminité et de revendiquer un au-delà.
C’est une approche identique que va ouvrir Sarah Palin pour la présidentielle Américaine 2012. Elle vient de démissionner de sa fonction de Gouverneur de l’Alaska pour préparer la tournée des meetings de soutien lors des élections du mid term en 2010, tour de chauffe pour 2012.
L’an dernier, un ex-collaborateur de Mitt Romney qui organisait la campagne de McCain pour une partie de la côte Est m’expliquait qu’il était persuadé que Barack Obama était trop élitiste pour plaire dans le temps aux couches moyennes de l’Amérique profonde.
Ces couches aiment un candidat BBQ qui partage leurs goûts, leurs racines, leurs repères. Le cow boy a toujours gagné sur l’intellectuel. A ce titre, jusqu’aux premières heures de la crise financière, le camp McCain demeurait confiant.Sarah Palin est à cette image. Elle se comporte en « véritable homme » visitant les troupes, respectant un emploi du temps hors du commun car là-bas les distances sont considérables …
Après le premier Président métis, la première femme présidente ? Ce qui est sûr, c’est que la bataille sera belle. Il ne faut pas oublier que la victoire de 2008 a été certes celle de Barack Obama mais peut-être d’abord la défaite de Bush qui était devenu insupportable et insupporté à un point qui garantissait peut-être la victoire de tout candidat démocrate…?