De façon surprenante, cela passe actuellement quasi-inaperçu : à quelques exceptions près (Défense et Sécurité intérieure), Trump nomme à la tête des administrations des … ex-adversaires des mêmes administrations. Ils n'ont pas d'expériences des administrations à gérer si ce n'est celles d'avoir été opposés aux administrations en question dont … l'Environnement. C'est original et probablement le meilleur moyen pour les réformer. En France, nous avons connu ce mécanisme une fois : Madelin à l'Industrie en 1986. A l'arrivée dans son bureau à l'époque, on découvrait un jeune ministre, avec gros cigare, manches de chemises retroussées jusqu'aux coudes, souvent pieds sur le bureau, paper board au mur et qui expliquait qu'il était là pour "couper la voilure" de son ministère. Il lui était même arrivé de dire dans la presse que "l'économie française irait mieux sans le ministère de l'Industrie" … Dans de tels moments, on se demande ce qui peut conduire à une telle "énergie de détruire". Q'une administration ait besoin de se réformer, c'est une évidence. Mais de là à la casser sans se poser la question du coût pour la reconstruire, c'est une démarche étonnante. L'un des secrets de la politique qui, par la grâce du suffrage universel, accélère parfois des processus pour le meilleur comme pour le pire …
Catégorie : International
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Consommer, c’est voter plusieurs fois par jour !
Il y a un an, lors d'un déplacement professionnel dans le beau département des Landes, un SMS m'informait du décès de Douglas Tompkins. Avec l'un des paradoxes dont la vie a le secret, le fondateur des polaires ou doudounes The North Face venait de décéder du … froid. Un accident de kayak sur l'un des lacs au sein du sanctuaire naturel auquel il avait consacré sa fortune et son énergie à le créer, à le consolider, à l'étendre. Douglas Tompkins comme l'un de ses compagnons de parcours, Yvon Chouinard, a devancé la "consommation citoyenne".
La consommation citoyenne, c'est quoi ? C'est rompre un système qui veut que la citoyenneté serait active et que la consommation serait passive. Un billet de banque décidé plusieurs fois par jour a davantage de poids qu'un bulletin de vote tous les 5 ou 6 ans.
C'est la consommation individuelle qui fait bouger les choses bien davantage que l'impuissance politique. C'est l'âge de faire. Chaque jour. Douglas Tompkins a fait en créant un sanctuaire naturel devenu la réserve d'espèces animales qui étaient en voie de disparition. 810 000 hectares ! Il a fait un sanctuaire exemplaire quand des Etats n'ont plus les moyens d'entretenir des parcs naturels. Yvon Chouinard a donné à des associations environnementales son CA du Black Friday 2016. Du concret, c'est à dire bien davantage que les subventions d'Etats. Chouinard (Patagonia) vend des habits et fait la promotion de … la non sur-consommation. Une logique qui change le rapport au vêtement. Non plus le considérer comme du jetable éphémère mais comme une "seconde peau" avec laquelle on partage des parcours de vie. Une vie durable partagée. Dans cette mentalité, c'est prendre davantage de temps pour le choisir. C'est mieux le respecter. C'est regarder sous un autre angle une usure. C'est cicatriser une déchirure …
La société bougera le jour où cette consommation citoyenne sera majoritaire. Des animaux maltraités dans des abattoirs : la viande ne doit plus être consommée tant que les améliorations n'ont pas été engagées. Le commerce indépendant de proximité mérite de payer le léger surcoût pour sa proximité comme pour son indépendance … Que c'est agréable de voter ainsi plusieurs fois par jour. Merci à Douglas Tompkins pour cette belle lumière du "faire individuel". L'appliquer c'est le plus bel hommage à sa mémoire.
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La civic-tech peut-elle changer la démocratie ?
Du 7 au 9 décembre, Paris accueille une conférence internationale sur un sujet important : la civic-tech et la démocratie moderne. C'est un sujet au coeur des actuelles priorités puisque les citoyens sont lassés des actuelles conditions de dysfonctionnement de la classe politique qui cantonne les citoyens au chômage civique entre deux élections. Les démocraties occidentales sont confrontées au défi du numérique : une information mieux partagée, plus diverse, plus réactive … Et des élections majeures comme la récente élection américaine montrent que des défis nouveaux sont incontournables. La civic-tech c'est à dire les technologies appliquées à la vie civique portent des modifications profondes. De nombreuses interrogations existent.
C'est aujourd'hui le véritable critère de clivages dans les gouvernances publiques. Les collectivités qui vivent les technologies nouvelles pour faciliter la gouvernance et d'un autre côté celles qui retardent, volontairement ou pas, cette évolution. Globalement, les collectivités françaises s'avèrent peu imaginatives et audacieuses en la matière. Dommage.
NB : pour rappel, les parties ci-dessus du texte qui sont en bleu et en gras renvoient sur d'autres articles en cliquant simplement sur ces liens.
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Quand tout s’accélère … ou reste-t-il encore une place pour une autre information ?
La photo ci-dessus date du 25 avril 2016. Et à fin 2016, sur 5 leaders occidentaux de puissances majeures, 5 d'entre eux ont perdu le pouvoir. Cameron a perdu le pouvoir en mai 2016 lors du Brexit. Hollande et Renzi ont perdu le pouvoir dans la même semaine pour des raisons différentes. Quant à Obama, il est sur le départ sans avoir lutté pour cause de contraintes légales de non cumul de mandat mais c'est un opposant résolu qui va lui succéder (Trump).
7 mois plus tard, le pouvoir a changé de titulaires à une exception près.
C'est le moment choisi par des investisseurs et des journalistes américains pour lancer une "autre information" : plus réactive, plus brève, bref plus en adéquation avec le monde moderne. Ce site c'est Axios. Il sera lancé très prochainement. C'est une expérience à suivre avec attention. Reste-t-il encore une place pour une autre information et si oui quel doit être son contenu comme ses supports ? Un très beau sujet. Réponse dans quelques semaines avec Axios. Peut-être ?
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Vision / Gestion : la vraie différence
Hier sur BFM TV, Dominique de Villepin a donné la démonstration en quelques minutes du contraste avec la mièvrerie qui caractérise l'actuelle vie politique française. Comment l'opinion publique française pourrait-elle avoir du punch quand elle observe une vie politique aussi nulle, sans souffle, composée pour une grande partie par un personnel politique incapable de faire autre chose que de débiter toujours les mêmes formules destinées à caresser l'opinion dans le sens du poil du moment ?
Les vrais enjeux sont ailleurs. D'abord avoir une vraie vision qui passe par un cap précis sur plusieurs années. Ensuite, avoir la "vision contagieuse" c'est à dire faire partager un enthousiasme par le grand nombre donc l'appeler à se dépasser. Enfin, avoir des représentants dont on peut être fiers par leur culture, par leurs compétences, par leurs capacités à mobiliser comme à se réaliser en dehors du cercle politique.
Que ce constat soit aussi l'occasion pour moi de remercier toutes celles et tous ceux qui ont gardé une amitié solide du temps où, avec Sihame Arbib, Dominique de Villepin m'avait confié l'organisation nationale du réseau de la mobilisation citoyenne. Quand la solidarité naît à l'écart des sondages, elle dure. C'est d'ailleurs probablement le vrai effet pervers des sondages pour Juppé : lui avoir ramené un cortège d'opportunistes portés par les premiers sondages et les jours personnels faciles qu'ils en déduisaient …
Le jour où les "Villepin" reviendront en politique, la France pourra retrouver de l'espoir. Pour le moment, elle se contente de candidats de faibles divisions à deux ou trois exceptions près. Peut-être que c'est finalement l'ajustement du pays à sa vraie dimension … ?
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L’événement le plus important de la semaine écoulée : Viadeo !
Mardi 29 novembre, Viadeo a été placée en redressement judiciaire. C'est le marqueur le plus important d'un tournant des marchés. L'étape pendant laquelle des sociétés pouvaient vivre des placements des investisseurs et non pas des recettes des clients est passée. Finie. Ce tournant était annoncé depuis une quinzaine de mois. Je l'ai évoqué à de nombreuses reprises. C'est une étape nouvelle qui s'ouvre.
Ce nouveau cycle s'ouvre dans un contexte qui mérite l'attention. L'énergie repart à la hausse. Les taux d'intérêt vont redémarrer aussi. Le protectionnisme gagne du terrain notamment aux Etats-Unis où l'Administration Trump semble solide ce volet. C'est dans ce contexte que les Français vont prendre conscience des occasions manquées ces 5 dernières années. Aux Etats-Unis, le taux de chômage vient de passer en novembre 2016 en-dessous des 5 % de la population active c'est à dire au niveau de 2007 soit avant la crise de 2008 ! En France, ce taux est de plus du double.
Est-ce le moment dans ce contexte où la crise sous de nouvelles formes est devant qu'il faut lever des pans entiers de couverture sociale ? La sagesse veut que c'est en période de croissance saine qu'il faut alléger la couverture sociale. Si cette évolution se produit en période de crise, la "casse humaine" est considérable.
Une réalité qui montre aussi, si besoin était, le décrochage dans le temps entre l'adoption d'une politique et l'impact concret. Pour Obama, il lui a fallu 5 ans pour infléchir la tendance de 2008 et avec des mesures volontaristes considérablement plus élevées qu'ailleurs puisqu'il a opéré des nationalisations ponctuelles provisoires.
La France risque de payer très cher dans ce nouveau contexte l'amateurisme des dernières années car un sérieux "gros temps" s'annonce et cette tempête très sérieuse va être affrontée par un pays très fragile.
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La fin des plafonds de verre
Le concept du plafond de verre est né dans les 10 dernières années en politique. L'idée est simple : il y aurait des seuils infranchissables pour tel ou tel candidat. C'est presque une approche d'analyse boursière appliquée à la politique : l'idée de tunnels quantitatifs à l'intérieur desquels une valeur ou une marque politique peut fluctuer mais avec la sécurité de ne pas franchir un plancher technique ni un plafond technique.
Les plafonds de verre sautent les uns après les autres. Dernier exemple en date, en France, Fillon qui manque de peu de passer dès le 1er tour après avoir été 15 jours auparavant dans le "plafond de verre" du 15 % au mieux.
L'opinion publique a gagné en maturité de décision comme en pluralité d'informations. Elle se libère donc des "tunnels" dans lesquels les analyses quantitatives l'emprisonnaient. C'est une nouvelle donne majeure.
L'article paru dans Les Echos du 30/11/16 sur les nouvelles sources d'informations dont la part nouvelle des "fausses informations" présente de façon très réussie l'un des volets nouveaux de cette réalité. A l'intérieur de cet article globalement de qualité, des points sérieux méritent la contestation. Ce qui est sûr c'est qu'une nouvelle démocratie d'opinion est en train de naître avec des contingences fondamentalement nouvelles. Une période très intéressante.
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La révolution de l’information géographique
Le salon Pollutec 2016 porte de nombreux enseignements. L'un d'entre eux concerne la révolution de l'information géographique. Dans des domaines comme l'eau ou plus globalement l'environnement, l'information géographique connait une révolution au contenu quasi-irréel. Par la précision des données, par leur visualisation, par la réactivité immédiate des informations à partager … : c'est un univers totalement nouveau qui est engagé. Avec Didier Richard, dès 1998, nous avions été les premiers à nous engager sur le "chemin" du numérique appliqué à l'information géographique. C'était tôt. Les moyens ne faisaient pas la différence avec "l'info papier". Maintenant, ces deux supports ne partagent plus la même division. L'écart a été creusé. Il va s'amplifier de façon considérable dans les deux prochaines années.
De même, autre révélation de ce salon remarquable : les possibilités de l'impression 3D notamment en matière de santé. Les champs d'applications ouvrent des perspectives considérables.
Trois autres constats sur le terrain :
1) les exposants étrangers stupéfaits par la morosité française ambiante,
2) le stand "Nouvelle Aquitaine" qui surclasse tous les autres stands des collectivités territoriales,
3) une affirmation considérable de ce salon technique professionnel qui pourrait vivre de 2014 à 2016 un passage de 60 000 à 100 000 participants (exposants et visiteurs). Ce qui montre, si besoin était, que des salons d'excellence en région ont toute leur place. Et ils constituent une formidable locomotive pour l'ensemble du tissu économique local dont les commerces, restaurants et hôtels.