Dans la lutte contre le dérèglement climatique, plusieurs déclarations sont passées inaperçues en France la semaine dernière de façon étonnante. D'abord les chiffres sur les risques sur la biodiversité. Des chiffres terribles à très court terme. Mais aussi la déclaration officielle du Secrétaire général des Nations Unies indiquant que les Etats-Unis étaient en passe de respecter les engagements de la COP21. Le "pays de Trump" pourrait tenir des engagements que ni la France ni le Canada ne seraient en passe de … respecter à leurs niveaux. Pourquoi ? Parce que des pouvoirs décentralisés ont mobilisé tous leurs moyens pratiques et juridiques pour y parvenir. Certes les contraintes institutionnelles dans un cadre fédéral sont différentes. Mais il y a surtout l'audace de faire. En France, même sous la force de la décentralisation, tout est attendu du pouvoir central. Il est surtout devenu le prétexte pour ne pas faire. Ce n'est pas avec une idéologie que ce pays doit se réconcilier mais d'abord avec la mentalité d'agir, de faire, de tenter, de prendre des initiatives … Et sur ce domaine, cela semble un effort de plus en plus hors de portée du milieu politique bien tristement.
Catégorie : Environnement
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Au chevet de la planète mais dans la quasi indifférence absolue …
Le rapport sur le devenir de la biodiversité est passé dans la discrétion la plus absolue en France. Des espèces vivantes meurent mais les humains s'en foutent. C'est irréel. Comme si cette situation ne les concernait pas. Alors même qu'ils sont les auteurs, donc responsables et coupables, de cette situation et que l'étape d'après ils en seront les victimes toutes désignées. Le Jour d'après quand c'est … trop tard. Les chiffres sont connus. Incontestables et incontestés (cf ci-dessous). Mais rien n'y fait. C'est la chronique d'une mort annoncée. A ce rythme il ne reste qu'à tenir le registre des dates. Incroyable !
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Quand il faut initier Junior …
Hier matin, un spectacle surprenant. L'un des écureuils familiers est suivi par un petit écureuil. Tout petit format. Et le premier montre au second tous les endroits où les graines sont bien là. Diverses. Protégées. Aucun repère n'échappe à la démonstration. Nous avons pu les voir arriver bien sagement : l'un suivant l'autre. Tout y est passé : les arbres, la table … Et Junior suivait méthodiquement. Un parcours initiatique sous nos yeux. Junior avait son guide …
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Une terre rarement connue aussi gorgée d’eau à ce point
Aujourd'hui avec la chute de neige dans la matinée puis la pluie forte immédiate, et pourtant avec l'expérience de décennies de randonnées pour visiter les torrents des fonds de vallée, j'ai rarement connu une terre aussi gorgée d'eau. Un retour avec des habits entièrement transpercés par la pluie de la matinée. Je n'ai également jamais vu une nature aussi peu entretenue qui gagne en permanence du terrain dans le désordre. Des chemins entiers sont en train de disparaître. Une évolution assez incroyable. Dernièrement, le samedi 17 février, en achetant du boudin effectué directement par des producteurs, j'ai été conduit à évoquer le détail des chemins découverts pendant mon enfance grâce à des agriculteurs qui connaissaient les moindres recoins. Et en citant un nom (Vital Geymond), la surprise et le plaisir de voir une des personnes présentes évoquer immédiatement les mêmes souvenirs : le rythme lent, l'opinel, la baguette flexible pour tuer les vipères au printemps, la gourde d'eau, le plastique dans une poche pour se protéger de la pluie surprise … : en quelques minutes je revoyais toutes les images de mon enfance. En revanche, à cette époque, je n'ai jamais imaginé que la nature puisse être ainsi abandonnée quelques années plus tard. Dommage.
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#SIA18 : bravo à la Ferme de Savoyères de Claix
C'est un réel plaisir que d'apprendre le prix remis au Salon International de l'Agriculture à la Ferme de Savoyères de Claix : le 1er prix d'excellence agri-écologique. Savoyères est un endroit très joli du cadre péri-urbain grenoblois. Avec nos enfants quand ils étaient "petits", c'était l'une de nos promenades préférées le week-end en VTT. Sur les flancs du Vercors, les paysages offrent des haltes avec une vue magnifique. Il y a également une réelle tradition des agriculteurs de ce secteur à mettre en oeuvre une vocation pédagogique forte. Nos enfants sont souvent allés à cette Ferme du temps où ils étaient à l'Ecole St Pierre de Claix. Comme la ferme Pollicand à Claix, les plantations Rouveure à Varces … : c'est l'un des volets agréables de l'agglomération grenobloise que de permettre ce contraste quasi-immédiat entre la campagne et la ville en quelques minutes. C'est d'ailleurs l'une des actuelles menaces du PLUI que de compromettre cette tradition. Des néo-grenoblois plus attachés aux mots qu'aux réalités malmènent cette richesse locale. Ce sera l'un des enjeux majeurs de 2020 face à des dogmatismes locaux préoccupants comme à des abandons supposés incontournables que de voir la mobilisation locale pour défendre et pour respecter ces beaux paysages.
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La génération qui cède trop rapidement à la flemme du mimétisme
Il y actuellement un danger réel : la mode du faire comme le groupe. Cette soumission à l'expression du nombre trouve parfois des applications stupéfiantes. Un exemple concret : au sud de l'agglomération grenobloise, il y avait une logique ancienne consensuelle de déchetteries de proximité. Chaque Commune a sa déchetterie. Cela avait été considéré alors à juste titre comme la meilleure protection contre les dépôts sauvages liés traditionnellement à l'éloignement des lieux de traitements. Loin de cette logique, l'intercommunalité décide tout dernièrement de regrouper les déchetteries. Il était concevable de penser que les élus locaux des Communes concernées se mobilisent et votent contre un tel regroupement qui amène des contraintes considérables avec le retour des risques des dépôts sauvages. Mais ce choix ne fait l'objet d'aucun vote contre : le poids du groupe. Une génération qui aime ce que les autres … aiment. Qui vote pour les candidats chouchous des … sondages. Une génération qui a perdu le sens du NON. Inquiétant à ce point. Toutes les informations pratiques en cliquant sur le lien suivant : Environnement.
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Du danger des démocraties de proximités
Soirée très agréable hier en regardant sur YouTube la conférence de Pablo Servigne grâce à l'alerte donnée par un ami sur Twitter. Une analyse très fine, documentée, remarquable. Mais surtout l'utilité d'une analyse critique. Dans ma formation, la première fois que j'ai éprouvé ce besoin d'analyse critique c'est à la lecture d'un ouvrage de Michel Crozier qui remettait en cause toute la grille officielle de lecture jusqu'alors donnée dont la vraie fonction du rôle préfectoral comme "paratonnerre" des autorités nationales. D'un coup, il me paraissait évident de ne jamais être prisonnier d'une seule grille de lecture. Hier soir, Pablo Servigne a effectué des démonstrations du danger des démocraties de proximités.
Les proximités revêtent de nombreux habits. C'est l'habit de l'immédiateté : une opinion publique qui veut tout tout de suite.
C'est l'habit de la proximité territoriale : ne pas chercher à voir ce qui se passe au loin : espèces animales en danger, ressources naturelles en extinction, changements climatiques lointains aux impacts incontournables …
C'est l'habit de la proximité de pensées : le contre exemple le même jour de l'analyse de Servigne avait été le discours de Trump à la CPAC (retransmis sur CNN) : venir pour dire ce que la salle attend : de l'hommage à Billy Graham à la caricature de Trump faisant observer sa coiffure irréprochable …
C'est aussi l'habit de la proximité cachée : des débats sur de nombreuses chaînes françaises sont des échanges courtois de l'entre soi où l'honnêteté minimale voudrait quand même par exemple que des universitaires conseillers de la campagne de Macron voient leurs deux qualités être mentionnées.
C'est aussi l'habit de la proximité qui bride la liberté. Un exemple concret : dans les posts du Club 20, les plus visités (avec des scores de plus de 3 000 visites) sont les articles qui dénoncent des inactions locales, des défaillances manifestes. Les + visités ont souvent le moins de "j'aime" et de commentaires. Les commentaires sont envoyés par messenger … Les avis apparents sont ceux qui émanent de personnes qui ont la liberté de les témoigner ainsi, l'indépendance face aux pouvoirs locaux, l'engagement qui leur donne une force particulière. Mais pour les autres, l'expression devient cachée, dissimulée, "secrète" pour ne pas froisser un pouvoir dont on pourrait solliciter une aide, une subvention, une autorisation …
C'est en s'ouvrant à des esprits qui font vivre "l'air du large" avec des contestations, des angles de vues neufs, des opinions rebelles qu'une communauté avance, qu'elle se construit, qu'elle prend des décisions de qualité. A trop s'éloigner de telles méthodes, il y a matière actuellement à alimenter des inquiétudes sérieuses. Hier soir, Pablo Servigne a fait souffler cet air du large, c'était sain et agréable.
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La parfaite complémentarité …
La nature a des moments où elle donne une image quasi-parfaite de certaines situations. Ainsi, des paysages sont d'une beauté que même la plus imaginative pensée ne pourrait concevoir à ce niveau de perfection. Là, sur cette photo que j'ai réalisée hier matin, je patientais pour photographier un magnifique bouvreuil pivoine. Mais il était très méfiant. Et d'un coup cette image. Une mésange bleue et une mésange charbonnière donnent l'image de la parfaite complémentarité. Deux espèces différentes. Deux branches d'arbres différentes pour se poser avant d'accéder à la mangeoire et des regards dans des directions opposées. En quelques secondes, elles offrent l'exemple de la parfaite complémentarité.
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L’avenir dépend des engagés
Hier, la marque Patagonia a diffusé à tout son réseau une vidéo (cf ci-dessous) appelant à la mobilisation des citoyens pour défendre l'environnement. C'est la réalité des actions efficaces. L'avenir dépend des engagés. Il ne dépend pas d'un homme "providentiel" à la tête d'un Etat. Il dépend encore moins de politiques emprisonnés dans des réseaux d'impuissance. Il dépend des citoyens engagés. Et aujourd'hui, grâce au numérique, les engagements n'ont jamais été aussi faciles, aussi permanents. Je participe à de nombreuses causes conduites par Patagonia (défense de sanctuaires naturels …), c'est un délice de constater la qualité des informations transmises. Dans la période actuelle, c'est probablement le maillon faible de la France. Il n'y a plus assez d'engagés. Des personnes qui croient dans des causes. L'indifférence a gagné trop de terrain. Le sauve qui peut individuel règne. Le fatalisme remporte des victoires. C'est le vrai tournant face à des causes indispensables : climat, protection animale … : il faut des engagés ! Des personnes qui ont des convictions. Qui les exposent. Qui les défendent. Qui les financent même modestement mais le nombre fait ensuite la puissance. Participer aux causes défendues par Patagonia c'est un bel engagement. Le premier d'une longue solidarité.
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Inondations : l’esprit de fatalité face à la « force de Dame nature » est en train de passer …
A la présidence de l'Agence de l'Eau Rhône Méditerranée Corse, j'ai eu à connaitre des épisodes forts d'inondations comme Nîmes, Vaison la Romaine … Il y avait à cette époque un esprit marqué par trois considérations : 1) le côté extra-ordinaire, 2) une fatalité face à la nature "qui se déchaîne", 3) les travaux nécessaires vont être faits. Et les travaux ont souvent été faits dans des conditions remarquables comme à Vaison la Romaine. Aujourd'hui, lors de dialogues sur le terrain, les mentalités ont beaucoup changé. 1) Il y a récurrence des dégâts et souvent dans des séquences temps brèves. Avec le dérèglement climatique, ces épisodes de météos extrêmes seront de plus en plus fréquents. 2) La fatalité face à la nature a perdu de l'impact avec le sentiment que les progrès devraient permettre de mieux prévoir, donc mieux prévenir, donc mieux protéger. 3) Face aux constats de périodicités rapprochées, la confiance est cassée. Donc des colères nouvelles prennent corps. Pour les personnes qui n'ont pas vécu sur le terrain des inondations, il y a deux phénomènes qui sont terriblement sous-estimés dans les images : 1) l'odeur : l'odeur de la boue est très impactante. Et pire encore dans les milieux urbains quand les réseaux d'assainissement collectif ont explosé. 2) La durée pour la remise en état : des plâtres imbibés d'eau vont mettre des mois et des mois pour retrouver leur état passé. C'est un nouveau poste budgétaire de protection que des collectivités publiques ne vont plus pouvoir ignorer à ce point encore longtemps face à la pression de l'opinion publique.