Denis Bonzy

Catégorie : Entreprises

  • Linky d’abord le compteur de la … couardise politique

    Linky affiche 25 02 16

    L'histoire du compteur Linky montre, si besoin était, le niveau actuel de la couardise politique. Pendant des semaines, des Conseils Municipaux, des associations et des citoyens se sont excités sur les compteurs Linky : pétitions, manifestations, protestations …

    Le 11 mai, à l'Assemblée Nationale, s'est tenue une séance de travail sur le compteur Linky avec toutes les parties intéressées dans le cadre d'une mission d'information sur l'application de la loi de transition énergétique. 

    Résultats :

    1) Il n'y a pas le choix puisque le compteur Linky a été décidé par la loi avec l'obligation légale de 100 % de compteurs Linky en 2024.

    2) en conséquence, il est établi que toutes les délibérations municipales adoptées contre l'installation sont illégales puisqu'elles vont contre la … loi.

    3) L'Agence Nationale des Fréquences a publié son étude sur la "nocivité" de Linky : la même émission qu'un radio réveil ou qu'une brosse à dents électrique !

    Et la Direction Générale des Collectivités Locales de rappeler que tous ces points viennent d'être communiqués aux Préfets pour strict respect de la légalité et de la technicité.

    Et pas un seul député ayant voté la loi imposant Linky à 100 % pour 2024 au plus tard sur tout le territoire français n'est sorti du bois pour le dire lors des délibérations, protestations, réclamations … Bravo pour le courage politique ! La politique française creuse toujours son trou. Allez encore des "efforts", il y a matière à toujours creuser.

     

  • Libérez les libéraux !

    1776 dc

    "Désolé, je n'ai pas mon visa de gauche pour participer à l'actuel débat sur le devenir des entreprises" … : c'est presque la formule qui s'impose sur le débat sur la loi Travail. Un climat irréel. Le débat est aujourd'hui entre la gauche de la gauche qui dit défendre les salariés et la droite de la gauche qui dit défendre l'entreprise et pas les patrons puisque c'est un juron pour eux. Et les autres, ils sont où ?

    Ils sont dans le camp des "je m'en fous" comme les 75 % d'abstentionnistes désormais aux dernières élections partielles avec le rythme du "vivre à l'écart car je n'attends plus rien d'eux". Ou "de toutes les façons, je suis sur le départ …" ?

    Ce qui est sûr, c'est que les politiques de droite sont absents. Ils … marchent dans le cadre de la primaire. Jean Lassalle a donné le rythme. A quand donnera-t-il la mode du tour de chant ?

    Et le patronat, il est où ? Quels patrons prennent la parole pour faire vivre l'envie de davantage de liberté pour l'économie donc pour créer des emplois.

    Un climat hors sol actuellement en France.

     

  • La fin des chiens battus ?

    Macron 21 02 16

    La gauche de François Hollande va-t-elle accoucher d'un produit que la droite française n'était jamais parvenue à faire naître ? La question se pose avec sérieux au sujet d'Emmanuel Macron comme l'évoque "l'entretien ci-dessous".

    Ce qui est sûr, c'est qu'Emmanuel Macron a déjà assuré une rupture : la fin des chiens battus. Pour ceux qui aiment les animaux, ils savent qu'on reconnait très rapidement un "chien battu" : le regard triste, la posture soumise, craintive, la discrétion pour échapper à la violence potentielle… 

    La politique française vit une génération de "chiens battus" : le regard triste, la pensée fuyante, les épaules tombantes, le vocabulaire pauvre … Ils s'excusent de tout même de ce qu'ils n'ont pas fait. Ils sont tellement habitués à revendiquer ce qu'ils n'ont pas fait qu'ils ont perdu les repères …

    Une génération qui a au moins une réussite : se faire la tête des électeurs qui ont le moral dans les chaussettes. 

    A l'opposé, Macron qui est un mystère sur le fond a déjà au moins un mérite. Il refuse la génération des "chiens battus". 

    Rien que pour cela, il mérite l'attention et l'encouragement. Il a une liberté que les autres n'ont pas : savoir qu'il peut réussir sa vie sans dépendre de la politique. Là aussi, une belle rupture face aux professionnels de la politique.

  • L’accélération du naufrage de la « filière inversée »

    Grenoble 3 26 05 16

    Un tournant dans la communication publique date des années 80 avec Reagan aux Etats-Unis. Son conseiller à la communication, Mike Deaver, met au point la stratégie de "faire la météo". Jusqu'alors, ce sont les événements réels qui dictaient leur loi. Là, ce sont les responsables politiques qui vont décider quels événements retenir. C'est la tactique dite de la "filière inversée". 

    Comme toujours, les politiciens français ont d'abord copié ce que les Etats-Unis comptent de … pire. Et cette logique de "filière inversée" est mise en oeuvre de façon généralisée en France. 

    En début de semaine, Valls proclame "aucune pénurie n'est à craindre". Aujourd'hui c'est la pagaille d'alimentation en carburant. 3 jours plus tard, les faits ont pris "leur revanche".

    Hier, sur les stocks stratégiques, la "filière inversée" a été mise en échec dans la même journée. 

    C'est le véritable problème actuel : il ne s'agit plus de gérer mais de sauver la face par la communication gadget : une formule, une posture … sans jamais régler une question de fond.

    Prenons l'exemple des blocages :

    • qui paye le nouveau goudron des voies publiques après les incendies ?
    • qui dédommage les préjudices commerciaux professionnels des personnes prises en otages ?
    • pourquoi les forces dites de l'ordre donnent-elles d'abord la préférence au droit de manifester sur le droit de circuler ?
    • comment expliquer que le Gouvernement n'ait pas eu le professionnalisme pour sonder la CGT dans les couloirs pour savoir quelles conséquences elle allait donner au vote du texte comme cela se pratique tout naturellement ?
    • Pourquoi aucune conséquence juridique n'est attachée à l'occupation et à la détérioration d'un bien du domaine public sans autorisation préalable ?

    Grenoble 26 05 16 2

    Le liste des questions non traitées et des anomalies est considérable. 

    C'est une série B qui est vécue en France actuellement. Un théâtre d'ombres, d'incompétents. La revanche des faits s'annonce terrible. la "filière inversée" est en train de s'écrouler sous nos yeux actuellement. Elle a été poussée à son extrême et un effet boomerang s'annonce pour toute la classe politique française.

  • Le vrai tournant : « la génération si j’veux ! »

    Impossible

    Le vrai tournant actuel en France, l'éclosion d'une "génération si j'veux". C'est un état d'esprit qui change tout. Les conduites individuelles échappent aux codes, aux instructions, aux normes, aux affectations classiques.

    Le marché privé a déjà donné le signal de départ. L'économie dite collaborative vit sur cette mentalité à la caricature sur toutes les étapes de la chaîne. Le marché va même plus loin actuellement dans le refus des codes par exemple dont celui de céder à l'hyper-consommation vestimentaire à l'exemple des campagnes Patagonia qui connaissent un succès accéléré : l'équipement vieux durable vaut le neuf ou le refus de céder à la consommation éphémère.

    Patagonia Worn Wear 2 15 05 16

    Cette mentalité du choix individuel change tout. Sur le fond, c'est un immense progrès puisque c'est d'abord l'affirmation de la responsabilité et de l'autonomie individuelles. C'est une avancée de liberté. 

    Cette avancée de liberté change totalement la donne pour la vie politique. C'est la fin des directives qui tombent du haut. C'est l'inversion des tendances. Le devenir ne doit plus descendre du "sommet" pour être voué à être appliqué par la "base". Le devenir doit monter de la base. La base qui a compris qu'elle a pour elle le nombre et que c'est elle qui finance le système. La "base" a compris que dans une démocratie d'opinion, elle est le "sommet" ! Le socialisme historique et l'étatisme y compris de droite sont des hors jeux culturels dans ces circonstances.

    Plus tardivement la classe politique détachée des réalités du marché acceptera ce tournant, plus elle se fragilisera dans une gouvernance qui devient insupportée. C'est le vrai divorce idéologique actuel en France.

    Des vainqueurs immédiats vont résulter de cette nouvelle mentalité. L'environnement sera le grand gagnant. Dès que chacun a conscience que l'environnement dépend d'abord des comportements individuels quotidiens, c'est un pas en avant considérable. 

    Les politiques français n'ont pas encore pris ce tournant. Il leur est demandé de faire peu mais bien sur des fonctions collectives que, par définition, les individus ne peuvent pas traiter : ordre public, sécurité internationale … Mais pour le reste, il faut maintenant accepter la place de la liberté individuelle. Donc moins réglementer dans le détail. Moins administrer. Moins encadrer.

    Cette génération "si j'veux" va changer beaucoup de vieilles habitudes. Il y a de nouveaux équilibres collectifs à trouver pour ne pas sombrer dans l'anarchie avec un tel changement. Mais c'est une évolution intéressante à vivre.

     

  • Et les vainqueurs de l’Euro 2016 sont … Twitter et Periscope

    Jack Dorsey 11 03 16

    Depuis le 2 mai, avec des hauts et des bas, globalement le cours de Twitter a stoppé sa chute et probablement est en train d'amorcer un rebond. Deux explications à cette situation. D'une part, Twitter et Periscope (dans le périmètre de Twitter) parient sur un effet Euro 2016. Twitter devrait d'ailleurs annoncer sous peu des innovations importantes pour les liens, les photos et les vidéos.

    D'autre part, l'ambiance tourne sur les "changeurs du monde". Ceux qui brassent d'abord des articles de presse, des reportages … mais très peu de cash solide, rentable passent de mode. Il n'y aura peut-être pas d'échec retentissant avec un effet dominos mais la mode est en train de passer. Il suffit de voir l'évolution des valorisations et surtout les décalages des introductions en bourse pour le constater. La mode tourne aux vieux métiers exercés de façon moderne. Et sous cet angle, Twitter et Periscope peuvent retrouver la forme. Le métier d'informer avec de nouveaux moyens.

  • Avoir le courage de valeurs fortes

    Obama 16 05 16

    Hier Barack Obama participait à la remise des diplômes de l'Université Rutgers dans le New Jersey. Et une fois de plus, Barack Obama a effectué un discours remarquable montrant par comparaison l'immensité du vide des discours de ses successeurs potentiels comme du vide dans d'autres pays à l'exemple de la France.

    Qu'a-t-il déclaré pour l'essentiel ?

    1) Il a critiqué les étudiants de cette Université qui, en 2014, avaient protesté et fait annuler la venue de la républicaine Condoleezza Rice, l’ex-secrétaire d’Etat du Président George W. Bush, en raison de son rôle dans le déclenchement de la guerre d’Irak.

    «Il est à mon avis malavisé de croire que cette communauté ou ce pays ne puisse rien tirer de son intervention, et qu’il soit bénéfique de ne pas lui donner la parole», a indiqué Barack Obama.

    2) «En politique comme dans la vie, l’ignorance n’est pas une vertu. Ce n’est pas cool de ne pas savoir de quoi vous parlez. Cela n’a rien à voir avec être franc ou dire la vérité ou lutter contre le politiquement correct. C’est juste que vous ne savez pas ce que vous dîtes».  Belle réaction face à une ambiance de populisme où énoncer des banalités de cafés du commerce deviendrait le marqueur d'un discours vrai. C'est la tentation de la politique comme dîner de cons.

    3) Mais surtout, Obama a remis en question la "mode du retour au passé". Le passé n'était un "âge d'or", c'était aussi le temps des discriminations raciales les plus radicales, la pauvreté ou la place réduite des femmes dans la société …

    Une fois de plus, Barack Obama a montré le leadership que peu de responsables politiques manifestent actuellement dans des circonstances difficiles. Ce n'est pas le suivisme qui permettra de sortir de la crise mais le courage de valeurs fortes destinées à faire réfléchir et progresser chacun.

     

     

  • Jean Tirole, les médias et les faits

    NH debate 07 02 16

    En octobre 2014, Jean Tirole recevait le prix Nobel d'Economie. Une distinction rare pour un Français. Surtout en économie. On était donc en droit de penser que cet universitaire français, reconnu par la communauté internationale pour la qualité scientifique de ses travaux, occuperait une place de référence dans le débat public français. Puis après le Nobel, rien. A l'écart des débats intérieurs.

    Hier, sur Europe1, Jean Tirole était de retour. Enfin. 

    La surprise des journalistes a été grande sur un volet inattendu : la place des faits. Il y aurait donc des faits à accepter, à admettre avant de passer à d'autres sujets. Et à un moment l'un des journalistes pose une question essentielle : " …vous reprochez aux médias de ne pas défendre les faits …?

    C'est actuellement le sujet le plus intéressant aux Etats-Unis dans le débat de la présidentielle 2016. Les "grandes plumes" s'interrogent publiquement sur le thème "avons-nous créé Trump ?". 

    Et les intéressés font leur auto-critique. Par exemple pour le projet de "mur avec le Mexique", avons-nous posé les bonnes questions : est-ce que le mur est une réponse efficace ? Comment un Président américain peut-il contraindre le Mexique à le financer ? Et dans ce cas, quel calendrier ? Et si le Mexique refuse de le financer, quelles conséquences ? …

    Avec de telles questions, les faits se ré-invitent dans le débat. Et le débat change. 

    Qui pourrait défendre en dehors de la politique qu'un problème peut être résolu si les faits sont ignorés ou mal posés ? Personne. Les faits doivent être considérés parce qu'ils sont la 1ère étape incontournable pour apporter des solutions. 

    Hier, cette meilleure considération des faits a été la 1ère valeur ajoutée de ce débat. Ce qui reste à souhaiter c'est que cette meilleure considération ne se limite pas à cette émission là.

  • Wanted#bonsplans : le tournant de l’économie collaborative

    Wanted

    Le périmètre de l'autonomie des citoyens s'élargit en permanence. Hébergements, déplacements … ont été les premiers domaines. Le succès de Wanted#bonsplans marque une étape supplémentaire puisque le conseil direct est général. L'idée est simple : profiter des bons conseils de tous les membres d'une communauté.

    Les questions sont les plus diverses. C'est très pratique. Chaque jour, des demandes sont postées pour vendre des objets, pour demander un conseil, pour trouver un restaurant où aller dîner …. 

    Tout repose sur la volonté d'entraide des membres de la communauté. Sur Bordeaux, cette opération fonctionne très bien. D'autres groupes ont déjà vu le jour à Lyon, Marseille, Toulouse, Londres et New York.

    Des groupes thématiques sont envisagés.

    Pourquoi cela fonctionne bien ? Parce que la période est à la crédibilité de la réponse des pairs. En dehors des métiers techniques, la société se prépare à s'organiser de façon autonome, sans intermédiaire. L'intermédiaire a perdu sa "valeur ajoutée". Son conseil est entouré de suspicions : pourquoi, quel prix …

    C'est une évolution qui n'est pas exemple de dangers : pourquoi la réponse donnée par un inconnu serait-elle de meilleure qualité que celle donnée par un professionnel ? Il n'y a pas de critère technique fiable permettant de fonder une telle évolution. Mais elle est là. C'est aussi une étape de plus vers une économie qui permet des économies. Puisque ce conseil du pair est gratuit. 

    Les détracteurs disent que cette économie collaborative est "l'économie du vide grenier". C'est à la fois dédaigneux et irrespectueux de la réalité du phénomène. Il s'agit bien d'un phénomène et en France il est lancé avec vitalité. Les conséquences sur l'économie classique seront considérables à terme. Il en sera de même sur la politique. Parce que le consommateur qui gagne en autonomie est aussi un citoyen qui est prêt à se passer des intermédiaires …

  • Patagonia et sa belle campagne contre le gaspillage

    Patagonia 05 05 16

    A partir d'aujourd'hui, Patagonia débute une tournée pour promouvoir les vêtements à réparer. Nouvelle campagne remarquable de cette belle marque : Worn Wear.

    1) Avec cet effort, la planète est allégée d'une gestion de "déchets de vêtements" qui a été chiffrée à des dizaines de milliards d'euros.

    2) Mais surtout, un vêtement porte une histoire. Réparer un vêtement c'est respecter une séquence de sa vie.

    Voilà une belle philosophie. Je la pratique depuis longtemps déjà. J'ai même pris l'habitude de mettre de côté des pièces qui me paraissent vouées à bien réparer des vêtements au cas où … C'est une satisfaction de constater qu'une marque aussi forte que Patagonia se lance à juste titre dans une campagne de ce type refusant la course permanente à l'éphémère et au jetable immédiat. Tous mes voeux de succès.