Denis Bonzy

Catégorie : Entreprises

  • L’événement le plus important de la semaine écoulée : Viadeo !

    Viadeo

    Mardi 29 novembre, Viadeo a été placée en redressement judiciaire. C'est le marqueur le plus important d'un tournant des marchés.  L'étape pendant laquelle des sociétés pouvaient vivre des placements des investisseurs et non pas des recettes des clients est passée. Finie. Ce tournant était annoncé depuis une quinzaine de mois. Je l'ai évoqué à de nombreuses reprises. C'est une étape nouvelle qui s'ouvre.

    Ce nouveau cycle s'ouvre dans un contexte qui mérite l'attention. L'énergie repart à la hausse. Les taux d'intérêt vont redémarrer aussi. Le protectionnisme gagne du terrain notamment aux Etats-Unis où l'Administration Trump semble solide ce volet. C'est dans ce contexte que les Français vont prendre conscience des occasions manquées ces 5 dernières années. Aux Etats-Unis, le taux de chômage vient de passer en novembre 2016 en-dessous des 5 % de la population active c'est à dire au niveau de 2007 soit avant la crise de 2008 ! En France, ce taux est de plus du double.

    Est-ce le moment dans ce contexte où la crise sous de nouvelles formes est devant qu'il faut lever des pans entiers de couverture sociale ? La sagesse veut que c'est en période de croissance saine qu'il faut alléger la couverture sociale. Si cette évolution se produit en période de crise, la "casse humaine" est considérable. 

    Une réalité qui montre aussi, si besoin était, le décrochage dans le temps entre l'adoption d'une politique et l'impact concret. Pour Obama, il lui a fallu 5 ans pour infléchir la tendance de 2008 et avec des mesures volontaristes considérablement plus élevées qu'ailleurs puisqu'il a opéré des nationalisations ponctuelles provisoires. 

    La France risque de payer très cher dans ce nouveau contexte l'amateurisme des dernières années car un sérieux "gros temps" s'annonce et cette tempête très sérieuse va être affrontée par un pays très fragile.

  • La révolution de l’information géographique

    Pollutec 16 01 12 16

    Le salon Pollutec 2016 porte de nombreux enseignements. L'un d'entre eux concerne la révolution de l'information géographique. Dans des domaines comme l'eau ou plus globalement l'environnement, l'information géographique connait une révolution au contenu quasi-irréel. Par la précision des données, par leur visualisation, par la réactivité immédiate des informations à partager … : c'est un univers totalement nouveau qui est engagé. Avec Didier Richard, dès 1998, nous avions été les premiers à nous engager sur le "chemin" du numérique appliqué à l'information géographique. C'était tôt. Les moyens ne faisaient pas la différence avec "l'info papier". Maintenant, ces deux supports ne partagent plus la même division. L'écart a été creusé. Il va s'amplifier de façon considérable dans les deux prochaines années.

    De même, autre révélation de ce salon remarquable : les possibilités de l'impression 3D notamment en matière de santé. Les champs d'applications ouvrent des perspectives considérables. 

    Trois autres constats sur le terrain :

    1) les exposants étrangers stupéfaits par la morosité française ambiante,

    2) le stand "Nouvelle Aquitaine" qui surclasse tous les autres stands des collectivités territoriales,

    3) une affirmation considérable de ce salon technique professionnel qui pourrait vivre de 2014 à 2016 un passage de 60 000 à 100 000 participants (exposants et visiteurs). Ce qui montre, si besoin était, que des salons d'excellence en région ont toute leur place. Et ils constituent une formidable locomotive pour l'ensemble du tissu économique local dont les commerces, restaurants et hôtels.

  • Quand la vacuité gagne haut la main …

    Cleveland 15 07 16

    A force de vivre les campagnes électorales comme des courses à l'audience par le spectaculaire, les lendemains sont redoutables. Hier soir, Trump est sorti de la fantaisie. Il a enregistré et publié sa 1ère vidéo officielle depuis qu'il est élu. Il présente ses 6 priorités immédiates. La choc Trump prend réalité. Climat, accords internationaux … : le choc est réel. Frontal. Il y a juste une mesure qui mérite l'intérêt positif : l'engagement de ne publier une nouvelle réglementation qu'à la condition d'en supprimer deux anciennes lors de la publication d'une nouvelle. Vendredi dernier, la lutte contre le réchauffement climatique a déjà pris deux ans de retard avec la conclusion de la COP22 décalant tout à 2018. Avec les déclarations de Trump d'hier, c'est 20 ans de plus.

    La vacuité avait régné pendant la campagne électorale : le vide sauf les grimaces de Trump, les tweets de Trump … Aujourd'hui, il est dans le fauteuil et le vide est occupé.

    Même dispositif en France. C'est au lendemain du 1er tour de la primaire qu'on commence à parler programmes de façon précise. Jusqu'alors les réalités étaient à contre-mots. C'est ainsi que Juppé est devenu … moderne, Fillon …anti-système, Copé … honnête et pourquoi pas Poisson … tolérant … 

    C'est la génération "fouzy" : "fouzy" un mot à la mode et la réalité s'adaptera. Ainsi tout dernièrement, le jeune Christian Estrosi (61 ans) a épousé la vieille Laura Tenordji (40 ans). La vie privée doit rester secrète jusqu'au jour où M6 publiera les photos bien sélectionnées d'un mariage anti-système entre un membre de la société civile (Christian Estrosi) qui n'a jamais cumulé les mandats politiques et une jeune femme totalement extérieure au milieu médiatique puisqu 'elle ne présente pas une émission télé chaque matin sur France 2… Et surtout que les militants n'hésitent pas à twetter et retweeter les éléments de langages officiels le plus possible. 

    A ce rythme, on ignore quel mur on va prendre de plein fouet mais l'accident est garanti. S'il n'y a qu'un mur ce sera déjà une réelle chance à ce rythme.

  • Le libéralisme peut-il être la solution comme sortie du cycle de crise de 2008 ?

    Obama 05 07 16

    Après Trump aux Etats-Unis, Jared Bernstein qui est un fin analyste posait dernièrement la question : le libéralisme peut-il être la solution comme sortie du cycle de crise de 2008 ? Avec le score de Fillon hier, la même question va se poser en France. Dans la réponse, il faut se méfier des approches trop globales. Le libéralisme n'a pas un seul visage. Au-delà des différences, si cette question se pose actuellement sous des aspects nouveaux, c'est que l'Etat Providence semble arrivé au bout du cycle de son efficacité et surtout de son coût. 

    Pourtant, avant de céder au constat que le libéralisme serait de mode, il me semble que deux aspects sont actuellement pas assez examinés. D'une part, le libéralisme arrive-t-il en tant que tel ou dissimulé sous les habits d'autres motifs ? Aux Etats-Unis, le libéralisme n'est-il pas arrivé le 8 novembre sous les habits d'un vote essentiellement protestataire ? Et en France ne pointe-t-il pas sous nez sous les habits d'un vote d'abord identitaire le 20 novembre ? Mais surtout, si dans toutes les hypothèses, ces scrutins devaient être vécus comme des formes de "revanches modernes", ne faut-il pas traiter avec une attention plus vigilante la question de la pauvreté. Cette question ne devrait-elle pas être au centre de tous les actuels débats ? Comment est-il possible de vivre une "démocratie apaisée" qui est nécessaire si des personnes ont devant elles une vie d'exclus ? Une vie de chômeurs ? Comment une société peut-elle être respectée si elle ne connait pas, par le mérite, la conviction que tout est possible surtout le meilleur pour le très grand nombre et en dehors de quelques exemples destinés à cacher la forêt des impossibles ? 

    Si la question des pauvretés n'est pas traitée sérieusement, le libéralisme ne sera qu'une étape rapide vers des radicalisations encore plus fortes et des poussées de revanches impossibles à contenir …

  • OneRagtime ou la participation new look

    OneRagtime

    Une plateforme d'investissements (OneRagtime) vient d'être inaugurée. Elle mérite l'attention. D'abord, pour l'anecdote parce qu'elle rassemble deux grenoblois. JM Messier qui a effectué ses études secondaires à l'Externat Notre Dame de Grenoble et Stéphanie Hospital diplômée de GEM (Grenoble Ecole Management). Avec JM Messier, nous avons effectué nos études secondaires ensemble. Depuis, nous ne nous sommes jamais perdus de vues. Il a toujours eu un intérêt particulier pour ce qui est neuf. Même au plus jeune âge. Avec cette plateforme notamment, l'économie montre que le vieux thème de la "participation" va vivre des jours nouveaux. Les circuits classiques fermés, opaques vont être contournés, dépassés.

    Ce que l'économie connait déjà, la politique le vivra à son tour de façon incontournable. La politique manifeste aujourd'hui le réflexe des perdants : s'arc-bouter sur de vieilles pratiques pour refuser l'innovation. Mais l'innovation ne se refuse pas. Elle s'accompagne ou elle abandonne au bord du chemin. 

    Le numérique, affirmation de l'autonomie individuelle, fait exploser tous les vieux codes. A force de refuser de regarder cette réalité, le monde politique français va se prendre une gifle d'une ampleur qu'il n'imagine même pas. 

  • Le mot du jour : la disruption !

    Obama 5 04 09 15

    Aujourd'hui le mot clef de la journée sera : la disruption. C'est quoi ? C'est le choix de la rupture forte dans les thèmes comme dans les idées. C'est la principale novation de Donald Trump : casser le discours conventionnel. Et Donald Trump l'a fait à sa "manière" sur les sujets les plus "chauds" dont l'identité et l'immigration.

    C'est la disruption qui est attendue actuellement pour sortir de discours et d'approches usés, discrédités, dévalorisés.

    Dès le 7 avril 2016 sur Medium c'est le sujet de fond que j'ouvrais alors.

    Pour naître, la disruption demande du courage et de l'honnêteté.

    Du courage, puisqu'il faut prendre de l'avance sur la bien pensance du moment. 

    De l'honnêteté, parce que l'avance est un immense pari : celui de rester seul alors que pour une fois l'attente est d'être rejoint, vite et en grand nombre.

    En novembre 2008, lors d'une rencontre à Boston au Starbucks de Cambridge Galleria avec un responsable de la campagne d'Obama, son amertume était terrible. Il avait défendu tôt la disruption et le succès avait fait passer son avance puisqu'il était trop rattrapé. 

    La disruption est une mentalité : être soi-même. Puis, selon les circonstances, il y a un moment où la rencontre est possible pour tant d'autres moments où elle ne l'est plus ou pas. Comme actuellement, la disruption c'est reconnaître qu'Obama a été un excellent président et s'il avait été personnellement candidat il aurait gagné le choc entre les colères et le positif. C'est quand le positif (l'espoir) est trop faible que les colères gagnent. Quand l'espoir est là, fort et fiable, la nature humaine lui donne un avantage sur les colères. 

    Et aujourd'hui, en France, la disruption, c'est l'espoir, l'optimisme, la modération. 

  • Quand les publicités vont quitter la télévision pour … Facebook

    Facebook locaux bis

    Le 5 octobre 2016, les aides à la presse papier ont été publiées. Au total, c'est près de 128 M€ pour 326 titres. Comme contribuables nous avons versé ainsi 3 590 000 € à l'Humanité. Chacun appréciera. Mais il y a un autre phénomène qui est en train de prendre naissance. Les études montrent que les publicités via Facebook sont plus efficaces que les écrans TV classiques. Les actes de "conversions" sont plus élevés. C'est assez compréhensible puisqu'il est possible d'opérer un meilleur ciblage. Si bien que des grandes marques sont en train d'effectuer un transfert d'une partie de leurs budgets publicitaires classiques sur des réseaux sociaux dont Facebook. 

    Après la presse écrite perfusée, la France va-t-elle inventer la "TV perfusée" avec des aides publiques bien entendu données "en toute impartialité et sans jamais attenter à la moindre indépendance journalistique" … selon les formules consacrées ? 

    La dépense publique donc l'impôt ont encore de très beaux jours en France en dépit des déclarations en la matière quand on peut considérer qu'il est ainsi possible de s'affranchir des règles du marché qui s'imposent ailleurs aux entrepreneurs, commerçants, artisans …

  • Présidentielle US 2016 : l’information via les réseaux sociaux ou la nouvelle âme de la nation

    Harvard 2 29 08 16

    Selon le Pew Research Center, actuellement près de 75 % des Américains s'informent sur la présidentielle 2016 via les réseaux sociaux là où ils étaient près de 40 % en 2012. C'est donc une progression considérable. En France, il n'y a pas d'étude disponible aussi détaillée mais le constat de la progression permanente des audiences sur les réseaux sociaux montre une tendance forte identique à la progression des réseaux sociaux dans les supports d'informations choisis par les citoyens.

    L'un des volets qui se développe considérablement en dehors de l'audience, c'est le fact-checking : la vérification des faits. Un chiffre est énoncé : est-il juste ou faux ? Une comparaison est faite : juste ou fausse ? …

    La forte audience + le fact-checking révolutionnent le circuit classique de l'information : c'est la chute du sacré. Hier, le sacré résidait dans le support institutionnel et dans la parole officielle. Aujourd'hui, cette information officielle c'est de la moraline juste bonne à susciter les réactions, les vérifications. 

    Tant que les professionnels de la politique n'accepteront pas en France cette double révolution (la diversité des sources d'informations comme la culture de la vérification des faits), le fossé restera important entre les citoyens et la classe politique. L'opinion n'est pas ingrate. Elle est devenue plus exigeante. Elle n'est pas indisciplinée. Elle est devenue plus mature donc indépendante. L'âme de la nation a changé dans son rapport avec l'information officielle donc avec le pouvoir. 

     

  • Drôme saveurs : une application remarquable à pratiquer

    Abricots

    Lundi 26 septembre, le département de la Drôme a mis en service une application remarquable : Drôme saveurs. L'objectif : favoriser la consommation auprès des producteurs locaux et le tourisme de proximité. Une excellente idée. Patrick Labaune qui préside le conseil départemental de la Drôme vient de lancer cette application particulièrement réussie.

    Drôme bis 28 09 16

    Au moment où il est tant question d'aider à juste titre les producteurs locaux comme de contribuer à la découverte des merveilles de proximité, c'est une application très réussie. Une initiative à découvrir, à pratiquer et qui devrait inspirer de nombreux autres départements. C'est concret, simple et utile. Toutes les qualités pour faire et non pas seulement parler sans lendemain. La technologie au service du quotidien pour mener de belles causes (producteurs locaux et environnement de proximité) : un bel exemple. 

     

  • Twitter ou le début d’une éventuelle très belle séquence …

    Twitter bourse 25 09 16

    Le fait le plus important de la semaine écoulée : le bond de Twitter en bourse. Pourquoi ? Parce que derrière ce bond en bourse se cache peut-être l'ouverture d'une très belle séquence. De quoi est-il question ? De la fin du cycle des valeurs qui puisent leur fonctionnement chez les investisseurs et non pas chez les clients. Tout au long du premier semestre 2016, j'avais indiqué que ce cycle s'approchait. Il est probablement en train de s'engager.

    Les investisseurs ont misé sur des schémas de développement. Dans ce cadre, le coeur du "contrat" est sur l'année d'équilibre et ensuite sur le rythme de retour sur investissement.

    Pour de très nombreuses entreprises de nouvelles technologies, cette année d'équilibre est différée en permanence. 1ère conséquence concrète : les investisseurs sont moins téméraires dans les introductions boursières comme dans les augmentations de capital. C'est le cycle ouvert depuis mi-2015.

    Puis il y a une deuxième étape, les investisseurs initiaux ne veulent pas "remettre la main à la poche" et dans ce cas la société concernée doit vendre sa place de marché. Comme bon nombre de ces sociétés ont désormais construit leur développement sur des fonds levés en bourse, le rachat donne mécaniquement une sécurisation qui valorise le cours au moins temporairement après une "période d'agonie".

    Depuis le début des années 80, deux cycles systémiques de ce type sont intervenus. Le 1er a concerné la vague des OPA des années 80 quand l'économie découvrait les avantages de la taille et de l'internationalisation. la constitution du groupe LVMH est un exemple emblématique de cette époque. La seconde vague date du milieu des années 90 quand les entreprises ont repris confiance après le choc brutal de la 1ère guerre du Golfe.

    Aujourd'hui, avec le nombre de sociétés qui fonctionnent loin de toute rentabilité, si les investisseurs ont décidé de "mettre un terme au jeu", le cycle des cessions va débuter et pour des sociétés ayant qualité à être adossées à de grands groupes solides pour compléter leurs métiers traditionnels les rebonds boursiers s'annoncent prometteurs. 

    Twitter ouvre peut-être le bal … ? Une période passionnante s'engage.