Denis Bonzy

Catégorie : Entreprises

  • Le beau printemps des valeurs technologiques

    Bourse 12 12 16

    La France progressivement, c'est le bonheur d'être … triste. Le mal de vivre est partout. Avant le 1er tour de la présidentielle, il faut chasser les … anciens. Puis au second tour de la présidentielle dans la foulée du débat, il faut chasser les … nouveaux. Tout est toujours comme cela : le pays qui a la flemme d'aller bien. C'est ce même réflexe qui a animé bon nombre de commentaires par le passé à mesure de recommandations sur des valeurs technologiques. Les valeurs vouées hier à "subir l'éclatement de la bulle" sont en train de vivre un très beau printemps. Sur une simple séquence temps de novembre 2016 à début mai 2017 :

    • Twitter : + 12, 5 %
    • Alibaba : + 29 %
    • Facebook : +32 %

    Même Snapchat a évité le "gadin" promis par tant de "spécialistes" français. 

    Dans les prochains mois, 7 introductions en Bourse doivent performer sur le marché américain. En France, elles seront présentées comme les "prochaines bulles" et ne feront parler d'elles qu'à l'occasion d'un vrai "gadin". Parce que quand des valeurs vivent des progressions du type de celles ci-dessus, bien entendu il n'y a pas matière à en parler et encore moins à s'en réjouir. Dans un tel climat, bon courage au vainqueur du 7 mai …

  • La France est-elle devenue le pays qui finit par aimer le confort de ses scandales ?

    Silence

    Il y a quelques mois une formule suscitait des réactions : "la France, c'est Cuba sans le soleil". La bonne formule ne serait-elle pas plutôt "la France c'est la Suisse sans la richesse" ? En Suisse, il y a une lenteur de réaction qui peut même passer pour de l'indifférence. La neutralité aurait son socle sur un tempérament "réservé" ("on verra bien …"). Avec cette présidentielle, la France est devenue le pays qui finit par aimer le confort de ses scandales. Les SMS révélés par Dupont Aignan susciteraient le boycott du support de presse en question dans toutes les autres démocraties. En France, rien. Deux candidats seraient dans l'impossibilité absolue de se présenter dans toute autre démocratie. En France, rien. Des programmes auraient été étrillés par des experts économiques. En France, rien. Et la liste pourrait continuer longtemps … Du pays des valeurs universelles, la France est devenue celui des scandales universels avec en plus tous ceux qu'elle parvient à cacher non sans efficacité comme le sujet pour le moins "embarrassant" de certains militaires dans des pays étrangers où ils étaient supposés défendre la paix. Entre les scandales acceptés, les scandales cachés … : ce rapport si tolérant aux scandales mériterait d'être analysé. Il y a une renonciation à l'exemplarité qui doit permettre à chacun de se dire "quand je me compare, je ne suis pas si mal quand même ...". C'est le côté positif de la situation.

  • Snapchat ou le parcours boursier qui mérite des réponses solides à des questions sérieuses

    Snapchat CEO

    Qu'est ce qui reste à un porteur d'actions quand il n'a ni le droit de vote ni la faculté de capitaliser son "placement" ? Dès l'origine, l'action Snapchat était dépourvue de droit de vote lors de l'introduction en bourse. Par conséquent, l'intérêt d'investir résidait dans une logique spéculative. Mais le cours s'est effondré. Tant que le capitalisme fonctionnera sur de telles bases, il suscitera une répulsion qui alimentera ses plus déterminés détracteurs. Sur de telles "bases", le capitalisme "sponsorise" sa perte. Il privilégie manifestement l'enrichissement personnel des investisseurs initiaux en passant le mistigri de leur sortie à des … particuliers pour une grande partie. C'est une situation tellement opposée à l'éthique, au bon sens et au respect d'autrui qu'il ne faut pas s'étonner si des opposants irréductibles ont des autoroutes devant eux lors de suffrages démocratiques.

    Snapchat cours de bourse 19 04 17

  • La présidentielle va entrer dans le dur …

    Bourse 12 12 16

    Aujourd'hui, l'écart entre le taux d'emprunt à 10 ans de la France et celui de l'Allemagne a brutalement grimpé de 70 points de base. Les marchés financiers n'excluent plus un second tour Le Pen / Mélenchon. Il y a des indicateurs "discrets" qui méritent l'attention. Hier, Sur YouTube, la retransmission du meeting Mélenchon à Marseille = 400 000 visites (exactement 386 497 !). Fillon, même en cumulant tous les supports, on arrive au dixième de … Mélenchon. Après le "vote caché", il faudrait aussi croire à une "audience cachée" … Ces signes ne trompent pas en marqueur de dynamique à ce jour. Maintenant, on va voir deux réalités. La "peur" des marchés financiers va-t-elle frapper ? Ou le niveau de révolte populaire est tel qu'aucun "grand tuteur" dont les marchés financiers ne peut canaliser un vote ? Et demain comment la France pourrait fonctionner avec sa dette gérée face à une poussée brutale significative des taux d'intérêt ? La présidentielle 2017 est en train de changer de dimension.

  • Des fractures territoriales réellement inédites

    Lyon 27 03 17

    En fonction des déplacements professionnels, le constat sans cesse plus manifeste de fractures territoriales inédites qui donnent le sentiment de s'accélérer et surtout de s'amplifier. En février 2017, un organisme public d'études indiquait que les quelques métropoles françaises accueillaient maintenant 46 % des emplois créés. Mais surtout derrière cette moyenne, par exemple 85 % des ingénieurs de l'informatique sont regroupés sur certaines métropoles. A ma connaissance, pour la première fois à ce point, on assiste à un réel éclatement du territoire en 4 groupes : les métropoles, les villes moyennes, les petites villes et le monde rural en plein abandon. Autant des métropoles capitales régionales (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Marseille-Aix, Toulouse, Strasbourg …) ont pris le train de la modernité internationale, autant les trois autres groupes décrochent actuellement pour vivre à un autre rythme. C'est du jamais vu à ce point en France, pays dit de l'unité territoriale par l'action de l'Etat. Et aujourd'hui, dans les métropoles capitales régionales, cette cassure est officiellement assumée, reconnue, même revendiquée. Un tournant majeur pas assez évoqué publiquement.

    Bordeaux 2 28 03 17

  • Les trois vraies leçons fortes de l’introduction en Bourse de Snapchat

    Snpas Inc 02 03 17

    Le véritable fait majeur sur le plan économique international du début 2017, c'est l'introduction en Bourse de Snapchat. "L'atypisme" de ce fait majeur est actuellement banalisé dans des conditions irréelles. Les faits : une entreprise qui lance son application Internet en septembre 2011 connait en 2016 un CA de 400 M€. Elle n'a connu que des pertes et pour des montants significatifs (515 M€ en 2016). Et cette entreprise âgée de moins de 6 ans lève plus de 3 milliards de dollars en Bourse (c'est à dire davantage qu'hier Twitter en 2013 ou Google en 2004) et elle est valorisée 20 milliards de dollars ! Voilà pour les faits.

    Ces faits peuvent conduire au "complotisme actuel" sur l'irresponsabilité de la "bulle Internet" … Mais la réalité est très éloignée de ce "complotisme". Les trois leçons de l'introduction en Bourse de Snapchat sont essentielles :

    1) Par la méthode des comparables, la "nouvelle économie" a installé progressivement ses propres critères de valorisation. Quand la communauté financière les valide à ce niveau là, c'est la reconnaissance officielle durable incontestable d'une "nouvelle économie" à part entière,

    2) Parmi ces critères distinctifs, il faut noter la part attendue des recettes publicitaires sur des segments de marchés très ciblés par le profil homogène d'utilisateurs avec des critères référents précis. Pour que ce critère distinctif soit reconnu à ce point c'est l'assurance du transfert considérable du marché publicitaire sur les réseaux sociaux. Par conséquent, une nouvelle donne absolue à ce point pour les autres supports dits traditionnels parce que le marché publicitaire n'est pas extensible à ce point. Pour qu'un tel transfert de recettes publicitaires intervienne à ce point sur des supports nouveaux, c'est la reconnaissance que, peut-être pour la première fois dans l'histoire des médias, un nouveau support va totalement déstabiliser les autres, les vouer à des disparitions progressives. Sous ce volet, c'est une nouvelle donne totale,

    3) La levée se fait aux Etats-Unis, pays qui détient déjà la quasi-totalité des nouveaux leaders mondiaux sur ce segment de marché. Si la France reste confinée dans ses réseaux institutionnels de financements de proximité avec les petites levées récurrentes, c'est l'installation assurée de la France dans les "petites divisions" de cette nouvelle économie. C'est ce à quoi nous assistons actuellement en douceur mais avec certitude.

  • Les 18 – 35 ans et le temps de l’épicerie personnalisée créative : au-delà de la seule alimentation …

    Marché Goodfood

    Surprenant débat en France actuellement sur le devenir d'un régime politique à bout de souffle. Bien sûr que le système politique français actuel est mort sous un amas d'échecs, de scandales, d'affaires permanentes à répétition, de problèmes jamais résolus … A quel titre ne serait-il pas mort quand tout bouge par ailleurs de façon accélérée même dans les domaine sa priori les plus traditionnels ? Prenons l'exemple du rapport à l'alimentation qui est par excellence le secteur le plus traditionnel. Les 18 – 35 ans sont en train de changer totalement la donne. L'entreprise Marché Goodfood s'annonce comme l'une des introductions en bourse les plus prometteuses dans les prochaines semaines. La foodtech vit des révolutions considérables comme le révèle une étude récente Kantar TNS. Ces personnes nées entre 1980 et 2000 ont un poids démographique croissant qui lui fait déjà atteindre un tiers de la population mondiale et bientôt 50 % de la population active en France. Ils sont en train de casser tous les codes classiques du fonctionnement dans ce qu'il y a de plus quotidien et traditionnel : le rapport à la nourriture et aux boissons. Et alors que cette génération casse tous les codes, elle se soumettrait aux codes classiques de la politique, domaine par excellence devenu répulsif. Ce raisonnement ne résiste à aucune logique. Tout l'équilibre institutionnel de la V ème république est déjà mort. Cette génération l'a condamné sans appel. Mais l'équilibre suivant n'est pas encore né. C'est actuellement la seule incertitude réelle : quelles institutions demain ? 

     

     

  • L’Accord de Paris : c’est fini !

    Maine 3 25 08 16

    Dans le temps, même dans la neige, le bilan positif de Hollande ne laissera aucune trace. En décembre 2015 les contribuables français ont pris en charge des millions d'euros pour payer les frais de l'Accord de Paris (Cop21) présenté comme destiné à "sauver la planète". Les scientifiques avaient alerté demandant de profiter de la présidence Obama pour bien finaliser les engagements. Mais les publicitaires français ont préféré que pour que l'accord soit signé par le plus grand nombre et réussir ainsi l'opération de communication, ce soit un simple papier de bonnes intentions mais sans valeur juridique. Et avec l'élection de Trump, le piège s'est refermé sur les mauvais tacticiens de départ. Jeudi, l'administration Trump a dénoncé l'accord toute heureuse de ne pas avoir à récuser la signature des Etats-Unis puisqu'il ne s'agit pas d'un traité international. Quand on constate le péril du réchauffement climatique, du vrai n'importe quoi de tous les côtés ! 

  • Snapchat et la véritable « nouvelle économie »

    Snpas Inc 2 02 03 17

    Au début des années 2 000, les critères de valorisation des sociétés .com introduites en bourse suscitaient des commentaires quasi hystériques de la part des observateurs classiques. AuFéminin.com, Cyberdeck, et surtout Artprice avaient déchaîné des passions. Artprice, entreprise alors toute récente lors de son introduction, avait été valorisée sur la base d'un multiple élevé (20) de son CA prévisionnel à n + 2 ! Avec Snapchat, près de 17 ans plus tard, la communauté financière montre que les critères de valorisation de la nouvelle économie n'ont aucun rapport avec les valeurs de rendement qui prévalaient hier. C'est une véritable nouvelle économie qui est née, qui fonctionne, qui a installé ses critères différents sur des bases techniques nouvelles : le nombre d'utilisateurs, leurs profils, leur fidélisation, la place de marché, la croissance du CA … : il y a une immatérialité nouvelle dans certains postes importants. Ce qui est sûr c'est que Snapchat est une introduction réussie. Avec le recul de la semaine, le cours est largement supérieur au cours d'introduction. Les volumes journaliers d'échanges sont très élevés. Le cours est élevé alors même que les investisseurs de départ ont probablement capitalisé leurs mises, ce qui peut toujours tirer le cours à la baisse. C'est un exemple de vitalité qui montre, si besoin était, combien la France a cassé son financement par les introductions en bourse notamment par la restructuration d'Euronext et la disparition des places régionales. Un très lourd handicap pour les start-up françaises dans la compétition internationale des prochaines années.

    Snap valo bourse 10 03 17

  • Quand les marchés achètent de l’avenir

    Snap. Inc 02 03 17

    + 47 % d'augmentation du nominal de l'action Snap. Inc dans la journée d'hier. Les marchés ont passé un message clair : ils achètent de l'avenir. Lors d'une introduction en bourse, deux hypothèses : c'est le couronnement d'un processus vertueux de bons résultats financiers dans la durée ou c'est le démarrage d'un processus innovant jusqu'alors confronté à des pertes. Hier avec Snapchat, les marchés ont montré qu'ils voulaient acheter de l'avenir. Parier positivement sur la jeunesse des utilisateurs de Snapchat, la clientèle major de demain. Parier sur les nouveaux produits que la levée de fonds va accélérer. Face à la France qui veut taxer les robots ou condamner Heetch entre autres, les Etats-Unis viennent de passer un autre message plus prometteur. Heureusement !