Denis Bonzy

Catégorie : Barack Obama

  • Lundi : le début de la fin des années Obama

    Obama 2 03 09 16

    Avec le premier débat public lundi soir entre Trump et Clinton, c'est l'entrée dans le sprint de la présidentielle 2016. Dans une quarantaine de jours, l'élection sera intervenue. La transition débutera. Les années Obama prendront fin. Certes, des pans du bilan vont susciter de nombreuses analyses dont la politique internationale avec son volet de la lutte contre le terrorisme. Mais pour l'essentiel, les années Obama ont été marquées par trois temps forts. Tout d'abord, la décrispation de l'image internationale des Etats-Unis tournant la page des années Bush. En 8 ans, une réelle revalorisation de l'image internationale des Etats-Unis a été conduite avec succès.

    Ensuite, Obama a participé ou cédé à la tendance de la "politique divertissement". Mais il a su montrer que cette tendance ne s'accompagnait pas obligatoirement de la vulgarité, de la brutalité, de la soumission aux instincts populaires les plus "primitifs". La "politique divertissement" peut aussi être pratiquée pour faire avancer des causes nobles : la qualité de l'alimentation, la cause du jardinage, la bataille du climat …

    Barack Obama 13 08 16

    Enfin, c'est la cause des sanctuaires naturels. En 8 ans, Obama a fait plus que tous les autres présidents dans ce domaine. Et c'est une très belle cause que de considérer que la nature a parfois effectué de telles merveilles qu'il faut les préserver en héritage absolument protégé pour que ces merveilles soient transmises à toutes les autres générations.

    Avec le recul, les "années Obama" seront une belle période dans des circonstances très difficiles montrant le contenu d'un leadership moderne que tant d'autres pays recherchent.

    Obama 05 07 16

  • Quand des médias cautionnent le ridicule qui tue

    Trump 19 09 16

    L'actuel "phénomène Donald Trump" c'est quoi ? Et peut-il frapper la France ? Trump, c'est la troisième étape d'une tendance ancienne aux Etats-Unis qui a connu la perte de crédit d'un système, puis la répulsion et qui s'ouvre à la sanction d'un système qui n'est plus supporté. Les citoyens américains n'attendent plus rien de ce système. Donc ils peuvent le sanctionner, c'est leur ultime "délice". Et plus le système s'acharne contre celui qui est perçu comme l'outil de la sanction plus il grimpe dans les intentions de votes en dépit de toutes ses exagérations, ses fautes ou ses erreurs manifestes.

    Les intellectuels français qui commentent la présidentielle américaine ne peuvent pas exprimer cette réalité puisqu'elle les met en cause comme acteurs d'un système. Le citoyen américain au fond du Colorado, dans l'Ohio … n'attend rien du système fédéral. Mais il ne supporte plus la classe politico-médiatique. Le vrai marqueur a été la défaite cinglante de Jeb Bush à la primaire républicaine. 

    L'objectif n'est pas de cautionner un "nouvel élu", c'est de sanctionner le système !

    Quand des médias cautionnent le "système" en faisant des "tonnes" hier sur le prix reçu par Hollande "comme chef de l'Etat de l'année" ou sur son discours à l'ONU quand il fait la "leçon" à la terre entière lui qui incarne l'échec le plus sévère dans son propre pays, c'est une avancée sur la trumpisation.

    Quand Debré, ex président du Conseil Constitutionnel, passe son temps à rire sur Europe 1 pour la moindre banalité de comptoir de l'animatrice qui bavasse sur n'importe quelle banalité, il favorise la trumpisation. Idem pour Bachelot recyclée dans les opérations TV de mauvais goût.

    La trumpisation ce n'est pas des citoyens "coupables", c'est un système tellement corrompu, nul et répulsif que les citoyens sont prêts à tout pour s'en séparer. Même au pire. Cette trumpisation avance à grandes enjambées en France actuellement.

     

  • La France : le pays où l’on se s’engage plus ou du moins si peu …

    Obama Hope 19 09 16

    Pour ceux qui aiment les Etats-Unis, ce qui marque actuellement c'est le nombre de panneaux devant les propriétés privées où les particuliers s'engagent : voter Trump ou Clinton … Pour avoir connu de très nombreuses campagnes US, le records fut en 2008. Obama était partout : affiches sur les pelouses, autocollants sur les véhicules, casquettes, Tshirts … Mais même actuellement, l'engagement reste fort, public, assumé.

    Quel décalage avec la France, pays historiquement de la liberté d'opinion et d'expression. Il reste heureusement un dernier carré d'engagés à droite comme à gauche. Hollande qui aime tant les médailles devrait les décorer lui qui a tant contribué à décourager les engagés. Il ne reste que des enragés isolés mais prêts à tout casser. La seule lettre qui change entre "enragés" et "engagés" fait aussi changer d'univers.

    Plus sérieusement et plus tristement au-delà de cette crise de confiance dans un engagement, c'est le refus de s'exposer. Comme s'il n'y avait plus de courage collectif pour passer à l'assaut de "bastilles". Pour défendre des causes. Pour retrousser les manches pour tenter de convaincre. Pour dire non ou oui. C'est l'ère des soumis. Des défaits. Pire encore des indifférents.

    Quel déclic va changer cet état ? Que reste-t-il de l'héritage de 1789 ? Avant 68, Pierre Viansson-Ponté dénonçait "la France qui s'ennuie". Maintenant c'est la "France qui s'absente". Et pourtant, les défis ont rarement été aussi nombreux et surtout graves. Une ambiance bien incompréhensible à ce point.

  • J – 53 : et si Donald Trump gagnait …

    Trump 2 22 07 16

    Aujourd'hui, dans les chiffres les plus récents de sondages fiables avec des questions allant bien au-delà des seules intentions de votes brutes, la victoire de Donald Trump n'est plus à exclure. Elle est sérieusement possible. C'est le résultat de nombreux facteurs. Il en est un qui est peu traité : l'arrivée de Kellyanne Conway à la direction de campagne. C'est une disciple de Richard Wirthlin qui a été probablement l'un des meilleurs spécialistes de l'opinion américaine à l'origine de la trajectoire exceptionnelle de Ronald Reagan.

    L'ordinateur permet une logique électorale nouvelle. C'est la plus belle invention pour le marketing électoral après l'écriture et la photo. Il offre des facultés pour segmenter l'opinion dans des conditions inédites. Aux Etats-Unis, cette faculté est exploitée à fond. C'est la meilleure façon de respecter le corps électoral que de lui parler de ses priorités et de le faire en mettant à contribution les meilleurs professionnels bien loin de l'amateurisme diffus qui prévaut en France.

    Tant que la France maintiendra le corset légal, totalement hypocrite et contourné par les vieilles formations politiques en totale impunité, dans lequel elle a enfermé la vie politique française pour assurer une rente de situation à ses vieilles formations politiques dépassées, elle entretiendra la paupérisation actuelle des candidats avec un niveau de décrochage qui est historique actuellement entre l'ampleur des défis collectif et le niveau de compétences des "décideurs" ministériels. 

    Pour ceux qui veulent découvrir la "méthode Wirthlin", je recommande ce livre disponible notamment auprès de la Fondation Nationale des Sciences Politiques.  Ordinateur livre

    Aujourd'hui Trump peut gagner.

    C'est triste de voir un profil de ce type arriver au pouvoir. Mais que c'est rafraîchissant de voir tout un système médiatico-politique bousculé ainsi par un schéma imprévu 15 mois plus tôt …

     

  • Trumpisation ou trompisation de la vie politique française ?

    Donald Tump 2 30 07 15

    La vie publique française aime les mots qui raccourcissent, schématisent, étiquettent facilement. Le mot à la mode "trumpisation". Il est question de "trumpisation" de la vie publique c'est à dire d'une vague populiste qui agiterait les haines contre toutes les élites.

    Mais Donald Trump au-delà des clichés simplistes c'est quoi ? C'est un professionnel de l'immobilier qui a été capable de gagner sa vie en dehors de la politique. Il a été candidat comme indépendant d'abord puis a accepté la logique des primaires. Et ensuite dans le cadre des primaires, il a fait vivre une totale disruption par rapport au politiquement correct d'alors.

    Quel candidat français a un parcours de ce type ? Aucun. Ne serait-ce que le premier critère jamais respecté : avoir gagné sa vie en dehors de la politique. En France, la professionnalisation des politiciens est absolue, de plus en plus absolue d'ailleurs.

    Par conséquent quand il est question de "trumpisation" c'est inadapté. 

    En revanche, le mot de "trompisation" est une autre approche. La question est alors : est-ce que Trump trompe les citoyens ? Et au moins pour partie, la réponse est oui. D'abord, parce que les ruptures exposées comme immédiates dépendent presque toujours du Congrès. Et sans majorité au Congrès, ces mesures sont des bulles sans lendemain. Ensuite, parce que Trump mène un combat contre l'élite alors même qu'il est un pur produit de l'élite financière notamment bancaire. Dans les années Clinton, Trump était une caricature de la vie des "paillettes dépravées" des ces années vulgaires posant comme ci-dessous avec Bill Clinton au bras d'un "mannequin" spécialisé dans des photos pornos très explicites.

    Trump 10 09 16

    Par conséquent, sous ces derniers angles, l'offre Trump ne correspond pas à la réalité. Il y a donc une entreprise de trompisation de l'opinion. Mais compte tenu de l'avance prise par la classe politique française en la matière, n'est ce pas plutôt Trump qui importe les "méthodes françaises" en la matière plutôt que Trump qui exporte ses méthodes ?

  • Quand demain ne sera plus jamais hier

    Marie NYC

    Le rythme du temps d'une vie est surprenant. Il y a des tournants imprévus et surtout imprévisibles qui font que demain ne sera plus jamais hier. Une rupture est intervenue. Parfois même une réelle cassure comme si demain ne pouvait plus jamais ressembler à hier. Le siècle des religions est peut-être né le 11 septembre 2001 avec son cortège de massacres ? 

    New York est une ville à part. Il y a beaucoup de villes que j'aime aux Etats-Unis. Des villes attachées à des moments forts notamment de la jeunesse de nos enfants. Washington et nos parties de volley au bord du Potomac. Le Colorado et la découverte d'immensités de nature jamais connues jusqu'alors. Et la liste est longue avec un classement hors catégorie pour Boston bien entendu.

    Mais dans cette liste New York a une place à part. Tant de merveilleux souvenirs avec nos enfants. Y être, c'est être libre 24 heures /24. La vie à chaque minute. Le bruit. La diversité des choix. L'anonymat le plus absolu dans le très grand nombre. La tolérance ultime dans tous les domaines du vestimentaire à l'alimentaire. C'est la première et probablement la principale ville – planétaire à ce point. J'y suis souvent allé. Le 11 septembre a tellement changé l'ambiance d'avant, cet air de liberté, de puissance insouciante sans limite.

    NYC bis 23 11 15

    Et cette ville, symbole de la Liberté, allait connaître une agression de populations civiles, en nombre, sans déclaration officielle … : bref en ne respectant aucun des codes habituels des vraies guerres. Et pourtant, une vraie guerre était déclarée. Et depuis cette guerre prend de l'ampleur. Toujours davantage de territoires. Toujours davantage de victimes.

    Le 10 septembre 2001, nous n'imaginions jamais l'horreur du lendemain. Mais le 12 septembre 2001 nous n'imaginions pas davantage l'ampleur et la durée de cette nouvelle époque. N'est-ce pas toujours le cas à ce jour … ?

  • J – 62 : Etats-Unis / France : pourquoi tant de haines ?

    CastleMountainsNMNPSPhotoSmall

    Les relations entre les Etats-Unis et la France sont passionnelles. Au-delà des masques ponctuels de belle ambiance, il y a toujours un terreau pour cultiver des haines fortes. Le discours actuel de Donald Trump au sujet de la France prospère sur ce terrain.

    C'est un vieux sujet. Tout paraît historiquement vouer à une belle alliance entre ces deux nations. Et pourtant, il y a des deux côtés comme une obsession permanente d'hostilités fortes. 

    En France, à l'exception de périodes rares comme l'actuelle dûe à la "grâce d'Obama", il y un antiaméricanisme chronique. Les Etats-Unis sont présentés comme "l'anti-modèle" : le règne de l'argent-roi, la super puissance impérialiste, le gaspillage de la consommation, la culture éphémère, la solidarité sociale absente …

    Il y a en France un courant anti-américain permanent qui tourne même à l'obsession aveuglante. 

    Mais les Etats-Unis le rendent bien. Comme il n'existe plus une France selon les régions (quoi de commun entre la vie dans les Landes et celle dans l'Ile de France ?), il existe encore davantage d'Amériques. Le vrai clivage est entre l'Amérique des rivages (côtes Est et Ouest) et l'Amérique du centre. L'Amérique du centre est tout sauf … centriste. Et dans cette Amérique profonde, la France et Les Etats-Unis, ce n'est pas la lune de miel. Plus un Etat est rural, plus la détestation de la France est grande. Probablement d'ailleurs encore bien plus grande que l'obsession anti-américaine très répandue en France. En 2004, l'un des arguments majeurs de Bush contre Kerry avait été les confidences d'une ex (vraie ou pas ?) qui disait que Kerry avait aimé lui parler en … français : insulte suprême d'artificialité, le prix dans les sondages avait été immédiat.

    Kerry 12 07 15

    Donald Trump a tiré un trait sur sa capacité à gagner les "rivages". C'est perdu. Mais il peut encore gagner l'Amérique du centre et selon certains scores gagner l'élection.

    Electoral Map

    Il revient à des fondamentaux simples, efficaces : l'anti-France. Celle qui représente le contre-modèle. Ce qu'il ne faut surtout pas faire. Et le sentiment anti-France est actuellement très répandu (immigration, violences, terrorisme, socialisme économique défaillant …). La nullité de Hollande comme la liste interminable des échecs récents de la France donnent de nombreux arguments. Et une fois de plus le divorce des "alliés" est consommé. Classique dans l'attente de la prochaine énième réconciliation.  Les querelles des vieilles passions qui s'estiment trahies … L'indifférence a peu de place alors.

  • Trop de photos ? Pas assez ? Non, surtout pas les bonnes !

    Obama 2 06 09 16

    La vie politique française actuelle est triste. Elle supporte mal la comparaison avec la vie et avec la politique d'autres pays. La vie c'est maintenant le règne de la photo. La confiance va à ce qui se voit et non plus à ce qui se lit. L'oeil est supposé trahir moins que les mots. La politique ailleurs qu'en France vise à montrer la vie. La vie publique sous un angle atypique. Mais surtout la vie privée. Il n'y a pas d'illusion de "photos volées". Mais même scénarisées, ces photos passent des messages.

    Obama 06 09 16

    En France, les messages passent actuellement par ce que les photos ne montrent pas. Un pays sans "première dame". Un président "sans famille", "sans enfant", sans loisir" sans habit en dehors d'un costume officiel … 

    C'est surtout le "sans "qui domine. Triste et important à la fois. Comment la politique pourrait être sympathique quand elle a oublie la vie à ce point … ? Et le plus inquiétant, c'est que la question ne semble même plus interpeller … Le vide est accepté. Fatalité … ?

  • J – 66 : Barack Obama : l’autre Président encore plus redoutable après le 8 novembre 2016

    Obama twitter

    Pour moi, la découverte de Barack Obama date de fin juillet 2004. Avec Marie, Jonathan et Thomas, nous sommes à Boston.
    La Ville vit une Convention démocrate exceptionnelle puisqu'elle va investir John Kerry "l'enfant du pays". Boston convention 04Parmi les orateurs du début de Convention, un jeune candidat noir à la Sénatoriale de Chicago. D'une démarche chaloupée, il monte à la tribune et électrise la salle. Kerry perd la présidentielle mais Obama gagne sa sénatoriale.

    Deux ans plus tard, lors de déplacements, des universitaires américains bons connaisseurs des tendances m'indiquent :"il va être candidat et il va tout bousculer …".

    Dès novembre 2006, l'équipe d'Exprimeo annonce sa probable candidature et annonce aussi notre soutien dans ce cadre. La candidature arrivera officiellement en janvier 2007. Et en effet, ensuite, Obama va "tout bousculer".

    Au printemps 2008 puis en novembre 2008, la participation à ses équipes de campagne sur Boston allait donner des retours du terrain relevant du jamais vu. Sur les routes du Rhode Island ou du New Hampshire, les panneaux Obama s'affichaient devant un nombre record de propriétés. La magie avait pris.

    Cette magie a fonctionné ensuite en 2012, année où il a gagné sa ré-élection contre des valeurs républicaines en hausse dans le pays.

    Même à l'étranger, la "magie Obama" fonctionne. Chaque publication sur Obama suscite des audiences records. SlideShare Obama 04 09 2016
    Après son circuit commercial classique, mon livre sur Obama (août 2008) sur SlideShare est en tête des audiences (5 418) et il suscite un nombre de contacts étonnants de la part d'étudiants passionnés par ce "phénomène Obama". Sur les autres réseaux sociaux, mêmes tendances.

    Et demain, la "magie Obama" sera encore plus forte.

    Kennedy est entré dans la légende avec la mort.

    Obama va entrer dans la légende avec sa retraite de la présidence.

    Parce que l'opinion va vivre les comparaisons avec ses successeurs à la tête de l'exécutif américain.

    Et la comparaison va "faire mal" pour les successeurs.

    Quand il s'agira de comparaison aussi Michelle Obama et … Bill Clinton sans parler des tickets de vice-présidence face au couple Biden.

    Et que dire si la comparaison devait concerner Melania Trump qui plagie les discours de … Michelle Obama sans le savoir puisqu'elle ne s'est même pas penchée sur la rédaction de son discours …

    Michelle Obama 2 18 01 16

    Pendant plusieurs années, les Etats-Unis vont avoir un "autre Président", celui qui fonctionne avec la force morale. Si cette force morale s'actionne notamment sur le changement climatique, cela sera toujours très efficace. Un épisode passionnant à vivre.

    Obama 01 09 16