Denis Bonzy

Catégorie : Barack Obama

  • Quand Obama donne une vraie leçon de démocratie

    Obama 15 10 16

    Les faits : Barack Obama donne un meeting le 4 novembre à Fayetteville en Caroline du Nord. Un supporter de Donald Trump présent dans l'assistance décide d'exhiber des pancartes à l'honneur de son candidat, perturbant ainsi le discours d'Obama. La foule se met à huer cet "opposant" d'un certain âge. Barack Obama défend le droit d'expression de l'opposant, le respect des personnes âgées et demande : "Ne huez pas, votez !".

    Toute la vraie démocratie est résumée par cette attitude. 

    Le rapport du leadership par rapport à des réactions de groupes. Le fait de ne pas attiser les oppositions alors qu'on voit si souvent des politiciens chauffer leurs militants mais s'entendre tellement bien en coulisses avec leurs supposés adversaires.

    Et surtout respecter l'engagement d'autrui. Une personne engagée mérite toujours un respect fort car l'attitude d'indifférence est si coupable face aux défis du moment.

  • J – 03 : l’élection qui ne peut susciter de l’indifférence

    Les Affiches 05 11 16

    C'est toujours délicat d'évoquer un article auquel on a été invité à participer. Mais pour autant pourquoi ne pas exprimer la satisfaction d'avoir contribué modestement à donner un éclairage sur une élection qui ne peut susciter de l'indifférence ? Le dossier réalisé cette semaine par Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné est particulièrement utile sur le fond comme sur la forme. Sur le fond, comment serait-il possible d'ignorer le scrutin du 8 novembre ? C'est impossible compte tenu de l'importance des Etats-Unis dans les grands sujets internationaux : guerres, climat … Sur la forme, c'est un choix éditorial très judicieux que de répartir l'explication du scrutin, le volet économique et la comparaison avec la France. 

    Plus cette élection avance, plus chacun prend conscience d'un mécanisme redoutable qui a été enclenché lors des primaires : accepter que la course à la seule détestation ne s'installe à ce point extrême. L'affiche qui circule ci-dessous sur les réseaux sociaux illustre ce climat. C'est une réalité de plus particulièrement préoccupante parce que l'après 8 novembre s'annonce bien périlleux. Et ce n'était pas nécessaire dans les circonstances actuelles.

    Election US 05 11 16

  • 2008 ou le 4 novembre historique : que la démocratie est belle !

    Boston Nov 08 042

    Le 4 novembre 2008, sur la cote Est des Etats-Unis, le temps est frais mais beau. Dès l'ouverture des bureaux de votes, des files d'attente considérables patientent dans le calme pour voter. Des commerçants ont fermé leurs boutiques en affichant un panneau indiquant qu'ils sont allés … voter. Et souvent même en indiquant pour qui !

    Boston Nov 08 046

    La veille au local de campagne d'Obama sur Boston, sur 3 étages, les militants se mobilisaient, téléphonaient, venaient chercher les derniers tracts pour arpenter les rues …

    Boston Nov 08 050

    A 23 heures (heure locale), le résultat tombe. Obama a obtenu 52 % des voix.  Dans la foulée immédiate, à Phoenix, McCain reconnait sa défaite et souhaite bonne chance au Président nouvellement élu. 

    Quelques minutes plus tard, à Chicago, au parc  Grant, devant 100 000 personnes, Obama prononce son discours de victoire. 

    Obama 2 victoire 2008

    Et dans les rues, c'est une liesse populaire considérable. 

    C'est le vote d'un rêve : le premier Président métis de l'histoire des Etats-Unis. Quel plus beau symbole d'intégration et surtout de démonstration que rien n'est impossible en raison de sa couleur de peau. Une belle présidence allait débuter. Dans de tels moments, que la démocratie est belle !

    Obama 2008 victoire

     

  • Un microcosme parisien hors sol

    Obama 24 08 16

    Paris doit vivre en lévitation. Un autre univers. Les laudateurs professionnels s'interrogent face à des chiffres qu'ils n'avaient pas vu venir. Mais aussi voire surtout, ils passent sous silence des faits qui sont lourds de significations. Poutine et Hollande se rencontrent. Pas à Paris mais à … Berlin. Obama va faire sa dernière tournée internationale du 18 au 20 novembre. A-t-il prévu de passer par Paris ? Non. Il passera par … Berlin où Hollande va se déplacer pour rencontrer Obama. Lors de ce qui était officiellement la "tournée européenne d'Obama", était-il déjà passé par Paris ? Non. 

    Paris n'est plus une une capitale politique internationale comme point de passage obligé. C'est Berlin.

    Le sondage à 4 % de satisfaction pour le bilan Hollande : les médias en font des tonnes. Mais la réalité, c'est que la page Hollande est déjà tournée. Quand une émission a ce thème, la province zappe. Plus de temps à perdre avec le "sujet Hollande jugé irrécupérable".

    Le livre sur les cadeaux des émirs aux politiciens français : pas un mot. Et pourtant quels scandales d'Etat que d'imaginer des responsables politiques quémander par SMS leurs chaussures ou leurs billets d'avions auprès de l'Ambassadeur du Qatar à Paris … 

    Le jour où le microcosme parisien reprendra goût aux réalités, les audiences des médias changeront et le climat démocratique y gagnera.

     

  • L’Obamamania à un niveau record

    Barack Obama 13 08 16

    Rarement les opinions publiques françaises et américaines ont été aussi contrastées. En France, l'opinion souhaite que le naufrage du mandat Hollande prenne fin le plus tôt possible face à un amas d'échecs, de désillusions et de nullités manifestes. Dans le même temps, l'opinion américaine donnerait beaucoup pour qu'Obama puisse … continuer son mandat. L'Obamamania est à un niveau record. Le quotidien Sud Ouest consacre aujourd'hui un long article aux participations records des réunions de Barack et Michelle Obama avec un sentiment de reconnaissance pour les talents qui ont été les leurs pendant 8 ans au moment où le choix est désormais entre la vulgarité insondable d'un Trump et le machiavélisme daté des Clinton. Les produits d'Exprimeo sur Obama connaissent une audience inédite. La publication sur la campagne 2008 : + 13 % sur les seuls 20 derniers jours par rapport à l'audience des 7 dernières années. Et surtout une nouvelle génération d'étudiants qui veulent mieux savoir, mieux connaître.

    Obama 01 09 16

    Que montre cette comparaison ?

    1) Qu'il est possible de gouverner sans devenir automatiquement impopulaire. C'est un échec de plus dans la dialectique du pouvoir français qui s'est fait à l'idée qu'ils étaient impopulaires parce qu'ils gouvernaient. Ils sont impopulaires parce qu'ils sont nuls, amateurs, cyniques, lassants de banalité devant les échecs annoncés et irrémédiablement rencontrés.

    2) Il faut se méfier des chutes d'exigences. Les Républicains ont refusé le débat de fond avec le Tea Party. Résultat : un candidat caricature des "valeurs" du Tea Party a gagné. Chez les Démocrates, l'acceptation de la fatalité que ce serait au tour d'Hillary au sein d'un parti cadenassé par les ex-collaborateurs de la galaxie Clinton. Résultat : une campagne sans souffle.

    La désignation d'un candidat est d'abord un marqueur du respect que l'opinion se donne à elle-même. A-t-elle la volonté de s'élever ou de céder à diverses tentations ? Obama a été un marqueur des belles qualités de la démocratie américaine comme, sur des registres différents, ont pu l'être JFK ou Reagan. Des moments où la première puissance mondiale entend assumer un leadership qui dépasse son seul territoire.

    Obama 15 10 16

     

  • Une réalité française qui mériterait une réflexion plus sérieuse

    Trudeau 08 09 15

    Dans 3 jours, Justin Trudeau va fêter sa première année de mandat au Canada. En France, en 2014, moins de deux ans après l'élection de F. Hollande, la majorité présidentielle prenait une raclée historique. Il suffisait presque de se dire opposant à Hollande pour être … élu. Actuellement, au Canada, le parti de Justin Trudeau caracole en tête des intentions de votes avec le score de 53 % très largement devant tous les autres partis.

    Dans quelques semaines, Barack Obama va quitter la Maison Blanche après 8 ans de pouvoir. En France, le pourcentage d'opinions favorables de Hollande est de 16 % après 4 ans de pouvoir. Aux Etats-Unis, la notion qui s'approche le plus de ce concept est celle du taux d'approbation. Le dernier sondage publié par CNN la semaine dernière, le taux d'approbation de Barack Obama est de 55 % ! 

    Obama 18 11 13

    Contrairement à l'idée désormais répandue en France, il n'y aurait pas une impopularité mécanique liée à l'exercice du pouvoir. Et pourtant aux Etats-Unis et au Canada, les médias n'ont pas la même culture complaisante que bon nombre de médias français très légitimistes. 

    C'est un fossé de décalage qui mérite l'attention plutôt que de se complaire dans l'idée d'une exception française comme si exercer le pouvoir devait être un exercice sacrificiel. 

    C'est quand même agréable de constater qu'il y a des démocraties où le pouvoir peut accompagner une démocratie positive. C'est une situation fragile, précaire comme le montre l'actuelle campagne présidentielle américaine. Il n'y a rien de jamais acquis. Mais lorsque les dirigeants trouvent les bonnes méthodes, l'opinion moderne n'est pas automatiquement ingérable, contestataire, prête à sanctionner. Des chiffres à méditer.

  • La France en plein chaos politique

    Obama 07 10 16

    Michèle Cotta est l'une des meilleures observatrices de la politique française. Son dernier ouvrage porte un titre qui résume tout de l'actuelle situation française :"comment en est-on arrivé là ? Histoire d'un chaos politique." Tout est résumé par ce titre. L'interrogation comme le constat.

    L'interrogation à savoir comment un pays peut tomber aussi bas à tous les niveaux de sa représentation politique : absence de débats de fond, superficialité des mesures, cacophonie permanente …

    Le constat : celui du chaos. Parce que le terme de chaos est le bon lui qui signifie : ruine, désordre, destruction. 

    La ruine est celle de l'état des finances publiques avec des annonces qui creusent toujours davantage le trou.

    Le désordre est celui de la quasi-totalité des pans de la société : depuis une ministre qui répond au Pape sur le ton d'un laquais à congédier en passant par la bouffonnerie du sauvetage d'Alstom en passant par l'invention du scrutin à 6 tours avec des citoyens qui vont participer aux primaires de la droite puis de la gauche avant de voter au scrutin final.

    C'est du jamais vu.

    Mercredi, les Nations Unies ont validé l'accord de Paris pour qu'il entre en vigueur. Dans de nombreux pays, les chefs d'Etat ont tenu un discours solennel comme Obama aux Etats-Unis. En France, rien. L'accord de Paris a été mieux célébré en dehors de Paris qu'à Paris ! Mais à Paris c'est la course folle d'un régime qui a perdu l'équilibre et de dirigeants épouvantés par la défaite annoncée. Du jamais vu à ce point.

  • J – 35 : 2016 ou le rendez-vous manqué des héros du quotidien

    Kristi noem 25 08 12

    En 2010, la naissance du Tea Party c'est le succès d'un parti pris de proximité : le choix affinitaire. Présenter des personnes qui vivent dans la vie de tous les jours et qui sont présentées comme les "vrais héros du quotidien". C'est la campagne de communication en 2010 sur la «maman grizzly» : celle qui lutte de toutes ses forces contre l’environnement hostile pour sauver ses enfants. Kristi Noem, Nikki Haley … parmi tant d'autres sont les réussites de ce courant. 

    C’est la sanction contre l’establishment politique qui est supposé ne plus connaître la vraie vie de tous les jours. En 2010, la caricature de ce choc a été dans le Nevada avec la lutte Sharron Angle contre Harry Reid. Une mère inconnue (Sharron Angle) met en difficulté un leader du Sénat (Harry Reid) dans des conditions totalement imprévisibles. 

    L'échec majeur de Donald Trump c'est de ne pas avoir pris cette tendance. Il n'est pas devenu un "héros du quotidien" parce que son quotidien n'est pas celui de la "vie de tous les jours". Encore davantage quand l'opinion a découvert que le démarrage économique de Donald Trump avait été lié à la fortune de son … père. Trump a contrebalancé cet échec par une mise en cause d'autant plus violente de l'establishment politique. Mais une violence excessive qui le fragilise finalement.

    Avec Jimmy Carter, le Parti Démocrate avait trouvé en 1976 le moraliste de base tournant la page des années Nixon.

    Ne pas avoir trouvé le "héros du quotidien" en 2016, surtout face à une ex First Lady, reste le grand échec du Parti Républicain en 2016. Si Hillary Clinton gagne, c'est 12 ans de mise à l'écart de la Maison Blanche (de 2008 à 2020), un cycle inhabituellement long d'opposition pour le Parti Républicain.

     

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  • J – 36 : 2016 : l’enfant de … 2010 ou quand, dans une démocratie, l’opinion a toujours raison …

    Trump 05 04 16

    Le véritable phénomène nouveau majeur de la démocratie américaine date de novembre 2010 avec l'émergence du Tea Party. En 2008, la victoire de Barack Obama a été d'abord la victoire d'un leader charismatique face au rejet des "années Bush" qui avaient installé une réelle détestation de l'ensemble du camp des Républicains dont John McCain pourtant très distant vis à vis des "années Bush". En 2010, les élections intermédiaires de novembre ont été marquées par la poussée du Tea Party. Des candidats locaux ont alors soutenu des thèses et déployés des termes qui sont actuellement ceux de Donald Trump.

    En 2012, la ré-élection de Barack Obama a été, une fois de plus, celle d'une personnalité, d'un style. Mais sur le fond, le Tea Party progressait toujours dans le camp des Républicains. 

    Lors des élections intermédiaires de novembre 2014, nouvelle progression des idées et des candidats du Tea Party. La démission de John Boehner de sa fonction de Speaker montrait en 2015 l'incompatibilité des thèses entre les modérés et les radicaux au sein même du Parti républicain.

    Et en 2016, un candidat, Donald Trump, reprenait les thèses, les termes et remportait la primaire des Républicains.

    Cette leçon montre que, quand une démocratie ne veut pas régler sérieusement les problèmes portés par l'expression populaire, elle s'expose à être débordée. Elle ne fait que repousser le problème. Dans une démocratie, l'opinion a toujours raison. Ceux qui ne veulent pas entendre les alertes prennent la responsabilité de faire augmenter l'impact des problèmes non traités. 2016 est l'enfant de 2010. C'est une expérience à méditer dans de nombreuses autres démocraties dont la France face à des expressions populaires que des accords de partis visent à canaliser, à contenir. Jusqu'à quand ?

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  • Une période formidable : émois mais surtout « et moi … »

    Clinton 27 09 16

    La photo ci-dessus est une caricature de l'évolution de la politique américaine avec la campagne 2016. Elle ne vit plus sur la raison mais sur des émotions : colères, angoisses alimentées … Et surtout c'est le règle du "moi". Les personnes qui se sont déplacées pour écouter Hillary Clinton lui tournent le dos pour faire le selfie. Et Clinton est montée sur un petit "tremplin" pour paraître plus grande. En une photo, tout n'est qu'artifice. Inquiétant quand même à ce point …