Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La haine de la France

    Les sifflets mardi soir au moment de la Marseillaise ne sont qu’une ultime manifestation d’un climat assez étonnant qui est en réalité celui de la haine de la France.

    Progressivement, ce pays a perdu non seulement sa coutume assimilationniste mais aussi le respect de son Histoire comme celui de son présent.

    Ses Institutions sont critiquées en permanence. Les fondements de la religion catholique disparaissent progressivement avec une acceptation d’un Islam militant dont des référents sont manifestement incompatibles avec plusieurs de nos principes fondamentaux de vie en société. La liste est longue des remises en questions majeures. Depuis 20 ans au moins, l’attachement affectif de la Nation à son héritage collectif s’érode.

    Dans l’Histoire de notre pays, c’est une situation nouvelle à ce point. Il est indispensable d’en identifier les causes. Il est tout autant indispensable ensuite de reconstruire une identité nationale prometteuse, qui suscite l’envie d’y adhérer et qui mérite le respect. Ce respect ne se gagnera pas par le "martinet". Il se gagnera par l’exemple positif mais surtout par le partage du plus grand nombre.

    Il y a deux ans, un groupe informel d’universitaires Grenoblois organisait des réunions de travail sur ce thème en vue de la publication d’un ouvrage. Il est nécessaire que des composantes les plus diverses expriment leurs analyses et qu’un effort collectif sérieux soit enfin livré pour résoudre cette situation inédite et atypique.

    Denis Bonzy

  • 15/10/08 : en panne de véritables explications

    L’opinion publique moderne est dangereuse. Face à l’abondance d’informations, elle préfère croire que chercher à comprendre.

    L’actuel plan Gouvernemental pour faire face à la crise financière en est une illustration inquiétante.

    Un immense travail de pédagogie attend le Président et son Gouvernement. Il leur faut expliquer maintenant comment ils ont pu trouver de l’argent alors que les "caisses étaient vides" pour tout autre sujet.

    Une fois réglée la question de la banqueroute financière, des explications détaillées sont nécessaires sur les points suivants.

    1) Si les banques Françaises sont saines, pourquoi ce montant de presque la moitié de la facture des Etats – Unis pour des banques alors présentées comme "irresponsables" ?

    2) Comment cette dette ne pèsera pas sur les impôts futurs ?

    3) Si l’engagement de l’Etat vise à combler des actifs non valorisables, pourquoi deviendraient-ils valorisables demain davantage qu’aujourd’hui ?

    4) Quel sont les nouveaux critères de fonctionnement des banques quand on sait que la nationalisation n’a pas été la garantie de leur rigueur passée de fonctionnement ?

    C’est un moment périlleux qui s’ouvre pour le Chef de l’Etat.

  • 14/10/08 : jour d’élections fédérales au Canada

    On vote aujourd’hui au Canada. Disposant d’une majorité relative, le Premier Ministre sortant a provoqué des élections par une dissolution décidée en fait lors de la seconde quinzaine d’août. A cette époque, les sondages donnaient une réélection aisée à Stephen Harper lui permettant d’entrevoir une majorité confortable.

    Mais depuis, plusieurs facteurs sont intervenus. Tout d’abord, le Premier Ministre sortant a effectué des campagnes trop agressives conduisant à la démission du directeur de communication du Parti Conservateur. Ensuite, le nouveau leader libéral, Stéphane Dion, s’est révélé dans des conditions inattendues. Enfin, la crise financière a modifié les cartes. Les Canadiens ont considéré que leur pays était resté très en retrait des grandes réunions internationales. Cette situation reflétait sa marginalisation car toujours trop situé dans le giron de l’encombrant voisin Américain.

    Pour toutes ces raisons, le Premier Ministre sortant a connu ces derniers jours une chute dans les sondages.

    La situation est simple. Si le Parti Conservateur gagne avec une avance de plus de 10 points, c’est un succès qui le renforce. S’il gagne avec un écart de 5 à 10 points, c’est un statu quo. La dissolution sera intervenue pour rien ne dégageant aucune nouvelle majorité solide. Si le Parti Conservateur a un écart de moins de 5 points, c’est un échec dans les faits avec un Gouvernement très précaire.

    Pour faire le point sur les dernières élections de janvier 2006 :

  • 13/10/08 : pour des « unions-contrats »

    Plus de 200 jours après les élections, tous les grands projets d’intérêt général dans le Canton de Vif sont paralysés.

    Dans certaines Communes, des équipes nouvellement élues consacrent davantage de temps à des jeux politiciens qu’au lancement de dossiers importants. Dans d’autres cas, le ronron de la réconduction a pris le dessus.

    Le lycée de la Vallée de la Gresse, les maisons médicalisées, la nouvelle donne de l’offre des transports collectifs … : tous ces sujets semblent "sur la touche" alors même qu’ils devraient être au centre du terrain des mobilisations positives prioritaires.

    Il est de la responsabilité de Brigitte Périllié de débloquer cette situation en prenant l’initiative d’unions-contrats ponctuelles.

    La seule union que la vie politique Française semble connaître est celle du refus.

    Et si cette union pouvait enfin conduire à des actions positives. Les différences sont reconnues et respectées mais elles deviennent compatibles avec un projet commun.

    Derrière cette approche, il y a notamment la volonté que la revanche électorale cède le pas devant les vrais défis d’un territoire.

    Des Etats voisins ont beaucoup progressé dans cet état d’esprit. Il serait temps que des actes permettent de débloquer l’actuel immobilisme qui frappe les grands projets cantonaux.

    Denis Bonzy

  • 11/10/08 : offrez-vous l’Islande sur eBay …

    En cette période pour le moins troublée, une annonce surprenante est intervenue sur eBay : la mise en vente de l’Islande avec un prix de départ de 99 cents mais précisait l’offre " le Groenland et Bjork ne sont pas compris dans le lot".

    Parue mardi, cette offre a reçu 84 propositions dont une offre "sérieuse" à 10 millions de livres sterling soit 12, 6 millions d’euros.

    Un "clin d’oeil" de la part d’un internaute amer face à la situation financière de cet Etat…

  • Vous avez la parole : la situation sur Vif

    Marie de Vif nous a envoyé ce mail :

    "Je lis attentivement votre blog. En mars dernier, sur Vif, j’ai voté pour Jean Mourey pour deux raisons.

    Un : il était apolitique. J’en ai assez des combinaisons politiques. Or, je découvre qu’il est maintenant adhérent Ump donc militant pour le parti du Président Sarkozy. Il paraît même qu’il aurait déjà été adhérent UMP après avoir été adhérent à … l’UDF. Pourquoi ne pas l’avoir dit pendant les municipales ?

    Deux : on me disait que la situation financière de Vif était catastrophique imposant de fortes hausses d’impôts. Un audit aurait été fait et devait être publié au cours de l’été. Nous sommes à mi-octobre et toujours rien. Ce retard montre un indiscutable embarras. Ce ne sont pas des méthodes et j’avoue ma réelle colère".

  • 10/10/08 : une nouvelle rubrique pour renforcer la qualité de notre information

    Face à l’afflux de mails sur des dossiers locaux, nous avons décidé d’ouvrir une nouvelle rubrique qui reprendra, à base égale, un texte envoyé par un mail afin d’ouvrir un débat de fond.

    Il n’y aucune raison que des mails de qualité soient exclusivement rangés au rang de "simples commentaires".

  • 10/10/08 : la crise financière mute

    Winston Churchill avait une formule simple pour évoquer la façon de faire face à des périodes dangereuses : " il faut prendre l’évènement par la main avant d’être saisi par lui à la gorge ".

    Au moment où chacun a les yeux sur les cours de bourses, un krach politique s’annonce peut-être ?

    Au Canada, le Parti Conservateur a perdu 8 points en 10 jours. Son avance sur le Parti Libéral a fondu de 13 à … 5 points.

    Aux Etats-Unis, John McCain, héritier malgré lui de GW Bush, est renvoyé dans les profondeurs des intentions de votes.

    Il n’existe pas de crise très sérieuse qui ne dégénère pas en krach politique.

    L’état de crise fait naître une aspiration à faire vivre la différence entre un homme politique et un homme d’Etat.

    L’homme politique incarne des actions. L’homme d’Etat symbolise un engagement collectif. Les actions sont du ressort du quotidien. L’engagement collectif relève de l’idéal à terme. Il donnera un sens à des actions qu’on n’imagine peut-être pas encore.
    L’enjeu n’est plus du même niveau.

    Si aujourd’hui les citoyens sont coupés de leurs élites politiques, administratives ou économiques, c’est qu’ils ont la certitude que ces élites ont cumulé trop d’erreurs et trop de mensonges.

    Trop d’erreurs, parce qu’elles n’ont pas été capables de suffisamment prévoir, d’engager les réformes pour anticiper la crise. Trop de mensonges, parce que les élites se sont discréditées en refusant d’accepter leurs propres erreurs.

    Ce cumul a cassé la confiance et le respect.

    Il n’y aura donc d’évolution qu’en apportant une double correction :
    – admettre le droit à l’erreur,
    – pour enfin refuser le droit au mensonge.

    Cet enjeu montre qu’il s’agit de bâtir une autre culture politique. Il ne peut plus être question de s’en remettre à une " élite providentielle " ayant réponse à tout.

    Bien au contraire, il importe d’évoluer vers davantage d’humilité, de transparence, d’écoute, de partage des décisions.

    C’est une vraie " nouvelle morale " qui est nécessaire.

    Sur quoi repose cette nouvelle morale :

    – il faut dépasser les oppositions systématiques pour faciliter les passages et les rencontres de points de vues,

    – il faut ouvrir les instances de direction aux profils les plus divers,

    – il faut rompre avec l’autoritarisme aveugle qui refuse le compromis et qui repose en permanence sur une valorisation excessive de l’intérêt général en qualité d’abstraction.

    La précarité ne devrait pas d’abord frapper les plus faibles mais les plus puissants. Les dirigeants, plus que tous les autres, doivent être contestés de façon permanente afin d’évincer les incapables ou les paresseux.

    Sans cette instabilité permanente des élites, ces dernières se sclérosent, se protègent, se coupent de la " vraie vie " connue par le plus grand nombre et accélèrent leur chute.

    Cette nouvelle mentalité est le principal défi des prochaines années. Elle ouvre un exercice différent du pouvoir. Elle impose un contrôle différent du pouvoir. Elle exige un exercice différent de la qualité de citoyen.

  • 09/10/08 : où était la « cagnotte » ?

    La popularité du Gouvernement de Lionel Jospin a basculé lorsqu’à l’occasion d’un 14 juillet, le Chef de l’Etat a évoqué la "cagnotte". Dès la rentrée, les demandes ont alors battu des records et l’explication des refus devenait difficile, voire impossible.

    L’actuelle période appelle 4 questions majeures :

    1) où était la "cagnotte" là aussi ? Il y a quelques mois, tournant de sa première année de mandat, le Chef de l’Etat annonçait officiellement que les "caisses étaient vides" et aujourd’hui des milliards d’euros sont dépensés par l’Etat. Si "on" nous invente le "plus vide que vide", le réveil risque d’être très douloureux. L’actuelle absence d’explications sur le financement des dépenses est une situation irréelle.

    2) Comment est-il possible que le niveau global d’exposition aux risques ne soit pas connu ? C’est parce cette question n’obtient pas de réponse que les milieux financiers sont angoissés. Le pire n’est jamais certain mais il devient possible puisque la visibilité globale d’exposition aux risques semble faire totalement défaut.

    3) Comment les milieux financiers ont-ils pu s’émanciper à ce point de tout contrôle y compris politique ? Les banques Françaises seront renflouées pour un montant réel global qui ne sera probablement jamais révélé officiellement. Elle sseront renflouées grâce à deux apporteurs de fonds : le contribuable via les aides d’Etat et le client par la hausse "douce" des facturations sur les tenues de comptes des particuliers. Quand les techniciens évoquent la "spécificité " Française c’est qu’en effet la confusion entre banques de dépôts et banques d’investissements (à la différence des Etats-Unis) permet aux banques de disposer d’un airbag mais souvent à quel coût pour le particulier-client.

    4) Comment est-il possible que le Parlement Français puisse tomber aussi bas dans un débat d’une telle importance ? La proposition de fermeture de la bourse Française pendant une semaine effectuée hier par le PCF traduit un déphasage qui relève d’une irresponsabilité gravissime. Mais au-delà de cette aberration, les propositions relevaient davantage du café du commerce que d’une Assemblée Parlementaire. Le défaut d’expertise technique au niveau des moyens humains s’avère terrible dans de telles circonstances. Il est vrai que tant de parlementaires préfèrent affecter les fonds des moyens humains à des postes de complaisances alors même que ces fonds sont déjà très faibles. Hier la crise financière faisait une victime de plus : le Parlement Français.

  • 08/10/08 : le prochain scandale : l’épargne retraite des Américains

    Le marché boursier retombe sur terre. Il développe les réflexes de précaution hier trop oubliés. D’où l’actuelle dégringolade car les études sérieuses montrent l’effet domino de l’actuelle crise financière. Un exemple : hier, Peter Orszag, expert financier très réputé, a annoncé que la crise financière avait anéanti quelques 2 000 milliards de dollars épargnés par les Américains dans leurs plans de retraite.

    Une fois les conséquences concrètes tirées, ces pertes colossales allaient contraindre à retarder des départs à la retraite voire même, selon certains conséquences collatérales, pousser d’actuels retraités à tenter de revenir sur le marché du travail car les fonds privés ne pourraient maintenir leurs actuelles pensions sauf à imaginer une nouvelle aide publique.