Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • 26/12/08 : rétro 08 : André Vallini invente « l’élection qui n’existe plus »

    En mars 2008, le PS a conforté ses positions dans le Département de l'Isère. Ce résultat repose sur plusieurs facteurs : l'impopularité de l'UMP sur le plan national, les divisions de la droite locale mais aussi, voire surtout, une nouvelle technique de campagne électorale reposant sur la négation du temps électoral.

    Techniquement, au cours des 20 dernières années, dans l'agglomération Grenobloise, trois innovations de conduites de campagnes électorales sont intervenues.

    La première innovation date de la campagne d'Alain Carignon aux municipales de Grenoble en mars 1983. Il change les techniques habituelles de communication publique et conduit la première campagne de marketing politique avec des techniques modernes proches de la communication commerciale classique. Le PS local attribuera longtemps sa défaite à ce choix novateur au point que Louis Mermaz va conduire en 1985 une campagne intitulée "l'Isère en tête" qui reprend la quasi-totalité des moyens mis en oeuvre par Alain Carignon … deux ans plus tôt.

    La seconde innovation réelle date d'octobre 1988 avec la campagne départementale conduite par Alain Carignon donnant naissance à la "nouvelle gauche". L'ambiance politique est alors particulière avec la poussée du Front National lors d'une partielle à Villeurbanne. Alain Carignon, comme Président du Conseil Général, modifie les frontières politiques classiques et intègre une composante de "nouvelle gauche" composée d'Haroun Tazieff et notamment de MM Cardin, Berthier, Puissat, Arvin-Berod … Le paysage politique isèrois a bougé ; ce qui est rare. Il faudra attendre mars 2008 pour qu'il rebouge avec l'intégration du Modem dans la majorité municipale de Michel Destot mais aussi avec l'arrivée d'une composante socio-professionnelle forte et significative.

    La troisième innovation est celle de la campagne de mars 2008 à l'occasion de laquelle André Vallini fait comme si le temps électoral n'existait pas. Les débats publics n'ont plus lieu ou si peu. Lors des réunions publiques, il se présente en gestionnaire consensuel annonçant les initiatives des semaines à venir comme si l'élection était sans impact sur le chemin de la majorité sortante. Il invente le "fatalisme électoral". Il n'y pas d'enthousiasme mais voter "autrement" devient inconcevable. C'est une logique nouvelle initiée lors des législatives de 2007 mais jamais poussée à ce point. C'est une technique très risquée car elle pouvait encourir le reproche d'une certaine "prétention" et les électeurs condamnent parfois ceux qui "veulent vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué". Mais là, cette technique a remarquablement fonctionné.

    Chacune de ces techniques a constitué une rupture par rapport aux usages admis. Chacune de ces techniques a reposé sur un risque important : que la novation suscite un effet rejet. Dans les trois cas, les ruptures ont été non seulement acceptées par l'opinion mais fortement accompagnées par elle. Ce qui montre bien, contrairement à certaines appréciations, que l'opinion accepte de bouger pour aller sur des terrains nouveaux.

    Note de l'équipe de rédaction : dans cet article comme dans d'autres passés et d'autres à venir, il est question d'Alain Carignon. Cette mention ne doit pas suciter des mails sulfureux anonymes qui ne seront pas publiés. Nier des réalités ou confondre des réalités relève pour nous de l'obscurantisme intellectuel. Comme nous sommes des esprits libres, il ne faut pas compter sur nous pour nous associer à cette forme d'obscurantisme et encore moins la cautionner. Par conséquent, que des internautes au sectarisme aiguisé et au "courage" replié derrière l'anonymat ne perdent pas leur temps une fois de plus en nous adressant des commentaires qui ne passeront pas car nous entendons que notre blog conserve le recul nécessaire. Ce commentaire vaut pour le nom d'Alain Carignon, celui d'André Vallini ou tant d'autres …

  • 25/12/08 : rétro 08 : la pub politique ne connaît pas la crise

    La pub politique continue sa progression dépensière. Les budgets de communication dans les collectivités publiques importantes sont souvent désormais éclatés dans plusieurs chapitres budgétaires, portés parfois par des "organismes satellites" … si bien que le chiffre global est de plus en plus difficile à identifier.

    Mais rien n'est trop cher en matière de pub politique : agendas gratuits sur papier glacé couleur, magazine municipal couleur sur papier haut grammage, banderoles ponctuelles, cartons d'invitations, dépliants, achats d'espaces publicitaires …

    Les signes extérieurs de propagande se multiplient et progressent sans cesse vers des supports de plus en plus luxueux.

    C'est un phénomène qui a marqué 2008 car, même lors d'alternances, la continuité préside en la matière du moins. "Mon beau miroir …"

  • 24/12/08 : rétro 08 : UMP sur le plan national : difficile retour sur terre

    Après une année 2007 digne du "rêve" de la victoire présidentielle, cette formation politique a connu une année 2008 très difficile sur le plan national.

    Elle a perdu 90 000 adhérents alors même que des élections internes ont dopé des adhésions ponctuelles.

    Elle a reçu une alerte électorale terrible lors des élections locales de mars 2008 qui ont été marquées par une forte poussée de gauche.

    Les élections internes ont été frappées par des scandales manifestes sur lesquels la direction nationale tente de mettre le couvercle pour cacher les problèmes réels. Ainsi, dans une circonscription des Alpes Maritimes, 400 "adhésions surprises" sont intervenues en 48 heures conduisant la liste adverse à se retirer tout simplement face à des "militants de la 25 ème heure" inconnus jusqu'alors…

    Les Européennes s'annoncent à haut risque puisque le 1er sondage place l'UMP et le PS à égalité à … 22 % des intentions de votes.

    L'état de grâce n'a pas vécu plus d'une année. L'image du Président de la République choque. La politique conduite déçoit. Qu'en sera-t-il au printemps 2009 après l'impact social de la crise ?

  • 23/12/08 : rétro 08 : une agglomération sans opposition ?

    L'année 2008 a marqué une étape supplémentaire dans un déséquilibre inquiétant des pouvoirs locaux. L'opposition dans l'agglo a manqué 4 rendez-vous majeurs comme le montrent tout particulièrement les dernières semaines :

    * 1er rendez-vous manqué : celui de la baisse de fiscalité. Chacun savait que les majorités PS augmenteraient les impôts 2009. Cette hausse était techniquement incontournable. L'opposition se devait de se poser en repère d'une autre politique : celle de la baisse de la pression fiscale. Une baisse d'ailleurs réclamée hier par Dominique Strauss-Kahn sur la BBC quand il la présente comme le meilleur moyen d'une relance par la demande … Loin d'un tel axe fort et clair, l'opposition locale a souvent contribué à cette hausse, négligeant ainsi de passer un message simple à l'opinion sur la différenciation possible.

    * 2ème rendez-vous manqué : les propositions de réductions des trains de vies des collectivités locales. Les hausses d'impôts ne sont pas liées à des investissements structurants mais à des dérapages permanents récurrents sur l'augmentation des coûts de fonctionnement. L'opposition aurait dû présenter un programme précis de réduction des trains de vies en donnant l'exemple : refus des véhicules de fonction, refus des cérémonies gadgets, refus des déplacements en surnombre …

    * 3ème rendez-vous manqué : les propositions précises pour la relance. Là aussi, pas une seule proposition émise pour participer à la relance par des grands travaux publics. C'est une situation exceptionnelle quand on connait les situations des agglomérations comparables. Ailleurs, chacun "fait les tiroirs" pour accélérer les actions au titre de la relance. Ici, l'opposition boude en laissant les chaises vides parce qu'un point d'ordre du jour a été modifié en son absence. On croît rêver (ou plutôt cauchemarder) dans les disproportions entre la bouderie et l'ampleur des défis d'une crise économique comme celle actuellement connue …

    * 4ème rendez-vous manqué : reconstruire une démocratie locale qui a besoin d'une majorité mais aussi … d'une opposition. Quand nous constatons de telles réalités, nous comprenons mieux les divergences qui ont pu exister en mars dernier justifiant certaines candidatures de division comme dans ce canton. Face à un tel "bilan" de la page blanche et de la chaise vide, il y a en effet plusieurs vrais clivages de fond dans les actuelles oppositions locales.

    Avec de tels rendez-vous manqués, c'est l'ensemble de la vie publique locale qui rate le nouveau souffle nécessaire dans l'équilibre des sensibilités politiques mais également pour l'efficacité des actions dans l'intérêt de tous grâce à la bonne et saine émulation.

  • 21-22/12/08 : rétro 08 : l’année de toutes les hausses d’impôts

    En pleine crise économique, les collectivités locales décident presque toutes d'augmenter la fiscalité locale donc de diminuer le pouvoir d'achat des contribuables. Cette décision est d'autant plus étonnante que les impôts locaux frappent sans considération des niveaux de revenus. Comment expliquer ce phénomène ?

    1) Cette décision est d'abord le produit d'une augmentation incessante des frais de fonctionnement des collectivités. Leur train de vie quotidien est de plus en plus onéreux. Pour maintenir un niveau minimum d'investissements sans avoir à réduire ce train de vie, l'augmentation des impôts est la fuite en avant.

    2) Cette décision est d'autant plus mise en oeuvre que l'opposition locale est en déficit de crédibilité. Le pouvoir en place se considère comme sans challenger crédible et il libère ses tendances dépensières sans crainte.

    3) Bien davantage, l'opposition a perdu son pouvoir d'évocation de baisse de la pression fiscale. Dans ce climat global, elle contribue souvent à son tour à la hausse des impôts municipaux quand elle gère une Commune. Dans ces conditions, il lui devient impossible de réclamer à autrui une baisse des impôts qu'elle ne s'applique pas à elle-même.

    4) Le dernier facteur tient aussi aux citoyens. Ils donnent le sentiment d'avoir la mémoire courte et de fonder leur décision sur le dernier exercice qui précède l'élection. Par conséquent, ils favorisent les réflexes d'augmentations de début de mandat à l'exemple de la pratique caricaturale du Conseil Régional Rhône-Alpes.

    Même si des facteurs explicatifs existent, c'est une situation lourde de conséquences négatives.

  • 20/12/08 : rétro 08 : la candidature de Grenoble aux JO 2018

    C'est une décision importante que de lancer une ville dans une telle "aventure". Pour Grenoble, ce choix de candidature mérite un très large consensus. L'héritage de 1968 a vécu. Sur le plan international, le souvenir s'est effacé. Il fallait donc "réinitialiser". Mais surtout, c'est une géographie qui a de très gros besoins de modernisation d'équipements à l'exemple des voies de communication. Ces aménagements sont incontournables. Obtenir les JO, c'est l'assurance de les réaliser dans un calendrier bref et d'obtenir des financements d'Etat dans des conditions incomparables. Les contribuables de la Savoie ont été largement gagnants lors des derniers JO. Il en serait probablement de même pour une éventuelle désignation de Grenoble.

    Cette désignation permettrait de combler trois handicaps.

    Tout d'abord, il lui faut impérativement améliorer ses dessertes globales. La situation actuelle n'est pas digne d'une ville d'avenir. Les dessertes ne sont pas performantes.

    Ensuite, il lui faut rendre du cachet à son centre ville. Dans l'ensemble, l'architecture Grenobloise est laide, triste, avec des animations de centre-ville peu innovantes. Si Grenoble n'était pas au milieu d'un cadre naturel aussi "porteur", ce serait une ville très ordinaire sur le plan architectural. D'ailleurs, les touristes contournent la ville sans avoir le sentiment de "perdre quelque chose". Europole a été une indiscutable avancée en changeant le premier visage de la ville lors d'une arrivée ferroviaire. Le dernier grand projet imaginatif date de la seconde municipalité Carignon qui voulait capitaliser l'atout de la Bastille ; ce qui est une véritable originalité que ce "bout de montagne en ville". La polémique permanente sur les affaires ne doit pas cacher d'autres réalités qui ont fait changer cette ville à cette époque. Puis, les écologistes ont limité les initiatives Destot ; cela semble changer avec la nouvelle équipe municipale depuis mars 2008.  C'est un des enjeux de son nouveau mandat que de voir si, à contraintes politiques différentes, Michel Destot effectue des réalisations significatives et si oui lesquelles ? Mais il faut avoir la même ambition dans la Ville avec peut-être l'opportunité de la restructuration du palais du Parlement ? Les JO seraient une formidable opportunité pour ce challenge de la dynamisation du centre ville.

    Enfin, les JO sont l'assurance d'une forte notoriété internationale avec une image de marque d'énergie, de gagne.

    Pour toutes ces raisons, cette candidature nous paraît un bon choix et nous espérons que Grenoble obtiendra cette désignation. Bon travail et bonne chance.

  • 19/12/08 : rétro 08 : le Modem passe à gauche

    L'un des faits politiques majeurs de 2008, c'est l'intégration du Modem dans l'équipe municipale de Grenoble. Cette évolution est d'abord le produit d'une double contrainte. Du côté de Michel Destot, l'émancipation progressive prise par rapport aux Verts imposait de trouver un autre pole de partenariat. Le Modem était la condition politique pour rompre avec les Verts. Sans le Modem, cette rupture devenait très risquée. Du côté du Modem, le partenariat avec Michel Destot était la condition pour échapper à une marginalité redoutée. Philippe de Longevialle s'était coupé de la droite lors des législatives 2007. Son combat municipal d'origine sur Meylan devenait très difficile. Ces deux contraintes ont donc rapidement trouvé un terrain d'entente indiscutable.

    Cette entente change considérablement la donne politique dans l'agglomération grenobloise. Elle place le plafond des réserves électorales de droite à un étiage très faible. Si cette donne n'évolue pas rapidement, la compétitivité électorale de la droite est très altérée. Seul un électrochoc changeant le climat local pourrait rendre à la droite locale une vocation d'alternance qu'elle a perdu progressivement par des érosions internes à l'exemple du passage à gauche du Modem alors même qu'initialement rien ne "prédestinait" des personnalités comme Philippe de Longevialle, Stéphane Gemmani ou Morad Bachir à siéger dans la majorité municipale de Michel Destot.

  • 18/12/08 : François Brottes crée « son » territoire de 100 000 habitants

    A moins de 15 jours de la fin d'année, notre équipe de rédaction présente les faits majeurs à ses yeux intervenus courant 2008. Cette distinction est effectuée avec la volonté d'identifier des actes forts en dépassant des clivages politiques ou des appréciations partisanes.

    L'un des faits majeurs de 2008 est indiscutablement la création de la Communauté de Communes pour le Grésivaudan. Elle existera à compter du 1er janvier 2009 réunissant 49 Communes du Grésivaudan soit près de 100 000 habitants.

    C'est l'occasion de revenir sur le profil de François Brottes. Ses collègues de l'Assemblée Nationale l'ont désigné en 2007 comme le député le plus travailleur. Il a conquis une circonscription de droite jadis détenue par un député très actif et talentueux, Philippe Langenieux-Villard. Puis François Brottes, dans une conjoncture politique pourtant très défavorable, a infligé deux lourdes défaites à son challenger malheureux que fut Michel Savin, le Maire de Domène qui a dernièrement effectué sa tournée départementale en passant méthodiquement sous silence ses défaites législatives à répétition dans une circonscription pourtant politiquement favorable…

    François Brottes vient de faire naître un nouveau territoire. C'est l'une des géographies les plus prometteuses tant ses moyens économiques sont puissants. Elle équilibre à l'est de l'agglomération Grenobloise d'autres entités dont le Voironnais et la Métro. Mais ce nouveau territoire est celui qui porte l'avenir car il a beaucoup de foncier disponible.

    Alors que chacun parie parfois sur les ministrables de gauche, le nom de François Brottes court désormais parfois dans des allées officielles comme un possible Ministre d'ouverture chargé des services publics en milieu rural, son domaine de prédilection.

    Avec cette création du territoire du Grésivaudan, François Brottes a probablement conduit l'un des actes majeurs de 2008.

  • 17/12/08 : la fin des aides à fonds perdus

    Trois évènements économiques très importants sont intervenus hier aux Etats-Unis :

    1) La Fed a abaissé son taux directeur au plus faible échelon de son histoire : entre 0 et 0, 25 %,

    2) Barack Obama a effectué son point presse en reconnaissant l'ampleur de la crise économique mais surtout en utilisant la formule suivante "nous sommes à court de munitions traditionnelles face à la récession",

    3) GW Bush n'a pas cédé aux pressions des constructeurs automobiles et exige désormais des garanties indiquant que c'est la fin des "aides à fonds perdus".

    Il faut préciser que, lors des travaux au Sénat, les constructeurs automobiles ont indiqué qu'ils avaient besoin de trois vagues d'aides : 15 milliards de dollars pour les échéances de fin décembre 2008, 18 milliards de dollars pour traverser la "période" de fin décembre à fin mars 2009 et, à cette date, ils présenteraient une nouvelle ardoise pour leur restructuration durable…

    C'est dans ce climat que Bush a eu hier l'aveu suivant : "on ne veut plus dépenser une grande partie de l'argent du contribuable pour voir la même histoire se reproduire continuellement".

    Il serait temps que la France, à son tour, reprenne ce constat de bon sens pour qu'une instance sérieuse examine attentivement les conditions des aides au secteur bancaire dont il est manifeste pour l'instant que le retour dans les circuits économiques se fait toujours attendre par les chefs d'entreprises.

    C'est non seulement un sujet majeur de bonne gestion des fonds publics mais c'est aussi un enjeu pour l'image de marque du Chef d'Etat quand la réforme audiovisuelle ou le projet de travail le dimanche ont un arrière-goût particulièrement désagréable de soupçons d'aides à terme au profit de grands groupes privés qui n'ont déjà que trop bénéficié des soutiens directs ou indirects de responsables politiques au plus haut niveau.

  • 16/12/08 : les habits neufs du passé

    Le fait majeur de l'actualité, c'est l'annonce quasi-quotidienne de pertes bancaires colossales dans des placements toxiques opérés par des établissements Français.

    Cette situation appelle trois questions :

    1) Les banques Françaises s'avèreront-elles moins exposées que leurs concurrentes étrangères ? Pour répondre, il faut attendre que la "purge globale" soit opérée. Pour l'instant, dans le rapport CA géré / placements toxiques, les banques Françaises sont très exposées.

    2) Le système Français est-il plus sain que le système Américain ? Là encore, c'est prématuré pour répondre. La séparation Américaine banques de proximité et banques d'affaires permet au moins de sectoriser le risque. Le dispositif Français de "groupe intégré" peut laisser craindre que le réseau de proximité ne joue le rôle de l'édredon face aux pertes des satellites chargés des affaires. Si tel devait être le cas, c'est une déstabilisation profonde du crédit aux particuliers et aux entreprises qui en résultera affaiblissant d'autant et alors durablement l'économie Française.

    3) Assistons-nous à une crise nouvelle du système financier ? La réponse est non. Les actuels facteurs de risques systémiques avaient été identifiés dès l'affaire Enron qui avait mis à jour des enjeux de surveillance il y a plusieurs années déjà. Les études ont été nombreuses pour définir une "nouvelle gouvernance" des entreprises séparant les tâches et renforçant tout particulièrement celle de la vérification indépendante. Mais rien n'a suivi après les études car dès qu'un vérificateur est le client de son donneur d'ordre les limites de son "indépendance" apparaissent vite.

    Sous ce dernier volet, l'actuelle crise n'est que les habits neuf du passé. D'un passé qui n'a entraîné aucune réforme majeure et dont les responsabilités ont été particulièrement sectorisées. Dans ces conditions, l'actuelle crise n'est qu'une nouvelle secousse d'ampleur de facteurs déjà bien identifiés mais que le système reproduit aussitôt la secousse passée.

    Denis Bonzy

    Intervenant à l'Institut Supérieur Européen de Gestion (chargé des questions d'introduction en bourse)