Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • 26/02/09 : Internet et l’information à la trace

    L'Administration Obama vient d'ouvrir un site Internet qui montre les formidables potentialités de ce support d'information mais aussi l'archaïsme d'autres pratiques dont celles de la France en la matière.

    Ce site est www.recovery.gov.

    Il retrace le plan de relance Américain, Etat par Etat, dollar par dollar, avec une traduction actualisée des emplois sauvés ou projetés à la création par l'impact des grands travaux programmés.

    Les 787 milliards de dollars passent dans les faits avec une annonce qui a le mérite d'être claire "c'est votre argent. Vous avez le droit de savoir où il va et comment il est dépensé".

    Je vous invite à visiter ce site et découvrir ainsi un exemple du potentiel de transparence ouvert par Internet.

    Nous avions proposé pendant la dernière campagne qu'Internet retrace les frais de fonctionnement des élus avec copies des frais de missions, objets …

    Tant sur la dépense publique globale que sur la transparence particulière d'utilisation des fonds publics, la France creuse … le retard.

  • 25/02/09 : l’impopularité comme « partenaire » …

    Quand un Gouvernement revendique l'impopularité comme "partenaire" de sa politique, c'est une reconnaissance de fatalité d'échec à terme car en démocratie on ne peut pas gouverner longtemps en étant impopulaire.

    A quoi tient cette actuelle impopularité présidentielle dont les chiffres de défiance sont battus en Europe seulement par Gordon Brown en Grande-Bretagne ?

    1) Le pays est en manque d'union. Face à la crise, nous attendons que la droite et la gauche mobilisent tous leurs talents pour une sortie la plus rapide de la crise. Or, le Président semble trop clivant pour permettre cette union même s'il a des circontances atténuantes car l'opposition ne facilite pas non plus la tâche en la matière.

    2) Le pays est en manque de proximité. Lundi, un Ministre est venu à Grenoble. Combien de temps a-t-il consacré pour rencontrer des militants de sa formation politique ou des socio-professionnels ? Lundi dernier, la Ministre de la Santé devait venir à Grenoble. Elle a annulé sa visite. Vendredi, Xavier Bertrand vient exclusivement dans le Nord Isère. Le temps avec "la base" fait défaut.

    3) Le pays est en manque d'exemplarité. Le sommet de l'Etat semble "épargné" par la crise. Prenons un exemple concret. "Le bouche à oreille" demeure toujours le support n°1 d'information. Ces derniers jours, la "mode" est à l'information sur les conditions pratiques de la visite présidentielle à Val d'Isère puis surtout à Mégève pour retrouver son épouse dans un luxueux hôtel. Les uns détaillent le nombre de gardes du corps. Les autres évoquent les "amis conviés" dont ce publicitaire déclarant dernièrement que "qui n'a pas une rolex à 50 ans a raté sa vie …". Comment se reconnaître dans de tels "exemples" a fortiori en temps de crise économique.

    Nous assistons à un fantastique gâchis car la présidence Sarkozy devait être une entrée dans la modernité et elle tourne à "une nouvelle monarchie" avec la sympathie de son prédécesseur en moins.

  • 23/02/09 : la fin du centre de secours de Pont de Claix

    La pétition engagée contre la fin du centre de secours de Pont de Claix est l'illustration d'une vie politique locale entièrement paralysée.

    La gestion des centres de secours relève de la responsabilité du Conseil Général de l'Isère. Au sein de cette instance figure Brigitte Périllié, membre de l'exécutif départemental. Le voeu municipal soumis à pétition est celui de la municipalité de Pont de Claix qui soutient Brigitte Périllié comme la majorité départementale. Par conséquent, soit le maintien de ce centre de secours est aussi important que le voeu le prétend et il faut tirer les conséquences politiques de ne même pas être écouté "par les siens". Soit le voeu va au-delà du sentiment réel de ses propres auteurs.

    C'est ce second volet qui répond à la réalité. Chacun sait que des rationnalisations sont incontournables. Mais elles doivent être effectuées dans la transparence et sur la base de critères techniques permettant de juger de la réalité de l'évolution d'un service public. Si ce service public perd en qualité, il faut des chiffres et alors les citoyens peuvent s'exprimer en connaissance de cause. Je le dis avec d'autant plus de précision que lorsque le débat sur les centres locaux de secours avait été engagé au Conseil général, je m'étais exprimé contre cette évolution avec un tout petit groupe de Conseillers Généraux à cette époque.

    En réalité, l'enjeu derrière cette pétition c'est le sentiment que notre secteur perd son identité de pays avec la disparition des services publics de proximité. Le lycée reste dans les tiroirs contrairement aux engagements de la campagne électorale. Vif et Varces devaient remettre en question l'appartenance à la Métro sur la base d'un tableau comparatif (coût / prestations). On attend toujours la publication de ce tableau et la présentation des conséquences qui en sont tirées.

    Une alternance ne fait pas le printemps. En mars 2008, il y a eu des alternances dans notre géographie notamment grâce à celles et à ceux qui ont su dépasser la déception des scores du premier tour et faire prévaloir leur sens de l'Intérêt Général. Mais une alternance sans conséquence concrète ne peut que donner le sentiment d'une impasse. Or, aujourd'hui, on attend toujours des changements concrets. Seuls ces changements concrets traduisent une alternance en réalité et c'est la réalité qui intéresse les citoyens.

  • 22/02/09 : Modem 38 : clivage politique et clivage culturel

    Le Modem 38 appartient à la nouvelle majorité locale en appoint du PS. 12 mois plus tard, cette nouvelle relation semble intervenir dans des conditions de réelle confiance mutuelle. Les Européennes de juin 2009 vont, une nouvelle fois, créer un choc entre le clivage politique et le clivage culturel au sein de cette formation dédiée manifestement à la "vocation présidentielle" de son leader national, François Bayrou.

    Politiquement, chacun ressent, et peut comprendre, la volonté d'émancipation du Modem face au "partenaire" historique que devait être l'UMP. Sur le plan national, les clivages de tempéraments sont évidents. Sur le plan local, ce clivage conditionnait une émancipation analogue pour des raisons différentes.

    Mais demeure le rapport entre ce clivage politique et le clivage culturel. Comment des ex-Udf pro-Européens peuvent travailler avec des tendances aussi opposées à l'Europe que la composante de Fabius, Mélenchon et du PCF ? Ou plutôt, le clivage politique doit reposer sur des hostilités tellement fortes qu'il rend "supportable" un autre clivage culturel.

    Lors des Européennes, ce double choc contraire sera intéressant à suivre.

  • 21/02/09 : UMP 38 : l’enjeu particulier des Européennes de juin 2009

    Pour se remettre en ordre de conquête et c'est nécessaire pour une bonne démocratie locale, l'UMP 38 doit sortir de difficultés rencontrées depuis 1996 et retourner aux fondamentaux qui ont fait ses victoires du début des années 80. Soit ce mouvement montre lors des Européennes qu'il est capable de vivre une campagne professionnelle dynamique et il tournera la page de moments difficiles. Soit il s'avère incapable de gagner cette crédibilité et probablement il vivra une nouvelle descente dans les difficultés.

    Les fondamentaux reposent sur 5 enjeux.

    1) Pour gagner, un mouvement politique doit attirer les unions et non pas attiser les divisions. Cette capacité à susciter les solidarités ouvre toujours les perspectives de victoire. Le RPR 38 du début des années 80 avait été un exemple en la matière à destination de socio-professionnels, d'universitaires, d'étudiants, de commerçants … Cette étape rend les autres possibles.

    2) Il faut livrer du travail avant de livrer bataille. Là aussi, de l'extérieur, probablement personne ne peut imaginer l'ampleur des travaux conduits de 1981 à 1983 pour bâtir dans le dialogue un projet sérieux, solide, rassembleur. Il en fut de même de 1984 à 1985 pour la campagne départementale.

    3) L'UMP 38 doit construire son image de marque à base de jeunesse, de tolérance, d'union et de joie. Les qualités préalablement énoncées sont contagieuses et font la victoire.

    4) Il faut passer de l'éclatement à la cohérence. Parmi les nombreuses idées reçues à ce jour mais fausses figure celle selon laquelle la division actuelle serait liée au nombre des ambitions personnelles. Au début des années 80, les "ambitions personnelles" étaient bien plus nombreuses et, à mes yeux, bien plus talentueuses. Mais, par le travail dans la confiance et ce fut alors le talent principal d'Alain Carignon à cette époque, les ambitions se sont ajoutées et non pas retranchées. Il y avait dans une dynamique commune un Président de Chambre de Commerce (R. Michal) + un Président de Chambre des Métiers (R. Mosnier) + un Directeur du CEA (P. Corbet) + un Président d'une fédération de services par ailleurs Conseiller Général (P. de Villard) + des jeunes avocats prometteurs (JP Saul Guibert, J. Folco), des responsables syndicaux + des élus + … La concurrence n'était pas perçue comme dangereuse mais comme naturelle, positive, porteuse d'avenir pour chacun.

    5) Bâtir l'union autour d'un projet collectif ambitieux, neuf, basé sur une nouvelle fierté pour Grenoble et pour l'Isère.

    La nouvelle direction de l'UMP 38 est à près de 100 jours de son élection et à plus de 100 jours du scrutin des Européennes. Sur le plan national, l'UMP sera probablement le premier parti de France (voir sondage Ifop Paris Match publié jeudi). En sera-t-il de même en Isère ? Le score départemental interviendra après combien de réunions et dans quel contexte. Là aussi, la comparaison avec la campagne des européennes de juin 1984 sera intéressante pour juger de la nouvelle dynamique éventuelle. En 2009, l'UMP 38 peut compter sur une candidate de qualité en la personne de F. Grossetête.

    Cette nouvelle direction de l'UMP 38 a montré qu'elle savait faire perdre et nous sommes bien placés pour le dire dans le Canton de Vif. Il est temps de montrer maintenant qu'elle sait aussi faire gagner.

    Demain : le Modem 38 et les Européennes

  • 20/02/09 : PS 38 : à 26 jours d’une nouvelle donne (02/02)

    Dans l'hypothèse de l'échec de Grenoble dans sa démarche à la désignation nationale pour les JO 2018, il est probable qu'un "effet de génération" jouera pour libérer un espace nouveau en faveur de Didier Migaud ou d'André Vallini.

    Des trois leaders locaux, Didier Migaud est le plus méthodique. Fabiusien de longue date, il a installé la Métro comme point de passage incontournable des investissements majeurs d'une large agglomération grenobloise. Quant à André Vallini, il est celui que je connais de plus longue date pour avoir préparé en binôme avec lui le concours d'entrée à l'ENA et son appartenance au PS montre que dans la vie rien n'est jamais définitivement certain.

    Des deux, il est probable que le court terme imposera des arbitrages majeurs. Le Nouvel Obs de cette semaine publie la rumeur répandue de longue date sur DSK à Matignon après les Européennes de Juin 09 dans le cadre d'un Gouvernement d'union nationale face à la crise. Cela fait plus de 20 ans que l'Isère n'a plus compté de Ministre après Louis Mermaz, Christian Nucci et Alain Carignon. Cette situation pourrait changer. Reste à savoir qui pourrait "faire le pas" et dans quelles circonstances avec pour conséquence un total changement de la donne politique locale. Le 18 mars, l'enjeu n'est pas seulement la désignation de Grenoble pour les JO 2018 …

    Demain : l'UMP 38 avant les Européennes

  • 19/02/09 : PS 38 : à 27 jours d’une nouvelle donne (01/02)

    Depuis 1995, le PS 38 a vécu dans la répartition "équitable" des postes entre ses trois leaders : M. Destot, D. Migaud et A. Vallini. Trois tempéraments très différents qui ont cohabité dans des conditions longtemps efficaces avant que des rivalités manifestes ne se fassent jour.

    La candidature de Grenoble aux JO change la donne. Bien au-delà de considérations politiques, c'est une démarche très intéressante. Par sa sociologie, Grenoble voit cohabiter deux groupes sociaux plus importants dans la Capitale du Dauphiné qu'ailleurs : les "hussards de la modernité" et les "hors jeux sociaux". Les premiers vivent l'international tout particulièrement dans leur existence professionnelle, les nouvelles technologies, les avancées économiques. Les seconds refusent la modernité qu'ils vivent comme une agression permanente parce qu'elle oublierait l'homme et la nature. Par sa formation comme par son expérience, Michel Destot appartient au premier groupe. Les écologistes Grenoblois appartiennent au second groupe. la cohabitation ne pouvait être que difficile, voire progressivement impossible. La candidature de Grenoble aux JO 2018, c'est la victoire officielle, claire, revendiquée des premiers. Il est d'ailleurs instructif de voir resurgir des projets modernes longtemps laissés dans les tiroirs comme l'unicité d'organisation des équipements touristiques ou les relations directes entre Grenoble et les stations …

    Si Grenoble gagne la désignation nationale, cette victoire de Michel Destot installera un leadership durable historique (avec le probable record de mandats municipaux) avec la création de nouvelles frontières politiques locales notamment avec la société civile et avec les responsables économiques unis pour une modernisation indispensable structurante de l'agglomération.

    Si Grenoble perd la désignation nationale, il faudra expliquer comment les projets présentés comme nécessaires peuvent être financés et sur la base de quel calendrier. Ce sera un chemin très difficile ouvrant par ailleurs l'espace pour l'explication des raisons de l'échec de cette candidature.

    Dans les deux cas, un nouveau rapport politique des forces s'établira (suite demain).

  • 18/02/09 : l’information et les nouveaux moyens alternatifs …

    Ces deux derniers jours, une "campagne de communication" assez étonnante est intervenue sur de nombreux supports institutionnels classiques à l'occasion de l'évasion de la prison d Moulins. Avec l'affection naturelle d'une mère, la maman de l'un des évadés expliquait que "son fils n'avait pas d'autre choix" tant sa condamnation longue le privait de "toute perspective de vie". A l'écouter, il devenait possible de douter de la logique de telles peines poussant tout être humain à la révolte.

    Le plus étonnant, c'est qu'à une exception près, aucun support de presse n'a retracé les conditions qui avaient causé la peine de l'intéressé. Il avait notamment tué de sang froid un automobiliste d'une balle dans la tête pour lui prendre son véhicule. Il aurait pu le "neutraliser" en tirant sur une jambe. Non, il avait visé la tête c'est à dire qu'il n'avait laissé "aucune perspective de vie" à sa victime.

    Replacé dans ce contexte, les confidences d'une maman prenaient un autre sens … tout en condamnant à juste titre un univers carcéral Français indigne d'une démocratie moderne.

    Presque chaque fois qu'à titre personnel, j'ai connu précisément un dossier, je ne reconnaissais par ce dossier quand la presse en faisait état. Les rédacteurs ont des circonstances atténuantes : il leur est demandé de devenir spécialiste de tout, d'écrire vite et beaucoup … Mais surtout, chacun prend trop de distance avec les faits pour privilégier les commentaires qui emportent tout sur leur passage. Les faits intéressent peu. C'est l'émotionnel ou le jugement qui prévaut.

    Ce constat explique le succès des "moyens alternatifs d'informations" comme Internet, les réseaux communautaires ou des structures citoyennes comme MoveOn.org.

    Pourtant cette évolution est dangereuse. En effet, ces moyens alternatifs confortent les personnes déjà convaincues. Je suis toujours surpris et amusé quand je reçois un mail d'ue personne m'indiquant "je ne viendrai plus sur votre blog car je ne suis pas d'accord avec vous". L'information est devenue un produit comme les autres comme si on ne prenait que "l'information qui convient et qui conforte"…

    Il y a manifestement un immense chantier qui s'ouvre : redéfinir les bases d'une information crédible qui implique.

    C'est probablement l'un des sujets majeurs des prochaines années pour de nombreux pays dont le nôtre car l'idée du "complot ou du manque de crédibilité de l'information" donne toujours des résultats dangereux.

  • 17/02/09 : non à l’instrumentalisation des audits financiers

    Décider une hausse d'impôts en période de crise économique, c'est une très lourde responsabilité. Une telle décision ne peut être prise que dans le cas d'une absolue nécessité à l'issue d'une analyse financière impartiale, contradictoire, établissant clairement qu'aucune autre voie n'était possible.

    Bien loin d'une telle approche, des décisions sont parfois prises actuellement dans des conditions polémiques qui expliquent la poussée de mécontentements locaux.

    Pour dissiper ces polémiques, nous souhaitons la mise en place permanente d'un dispositif d'évaluation des politiques locales. Ce dispositif a été présenté dès … septembre 1991 par un rapport public déposé auprès du Conseil régional Rhône-Alpes. Les auteurs de ce rapport étaient MM Quermonne, Larger et Monnier, respectivement à cette époque Professeur à l'IEP de Grenoble, Président de la Chambre Régionale des Comptes et Directeur du Laboratoire CEOPS-ENTPE.

    Ceux qui ne veulent pas instrumentaliser un audit financier n'ont qu'à mettre en oeuvre les recommandations concrètes de ce rapport.

    Voilà une proposition positive, simple, immédiatement applicable permettant de moraliser la vie publique locale.

  • 16/02/09 : parution du n° 3 de la lettre du changement

    C'est un numéro très concret et positif que découvriront cette semaine les destinataires de la lettre du changement. A l'ordre du jour :

    * les situations financières des Communes du Canton de Vif,

    * comment éviter l'instrumentalisation des audits,

    * l'organisation de l'opposition départementale dans le Canton de Vif.

    Si vous n'êtes pas destinataires de cette lettre mensuelle et que vous souhaitez le devenir, il suffit de nous adresser un mail avec votre adresse numérique et votre adresse postale.