Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • 15/05 : EU : la nouvelle génération démocrate en piste pour 2010

    Les premiers sondages précis pour les élections dites du mid term en 2010 commencent à tomber.


    Ils donnent deux enseignements : 1) la poussée démocrate se confirme dans la lignée de l’élection de 2008. Mais surtout : 2) une nouvelle génération de candidats démocrates va éclore.


    Au sein de cette génération, une attention particulière entoure Andrew Cuomo (né en 1957 et fils de Mario Cuomo, ancien leader démocrate), actuel Attorney Général de New York qui, selon un sondage de cette semaine, battrait en primaire Paterson par 62/17 …


    La crise financière accentue la demande de profond renouvellement de la classe politique.


  • 14/05 : PCF 38 : bilan des 400 jours : replié sur ses ultimes bastions …

    Lentement mais sûrement, le PS grignote les "territoires" du PCF en Isère. Le PCF ne compte plus aucun député. Il a perdu une municipalité d'importance en mars 2008 dans l'agglomération Grenobloise. Une autre municipalité (Fontaine) parait désormais très menacée. Au sein de la municipalité de Grenoble, le PCF cohabite avec le … Modem et des membres influents de la société civile. C'est un paysage entièrement nouveau qui est né.

    Le PCF 38 est confronté à deux enjeux majeurs. D'une part, la perte d'influence nationale qui ne pouvait pas ne pas impacter les territoires locaux. Mais aussi, d'autre part, le manque de leadership après une génération marquée par de très fortes personnalités qui dépassaient très largement la seule audience communiste à l'exemple de MM Maisonnat, Kioulou, Biessy, Blanchon …

    Avec l'ancrage durable PS-Modem dans l'agglomération Grenobloise, c'est une version social-démocrate qui s'affirme conduisant le PCF 38 à une nouvelle prochaine étape dans sa marginalisation car probablement débordé sur sa gauche face aux mesures de gestion qu'il assume dans les exécutifs locaux.

  • 13/05 : à 300 jours des régionales

    Le seuil des 300 jours avant les élections régionales vient d’être franchi. 4 régions occupent particulièrement l’attention dans la préparation des prochaines régionales : Poitou, Centre, Rhône-Alpes et Paca.


    Pour la Région Poitou, l’enjeu est de constater si l’ancrage de Ségolène Royal est confirmé ou pas. En 2004, la victoire de Ségolène Royal avait été le tremplin véritable pour sa présidentielle. Une défaite en 2010 deviendrait un handicap majeur sur le chemin de la présidentielle 2012.


    Pour la Région Centre, elle fut un bastion historique de la droite. Michel Sapin (PS) a gagné en 2004. La tête de liste pour la majorité présidentielle devrait revenir à un Nouveau Centre : Philippe Vigier (voir vidéo ci-dessous). C’est un jeune parlementaire dynamique issu de la société civile. Il est aujoud’hui le leader de l’opposition dans cette région et a gagné de haute lutte la circonscription de Chateaudun. La Région Centre pourrait revenir à son ancrage habituel.


    Pour Paca, la lutte sera d’abord entre « l’influence Gaudin » et celle d’Estrosi. Un retour dans la majorité présidentielle serait naturel compte tenu du profil sociologique de cette région et donc des conséquences politiques qui en résultent.


    Pour Rhône-Alpes, la situation est très compliquée. Pendant longtemps, au sein de la majorité présidentielle, il a été question de « réserver » cette région à un arbitrage post-européennes. Aujourd’hui, face aux difficultés rencontrées sur le terrain, certains évoquent la nécessité de rouvrir le choix de la tête de liste en fonction des résultats des Européennes. Le résultat des Européennes pèsera lourd. Certains Départements se mobilisent activement par des actions militantes manifestes dont la Drôme et les 2 Savoies. La réunion dans le Rhône lundi soir a été un échec flagrant de participation. Quant à la Loire et l’Isère, elles semblent en perdition. Les querelles internes se creusent toujours plus. Dans ce dernier Département (l’Isère), la direction actuelle de l’UMP déjà installée depuis près de 8 mois est désormais exposée y compris en son propre sein à de nombreuses critiques sur son absence d’initiative et la faiblesse de son opposition aux collectivités locales toutes détenues par le PS. Là aussi, les Européennes permettront d’y voir plus clair par un résultat qui dépassera les simples querelles internes pour apprécier l’impact sur les électeurs.

  • 12/05 : hausses records d’impôts sur 2010

    L'année 2010 pourrait être une année historique dans les annales de la comptabilité publique en raison des hausses d'impôts battant tous les records.

    A la fin du mois de mars 2009, le déficit du budget de l'Etat était de près de 44 milliards d'euros contre 22 milliards à la même date en 2008. Si les chiffres de la loi de finances rectificatives s'avèrent juste pour une fois ce déficit pourrait monter à 104 milliards d'euros en fin d'année 2009…

    L'année 2010 va donc connaître un poids accru de la dette avec une baisse significative de recettes liée à la crise économique (dont produits de la TP et des droits de mutation). Pour garder le "fonctionnement habituel", les solutions sont peu nombreuses.

    Il en est de même pour les collectivités locales. De façon surprenante, ce volet n'est pas ouvert pour engager dès à présent la concertation sur des économies de façon à ne pas augmenter les impôts. Il est vrai que finalement les contribuables Français sont assez dociles et semblent être habitués aux hausses fiscales permanentes …

  • 11/05 : Caterpillar : le conflit des symboles

    La crise économique impacte fortement l’actualité quotidienne. 3 000 emplois par jour sont supprimés depuis quelques semaines. Les médias institutionnels semblent guidés par la volonté de marginaliser cette réalité. C’est dommage pour la qualité du contenu de l’information. C’est d’autant plus regrettable que certains conflits montrent des tournants dans les réactions collectives.


    Dans les années 70, le conflit le plus symbolique fut celui de Lip, proclamant alors la force de l’autogestion face à un patronat paternaliste qui partageait peu ou pas du tout les décisions. José Bidegain a publié des travaux très intéressants sur cette ambiance. L’autogestion fut rangée dans les tiroirs mais la participation allait connaître de nouvelles avancées d’ailleurs largement insuffisantes.


    Dans des circonstances différentes, le conflit Caterpillar donnera probablement lieu à des études intéressantes. Il a marqué deux valeurs :


    – le retour en forme de la solidarité salariale,


    – la priorité à l’instant présent.


    Jusqu’alors, dans de très nombreux cas, des conflits étaient fragilisés par des divisions dans le front des revendications. La crise d’octobre 2008 a fait renaître une conscience de classe c’est à dire la certitude que la revendication collective est le seul moyen d’être fort. Cette conscience de classe nouvelle repose sur des bases différentes. La ligne de frontière est désormais entre ceux qui « profitent » de la crise et tous ceux qui « subissent » la crise, ses précarités, ses angoisses … C’est la fin du « sauve qui peut » qui prévalait jusqu’alors.


    Deuxième constat, la confiance est tellement ébranlée qu’accepter un sacrifice immédiat au motif d’en éviter un autre éventuel demain ne marche plus. Chacun a le sentiment qu’accepter un sacrifice immédiat s’ajoutera au sacrifice prochain juste différé. C’est donc un cumul d’inconvénients intolérables. Cette perception montre que la confiance n’existe plus. Là aussi, c’est une nouvelle donne importante qui ne peut que radicaliser les relations.


    Caterpillar marquera une étape dans les conflits sociaux.

  • 10/05 : les popularités éclatées

    Avec la crise, les Chefs d’Etats sont directement en première ligne. Les styles divergent. Les courbes de popularités aussi.


    Le plus exposé à des difficultés actuellement est le Premier Ministre Britannique distancé de près de 20 points à l’approche du scrutin Européen. Il est embourbé dans un scandale sur des remboursements de frais. Le Daily Telegraph publie presque chaque jour des exemples grotesques de remboursements de frais : nourriture pour chiens, barbecue … Sa Secrétaire d’Etat aux services sociaux s’est même fait rembourser … une cuvette WC.


    En Italie, Berlusconi demeure au top. Sa formation recueille 45 % d’intentions de votes et lui, à titre personnel, selon les enquêtes, sa cote de confiance varie de 60 à 72 %.


    Quant à Obama, la lune de miel s’allonge. Il est vrai qu’il y met le talent nécessaire comme le montre la vidéo ci-dessous.


  • 09/05 : Barack Obama en France le 6 juin

    Les services de la Maison Blanche ont confirmé hier que le Président Américain avait intégré une étape Française dans son voyage international de début juin. Le temps fort de ce déplacement sera le discours du Caire. Puis il se rendra en Normandie avant de se diriger sur l’Allemagne.


    Un Président qui cultive toujours la proximité comme le montre la vidéo ci-dessous lors d’un arrêt surprise à Arlington.


  • 08/05 : la Louisiane fait mieux que … Silvio Berlusconi

    Le Premier Ministre Italien est aujourd’hui à la une pour les critères de recrutements pour ses candidates au scrutin Européen de juin 2009. Les listes comprennent des « starlettes » particulièrement télégéniques transformant les réunions en plateau de concours de beauté.


    De façon assez surprenante, la politique Américaine se lance dans « la course » et fait même mieux que Berlusconi. En Louisiane, une actrice porno, Stormy Daniels explore une candidature pour les Sénatoriales 2010. Elle est née à Baton Rouge en Louisiane le 17 mars 1979. Elle constitue son comité électoral exploratoire sur des bases sérieuses qui font pour l’instant de sa candidature une démarche qui est loin d’être folklorique. Elle présente son parcours comme une forme de « business » comme les autres ni plus ni moins.


    La médiatisation de la politique provoque des évolutions bien surprenantes … probablement difficilement prévisibles il y a quelques décennies. Ce « sens de la nouveauté » traduit au moins une démocratisation des candidatures qui n’est pas nécessairement un mauvais point.


  • 07/05 : les banques ont-elles volontairement provoqué la crise d’octobre 2008 ?

    Le Center for Public Integrity a lancé hier une accusation grave : les banques ont-elles organisé la crise d'octobre 2008 pour faire éponger un système qu'elles savaient au bord de l'explosion échappant ainsi à des cascades de responsabilités individuelles ?

    Sur la base de cette étude, la Chambre des Représentants du Congrès US devrait créer une commission d'enquête pour examiner toutes les circonstances de la crise d'octobre 2008. Le projet concerne une commission très solide dotée de moyens importants sur le modèle de celle instaurée après les attentats du 11 septembre 2001.

    Selon le Center for Public Integrity, l'effondrement n'aurait pas été subi mais il était connu et aurait été programmé par des accords collectifs de façon à purger rapidement par le choc planétaire une situation connue des autorités bancaires qui auraient manoeuvré pour globaliser le dossier et échapper ainsi à des "épreuves individuelles" les rendant plus précaires.

    Cette version mérite d'être examinée de façon détaillée. Ce qui est sûr, c'est qu'il est surprenant et grave que des faits aussi importants ne fassent pas l'objet d'investigations sérieuses pour connaître la vérité.

    La France a longtemps porté une formule "coupable mais pas responsable" qui ironiquement indiquait que des fautes pouvaient être commises mais sans conséquence pour certains "privilégiés".

    Là les banques bénéficient pour l'instant d'une escalade dans cette déresponsabilisation puisqu'elles fonctionnent de fait sur la base du "ni coupable ni responsable". L'Etat Français éponge et passe au dossier suivant comme si les causes de cette situation constituaient un tabou. C'est une situation étonnante et inquiétante.

  • 06/05 : INSEE : la pauvreté progresse en France

    Dans son rapport publié ce jour, l'INSEE indique qu'en 2006, 8 millions de personnes en France vivaient sous le seuil de la pauvreté soit 13, 2 % de la population.

    En 2004, ce chiffre s'établissait à 11, 7 %. La pauvreté a donc augmenté en France.

    1 retraité sur 10 vit en dessous du seuil de la pauvreté…

    Ce sont des chiffres qui méritent une profonde réflexion. Bien davantage, c'est l'ensemble de la pyramide des salaires qui devrait être revue. Un pays qui accorde un taux horaire supérieur aux garagistes chargés de gérer les ennuis matériels qu'aux médecins chargés de la santé humaine … : voilà des chiffres qui en disent long. Il en est de même pour tant d'autres professions.

    Mais surtout, l'éventail des rémunérations a considérablement augmenté dans des proportions qui ne peuvent en aucune manière refléter un juste rapport entre les travaux en question.

    La proclamation sur le "modèle Français" en prend pour son grade avec un tel chiffre de progression de la pauvreté.