Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • 26/05 : la société de la punition généralisée

    Une accélération indiscutable des punitions intervient. Avec Hadopi, la majorité présidentielle a accepté de mettre en place la triple peine alors même que techniquement le dispositif parait très incertain. Pour lutter contre le tabac, la punition par l'image fait son apparition. Trois cigarettes par jour vous culpabilisent avec la photo sur le paquet de la maladie incurable qui emporte en quelques semaines. En matière de conduite, si la limitation de vitesse est dépassée de 40 km / h la voiture pourrait être confisquée, mise aux enchères publiques ou à la casse si sa valeur est insuffisante. Les écoles peuvent être équipées de portiques d'aéroports …Tout donne lieu à un climat de surveillance, de culpabilisation et de punition. C'est une logique assez étonnante.

    Dans ce climat, lorsque Jésus revendiquait avoir marché sur les eaux, il aurait été soit mis en examen pour mensonge soit puni pour ne pas avoir tout simplement … nagé.

  • 25/05 : rien n’est joué peut-être …

    Le sondage CSA paru dans le Parisien d'hier confirme les dernières analyses sur les facteurs de faiblesse du PS lors du scrutin du 7 juin.

    Ces facteurs sont au nombre de 2 : bien que très européens, les moins de 30 ans entendent voter peu nombreux le 7 juin. Or ce collège des moins de 30 ans est celui qui est le plus opposé à la politique Gouvernementale. Mais surtout, à ce jour, le PS ne recueille que 69 % du vote de ses sympathisants. 3 sympathisants sur 10 partent voter en faveur d'autres partis politiques que le parti dont ils se reconnaissent pourtant les plus proches.

    Si le PS parvient à corriger ces deux situations la donne peut être significativement modifiée.

  • 24/05 : J – 14 : la nouvelle équation du PS dans l’Isère

    Dans 14 jours, nous connaitrons le poids politique strict du PS en Isère.

    Sur le plan national, le PS est loin derrière l'UMP en stagnant à 22 %.

    Sur le plan local, lors des élections locales, l'équation du PS c'est : toute la gauche + toute la presse + toutes les institutions locales + une partie de la droite = score du PS.

    Avec le scrutin Européen, la gauche est éclatée. Par conséquent, les rapports de forces internes seront transparents.

    Mais aussi, la majorité présidentielle présente son nouveau visage en Isère. La nouvelle fédération s'est délestée des "boulets électoraux" et avec la légéreté du nouveau souffle de "ceux qui ont toujours tout gagné sans la moindre exception" elle part à l'assaut, sûre d'elle, sûre de son savoir-faire et surtout de l'immensité de son bilan des derniers mois qui ont manifestement démontré (au moins à leurs yeux) une grande capacité à agir, à rassembler et à faire naître le contenu précis de nouveaux débats de fond qui donnent envie de vivre l'alternance.

    A ceux qui disent que le scrutin du 7 juin est un "coup pour rien", voilà au moins des enseignements qui reposeront sur des chiffres précis.

  • 23/05 : la définition de règles claires pour des primaires

    Dans quelques jours, l’élu PS Patrick Mennucci devrait déposer ses propositions pour l’organisation de primaires au sein du PS. Ce sera intéressant de voir l’audace dans le changement. Car jusqu’alors les partis politiques Français demeurent très timides dans l’organisation d’une véritable compétition interne sur des bases élargies loyales.


    A l’opposé de telles restrictions, le 9 juin, plusieurs territoires Américains votent dans le cadre des primaires pour des élections 2010. La campagne est vigoureuse. Tandis que Ted Kennedy rassure l’opinion sur son état de santé et prévoit même de reprendre le travail en juin grâce à la rémission au temporaire de sa tumeur, les campagnes font rage en effet pour les derniers jours.


    Une nouvelle génération passe aux commandes. Le cas le plus caricatural pourrait être la défaite en primaire de Chris Dodd dans le Connecticut face à Merrick Alpert.


    Terry McAuliffe en Virginie incarne bien cette nouvelle génération faite de consensus interne et de réalisme de gestion.


    Depuis 2006, les candidats démocrates font la course au centre et observent avec satisfaction les tiraillements doctrinaux des Républicains qui sont écartelés entre des conservateurs plus rigoureux les uns que les autres entraînés dans une surenchère destructrice.


    Sans retournement brutal de climat, les élections du mid term s’annoncent dévastatrices pour le Part Républicain.


  • 22/05 : chômage des jeunes : les chiffres qui font mal

    Selon le dernier rapport de l'OCDE, le chômage des 15-24 ans se maintient en France à plus de 18 % soit 7 points au-dessus de la moyenne des autres pays riches comparables.

    Avec ce pourcentage, la France est 23 ème sur 30 dans le classement OCDE.

    L'OCDE tente d'expliquer cette situation et dénonce : la névrose du diplôme initial, une formation déconnectée des réalités professionnelles, un parcours particulièrement discriminatoire, un cycle d'apprentissage sous-developpé …

    Mais surtout parmi les causes dénoncées, une absence de politique durable dans ce domaine : 80 mesures ont été mises en oeuvre dans les dernières années créant un cadre à l'instabilité chronique sans équivalent dans les autres pays.

  • 21/05 : vers la confirmation de « l’effet Sarkozy » …

    Sur le plan national, l'effet Sarkozy semble se confirmer en maintenant l'UMP en tête des formations politiques le 7 juin.

    Les enquêtes qualitatives qui circulent actuellement, permettant de compléter les sondages, laissent apparaître 4 éléments fondateurs :

    1) La présidence de l'Union en pleine crise économique a incontestablement marqué l'opinion qui a apprécié en la circonstance son énergie et qui met à son actif les mesures prises à cette occasion.

    2) Un effet "Carla Bruni" existe aussi. La "première Dame" de charme séduit manifestement une partie de l'opinion et adoucit le couple.

    3) L'opposition n'a pas su construire un "autre leadership". Pour les insatisfaits des deux premières années, ils terminent leurs commentaires par "de toutes les façons en dehors de lui, il n'y a personne …". Par conséquent, le transfert politique est neutralisé.

    4) L'extême gauche peut grimper lors d'Européennes mais son programme est indiscutablement perçu comme "non réaliste". Ce peut être un vote protestataire ponctuel mais lors d'une "élection sérieuse", ce montant diminuera significativement.

    Pour toutes ces raisons, sauf nouvel évènement, le scrutin qui devait créer une crise de légitimité pourrait très bien conforter le Président en exercice dès l'instant que "sa" formation restera en première place des formations politiques Françaises.

  • 20/05 : quand le lait sucre

    L'actuel conflit initié par les agriculteurs producteurs de lait mérite une attention particulière. Contrairement aux affirmations officielles, aucune mesure sérieuse n'a été engagée pour contraindre la grande distribution à davantage de transparence et de respect de parité contractuelle.

    Avec les banques notamment, la grande distribution fait en France sa loi dans des conditions indignes. Le mécanisme des RFA renégociées en fin d'année contrairement aux bases contractuelles écrites de début d'année et suspendues de fait au nouveau référencement à venir est une pression généralisée connue mais jamais sanctionnée de fait. La grande distribution a été le corrupteur n° 1 sous la Vème République et les grandes enseignes tiennent les partis politiques de droite comme de gauche dans leurs mains pour ne pas dire "par les c…..".

    En pleine période de crise, que la grande distribution puisse gagner 30 % de marge à l'achat sans rétrocéder une partie à la vente donc faire gagner les consommateurs en pouvoir d'achat est un scandale indigne.

    Quelles suites concrètes seront données …?

    C'est un dossier qui relève de Michel Barnier qui avait pris comme premier engagement de campagne de quitter son Ministère début mai 2009 parce que la campagne le "prendrait à plein temps". Ce premier engagement a déjà été repris …

  • 19/05 : le buzz des clips : la mode du « derrière la scène »

    Nicolas Sarkozy court derrière Barack Obama. Ou plutôt, les pratiques du second inspirent vite les actions du premier. Dernier exemple en date, cette probable mise en scène d’une visite « improvisée » qui, pour « contenu », permet d’apprendre que l’intendance de l’Elysée fonctionne bien et que le Président fait du sport …


    De telles vidéos ne sont que la reproduction de la technique US du « derrière la scène » qui est la rubrique désormais souvent la plus visitée des sites Internet.


    L’idée est simple : le devant de la scène serait trop fabriqué pour « être vrai ». Il faudrait donc aller « derrière la scène ». Mais ce « derrière la scène » devient aussi fabriqué que le devant alors à quand « derrière … le derrière de la scène » … ?


     

  • 18/05 : Internet : simple commodité ou droit fondamental ?

    La loi Hadopi destinée à lutter contre le piratage d'oeuvres intellectuelles via Internet est un mauvais texte qui vient d'être adopté par l'Assemblée Nationale.

    Non seulement, ce texte n'est pas une réponse adaptée mais il pose des questions majeures :
    – de compatibilité avec la nouvelle norme Européenne,
    – d'éthique de groupes d'information qui ouvertement affichent une ligne éditoriale régie par des contraintes économiques spécifiques au détriment de l'information "équilibrée",
    – d'un groupe politique (UMP) qui retourne à un exercice caporalisé,
    – d'une Assemblée qui renie son vote en quelques jours

    La question de fond était : Internet est-ce une simple commodité ou un droit fondamental qui impose une adaptation pragmatique des règlementations ?

    Quand on constate les "révolutions" rendues possibles par Internet notamment dans le télé-conseil dont l'e-santé ; il est stupéfiant d'assister à une approche plaçant Internet au rang de "simple commodité".

    Selon le dernier rapport de l'Union Internationale des Télécommunications (UIT), le futur technologique se vit désormais en Corée du Sud, Suède, Japon, Etats-Unis, Autriche, Allemagne mais pas de France dans cette liste.

    C'est un retard de plus qui s'annonce dans un domaine pourtant majeur pour les emplois de demain.

  • 16/05 : Michel Noir fête 1989

    Pour Lyon, 1989 fut 1789. Jusqu'alors, des notables sexagénaires mettaient la politique locale "en ordre" à l'occasion de déjeuners ou de diners dans des bouchons lyonnais. Et ce soir de mars 1989, tout cet "équilibre" volait en éclats. Un jeune député faisait un score historique qui modifiait toute l'histoire politique de Lyon.

    Hier soir, dans un hôtel de Lyon, Michel Noir a réuni ceux qui ont contribué à son succès de 1989.

    A cette date, Michel Noir est un physique, une doctrine et une ambition.

    Un physique, car son mètre 93 est l'assurance de le voir distinctement sur chaque photo. Très télégénique, sa photo de campagne en 1989 avait été la reprise d'une affiche de Clint Eastwood et la "copie" était plus belle que l'original pour une fois.

    Mais le physique s'accompagnait d'une doctrine sur la "nouvelle vie publique". Avec les rénovateurs au printemps 89, ce fut la première expérience et la seule de tentative de rebellion d'une jeune génération face aux blocages des appareils. La relecture des écrits de l'époque dégage une immense ouverture à du neuf.

    C'était une ambition, celle de devenir Président de la République en 1995. Son emploi du temps était organisé en conséquence. Les sondages lui ouvraient les plus belles perspectives.

    Mais les affaires ont éclaté. Le plan de carrière a été significativment révisé. Et pourtant, il est le Maire qui a le plus changé Lyon y compris dans la pure esthétique urbaine. 

    Il appartient à la "génération des décalés" non pas tant par rapport aux schémas politiques d'alors mais par rapport aux capacités de ces élus qui ont été ensuite marginalisés comme Michèle Barzach, Gérard Longuet, Alain Carignon, François Léotard, Charles Millon et dans une moindre mesure Philippe Seguin, voire Alain Madelin.

    Pour bon nombre d'entre eux, ils ont été présentés comme auteurs de "scandales politiques" à une époque où les financements politiques étaient un sujet culturellement tabou.

    Souvent, ils ont dû laisser la place à des "successeurs" qui ne les auraient probablement jamais battus à la loyale devant le suffrage universel direct.

    Avec le recul, la Vème République restera peut-être, et surtout pour cette période des années 90, comme d'abord le scandale de tous les sandales qui n'ont pas éclaté et donc l'injustice de ceux qui ont été jetés en pature … pour aucune modification collective sérieuse de surcroît dans ce domaine comme dans tant d'autres.