Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • 16/06 : « je peux le dire ça … ? »

    Manuel Valls est actuellement au coeur d’une double polémique. La première concerne le fond de sa déclaration. La seconde est relative au fait de savoir si cette déclaration est maîtrisée par lui ou « volée » par inadvertance.


    Le contenu de la déclaration comme sa formulation tranchent avec le « politiquement correct ». Le plus étonnant dans l’entretien avec la journaliste, c’est l’expression « je peux le dire ça … ? ». Cette expression traduit la force du carcan qui entoure la vie politique Française. Les médias ont pris l’ascendant et déterminent ce qui est prioritaire, ce qui peut être déclaré, ce qui devient tabou. Ils font les modes comme actuellement celle de Cohn-Bendit qui bénéficie aujourd’hui d’un reportage de 9 pages dans un quotidien national sur le thème de « sa vie, son oeuvre » alors même que l’intéressé est déjà reparti … se reposer.


    Manuel Valls a eu au moins le courage d’exprimer la réalité de sa pensée même si elle tranche avec les discours habituels. L’abstention nait aussi de l’absence de « contrastes » entre les candidats. Ce sont de nouveaux comportements comme celui de Valls qui réveilleront le débat politique Fançais.


    NB : un bug indépendant de notre volonté affecte actuellement Typepad dans la gestion des photos. C’est pourquoi, nous n’actualisons pas cette rubrique ci-contre dans l’attente que ce défaut soit réparé.


  • 15/06 : les partis politiques : quel avenir ?

    NB : un bug technique indépendant de notre volonté intervient actuellement sur le dispositif des photos dans le bandeau de côté. Ce bug devrait être bientôt réparé. Nous sollicitons votre indulgence pour ce point extérieur.

    Une modification profonde des structures politiques modernes intervient en France notamment lors des Européennes avec l'actuel débat sur l'avenir du PS. Moscovici et Valls avaient effectué des contributions très intéressantes sur ce thème de fond lors du Congrès de Reims.

    Une formation politique peut être une structure de logistique d'un présidentiable assumé comme l'UMP de 2004 à 2007. Cette formation était entièrement tendue vers cet objectif, devenue le "club des supporters" mobilisés pour la victoire, mulitpliant les projets et contre-propositions …bref, en ordre de marche vers un objectif clair.

    La seconde voie est celle des formations anglo-saxonnes. Le parti politique n'est pas voué à la cause d'un candidat mais il est le lieu de rencontres pour que soient organisées les primaires internes dans un cadre loyal et efficace. Une fois le candidat désigné par ce mécanisme, le parti se "mettra à sa disposition".

    Il ne semble plus qu'il y ait de troisième voie. Le parti fonctionnant en "mettant à l'écart" la présidentielle qui rythme toutes les autres échéances paraît voué aux difficultés. Progressivement, une structure binaire s'est imposée. C'est soit l'hypothèse de l'instrumentalisation pour un leader soit la structure de mise en place de la compétition interne. A force de ne pas choisir, le PS se fragilise de plus en plus.

    Sur le plan local, il en est de même toutes proportions gardées. Quand un parti est challenger, il doit confier sa présidence soit au leader qui va conduire les échéances majeures à l'exemple de l'élection dans la Ville Chef-lieu de Département soit à un sage qui va organiser le parti comme point de rencontres de toutes les sensibilités. Là aussi, il n'y a probablement pas de "troisième voie". Bien davantage, chaque fois que l'on s'éloigne de cette structuration binaire, c'est une désorganisation qui paralyse le parti politique concerné.

    Nous sommes entrés pleinement dans une démocratie permanente d'opinion. Or l'opinion a besoin de schémas clairs, assumés publiquement. Tout ce qui est compliqué perd en lisibilité et l'opinion s'éloigne alors.

    Cette nouvelle donne va dominer le positionnement des partis politiques challengers. Ceux qui ne s'y adapteront pas rapidement seront voués à une forme de marginalisation. Là où les structures politiques retrouvent une utilité donc un dynamisme c'est lorsqu'elles ont tranché ce choix. Il se pose pareillement dans chacune des géographies et il sera intéressant d'observer comment seront prises les décisions face à ce carrefour d'organisation.

  • 14/06 : le CSA et France 3 Centre

    Le CSA vient de rendre une décision importante condamnant FR3 Centre dans une affaire l'opposant à Hervé Novelli. Le CSA a constaté l'inégalité de traitement entre deux candidats. Il a considéré que cette inégalité était contraire aux dispositions des article 3-1 et 43-11 de la loi du 30 septembre 1986.

    Ces principes énoncés, le CSA a émis des remontrances.

    Le contentieux concernait un reportage de mars 2009.

    C'est un exemple parmi d'autres des décrochages de plus en plus importants dans le traitement de candidats comme dans l'expression du pluralisme d'opinions. En l'espèce, le CSA a défendu … un Ministre sans assortir son constat de la moindre conséquence pratique. C'est l'ensemble de la presse institutionnelle Française qui pose désormais question par l'effet de multiples facteurs : concentration, évolution vers un axe éditorial d'opinion à l'exemple du Figaro qui est désormais un relévé quotidien de la propagande gouvernementale …

    La grande originalité de la période présente c'est sa capacité à assumer ouvertement des excès encore inconcevables il y a quelques années à l'exemple du titre de couverture du Fig Mag cette semaine : "la raclée des anti Sarkozy". Un "Président soleil" est né dans la lignée des "Maires soleil", "Présidents de Départements soleil" … avec un environnement légitimiste sans précédent. La presse est une économie comme les autres et il est difficile, en temps de crise, de tirer un trait sur certaines aides directes ou indirectes…

  • 13/06 : Michel Savin a-t-il la « bonne pointure » pour incarner l’opposition locale ?

    Le PS n'est plus à la mode sur le plan national. Et pourtant, localement, l'opposition ne capitalise pas cette forte vague nationale de défiance. Pourquoi ?

    Les déchirements internes à l'UMP 38 commencent à "fuiter".

    Qu'en sera-t-il alors avec les arbitrages pour les prochaines régionales quand tant de promesses ont été données ?

     Savin 12 06 09 Qui doit conduire cette liste régionale de la majorité présidentielle en Isère : Michel Savin ? Henri Baile ? Pascale Modelski ? …

    Comment expliquer ce décalage alors même que la Ville de Lyon vient, elle, de bénéficier d'une poussée d'opposition dans des circonstances pourtant initialement quasi-analogues à Grenoble ? Nora berra Bien davantage, il est même question de l'entrée au Gouvernement de Nora Berra, élue d'opposition à Lyon pour relancer l'UMP sur cette ville … ?

    Sur tous ces sujets, vous avez la parole. Vous pouvez nous adresser vos avis à : citoyens2008@wanadoo.fr. Nous dresserons un point dans la plus grande impartialité.

    Une démocratie de qualité, c'est une démocratie capable de vivre l'alternance dans la confrontation de projets dans un esprit de tolérance.

    Que faut-il pour que cette alternance redevienne crédible dans l'agglomération Grenobloise ?

  • 12/06 : pour encore mieux échanger : un conseil : ouvrez votre compte sur Facebook

    Dimanche dernier, Facebook a montré l'une des utilisations majeures : le partage des informations en direct. Plusieurs utilisateurs donnaient les participations en direct tout au long de la journée dans les bureaux de votes qu'ils tenaient ou bien où ils venaient de voter. Le soir, dès les premiers dépouillements, la poussée des Verts était indiqué par des messages brefs donnant des chiffres précis significatifs.

    C'est une nouvelle liberté d'information et de dialogue qui s'ouvre. En complément de ce blog, l'ouverture d'un compte sur Facebook permet des échanges de qualité.

    Cette ouverture de compte est gratuite. Actuellement, Facebook suscite des commentaires parfois sévères sur la "violation de la vie privée" qui en résulterait. C'est un argument totalement erroné. Sur votre page Facebook ne figurent que les informations que vous mettez. Par conséquent, si vous ne mettez pas des bêtises, il n'y en aura pas.

    En réalité, de telles accusations visent exclusivement à faire peur pour dissuader face à des nouvelles technologies de ce type qui font souffler un vrai vent de liberté contrariant les réseaux structurés traditionnels. Ce sont ces réseaux qu'il faut non seulement contester mais combattre car ils ont tissé des formats qui sont aujourd'hui guidés par leurs intérêts financiers ou de pouvoir et non pas par l'intérêt des citoyens.

    Twitter est compliqué d'utilisation et ces difficultés handicapent beaucoup sa diffusion.

    En revanche, Facebook est d'un usage très facile et vous êtes maître en permanence de l'acceptation d'amis ou pas, des informations que vous mettez ou pas.

    C'est maintenant qu'il faut commencer à l'utiliser pour que notre réseau soit très performant lors de prochaines échéances importantes.

  • 11/06 : enfin des protections pour les internautes

    La décision hier du Conseil Consitutionnel corrigeant partiellement la loi Hadopi sur les téléchargements est une avancée significative pour la protection des internautes.

    Cette décision est conforme à celle du Parlement Européen exprimée le 6 mai par 407 voix contre 57 à savoir que l'accès à Internet est un droit fondamental.

    Internet fait désormais partie de la liberté d'expression.

    C'est une évolution d'autant plus importante qu'Internet devient le seul support du pluralisme. La presse traditionnelle est frappée par une concentration sans précédent. Cette presse évolue vers une fonction d'opinion qui n'est pas sans danger pour la démocratie. Tantôt elle prend manifestement partie tantôt sans dire pour qui voter elle dit à quoi il faut penser en votant à l'exemple de la programmation du documentaire "Home" qui est une situation indigne d'une démocratie comme la couverture médiatique des cérémonies du 6 juin. Les deux formations politiques qui ont progressé sont celles qui ont bénéficié dans les dernières heures de campagne d'une exposition médiatique favorable considérable. Ce n'est pas sain de fonctionner ainsi.

  • 10/06 : UMP 38 : quel électrochoc ?

    L'UMP 38 baisse encore dans les intentions de votes dans l'agglomération Grenobloise pour atteindre des niveaux impensables il y a encore quelques années.

    Trois facteurs majeurs expliquent ce phénomène.

    Tout d'abord, lors des élections internes de novembre 2008, la différence naturelle a pris une tonalité trop haineuse après avoir constaté des opérations très manoeuvrières lors des élections locales de 2008. Des clivages sans précédent sont ainsi nés et rien n'a été fait pour les dissiper depuis. L'étude de certaines Communes montre que des seuils planchers classiques ont été franchis faute notamment de mobilisation militante. La baisse de militantisme est considérable dans certains secteurs qui n'ont par exemple connu aucune distribution, aucun affichage militant… Les mails de la dernière heure ne suffisent pas.

    Ensuite, l'UMP 38 est en panne de propositions donc de valeur ajoutée. Quand cette formation a été capable de gagner c'est qu'elle avait été capable préalablement de gagner d'abord le terrain des idées comme ce fut le cas en 1983 puis en 1985. Dans ces deux dates, le débat s'est structuré autour des propositions de l'opposition d'alors à l'exemple emblématique de la question du referendum sur le tramway. Où figure aujourd'hui le moindre projet local de l'UMP 38 qui montre qu'elle dispose d'une grille de lecture et de propositions qui la différencie des actuels détenteurs du pouvoir local ?

    Enfin, l'UMP 38 est trop repliée sur des professionnels de la politique. Elle est coupée des milieux universitaires et socio-économiques. Là aussi, les exemples passés de victoires avaient reposé sur un très large rassemblement au sein de "milieux complémentaires " dont l'économie, l'université, la culture, les sports …

    La véritable question qui s'impose dans de telles circonstances est la suivante : l'organisation actuelle vise-t-elle à préserver les rares acquis ponctuels ou à bâtir une véritable force d'alternative ? Ne prenant pas ce second chemin, l'opinion a boudé le parti de la majorité présidentielle en le ramenant à des scores très inférieurs aux moyennes nationales, du sud-est et de la région rhône-alpes. Il faut donc rapidement revoir la copie.

  • 09/06 : l’élection bi-goût

    La mode est aux produits bi-goût. Il y a le goût immédiat puis un second goût qui d'ordinaire doit être en harmonie avec le premier. Le scrutin du 7 juin est typiquement une élection bi-goût.

    Le premier goût à force de tam tam c'est la victoire de la majorité présidentielle sur le plan national.

    Mais rapidement le second goût sera différent car ce score national est d'abord une victoire par défaut. Il faudra expliquer les 60 % d'abstention. Il faudra expliquer comment il est possible de passer de 28 % à … 51 %. Chacun va prendre conscience que la majorité présidentielle a fait le plein de ses bases : UMP + Nouveau Centre + Gauche Moderne + Progressistes + Radicaux. Si ces formations étaient parties en ordre dispersé prenant de 2 à 5 % selon les cas, l'UMP au sens strict ne serait guère éloignée du … PS. Si 28 % est un "succès historique" pour une formation présidentielle, comment qualifier les scores de Merkel et de Berlusconi dans les démocraties voisines qui sont tellement au-dessus des 28 % ?

    Toutes ces questions ont été éludées. Elles montrent que la communication moderne préfère résonner que raisonner. Il faut d'abord "faire du bruit" pour délivrer un message auquel l'opinion peut croire plutôt que chercher à comprendre.

    C'est dommage qu'il en soit ainsi parce que dans de telles circonstances le second goût risque vite de devenir très amer …

  • 08/06 : l’UMP 38 en chute libre dans le Canton de Vif : – 17 points

    Les chiffres sont là et les chiffres sont têtus. C'est un score de crise grave qui est celui de l'UMP 38 dans le Canton de Vif lors du scrutin du 7 juin. Il y a un an et 1/2, lors des cantonales, la majorité présidentielle obtenait plus de 41 % des suffrages en ajoutant mon score de 23, 91 % et celui du candidat Nouveau Centre qui avait réalisé 17 % des suffrages. Hier, cette même majorité présidentielle est passée dans le Canton de Vif de 41 % des suffrages à … 24 % des suffrages.

    A l'exception d'une Commune dans tout le Canton, la liste de la majorité présidentielle est partout en retrait important face au score national. Sur le Gua, elle ne franchit même pas le seuil des 20 % et sur Pont de Claix, elle le franchit de justesse … A Vif, à Claix et à Varces, le rapport Droite / Gauche s'établit désormais très largement en faveur de la gauche.

    Ce sont des réalités qu'il faut regarder en face. Il y a 1 an et 1/2, toute la gauche franchissait dans ce Canton la barre des 50 % d'une petite centaine de voix quand maintenant elle dépasse celle des … 60 % allègrement !

    Cette situation est en contradiction avec la situation nationale. Certes, l'abstention est importante mais la démobilisation n'a pas frappé les "réserves électorales" de droite principalement ; bien au contraire.

    Cette situation trouve des explications dans des comportements locaux qui ont troublé des citoyens, fait naître des rancoeurs qui ont éloigné des citoyens du vote ayant fait l'objet d'appels publics d'élus locaux.

    C'est une crise grave qui appelle des mesures d'urgences pour inverser une tendance en total décalage avec la situation nationale.

  • 06/06 : un décalage inquiétant

    Le décalage entre l'offensive internationale conduite par les Etats-Unis et le triste débat sur France 2 au sujet de l'Europe ne peut que faire naître des inquiétudes légitimes sur l'évolution de la politique Française.

    Quand les débats sont organisés, il y a une paupérisation de leur contenu. Nous assistons également à une poussée de méthodes de "grandes gueules" qui pratiquent l'invective à l'exemple du leader écologiste Franco-Allemand, de Mélenchon, de Besancenot … dont les propos sont sans prise sur les nouvelles réalités.

    Des médias quasi-incontournables affichent une ligne éditoriale qui s'émancipe de règles déontologiques élémentaires sans que l'opinion ne réagisse. Dimanche dernier, TF1 a présenté le dernier livre d'un navigateur avec la couverture caviardée pour cacher l'introduction signée par PPDA (désormais interdit de toute référence sur TF1 !). Personne n'a dénoncé une pratique scandaleuse portant non seulement atteinte à la déontologie de la chaîne mais aussi au respect de l'oeuvre de l'auteur du livre en question.

    Une banalisation de l'impensable d'hier se produit dans des conditions surprenantes et ce dans une quasi-indifférence.

    C'est un décalage inquiétant.