Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La mode des 3 P

    Les années 80 avaient été la mode des 3 R : rêve, rire et risque. C'était une conception quasi-hollywoodienne du spectacle de la vie politique : Coluche, Tapie, Montand … 

    Les années 90 ont été celles des 3 S : simplicité, solidarité, substance. Parce que cette mode était pour partie une réaction de l'opinion contre des excès des années 80, les années 90 ont été redoutables pour les "idoles" de la décennie antérieure dès l'instant qu'elles n'avaient pas corrigé le tir assez tôt.

    Les actuelles années installent la mode des 3 P : Pluriel, Proximité et Positif.

    La société est de plus en plus éclatée. Par conséquent, les leaders doivent fonctionner en équipe et cette équipe doit être un casting de la société plurielle. C'est le savoir-faire dominant du Chef d'Etat. Les campagnes au singulier sont des campagnes solitaires vouées à l'échec.

    La proximité traduit la priorité du quotidien : ici et tout de suite.

    Enfin, l'attente de positif résulte de la logique de consommation appliquée désormais à la politique. Le "positif" est ce qui sert. Le "négatif" est limité au débat politicien. L'opinion attend ce qui sert, ce qui fait avancer ses intérêts. Le "positif" est désormais à la politique ce qu'est la concurrence commerciale à la guerre des prix.

    Ce nouveau contexte impacte directement les actuels partis politiques engagés dans une course nécessaire au repositionnement pour suivre ces évolutions de l'opinion. Sur le plan national, l'UMP a pris une incontestable longueur d'avance. Il reste à organiser cette situation nationale dans la réalité des différents territoires régionaux.

  • « Le nouveau Président » (3/11) : casser les codes

    Le blog 2villepin a mis en ligne aujourd’hui le 3ème épisode du feuilleton sur la présidentielle 2012. Cette rédaction a été un moment agréable. Il ne s’agit pas de mettre en perspective une présentation manichéenne entre d’un côté un candidat qui rassemblerait toutes les qualités et d’un autre côté des compétiteurs voués  l’échec.


    Il s’agit d’identifier des repères de « nouveaux codes » de campagnes. Nicolas Sarkozy a fait naître en 2007 une nouvelle génération de campagnes en modifiant de nombreuses frontières habituelles. En France, il faut probablement remonter à 1974 et à la campagne de VGE pour vivre de telles transformations dans un cadre aussi accéléré.


    La prochaine campagne présidentielle exigera probablement encore davantage de mouvement et d’innovation que d’ordinaire. Soit l’actuelle crise économique existe toujours et alors l’ambiance sera au « nouveau départ » : comment tourner enfin la page d’un cycle maudit de casse économique ? Soit l’actuelle crise est passée et l’ambiance sera aux conditions pratiques de la « nouvelle redistribution » : comment partager les fruits après les fardeaux ?


    Dans les deux cas, l’appel à une « nouvelle donne » devrait être fort.


    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce troisième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • L’information sans repère fiable

    La période actuelle est traversée par deux courants forts : les chiffres ne sont plus justes et les mots perdent leur sens habituel. Il est reproché aux citoyens de ne plus s'intéresser aux "débats d'idées" mais comment serait-ce possible quand :

    – "la vérité scientifique" ne peut tracer son chemin clair sur un sujet aussi important que la grippe A,

    – la réputation de l'INSEE n'est plus la caution d'aucun chiffre fiable en matière de déficits, de chômage, de dette,

    – la crédibilité de la police ne garantit même plus un écart faible dans le comptage de manifestants puisque les chiffres varient désormais de 1 à plus de … 3.

    Dans de telles circonstances, sans chiffre incontestable, comment faire vivre un débat sérieux ?

    Ce d'autant plus qu'aux chiffres fluctuants s'ajoutent désormais des mots sans signification. Quand le pôle emploi passe au privé le traitement d'un nombre élevé de chômeurs, hier cette évolution aurait été qualifiée de "privatisation" puisque le secteur public était dessaisi d'une mission pour que celle-ci soit confiée au privé. Aujourd'hui, il n'est plus question de "privatisation" mais de "complémentarité performante" …

    L'opinion s'écarte alors des débats sans chiffre fiable ni mot compréhensible et se consacre aux photos. Là au moins l'oeil retrouve ses repères. A moins de bientôt apprendre que les photos ont été "corrigées" avant publication …

  • L’effet décisif du premier tour …?

    L'Ifop vient de publier aujourd'hui une étude très documentée sur l'élection municipale partielle d'Aix en Provence.

    Les enseignements sont nombreux même s'ils doivent être nuancés compte tenu du climat très particulier lié à toute partielle.

    Le phénomène le plus intéressant réside dans l'effet décisif du premier tour. Les rassemblements du second tour s'exposent à des "pertes" élevées.

    Le premier tour acquiert désormais une fonction plus élevée que le seul tour avant la décision. Il est presque la décision dès que l'un des candidats se détache. Il crée une dynamique qui influence le reste de l'électorat et qui motive un second tour enregistrant presque la "décision du 1er".

    Les études qualitatives vont parfaire cette impression. Si cette prime au rassemblement dès le 1er tour s'installait comme une donnée majeure structurante de l'électorat ; ce serait une nouvelle donne capitale pour des scrutins comme la présidentielle au moment où la gauche vit un fort éclatement de son offre.

  • La France : un pays aux talents si … rares

    Quand j'ai commencé mon engagement public, deux responsables me motivaient : Chaban-Delmas et Rocard. Le premier donnait le sentiment d'être un aventurier moderne plein de panache depuis la traversée de Paris dans les dernières heures d'occupation jusqu'au programme de la Nouvelle Société. Le second incarnait les "idées réformistes". Chaque fois qu'il est venu à Grenoble alors que j'étais étudiant je suis allé à ses réunions publiques. C'est donc sans parti pris négatif que je vais m'exprimer sur ses actuelles propositions.

    A 80 ans, Michel Rocard découvre tout ce qu'il n'a pas pu faire en 50 ans de vie publique. Il s'occupe de l'Arctique. Puis il passe à la mission sur l'emprunt dont il s'occupe avec Alain Juppé. Et maintenant, il propose la taxe carbone qui est un hold up fiscal qui va coûter 300 € en moyenne par an et par ménage.

    Cet état d'esprit du "toujours mieux demain" exposé par des personnes qui ont été au pouvoir pendant tant d'années est inconvenant.

    Faut-il donc que la France ait aussi peu de talents pour s'en remettre ainsi à des responsables qui n'ont jamais effectué ce qu'ils recommandent aussi doctement ?

    Faut-il aussi que ce pays soit géré par des personnes aussi avides de pouvoir pour qu'à 80 ans elles n'éprouvent pas l'envie de "faire autre chose" mais aussi de laisser la place à une "relève" ?

    Pour ne jamais avoir été un adepte de F. Mitterrand, je me dis qu'un comportement de ce type montre 30 ans plus tard qu'il ne pouvait pas avoir entièrement tort sur l'appréciation du tempérament de Michel Rocard. Dommage …

  • Moteur de … polémiques

    Même avec du recul et des efforts pour tenter de trouver des explications rationnelles, je n’arrive toujours pas à identifier les raisons pour lesquelles certains responsables politiques suscitent immédiatement tant de reproches alors que d’autres se voient presque tout pardonné. Les uns deviennent ainsi des moteurs de polémiques.


    Dans 4 jours aux Etats-Unis, Sarah Palin se retire de ses fonctions de Gouverneur. Un média cherche à la placer au coeur d’une affaire financière concernant la gestion d’un fonds de soutien mis en place par ses partisans. Mais surtout, sur la toile, depuis son apparition sur le ticket avec McCain, il est rare de voir une responsable faire l’objet de campagnes permanentes aussi agressives, violentes et fortes. Rien ne lui est épargné y compris les vidéos pastiches à caractère sexuel.


    Pourquoi des personnalités se trouvent-elles ainsi au centre de tempêtes permanentes alors même que d’autres, pour lesquelles une matière existe même parfois, bénéficient d’une compréhension toute bienveillante ?


    En novembre dernier, j’ai eu l’occasion d’évoquer ce volet avec un responsable de la communication du Parti Républicain. Il a eu une explication technique étonnante : c’est le risque des imaginaires aux évocations uniques fortes. Chaque nom fait vivre un « imaginaire de marque » avec des valeurs associées. Ce sont des émotions qui vont tisser le lien à une marque ou en l’espèce en politique à un nom. Si cette « émotion » devient très forte et surtout unique, elle risque de créer un rapport violent très clivant opposant des « pour » et des « contre ». Pour éviter d’entrer dans une telle zone de turbulences, il faudrait donc ne pas se laisser enfermer dans un seul pouvoir d’évocation en nuançant son pouvoir d’évocation dans une gamme de sentiments …


    Je suis toujours à la recherche d’une explication qui emporte conviction.


  • « Le feu est éteint mais … »

    Le Président Américain a défendu hier sa politique économique.

    Sa présentation a eu le mérite de la simplicité, bien loin des formules intellectuelles Françaises si compliquées en la matière tout particulièrement.

    Il a déclaré : "nous avions une maison superbe. Elle a pris le feu. Il a fallu utiliser la lance à incendie. Le feu est éteint mais nous avons découvert qu'il y avait de la maçonnerie à faire, que le toit fuit, que la chaudière est hors d'usage et que … nous sommes en retard de paiement sur les traites. Tous ces travaux vont prendre un certain temps et nous ne sommes pas encore tirés d'affaire."

    Voilà qui a le mérite d'être simple et clair.

  • Vers un nouveau choc financier d’ampleur ?

    Le front des LBO annonce-t-il un nouveau choc financier ? Des chiffres imposent de se poser sérieusement la question.

    Le pourcentage de bris de covenants frapperait plus de 70 % des opérations de LBO de plus de 100 M€.

    Le LBO est un dispositif technique qui permet à une société A d'acquérir une société B en finançant une partie de cette acquisition par un endettement anticipant sur les résultats à venir de la société B.

    Ce dispositif repose donc sur au moins le maintien du résultat positif habituel de la société -cible. La gestion du besoin en fonds de roulement en est la clef et constitue souvent un puissant levier d'amelioration des societes reprises en LBO : meilleure gestion des stocks, revue des delais de paiement des fournisseurs, gestion active des creances clients. Avec la crise, ces 3 variables sont beaucoup plus difficiles a gérer.

    Plus que la difficulté à rembourser la dette, c'est dans un premier temps la difficulté à respecter les covenants bancaires qui pose problème. Les covenants sont des ratios financiers d'endettement (le plus souvent dette nette / resultat opérationnel avant amortissements ainsi que le ratio résultat operationnel avant amortissements / charge financiere cash). Si, sur ces ratios, les groupes en LBO enfoncent les seuils definis dans la documentation bancaire signée lors de l'octroi du pret, iles perdent leur financement ou doivent le renégocier à un nouveau taux et avec de nouveaux covenants.

    C'est alors un nouveau parcours du combattant qui commence pour ces groupes en LBO, avec le risque de se voir lachés par leurs banques si les perspectives d'activités sont jugées trop décalées par rapport au business plan initial.

    Mais pour le coup, les banques devraient alors enregistrer les pertes correspondant aux sociétés qui seraient ainsi mises en faillite. Cette étape d'arbitrages serait ouverte pour un montant très élevé d'opérations de ce type …

  • Le nouveau Président 2/11 : la première journée de campagne

    Le blog 2villepin est actuellement l’un des blogs les plus actifs et fréquentés sur le plan national.


    Il est vrai qu’il est d’une qualité reconnue tant par la diversité des informations que par leur sérieux. Il est le support privilégié pour toutes les informations liées à l’activité de Dominique de Villepin.DdV 19 07 09


    Le responsable de ce blog m’a demandé de concevoir « un feuilleton de l’été » autour de la présidentielle 2012. L’un des volets de ce « cahier des charges » consistait à mettre en perspective les changements rendus possibles par les nouvelles technologies.


    Ce feuilleton est composé de 11 épisodes. Dès ce second épisode publié ce jour, le rythme change et les perspectives de « nouvelles campagnes » commencent à prendre corps.


    Si vous voulez prendre connaissance de ce second épisode, il suffit de cliquer sur le lien suivant :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Christine Lagarde chez François Brottes : soutien à STMicro

    La visite d’hier passe un message clair. L’Etat soutient le plan Nano 2012. Début janvier 2009, STMicro annonçait une perte de 277 millions d’euros pour le 4ème trimestre 2008. Son PDG présentait alors un plan de réduction des coûts.


    Dans le cadre du plan Nano 2012, STMicro s’engage à investir 886 millions d’euros en équipements et 2 milliards d’euros en R&D.


    L’impact du site de Crolles sur l’emploi est estimé à plus de 26 000 emplois directs et indirects. C’est dire l’impact lourd qui serait celui d’une déstabilisation de ce groupe industriel.


    Cette visite est aussi la reconnaissance par l’Etat de ce nouveau territoire qu’est la Communauté du Grésivaudan présidée par François Brottes. C’est le probable territoire le plus prometteur pour l’agglomération car il a du foncier disponible et un seuil de qualité d’entreprises déjà élevé.