Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Barack Obama et le seuil des 200 jours

    Les seconds « 100 jours » ont été plus délicats que l’installation. L’électorat Américain est très pragmatique. Il juge sur des résultats. Or, les résultats en matière d’emploi se font attendre. Les résultats quant à la réforme de santé peuvent être une hausse significative de prélèvements fédéraux selon diverses modalités.


    Par conséquent, les classes moyennes passent sur la réserve. Mais le taux d’approbation demeure élevé. Surtout, le parti républicain est en panne de leadership. Sarah Palin s’engage mais elle est très controversée. Bobby Jindal apparaît trop conservateur. Eric Cantor n’a pas encore la notoriété fédérale incontournable. Bref, pour l’instant, il n’y a pas de solution de rechange.


    Les élections de 2010 s’annoncent encore assez aisées pour le parti démocrate. Elles seront le dernier test des rapports de forces avant le démarrage de la prochaine présidentielle.

  • L’éventuel véritable signe de reprise …

    La question majeure actuellement consiste à identifier le calendrier de sortie de la crise. Les analystes économiques exposent leurs prévisions. Et si l'indicateur était ailleurs ?

    Au Canada, le parti libéral a le vent en poupe. Il a retrouvé un leadership incontestable lié notamment à la personnalité de son nouveau responsable. Le parti conservateur est donc en difficulté. L'organisation d'un vote de confiance devrait conduire à une censure donc à sa chute. Les observateurs politiques sont persuadés que le parti libéral engagera ce vote de confiance juste avant la reprise afin que celle-ci ne permette pas au parti conservateur de se refaire une santé. Il importe donc d'observer attentivement la date de dépôt de cette motion qui devrait annoncer que nous sommes entrés dans la salle d'attente de la reprise.

  • Décès brutal de Christiane Courtadon

    C'est avec une grande tristesse que je rédige ce billet. L'engagement dans la vie publique m'a donné la chance de rencontrer des personnes d'une extrême qualité. Pour certaines d'elles, plusieurs années après leur disparition, elles habitent toujours mon quotidien. J'ai si souvent une pensée chaleureuse pour M Valfort qui m'a fait découvrir à près de 40 ans la force véritable de ceux qui ont la foi alors même que j'avais reçu une formation scolaire que dans des établissements religieux. J'ai souvent à l'oreille le rire éclatant de Mme Permingeat, femme du Sud dont le rire était le plus beau drapeau alors même qu'elle devait lutter contre des épreuves fortes qui en auraient démoralisé plus d'un. Je repense souvent à  l'opiniatrêté de M. Menut qui voulait toujours mener à bien une action engagée. La liste pourrait être longue.

    Mme Courtadon est au premier rang de toutes ces âmes d'une extrême qualité. Enseignante, elle aimait le service public. Courtadon 3 Ayant la passion des livres, elle mobilisa toute son énergie si grande pour faire partager ce volet de culture. Croyante, elle s'est beaucoup investie dans la paroisse et, avec l'aide de nombreuses autres personnes, elle suppléait les prêtres désormais si rares et parfois même si étrangement peu disponibles. A ce titre, elle a officié lors des cérémonies religieuses pour les décès de mes parents qu'elle avait tant connus et qui l'aimaient énormément.

    A son mari Raymond, à tous les membres de sa famille, à ses très nombreux amis, j'adresse mes plus sincères condoléances. Avec beaucoup de tristesse.

    Denis

    NB : la cérémonie religieuse aura lieu vendredi 7 août à 14 heures à l'église de St Paul de Varces

  • La France et les contrôles …

    Le débat sur les aides agricoles est le dernier exemple en date d'une spécificité Française sur les contrôles.

    La France aligne une liste impressionnante de gaspillages, de dénonciations a posteriori d'erreurs. Mais dans tous ces cas, le contrôle semble sans incidence. Le contrôle n'entraîne aucune "correction préventive" ni de véritable sanction a posteriori. Le peuple ne se plaint même pas comme si la fatalité frappait. Est-ce que cette situation tient au fait qu'en France 50 % des personnes paient des impôts contre 90 % en moyenne dans les autres pays ?

    Mais surtout, le contrôle fonctionne en interne. L'Etat se contrôle lui-même et, au sein de l'Etat, les mêmes corps administratifs occupent cette fonction. C'est la confusion des rôles et des genres. Dans de telles conditions, longue vie aux gaspillages quand de surcroît il suffit désormais de crier à la révolte de rue pour que la règle passe à la corbeille. En temps de crise tout particulièrement, ce sont quand même de bien surprenantes pratiques.

  • Alinghi et le nouveau patriotisme

    A ceux qui pouvaient douter de l’enthousiasme populaire suscité par les grandes compétitions sportives (débat ouvert sur les candidatures pour les JO), Genève apporte actuellement une réponse sans contestation : le défi d’Alinghi devient le défi de tous.


    C’est un défi qui transforme le sport en challenge de très haute technologie. En période de crise, des défis de ce type font naître de nouveaux patriotismes positifs qui mobilisent les énergies et font oublier, fut-ce un instant, les dures réalités présentes.


  • Vers des records de hausses d’impôts ?

    Le dernier trimestre 2009 s'annonce comme le rendez-vous incontournable avec des hausses records d'impôts pour 2010.

    Les collectivités publiques voient fondre des recettes en raison de la crise économique à l'exemple des produits de taxe professionnelle et des droits de mutation. Elles n'ont pas modifié leurs conditions de fonctionnement en conséquence. Les hausses d'impôts paraissent "obligatoires" dans de telles circonstances.

    C'est l'un des volets par lesquels l'opinion publique va progressivement prendre conscience d'une façon très particulière de "gestion de la crise". Beaucoup a été fait pour "sublimer" les conditions de réactivité au choc. Mais après ? Le FMI annonce un retour au taux de croissance antérieur à la crise pour … 2013 en France. Il met en garde contre le poids excessif de la dette. Or, pour simplement préserver le fonctionnement habituel, les impôts vont s'alourdir dans des pourcentages élevés.

    Ce sont des circonstances particulières qui ont dominé la gestion de la crise comme si seule l'immédiate sortie de la crise bancaire pouvait emporter tout le reste sur son chemin. La gestion médiatique et purement politique de la crise peut réserver des lendemains délicats.

  • « Le nouveau Président » : épisode 4 : entre réalité et fiction …

    Dans cet épisode, la fiction est malheureusement rattrapée pour partie par la réalité. L’épisode de dimanche dernier relatait le décès de militaires Français en Afghanistan. Les durs combats sur ce territoire ont produit des conséquences qui ne sont pas que celles d’un feuilleton-fiction.

    Dans ce quatrième épisode, heureusement, beaucoup d’autres aspects relèvent de la pure fiction : le PS a choisi son nouveau nom et sa nouvelle ligne de doctrine, les socles électoraux bougent et surtout de nouvelles propositions secouent les habitudes des campagnes présidentielles.

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce quatrième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Ou sont les tempéraments ?

    L'Express consacre un long reportage cette semaine au "phénomène people" qui frappe le milieu politique Français. Il y a 21 ans à quelques jours près, Haroun Tazieff s'engageait dans le combat des cantonales en Isère. Une décision importante pour celui qui avait été de 1984 à 1986 le Secrétaire d'Etat aux Risques Majeurs sous François Mitterrand. Au passage, quand la "mode" de l'ouverture est à ce jour "découverte" ; un tel rappel montre, si besoin était, que le neuf est si souvent ce qui a été oublié volontairement ou pas…

    Son arrivée en Isère allait changer beaucoup de choses. Pour deux raisons : 1) Alain Carignon le laissait fonctionner avec tolérance et liberté ; 2) Par conséquent, Haroun Tazieff s'appliquait dans son domaine de compétences avec une totale mobilisation.

    Son seul souci : faire et faire bien. Il ne s'agissait pas de plaire, encore moins de faire carrière. Il lui fallait aller à l'essentiel : être utile pour apporter des réponses concrètes rapides.

    Quand on compare les tempéraments dans les engagements publics, force est de constater à regret que de telles personnalités sont désormais très rares dans la politique Française. Elles ne faisaient pas le spectacle. Leur tempérament était un spectacle permanent. En 1990, il est question que Tazieff soit "fatigué". La file d'attente pour les voeux en Préfecture est très longue. Alain Carignon et Jacqueline accueillent les présents un à un et ils sont très très nombreux. A chaque personne croisée, Tazieff constate qu'on lui demande des nouvelles de sa santé. Il veut montrer qu'il est en pleine forme. Il prend son élan et plusieurs dizaines de mètres plus tard effectue une glissade sur plusieurs dizaines de mètres sur les paquets bien cirés de la préfecture. Il estimait ainsi avoir répondu aux questions sur sa forme …

    Chaque année à cette époque d'été, j'ai une pensée émue pour la gentillesse permanente qui fut la sienne (photo en 1989 avec mon fils Jonathan)Tazieff_jonathan_88 . Les tempéraments ont beaucoup changé. Tazieff n'avait rien à démontrer si ce n'est à son propre regard. Aujourd'hui, avant de se lancer dans une telle démonstration de "bonne santé", le politique concerné chercherait d'abord le photographe avant même de passer à l'acte éventuellement. Une autre mentalité …

  • La reprise sans … emploi ?

    La courbe de popularité de Barack Obama est à l'épreuve. Les raisons fondamentales sont simples : le chômage augmente et les impôts fédéraux devraient progresser. Ce sont les deux critères pour juger d'une "bonne" politique présidentielle aux Etats-Unis.

    Pour le moment, il n'y a pas matière à inquiétude. Mais la véritable angoisse réside dans le lien entre reprise et emploi. Et s'il y avait une reprise sans emploi. Ou plutôt si la reprise ne signifiait pas un retour aux emplois d'avant-crise ?

    Les économistes Républicains évoquent de plus en plus ouvertement cette situation. Une reprise sans emploi mériterait-elle le nom de reprise ? La "nouvelle économie" post-crise sera-t-elle comme avant ? Si les Etats-Unis s'engagaient durablement dans la logique d'un taux élevé de chômage, quelles seraient les conséquences politiques ? Les élections de 2010 paraissent encore bien lointaines et finalement incertaines.

  • Surtout ne pas être opposant dans un pays … puissant

    Les déclarations de Rebiya Kadeer donnent le frisson : 10 000 Ouïghours disparus en Chine en … une nuit. Les conditions de répression de la dissidence donnent froid dans le dos.
    Mais "la France des Libertés" est sur la plage …

    L'information d'ordinaire est déjà désormais axée sur le couple exécutif et le pittoresque des terroirs. Hier, la politique c'était l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Aujourd'hui, la politique c'est Nicolas, Carla et Daniel Cohn-Bendit pour la contestation.

    L'information sur l'étranger est faible en temps "actif" alors en période de vacances elle est inexistante. La Chine peut donc réprimer en totale quiétude.

    Finalement, Bernard Kouchner était peut-être davantage intéressé par la fonction même de Ministre des Affaires Etrangères que par la défense des libertés dans le monde ? En ce moment tout particulièrement, il ne fait pas bon être opposant dans un pays puissant.