Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Reprise économique : tout et son contraire

    La journée d'hier a été un exemple caricatural des informations désormais contradictoires qui surgissent au sujet de la reprise économique.

    Le matin, la presse technique faisait état d'une étude de JPMorgan Chase annonçant une reprise rapide et surtout très vigoureuse. Certes, cette étude conditionnait la vigueur de la reprise à quelques critères techniques. Mais l'optimisme était possible.

    Au même moment, les bourses ont plongé. Des analystes produisaient un document différent considérant que l'actuelle période était un statu quo lié aux financements massifs des Gouvernements. En conséquence, lorsque ce statut quo prendra fin alors même qu'aucun traitement de fond n'est opéré, une nouvelle crise se produira donnant naissance à un phénomène de récession "à double creux".

    Les Bourses ont engagé un mouvement généralisé de baisses significatives.

    L'ambiance devenait même très morose considérant que le rebond avait été excessivement anticipé.

    Difficile de disposer d'analyses aussi contradictoires dans la même journée. La matin avait bien débuté et le soir devenait significativement morose. Alors aujourd'hui ?

  • Le débat sur les théories dominantes

    La "sortie de crise" s'accompagne d'un débat très intéressant sur les théories dominantes. Pour la première fois à ce point prend naissance un échange sur l'explication de la pensée unique qui sévit dans la vie publique française.

    Cette situation serait le fruit de 4 facteurs :

    – la logique de "niche" qui prévaut dans "l'expertise" médiatique : quelques experts trustent les médias importants et moindres,

    – le vide du débat politique : la position des experts est d'autant plus forte que le débat politique n'existe plus sur les enjeux importants,

    – l'opinion qui aspire à croire et non plus à réfléchir : il faut lui livrer du prêt à penser bien emballé,

    – le règne du "tout ce vaut" : l'opinion passe très vite d'un sujet à l'autre, d'un extrême à l'autre. Elle manque de recul. Par conséquent, elle ne tire pas les conséquences des alertes, erreurs ou fautes dont elle se reconnaît pourtant victime.

    L'analyse de Frédéric Lordon, "économiste critique", est terrifiante quand il expose les évolutions des uns et des autres. Les mêmes auteurs arrivent toujours à expliquer l'actualité … passée en convenant qu'elle correspondait à leurs prévisions même si c'est totalement contraire à la réalité. C'est un supermarché des idées qui a de quoi inquiéter en effet.

  • Le nouveau Président (épisode 6/11) : 1er meeting de campagne

    Le blog 2villepin a mis en ligne le 6ème épisode de ce feuilleton d’été. Nous entrons dans la campagne active avec la tenue du premier meeting de campagne et la présentation de mesures fortes.

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce sixième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Présidentielle US 2012 : déjà plus de 12 candidats sérieux

    Les difficultés de la réforme de santé, une cote de popularité désormais en-dessous du score de novembre 2008 … : il n’en fallait pas moins pour revigorer les candidatures au sein du Parti Républicain. Ils sont désormais plus de 12 candidats sérieux à avoir confirmé leur engagement probable dans la course pour 2012.


    Ce climat de compétition ouverte naturelle change beaucoup avec le « jeu » qui culturellement domine en France où il faudrait se dévoiler le plus tard possible par une démarche imposée par les « circonstances » ne laissant aucune place bien entendu à l’ambition personnelle… C’est le refrain empreint d’hypocrisie qui domine en France dans ce domaine comme dans tant d’autres. Habituellement prompt à signaler ce que je reproche à la politique présidentielle, là je reconnais que je trouve courageux et positif que Sarkozy ait cassé ce code usé en assumant aussi ouvertement sa volonté présidentielle.


    Pour revenir à la campagne US, le plus intéressant actuellement est la progressive acceptation de la course au centre. Pour gagner, il faut convaincre les classes moyennes qui veulent des résultats concrets et non pas de grandes batailles idéologiques. Parmi les candidats, plusieurs d’entre eux ont ouvertement effectué ce choix de la course au centre comme Eric Cantor ou John Thune (voir vidéo ci-dessous) notamment. Le choc avec les « intégristes Républicains » (Palin, Jindal, Romney) sera très intéressant à suivre.


  • Barack Obama et les trois dossiers explosifs

    Le Président Américain est exposé à trois dossiers très délicats.

    1) l'éventuel scandale Blackwater : Blackwater est l'une des sociétés de mercenaires qui interviennent en Irak et en Afghanistan. Pour respecter ses engagements de retraits des troupes, l'administration US aurait de plus en plus recours à des mercenaires. Pour la seule année 2009, l'administration Obama aurait versé 174 millions de dollars à la seule société Blackwater. Or, deux ex-employés de Blackwater viennent d'exposer des détails peu "avantageux" sur les méthodes mises en oeuvre.

    2) La réforme de la santé divise le pays dans des conditions rares. Elle rouvre le jeu politique. Les élections de 2010 s'annoncent serrées. les candidats républicains aux primaires pour 2012 se multiplient.

    3) Les mouvements armés d'extrême-droite se multiplient. Ces mouvements sont une composante classique de la vie politique US. Les plus organisés et "motivés" sont estimés à près de 900 groupuscules pour l'ensemble du territoire US. Depuis le printemps 2009, leur nombre serait en considérable progression et la détermination des "historiques" serait de plus en plus forte notamment pour des considérations raciales. Les conditions de sécurité autour d'Obama seraient considérablement renforcées.

    La rentrée de septembre 2009 intervient dans un contexte très difficile pour la nouvelle administration US.

  • Où en est la réforme de l’Etat ?

    La rentrée de septembre 2009 sera marquée par les révélations d'ardoises fiscales. Pour les collectivités publiques, l'enjeu global est simple : les recettes chutent en moyenne de 25 % et leur train de vie est resté le même.

    C'est une situation hors du réel qui annonce au moins trois types de mesures :

    – des augmentations d'impôts et / ou de taxes diverses en cherchant d'ailleurs très probablement à reporter la responsabilité sur des tiers comme d'ordinaire,

    – une chute des budgets d'investissements,

    – une détérioration de fait de certaines prestations car les économies seront incontournables.

    C'est trois conséquences vont généralement se cumuler et produire une hausse supplémentaire des prélèvements publics sans amélioration de la qualité des services.

    En 2007, la réforme de l'Etat avait été annoncée : faire moins mais mieux. Cette réforme n'est pas intervenue. Dans ce contexte, la crise économique frappe encore plus lourdement l'Etat Français car son train de vie est trop élevé, son endettement est trop lourd et son allergie à la moindre réforme est excessive. 2010 annonce le début d'une période très délicate pour le secteur public Français faute d'avoir vécu sa réforme dans des périodes plus favorables.

  • Barack Obama face à la radicalisation du débat sur la santé

    Hier, Barack Obama était à Portsmouth, ville du New Hampshire. Cette partie de la cote Est est assez étonnante. La région de Boston est historiquement très démocrate. Les Etats voisins sont plus conservateurs à l'exemple du Maine ou du New Hampshire.

    La réforme de la santé divise le pays. Elle entraîne trois conséquences majeures. Les classes moyennes sont inquiètes face à une montée de la bureaucratie et des impôts. Le Parti Démocrate vit une érosion de confiance. Il est descendu sous le seuil des 45 % de cote de confiance. Mais surtout, dans des Etats clefs, le retrait des classes moyennes dans le soutien au parti démocrate ouvre 2010 sur des bases nouvelles.

    Beaucoup de réunions publiques qui se déroulent actuellement sur ce thème connaissent des violences verbales fortes. Certaines doivent même être annulées. Cette radicalisation annonce un vote au Congrès dans des conditions très délicates ; ce d'autant plus que la rentrée de septembre annonce le lancement des campagnes très actives pour les élections de 2010. En quelques semaines, le climat politique s'est couvert pour Obama.

  • Bagnolet : le débat impossible

    L'été 2009 bat-il des records d'insécurité ? Dans les discussions au quotidien, chacun donne des exemples de vols, de délinquances diverses dont le bruit qui devient une pollution importante. Mais il n'y a pas de chiffres sérieux disponibles permettant de construire une comparaison solide dans le temps.

    En réalité, le débat sur l'insécurité est progressivement devenu impossible en France pour trois raisons majeures.

    Tout d'abord, l'UMP occupe de façon excessive ce volet abandonné par le PS. La majorité présidentielle peut avoir un bilan mauvais en ce domaine, chacun est persuadé que "c'est déjà pas mal" tant cette situation serait pire avec l'autre formation dite de gouvernement. Il n'y a pas de compétition positive car le PS a acté sa disqualification en la matière et ce dans des conditions surprenantes.

    Ensuite, le bon sens semble avoir quitté ce sujet à l'exemple du dossier récent de Bagnolet. Quand la police poursuit un présumé délinquant, c'est pour le … rattraper. Certes des règles sont à respecter dans ce cadre mais l'accident par excès de vitesse du délinquant ne peut devenir systématiquement une "bavure policière" qui autoriserait tous les excès de "vengeance". De telles situations montrent que, même sous l'actuel régime, il existe toujours des zones de non droit qui n'ont pas été reconquises dans des conditions très inquiétantes.

    Enfin, la victimisation immédiate d'une partie de la société est désormais tolérée dans des conditions qui rendent impossible tout débat sérieux. La "chaîne d'autorité" est entièrement cassée dans de nombreux territoires en France par le fait de la démission des parents, d'enseignants. La réforme du service national n'a rien arrangé. Il y a aujourd'hui un "vide d'autorité" qui fait que des jeunes gens de plus de 20 ans n'ont jamais rencontré des limites à respecter. Dans cette "culture", le choc avec la "première autorité" devient encore plus violent. 

    Il serait temps de bâtir un consensus pour remettre à niveau des règles indispensables dans toute vie en communauté. 

  • Harper : première victime de la crise ?

    En septembre, il est possible que les Canadiens retournent aux urnes. La situation de cette belle démocratie donne des enseignements instructifs.

    1) Aujourd'hui comme hier, l'opinion vote toujours contre la crise. Par conséquent, le calendrier de sortie de crise va impacter directement les scores électoraux,

    2) l'opinion vote contre la crise mais encore faut-il qu'elle trouve un "leader de rechange". Michael Ignatieff a rendu sa crédibilité au parti libéral,

    3) tant que la crise est là, elle écrase tous les autres sujets.

    Le suivi de la politique canadienne donne des leçons bien au-delà de ce seul pays.

  • « Le nouveau Président » (épisode 5/11) : la campagne se muscle …

    Le blog 2villepin a mis en ligne le nouvel épisode du feuilleton sur la présidentielle 2012.


    Sa rédaction est intéressante sur le plan de la méthode car elle confronte aux deux défis majeurs : comment faire vivre une campagne et surtout comment concevoir des initiatives qui puissent faire bouger les blocs électoraux de base ?


    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce cinquième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php