Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • L’UMP bat le record des nominations …

    Il n'y a plus une semaine sans qu'une nomination officielle ne pleuve. Les glaciers fondent : un ancien Premier Ministre socialiste vole à leur secours. La dette explose : là il faut deux anciens premiers Ministres pour concevoir un nouvel emprunt qui va encore … creuser la dette publique. Les traders doivent voir leurs rémunérations surveillées : nouvelle nomination d'un ex Directeur du FMI. Il faut conduire la reprise : le ministère de l'économie ne suffit pas. Celui de l'Industrie non plus. Le médiateur du crédit a déjà été mis en place. Un ministère de la relance est donc créé. Dans les prochains jours, un ministère de la consommation devrait être "autonomisé".

    En 2007, Nicolas Sarkozy promettait le Gouvernement le plus restreint de la Vème République. Il bat tous les records du nombre de membres et le déséquilibre entre hommes et femmes est considérable.

    C'est une situation qui démontre par l'excès le décrochage entre les promesses électorales et les réalités de gestion.

    Ce sont des situations de ce type qui portent atteinte à la crédibilité des décideurs publics. Lors des actuelles élections allemandes, un pitre fait 15 % d'intentions de votes. Quand on ajoute des votes de ce type + des votes extrêmes + l'abstention, la représentativité réelle connait une érosion inquiétante …

  • Au bord d’une révolution ?

    La France est réputée pour être "bloquée". Parfois, elle engage pourtant des réformes qui sont de "vraies révolutions". Ce fut le cas par exemple de la durée de 5 ans pour le mandat présidentiel. Cette durée a modifié tout l'équilibre institutionnel a fortiori en maintenant un calendrier des législatives dans la foulée de la présidentielle.

    La mise en place de primaires ouvertes pour désigner le candidat socialiste à la présidentielle est de même portée.

    Cette logique s'imposera rapidement à tous les autres partis et pour toutes les élections. C'est un changement absolu de la finalité des partis politiques. De surcroît, si le vote est ouvert au-delà des seuls militants, c'est une logique de sélection des candidats entièrement différente.

    Le PS a peut-être connu son "creux" trop tôt par rapport à 2012 pour ceux qui croyaient ou voulaient croire que la présidentielle était déjà "pliée". S'il met en oeuvre cette mesure selon des modalités exemplaires, il va se refaire une image de marque de modernité en quelques mois … 

  • Soutenons l’initiative de primaire ouverte au sein du PS

    Terra Nova lance une pétition pour l'organisation d'une primaire ouverte au sein du PS.

    C'est une initiative qui marque un changement considérable dans la vie politique Française. C'est la réappropriation de la vie des partis politiques par les citoyens loin des seuls jeux d'appareils et des coteries diverses.

    Cette initiative mérite le plus large rassemblement. Dès qu'un parti important aura mis en place une telle modalité, elle sera contagieuse pour les autres formations politiques et à tous les niveaux.

    Pour participer à cette étape de rénovation, il faut se rendre sur le site : http://www.primaire2012.fr

  • UMP et PS : retours sur terre …

    A quelques jours du lancement des régionales, l'UMP et le PS connaissent un retour sur terre.

    Le premier parti se pose la "bonne question" : comment passer de 30 % à 50 % ? Etre le premier parti de France comme en juin 2009 lors des Européennes avec près de 30 % des voix, c'est bien. Mais ce chiffre ayant été obtenu grâce à une démarche déjà très unitaire (absence de listes du Nouveau Centre comme des Progressistes ou des Réformateurs), où sont les réserves pour passer à 50 % ?

    Quant au PS, l'enquête Ifop pour Ouest France montre la gravité de la dégradation de l'image de marque du PS. Le ton a été différent ce week-end car le "trouillomètre" est entré en jeu. Et si des Verts "new look" devenaient le refuge pour dénoncer la "ringardise" du PS toujours empêtré dans ses divisions internes ? Il y a deux catégories électorales qui sont prêtes à des sanctions fortes à l'encontre du PS : les jeunes et les électeurs à diplômes élevés. Ils ont souvent été des électeurs fidèles du PS. Ils s'en sont détournés (d'où la poussée du Modem et / ou des Verts). S'ils continuent sur cette voie en mars 2010, le plus dur est peut-être à vivre encore pour le PS … ?

    Quant à l'UMP, il ne faut pas sous-estimer les divisions dans certaines fédérations. Les régionales marqueront le premier retour devant les urnes sur des bases locales. Certaines divisions pourraient alors s'exprimer dans des conditions rugueuses.

    Bref, pour ces deux formations, la rentrée de septembre 2009 est celle des retours aux réalités des terrains.

  • Primaires : une belle victoire pour Terra Nova

    La politique demeure souvent la recontre entre deux tendances de fond : le poids de facteurs sociologiques et l'ascendant pris en matière "culturelle".

    Personne ne peut nier l'impact des facteurs sociologiques à l'exemple du poids de chaque tranche d'âges de l'électorat. Ainsi, le poids des seniors est appelé à jouer un rôle croissant dans la structuration de la vie politique Française.

    En ce qui concerne "l'ascendant culturel", force est de constater que cet héritage de Marx est toujours d'actualité. Il faut d'abord gagner les batailles idéologiques puis la victoire politique en résultera. Tant qu'il y a panne d'idéologie, la reconduction du pouvoir sortant est inéluctable.

    Terra Nova est l'une des rares structures Françaises à ouvrir cette bataille des idées. La place nouvelle reconnue aux primaires est un grand succès pour cette structure de réflexion. Il reste certes à déterminer bon nombre de modalités pratiques dont la composition du collège électoral (primaires ouvertes / primaires dites fermées). Mais c'est un pas important qui a été franchi ce week-end par le PS ayant des conséquences probables pour l'ensemble des formations politiques car la mode des primaires change fondamentalement la vocation même d'une formation politique.

  • Le nouveau Président (épisode 7/11) : un électorat éclaté

    Le blog 2villepin a mis en ligne le 7ème épisode de ce feuilleton d’été. C’est l’occasion pour présenter l’évolution de l’électorat Français très impacté par les conséquences de la crise économique.

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir ce septième épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Le test de la réforme sur la santé

    La réforme de la santé divise les Etats-Unis.

    Elle divise les démocrates et les républicains car ces derniers y voient l'installation d'un système bureaucratique, onéreux et peu efficace.

    Elle divise aussi les démocrates. Des Sénateurs démocrates s'élèvent contre le coût de la réforme. La crise actuelle a sensibilisé les contribuables à l'état des finances de l'Etat fédéral. La réforme de la santé fait craindre que l'option publique n'impacte excessivement les finances publiques et conduisent à une augmentation rapide d'impôts.

    Techniquement, l'administration Obama a choisi une procédure qui ouvre le débat sur les modalités. Elle a considéré que l'échec de Clinton en 1993 sur ce dossier était lié au fait d'avoir présenté un projet entièrement ficelé. Par conséquent, aujourd'hui, seuls les principes généraux sont arrêtés mais les modalités pratiques sont remises au débat. Or, c'est ce choix de procédure qui ouvre les critiques puisque, faute de modalités techniques précises, chacun peut agiter des conséquences qui effraient l'opinion.

    Actuellement, les Congressistes sont en vacances. Ils participent beaucoup à des fêtes de comtés. Le sujet de la réforme de la santé est très souvent en première ligne des points abordés. L'opinion semble très remontée ; ce qui fragilise d'autant le soutien au sein même des démocrates et tout particulièrement ceux qui repassent devant les électeurs en 2010.

    Dans de telles circonstances, le devenir de cette réforme est de plus en plus incertain.

  • Et demain …

    Ce Gouvernement est en train de battre le record des annonces sans lendemain.

    Prenons des exemples concrets. Le rapport Attali et les 300 mesures : aucune suite. La notation des Ministres supposée installer une culture du résultat au plus haut niveau : aucune suite. La modification de la gestion des boni bancaires : aucune suite. La diminution du nombre des Ministères : aucune suite…

    La vie publique française vit sous un régime où l'annonce est supposée régler le problème comme si l'ordonnance pouvait permettre au malade de ne pas prendre les médicaments …

    Dans ces conditions, aucun problème de fond n'est réglé. L'été 2009 en donne une illustration dans trois domaines. En matière d'environnement, avec la question des algues vertes, ce sont des secteurs entiers victimes de pratiques industrielles connues depuis plusieurs décennies déjà. Rien n'est fait. Second dossier, l'insécurité progresse. Le progrès le plus inquiétant n'est pas tant dans les chiffres mais dans la violence et dans le niveau d'armement de certaines géographies qui vont exposer les forces officielles de sécurité dans des conditions sans précédent. Le décès d'un représentant de forces officielles de sécurité est désormais inscrit dans la logique des tendances de radicalisation de certains territoires. Enfin, en matière de fiscalité, la taxe carbone vise-t-elle réellement à changer les moeurs en matière de lutte contre la pollution ou à renflouer les caisses de l'Etat sous un nom de baptême plus porteur …

    Et demain qu'en sera-t-il sur ces dossiers ? Nouvelles annonces dans nouveaux domaines d'urgences … Jusqu'à quand ce rythme continuera-t-il sans impact sur le réel ?

  • Titrer c’est trahir

    C'est toujours difficile de trouver un titre qui résume avec rigueur l'esprit d'un texte surtout quand ce texte est technique et nuancé.

    Les résumés sur le texte d'Olivier Blanchard sur le redressement de l'économie varient beaucoup selon les supports techniques. Certains sont très surprenants par rapport au contenu de ses analyses …

    Ce qui est sûr, c'est que selon cet économiste réputé :

    – le redressement de l'économie prendra du temps (au moins plusieurs années),

    – la clef de la reprise dépendra de l'Asie et en particulier de la Chine,

    – des hausses d'impôts considérables sont annoncées pour plusieurs Etats notamment occidentaux qui n'ont plus "les réserves" pour conduire leurs missions classiques. La France appartient à cette catégorie. A quand l'annonce officielle ?

  • Le pays qui aime trop le pouvoir …

    Chaque nation porte une culture spécifique. L'actuel débat sur la réforme de santé aux Etats-Unis fait naître des réactions inconcevables en France notamment.

    Dans un autre domaine, une radio nationale révèle la "mise en scène " qui accompagnerait des reportages TV sur Luc Chatel en visite dans des hypermarchés : tout serait scénarisé et les "familles" avec lesquelles il dialogue seraient des adhérents de l'UMP bien briefés …

    Si cette information est exacte, c'est une faute déontologique grave de la part des chaînes TV de se prêter à de telles manoeuvres. Mais, loin de susciter un débat sérieux, cet épisode relève de l'anecdote.

    En France, il faut être "bien avec le pouvoir". Il n'y a pas de structure sérieuse de contestation du pouvoir comme Moveon ou Democracy Watch. Le pouvoir peut se tromper par exemple sur le chiffre des suicides en prison (impossible d'avoir le bon chiffre alors même qu'il ne dépasse pas le seuil de 100 … : cela relativise la fiabilité de la statistique publique). Il peut scénariser des déplacements en province … Bref, il peut tout. En dehors de périodes rares de contestation violente, le citoyen Français est emporté par son légitimisme. Il laisse les principes au vestiaire pour penser aux accords individuels possibles. Cette culture s'installe actuellement comme "la règle du jeu" avouable et avouée. Appliquée à la décentralisation, cette culture transforme bon nombre de collectivités locales en "cours du grand Turc" où s'est installée une comédie de la satisfaction qui permet de ne pas fâcher le pouvoir … C'est souvent assez pathétique à ce point là, il faut quand même le reconnaître.