Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Forum Libération : la contestation du prêt à penser ?

    Lyon a gagné le Forum Libération hier organisé par sa voisine Grenoble. Ce Forum est l’exemple caricatural de la place des idées reçues dans le débat politique Français. Chaque courant occupe son créneau dans le conformisme le plus éculé.


    La mixité des idées est un chantier totalement inoccupé en France. Les galaxies s’éloignent. Mais surtout les maîtres à penser et autres directeurs des consciences peinent à comprendre la « défrance » faute de la connaître réellement. Le préfixe « dé » évoque la privation. C’est le préfixe à la mode dans le mandat du président qui avait promis le « plus » et où il n’est question que de : dépollution, désillusion, dépression, déficits, déception, décadence …


    Ce Forum vivra-t-il pour la première fois une forme de contestation du prêt à penser ?


  • Changer les mots ou changer les réalités

    Le pouvoir actuel se contente de changer les mots sans changer les réalités. Les débats sur "la sortie de crise" sont caricaturaux en la matière. Tous les mots ont été utilisés. Mais la réalité est la même qu'en pleine période de crise : chômage, érosion du pouvoir d'achat, précarité …

    A quoi tient ce décalage ? Bon nombre de décideurs éminents ne connaissent pas les réalités. Par conséquent, ils se prêtent facilement au maquillage des mots. Le professionnalisme politique a frappé. Leur univers est celui des mots.

    Aujourd'hui, être contestataire, c'est oser défendre la réalité contre les mots. Nous sommes dans une période devenue sans valeur. Les prix perdent leurs valeurs au gré des saisons et des méthodes commerciales de promotions permanentes. Les idées perdent leurs valeurs puisque les mots perdent leurs sens à force, eux, d'être trop utilisés dans toutes les circonstances. Il ne reste que la valeur financière disponible : "cash is king". Pour le cash, un pilote se lance dans un accident réel mais aux causes simulées, des sportifs deviennent de nouveaux référents sociétaux …

    Aujourd'hui, être contestataire, c'est avoir la volonté de lutter contre des idées reçues. Prenons l'exemple de Clearstream. Un magazine dit que Clearstream serait le "plus gros scandale de la Vème République". Qui peut croire une telle classification ? Les "plus gros scandales" de la Vème République ne sont-ils pas d'abord ceux qui ont été "rangés" ou "jamais traités" : la "suicide de Boulin", la mort de Fontanet … Qui peut défendre que Greenpeace (Rainbow Warrior) serait moins grave que Clearstream ; ce qui dénoterait une conception très particulière notamment de la place de la vie humaine …

    Tout au long de ce procès, nous allons donc tenter d'être contestataires en passant à l'examen les arguments techniques majeurs.

  • UMP, PS, Verts et la théorie du signal

    La théorie du signal occupe une place importante dans la modélisation de schémas d'information financière pour tenter de conceptualiser des décisions en les rattachant à des repères supposés anticiper tel ou tel résultat.

    Dans la politique, il en est de même probablement sur des bases encore plus délicates. Depuis juin 2009, 9 élections municipales ont été organisées. Le PS a perdu une ville et en a gagné 3 à la droite. Sur les cantonales, le PS a gagné 4 sièges à la droite sans que le PS ne perde un siège.

    Certes ces élections interviennent souvent dans des contextes très particuliers liés notamment aux conditions d'annulation des scrutins initiaux. Mais il y a là des enseignements importants.

    Ces élections apportent deux autres leçons :

    – Les Verts flirtent davantage avec le seuil des 10 % qu'avec celui des 20 % comme aux Européennes,

    – l'UMP n'a pas de réserve pour le second tour. Elle "écrase" le 1er tour en avoisinant les 40 % mais le passage vers les 50 % est très difficile.

    Ce sont là des réalités qui vont impacter fortement les scutins prochains montrant que le paysage politique local est loin des scores des Européennes de juin 2009 qui ne servent pas d'ancrage politique durable.

  • UMP, PS, médias … : une crise de repères …

    La rentrée de septembre 2009 donne une illustration quasi-généralisée d'une perte des repères.

    Le parti présidentiel pour faire cool et jeune tombe dans la vulgarité, l'excès ou les fautes. Ce choix de la vulgarité est d'ailleurs le plus implacable mépris pour les jeunes comme si être jeune c'était obligatoirement avoir des gestes obscènes ou mouiller la chemise tard en boîtes …

    Le PS, comme s'il était établi pour lui que les irrégularités de votes n'étaient pas une "découverte", accepte de banaliser un scandale de première importance. Il invente même le "résultat globalement correct" comme si, dans une démocratie moderne, le détail des chiffres importait peu et seule devait compter la "tendance globale".

    Les médias hier donnent une illustration des déviations inquiétantes. Libération sort un sondage sur le Président et la crise. Dans l'ensemble, les chiffres sont mauvais pour le pouvoir. Les Echos publient le même jour sur le même thème un sondage mais là les chiffres sont meilleurs pour le pouvoir. Libé a sondé les 18 ans et +. Les Echos ont sondé les 15 ans et +, méthode originale …

    Cette rentrée est sous le signe d'une drôle d'ambiance globale.

  • L’UMP face au retournement de l’opinion …

    Mauvais week-end pour la majorité présidentielle. Carcassonne passe à gauche. La « fraude » dans cette ville n’avait pas été plus « flagrante » qu’à Perpignan ou à Aix … L’ambiance politique a changé. Le sondage Viavoice de Libération publié ce matin laisse apparaître que 58 % des Français sont déçus par l’action présidentielle.


    La rentrée de septembre est marquée par deux traits majeurs :


    – les « cocoricos » suite au scrutin européen de juin ont été pris progressivement comme une forme d’arrogance de la part de la majorité présidentielle abaissant excessivement l’opposition nationale et s’auto-proclamant « largement victorieuse » à l’excès,


    – la réalité ne correspond pas à la parole officielle. La réalité quotidienne est dure pour le bilan présidentiel. Le chômage augmente. Le pouvoir d’achat baisse. L’insécurité progresse … Qui peut sérieusement prétendre que la vie aujourd’hui est plus facile qu’avant l’élection de Nicolas Sarkozy ?


    Enfin, il importe de ne pas sous-estimer l’impact de maladresses formelles mineures mais qui dénotent un état d’esprit qui provoque à l’exemple du « doigt d’honneur » du Ministre Besson (voir vidéo ci-dessous).


    Le retournement de l’opinion n’est pas encore assuré mais le chemin est pris. Il est pris alors même qu’il n’y a aucune opposition crédible ; c’est dire le niveau d’insatisfaction ou de fatalisme … 


     

  • Grenoble : délinquance : l’été de tous les records ?

    L’agglomération grenobloise est-elle la proie d’une propagation sans précédent de la délinquance ? C’est probable. En juin, un équipement public est brûlé le jour même d’un scrutin. Quelques jours plus tard, une ville de la banlieue sud subit une nuit d’horreur du fait d’une véritable guerre des gangs. Des animateurs sportifs de quartiers évoquent un climat de violence sans précédent pendant tout l’été rendant parfois des animations impossibles.


    Cette nuit, une petite Commune dite résidentielle a été le lieu de rodéos nocturnes, bagarres et même un coup de feu !


    Combien de temps cette situation peut-elle encore durer ?


    Dimanche 6 septembre à 17 heures, dans cette petite commune résidentielle, des forces de gendarmerie ont les lunettes pour verbaliser les excès de vitesse à l’issue d’une ligne droite qui n’a jamais connu le moindre accident.


    Mais cette nuit, pas de force de l’ordre, pas de contrôle, pas de ronde … Lors de la présidentielle 2007, n’avait-il pas été question de s’occuper d’abord de « la racaille » ? La « racaille » est-elle désormais le ménage qui rentre du sport du dimanche après-midi ou les voyous qui se bagarrent en pleine nuit en état d’alcoolémie avancée ?


    Cette situation est la démonstration de trois faits :


    1) le fossé entre les promesses lors de la présidentielle de 2007 et la réalité de la vie quotidienne,


    2) une absence totale de réaction locale face à l’impuissance de l’Etat,


    3) une absence totale de réaction locale qui s’explique aussi par le constat d’un vide absolu d’opposition donc d’émulation : pas de conférence de presse, pas de proposition, pas de chiffre : le vide total.


    C’est un exemple parmi d’autres de la dégradation manifeste de la qualité de vie dans cette supposée « capitale Alpine » qui a enregistré sur 2009 échec sur échec n’en déplaise à la parole officielle locale et aux laudateurs appointés satellites.


     » Le nouveau Président » : épisode 10/11


     


    Le blog 2villepin a mis en ligne le 10ème épisode de ce feuilleton d’été. C’est le premier meeting de campagne du Président sortant. Les situations imprévues ne vont pas manquer ….

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir cet épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php

  • Et si la « vraie » histoire du cargo Arctic Sea était …

    Pendant plusieurs jours, ce cargo maltais a occupé les devants de l'actualité internationale. Son odyssée était digne d'un polar. Ce cargo était supposé transporter une cargaison de bois finlandais destinée à l'Algérie. Il devait disparaître en deux occasions et terminer sa course escorté par des sous-marins nucléaires russes …

    La presse anglo-saxonne reprend des versions exposées par des journalistes russes. Et si le navire avait transporté des missiles pour la Syrie ou pour l'Iran ? Le Sunday Time évoque des missiles SS-300 à partir de sources du Mossad. Ces missiles auraient été chargés à Kaliningrad par un groupe mafieux les ayant vendu à l'Iran. Shimon Pérès puis Nétanyahou se sont déplacés pour informer Poutine et exiger des actions fortes de la Russie pour intercepter afin d'éviter qu'Israël n'ait à la faire …

    C'est ce qui explique le déploiement de la marine russe de façon aussi ostentatoire. Les autorités russes voulaient passer le message que de tels trafics feraient l'objet d'un traitement sévère exemplaire sans perspective de succès ajoutant force de détails dont l'idée que la trace du navire n'avait jamais été perdue …

    Voilà une version qui présente davantage de cohérence que les rumeurs exposées autour d'un cargo de "bois finlandais" et qui expose la lutte qui doit être menée par des services spécialisés pour éviter la vente d'armes particulièrement dangereuses à des Etats terroristes.

    C'est dommage que la presse française n'ait pas relaté cette conclusion avec les détails qu'elle mérite. Il est vrai que les sujets de "première importance" qui font l'objet de la passion des citoyens français sont d'une importance bien plus grande : une vidéo sous le manteau avec la confidence d'un ministre donnée à côté de la pissotière de l'arrière cour, le bug Chti d'un parti politique d'ordinaire donneur de leçons de morale, sans oublier la guerre des droites qui redémarre avec un procès politique rocambolesque… le tout dans une ambiance de Secret Story qui cartonne en termes d'audience parce qu'il est vrai que les confidences de Paulo qui lorgne les seins de Pamela tout en pensant à sa copine Sienna qui est à l'extérieur valent bien les mystères des grands dossiers du monde… Les journalistes ont une piètre considération de leur "cible". Ont-ils raison à ce point ?

  • La taxe qui insulte le bon sens populaire

    Le Chef de l'Etat a une piètre considération du bon sens des citoyens Français. Tout le discours officiel repose sur le message que la taxe carbone sera indolore puisque l'Etat rembourserait les montants collectés.

    Si ce postulat de principe était juste, il serait déjà possible de s'interroger sur l'utilité de taxer pour … rembourser. Ne serait-il pas plus simple d'affecter autrement des recettes déjà prélevées sans en ajouter une nouvelle ?

    Mais surtout, le prélèvement et le remboursement sont déjà quantifiés. Or, par l'assiette même de la taxe, le montant du remboursement devrait être indéterminé à ce jour. La taxe repose notamment sur une augmentation de 4 cents d'euros sur le prix du litre d'essence. Comment le Gouvernement peut-il connaître à ce jour le nombre de kilomètres parcourus par chaque automobiliste pour l'année 2010 ? Il est établi que ce nombre de kilomètres ne sera pas uniforme. Par conséquent, il devrait y avoir un état déclaratif par foyer pour que ce remboursement soit individualisé et la taxe réellement indolore.

    Il en est de même pour le fuel dans les habitations. Comment le Gouvernement peut-il connaitre aujourd'hui la rigueur de l'hiver prochain donc une partie des contraintes de chauffage ? Mais surtout, si la taxe doit être indolore, comment traiter les inégalités des superficies des habitations qui impactent directement le coût du chauffage ?

    La taxe carbone va non seulement augmenter le poids des prélèvements publics mais surtout elle dénote le mépris de dirigeants qui, par la seule annonce officielle erronée, considèrent que les payeurs seront piègés par leurs démonstrations dépourvues du moindre bon sens de terrain.

    C'est inquiétant pour la confiance qui devrait être le socle d'une bonne relation démocratique.

  • La mode tourne … ?

    Il y a des faits qui méritent l'attention. Les discussions populaires sont monopolisées par la visite de Faurecia. Le "petit journal" de Canal porte des vidéos critiques sur le pouvoir qui sont désormais très recherchées à l'exemple de celle d'hier concernant Sarkozy et Borloo au Brésil. A Poitiers, un avion de tourisme lâche des tracts incendiaires. Dans la même journée, en plein Congrès US, un parlementaire prend à partie le Président pendant son discours. La vaccination contre la grippe devient contestée. La taxe carbone irrite au plus haut point… Beaucoup de comportements s'éloignent des méthodes ou des contenus usuels.

    Tous ces constats portent un double divorce :

    – 1er divorce : celui qui existe entre le style et les résultats concrets. L'opinion veut des résultats. Elle se lasse des seules images ou annonces.

    – 2ème divorce : celui qui existe entre le comportement des élites et le sort du commun des mortels. Les premières échappent à la crise. Les seconds luttent contre la crise et chaque jour dans des arbitrages quotidiens.

    L'opinion s'engage manifestement dans une phase de transition. Les modes changent. Des leaders d'opinion pourraient enregistrer des "nouvelles modes" : devenir l'objet des revanches populaires après avoir été les générateurs d'espoirs ou d'illusions ?

  • 09/09 : Barack Obama au pied du mur

    Le Président Américain doit tenir ce jour un très important discours sur la réforme de la santé. Il lui faut absolument "changer la donne" car les sondages chutent.

    Rachel Marsden, étoile montante de la jeune génération journalistique Américaine, nous a fait l'honneur et le plaisir de nous réserver une analyse exclusive mise en ligne sur le site Internet exprimeo.fr.

    Cette analyse, mise en ligne sur plusieurs jours, donne un éclairage atypique et d'un très grand réalisme notamment sur l'enjeu incontournable des résultats.

    Si vous voulez prendre connaissance de ce point, il vous suffit de cliquer sur le lien suivant : http://www.exprimeo.fr/article/5119/barack-obama-au-pied-du-mur.htm