Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Rhône-Alpes passe aux Verts … ?

    La seconde région de France peut-elle devenir une région gouvernée par un président écolo ?


    L’Express a fait état d’un sondage plaçant les Verts devant le PS. Ce sondage a fait l’objet de nombreux commentaires y compris des déclarations mettant en cause son … existence. La magazine Lyon Capitale lève le voile dans des termes très clairs :


    « Une enquête menée début novembre place les écologistes devant la liste socialiste au premier tour des régionales. L’UMP serait en tête.


    Coup de tonnerre en cette pré-campagne électorale : un sondage donne Europe Ecologie devant le Parti socialiste au premier tour des régionales. L’information a été divulguée ce lundi par lexpress.fr, sans que l’on en connaisse les détails. « C’est de l’intox », réagissaient certains états-majors politiques.


    Faux : nous avons pu mettre la main sur l’enquête. Elle a été réalisée par l’institut Viavoice auprès de mille personnes de la région, entre le 30 octobre et le 3 novembre dernier. Selon ses résultats, c’est l’UMP qui arriverait en tête avec 26,5% des voix, devant Europe Ecologie (22%), le PS (20%). Suivent le Front national (8%), le Modem (8%) et le Front de gauche (7%).


    Ce sondage teste un autre scénario : l’alliance du PCF avec le PS dès le 1er tour. Malgré le renfort des communistes, le PS (23%) reste derrière Europe Ecologie (24%) qui fait jeu égal avec l’UMP (24%). Cette hypothèse renforce le FN qui décroche 11% des voix, devant le Modem qui reste à un niveau assez faible (7%). A noter le rapport de force très favorable à la gauche.


    Le PS devant Europe Ecologie selon un sondage OpinionWay


    Ces chiffres détonnent : si l’UMP semblait mal partie, Jean-Jack Queyranne se lançait dans cette campagne en position de force. Un sondage OpinionWay/Fiducial/Le Figaro plaçait en effet la liste socialiste bien devant celle d’Europe Ecologie (24% contre 16%), devancées par celle de l’UMP (28%). Or voilà que le président sortant serait menacé de devoir abandonner son poste à un écologiste, Philippe Meirieu.


    Certes les sondages ne donnent jamais des résultats identiques mais la différence du score obtenu par Europe Ecologie entre ces deux enquêtes surprend (six points). Comment l’expliquer ? La date tout d’abord : l’enquête OpinionWay a été réalisée quinze jours après celle de Viavoice, du 16 au 18 novembre. Il faut aussi noter le libellé même de la question : « si les listes suivantes étaient présentes au premier tour des élections régionales en Rhône-Alpes, je dis bien au premier tour, pour laquelle y aurait-il le plus de chances que vous votiez ? ». En insistant sur le fait qu’il s’agit du premier tour, l’enquête conduite par Viavoice n’incite pas vraiment au vote utile en faveur du PS.


    Autre biais éventuel : les réponses proposées. Toutes mentionnent les partis politiques, sans préciser l’identité du chef de file. Jean-Jack Queyranne peut espérer capitaliser sur son nom et son bilan, plus que sur l’étiquette PS, actuellement démonétisée face à Europe Ecologie. »


    Ces commentaires précis permettent de dissiper les malentendus.


    Ashley Judd ou la défense des animaux sauvages (3/10)


    Ashley Judd est une actrice renommée alternant romances et polars. Née en 1968, elle bénéficie d’une réputation internationale de qualité même si sa carrière comporte des séquences de « mises à l’écart » plus ou moins volontaires.


    Elle s’est engagée contre Sarah Palin accusant cette dernière de ne pas prendre les mesures nécessaires pour défendre des animaux sauvages. Son combat rencontre un grand retentissement. Il change aussi une partie de l’image de marque de Sarah Palin l’éloignant de la « douce mère de famille » désireuse de défendre les « bonnes valeurs familiales de base ». Elle montre que bon nombre de Républicains sont dans les faits très dépendants de « coutumes » barbares laissant une place trop grande à la violence.


    Défendre l’environnement, c’est aussi défendre la place des animaux. C’est à ce titre que le combat d’Ashley Judd nous paraît mériter d’être cité après les combats d’autres personnalités comme Chouinard ou Ludwig. 


  • Daniel Keith Ludwig ou le milliardaire vert (2/10)

    Daniel Keith Ludwig est l'un des entrepreneurs les plus étonnants du 20 ème siècle. Avec la seconde guerre mondiale, il devient l'un des principaux armateurs Américains. En 1966, il découvre l'Amazonie. Il décide d'installer une usine de pâte à papier à Jari et d'y construire une sorte de "cité modèle". Il consacrera 1 milliard de dollars à cette initiative qui se soldera par un échec.

    Il meurt le 27 août 1992 en léguant une part considérable de sa fortune à une fondation de recherche contre le cancer.

    Plusieurs années plus tard, son projet, certes réaménagé, fut repris et fonctionne : Monte Dourado compte 12 000 habitants. Les richesses naturelles permettent de faire vivre la population locale sur des bases plus "confortables".

    Il avait vu juste trop tôt.

    C'est un parcours peu connu parce que Daniel Ludwig était amoureux du secret. Il protégeait sa vie privée, son image et l'un des postes de "relations publiques" consistait à racheter les photos ou dissuader que des articles ne soient publiés sur lui.

    Son histoire est le résumé de tous les chocs de cultures. Son échec est un exemple de l'impossibilité d'imposer un schéma rationnel contre les "cultures locales". Au début des années 80, Sulitzer à l'époque auteur à succès, a repris une partie de ce cursus dans un livre "le Roi vert" qui romance beaucoup de nombreux autres épisodes de l'existence de DK LudwigLudwig .  

  • Yvon Chouinard ou la valeur de l’exemple (1/10)

    Pour la défense de l’environnement, il y a ceux qui en parlent pour demain. Et puis, il y a ceux qui agissent depuis … hier déjà à l’écart des modes éphémères. Jusqu’à la fin du sommet de Copenhague, nous allons présenter dix personnalités qui ont agi.


    C’est le cas aujourd’hui d’Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia.


    Cette entreprise (200 millions de $ de CA) a été la pionnière dans :
    – l’horaire flexible,
    – la crèche d’entreprise,
    – le respect des principes du développement durable.


    Elle participe à l’association 1 % pour la planète.


    Yvon Chouinard incarne un modèle d’entreprise de capitalisme éthique respectueux de l’environnement comme de la liberté de la ressource humaine.



  • Dominique de Villepin en travailleur du sens

    La France baigne dans son histoire. Les témoignages du passé sont innombrables sur son territoire. 40 000 monuments historiques sont protégés par l’Etat (châteaux, cathédrales, églises, monastères…).
    Si chaque monument était visité à hauteur de 1 monument par jour, il faudrait 109 ans pour les voir tous…


    Par sa présence, le passé cerne donc les Français. Si les Français ont un rapport apaisé simple avec leur histoire lointaine, il en est tout autrement du proche passé.


    Cette situation est grave dans la construction intellectuelle classique des Français avec le temps. Le passé occupe une place permanente à part entière dans la culture française. Tout est présenté comme constituant une chaîne de solidarité dans le temps avec des devoirs de continuité.


    Pour les Français, le passé oblige, crée des devoirs. Cette conception n’est pas celle de toutes les Nations. Ainsi, pour les Américains, le passé n’oblige à rien. C’est du temps  » passé  » qui est derrière et ce qui compte c’est le présent.


    Ce rapport des Français avec le passé entraîne trois conséquences pratiques majeures.


    Tout d’abord, chaque évènement présent a vocation à être relié à un évènement passé analogue. Tout est construit comme si le passé avait ouvert des cases au sein desquelles chaque évènement ultérieur avait vocation à s’intégrer constituant ainsi un parallèle permanent entre le présent et le passé, donnant également un sens au présent en raison de ce rapport avec le passé.


    Ensuite, la passé est l’occasion de magnifier l’action de la France : son rôle civilisateur, sa place spirituelle dans la défense des Libertés, ses fonctions universelles.


    Parce que ce rapport au passé est l’occasion permanente de commémorer une version valorisante de l’Histoire de France incarnant une mission universelle dans certains domaines dont les Droits de l’Homme, tout évènement de nature à rompre cette  » tradition culturelle  » pose un grave problème d’interprétation donc d’intégration dans ce paysage historique. C’est le cas tout particulièrement par exemple de la décolonisation.
    La France aime être référence. Comment garder ce statut ?


    Enfin, cette remise en question est d’autant plus délicate à conduire quand au même moment les  » modèles français  » s’effondrent manifestement. Ces deux mouvements perturbent les repères traditionnels et favorisent l’actuel désarroi collectif.


    La conception française met l’accent sur le passé et sur l’avenir. Elle néglige le présent qui ne serait qu’un point de passage entre les deux.


    Cette conception est entièrement remise en question quand le passé n’est plus une clef unique d’interprétation et quand l’avenir n’est pas pour autant un objectif vivant clairement identifié.


    Cette situation là explique l’actuelle confusion.


    Une confusion que l’ancien Premier Ministre dénonce. Il appelle à retrouver du sens :
    – en respectant un passé qui doit être honoré,
    – en conservant la place de ce passé dans la construction intellectuelle des lycéens toutes filières confondues,
    – mais aussi en désintrumentalisant certains débats qui méritent davantage de hauteur et de quiétude.


    C’est un réel enjeu de gouvernance qui est ainsi ouvert non seulement sur la méthode mais également sur le contenu des mobilisations collectives. Un pas de plus important vers un marqueur de candidature …

  • Dominique de Villepin à la conquête des « mairitants »

    DdV 19 07 09 Dominique de Villepin accélère ses déplacements en régions.

    Dans ce cadre, il ne manque jamais une occasion pour exprimer son attachement à tout engagement public.

    Mais il consacre une attention particulière à la dimension municipale qui accorde des responsabilités écrasantes à des élus qui doivent être chefs d'entreprises, des médiateurs, des spécialistes de l'enseignement comme de la voirie et parfois même rester encore un peu monarques.

    Des responsabilités tellement lourdes qu'au lieu de faire du local le vivier de l'engagement public, il en deviendrait le début de la … désaffection.

    La mairie devient l'echelon de toutes les revendications et de toutes les responsabilités ouvrant la voie à une nouvelle catégorie : les "mairitants".

    Chefs d'entreprises, parce que la vie communale est une administration municipale qui est le visage de la Commune au quotidien. Cette administration doit être motivée, contrôlée, gérée avec dynamisme et rigueur.

    Médiateurs, car les élus municipaux demeurent toujours ceux qui doivent  administrer la "cité" en "bons pères de familles". Cette notion recouvre une culture de sagesse, de dialogue, de compromis, voire même de décision consensuelle gagnée par l'explication permanente.

    Spécialistes, les Maires doivent le devenir rapidement tant les domaines d'actions de la Commune sont multiples, précis, nécessitant autant d'obligations de résultats.

    Ces élus locaux seront certes des parrains courtisés pour la prochaine présidentielle mais ils sont aujourd'hui surtout entrés en contestation avec la réforme des collectivités locales et celle de la taxe professionnelle.

    Une contestation qui pourrait les conduire à beaucoup s'affranchir de consignes officielles de parrainage en 2012. Les "mairitants" entendent mériter davantage de considération…

     

    Grenoble : secrets de pouvoirs (tome 2)

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  • Dominique de Villepin et la « présidentialité »

    Dominique de Villepin a changé. Le technocrate naguère lointain est aujourd’hui un exemple d’humanité dans des conditions que l’image ne peut trahir. L’oeil est doux. Le geste cherche le contact même s’il demeure encore timide. L’entêté dans l’argument en deviendrait presque hésitant tant il attend des informations d’autrui. Les vidéos comme les contacts directs montrent qu’il acquiert une autre dimension de la présidentialité.


    il est étonnant de constater qu’au moment où le pouvoir présidentiel rythme tout le quotidien de la vie publique française, il n’y a aucune équation disponible pour construire une « présidentialité ».


    En effet, la présidentielle suppose une étape incontournable : faire la preuve de ses capacités d’homme d’Etat.


    En France, être présidentiable suppose être certes passé par des grands ministères régaliens. C’est nécessaire mais ce n’est pas suffisant.


    Il existe une présidentialité quasi-sans code. C’est presque une énigme que de chercher à définir les critères de la présidentialité.


    Michel Rocard n’est jamais parvenu à l’acquérir. Ségolène Royal a couru après en 2007 mais en vain. Nicolas Sarkozy l’a acquise très tôt en 2004. Jacques Chirac a dû beaucoup attendre de 1980 à 1995. En 1974, Jacques Chaban-Delmas l’a perdue en accélérant un calendrier qui a choqué l’opinion tandis que VGE la gagnait par un comportement contraire dans les mêmes circonstances … François Mitterrand l’a toujours eue même s’il restait éloigné du pouvoir.


    De façon étonnante, ce sujet sur la présidentialité d’un leader a été peu travaillé pour dégager des critères reconnus. C’est un mélange de notoriété, de densité, d’humanité, de solidité.


    Cette présidentialité ne se décrète pas. L’opinion la reconnaît parfois, la retire, ne l’accorde jamais.


    Dominique de Villepin a cette présidentialité.


    Le plus intéressant, c’est qu’elle est en train de changer.


    Désormais il existe personnellement. Sa chance de virginité de mandat politique peut lui donner l’inventivité d’une « nouvelle République ».


    Mais, serait-il capable de résister au fait majoritaire qui produit actuellement des effets néfastes parce que devenu ultra-majoritaire ? A-t-il assez appris pendant les années à l’écart du pouvoir pour avoir acquis cette « gouvernance de soi » qui change la dimension présidentielle parce qu’il reste à conquérir encore beaucoup plus que la seule conquête de l’Elysée ? C’était d’ailleurs cette dimension là qui a forgé la légende de François Mitterrand.


    La précision de ce contenu de présidentialité est le mystère du premier semestre 2010. A ce moment là, la présidentielle 2012 composera son « carré d’as ».

  • Dominique de Villepin et l’éthique de la terre

    Cool, sans cravate, Dominique de Villepin est allé rencontrer des éleveurs dans le Département de l’Yonne. L’occasion pour lui de montrer son attachement à la terre, à la profession agricole et aux terroirs.


    L’ancien Premier Ministre voit dans le travail de la terre le sens de tous les travaux sérieux : le professionnalisme dans la durée.


    La profession agricole incarne à ses yeux l’excellence à la Française.


    Enfin, les terroirs sont l’expression de la richesse qu’est la diversité.


    C’est dommage que les médias n’aient pas davantage relayé ce déplacement car il montre Dominique de Villepin sous un jour qui compte puisque c’est celui de la réalité de son tempérament comme de ses priorités : aider ceux qui luttent pour exercer un travail souvent pénible et défendre les professions qui font la richesse des territoires avec d’abord l’amour du travail bien fait sans tomber dans les tentations des gains faciles.


    Mais l’absence de couverture médiatique a aussi du bon. Elle permet de constater que Dominique de Villepin mène sa campagne de proximité « avec l’éthique de la terre », le sens des réalités, loin des projecteurs. Il va à la rencontre des Français pour dialoguer les « yeux dans les yeux » de la vraie vie de tous les jours avec simplicité et volonté d’écoute.

  • Crises : jusqu’à quand la prochaine ?

    La notion de crise est familière à la nature humaine. Tout notre fonctionnement collectif vise à prévenir les crises, les circonscrire, les maîtriser, les surmonter.

    Ce sont des périodes où l'ordinaire cède le pas à l'exceptionnel.

    Mais depuis quelques mois, c'est l'état de crise qui est devenu ordinaire sans perspective de sortie comme l'atteste le sondage BVA publié ce jour (64 % des Français ne croient pas à une sortie de crise).

    La vraie crise est d'abord celle d'une fracture entre les élites politiques et la vie quotidienne d'une majorité de l'opinion.

    Il suffit d'entendre les discours des uns et des autres pour juger de l'ampleur du fossé.

    La vraie crise est là. 

    Cette gravité se manifeste par la répétition des crises au point qu'on attend toujours la prochaine tant les sujets sont désormais nombreux et importants :
    – financière avec le poids de la dette publique que l'opinion intègre désormais comme le prochain rendez-vous incontournable,
     - économique avec une installation de la précarité et d'une réelle paupérisation,
    – sociale avec le dossier des retraites sans cesse repoussé,
    – de représentation politique avec des partis de contestations qui progressent,
    – internationale avec une économie toujours très fragilisée,

    Toutes ces formes de crises reposent sur une crise plus grave qui est celle de la représentation politique qui connaît depuis 30 ans une crise permanente qui s'est dangereusement amplifiée :
    – crise de la participation avec une poussée significative des abstentions,
    – perte de crédibilité du Parlement sans vrai pouvoir,
    – crise des partis politiques qui ne recrutent plus,
    – banalisation des scandales avec un sentiment croissant d'irresponsabilité,
    – érosion considérable de la vraie assiette politique de chaque pouvoir qui au 1er tour représente désormais moins d'un cinquième des suffrages exprimés,
    – une présidentialisation du régime conduisant à une concentration considérable des pouvoirs mais sans contrôle.

    La France ne peut plus ignorer durablement ces réalités. L'opinion le ressent avec une certitude croissante.

    La IV ème République est morte de l'instabilité gouvernementale. Les Institutions de la Vème République furent alors présentées comme " l'action dans la démocratie ". Qui peut encore parler d'action mais surtout qui peut parler de "démocratie" tant le fait majoritaire a changé la donne ?

    C'est bien une crise de régime qui est désormais traversée par notre pays. C'est cette réalité qui angoisse parce qu'elle dénote l'ampleur des réformes incontournables et particulièrement difficiles.

  • 2012 : la course des challengers se clarifie

    DdV 12 10 09 Les prochaines élections présidentielles seront celles du style.

    Les vainqueurs seront ceux qui auront été capables de briser les barrières des " coutumes politiques " pour faire naître leur style c'est-à-dire leur personnalité avec ce qu'elle apporte de différent, de nouveau, voire de fantaisie.

    Comment y parvenir ?

    En laissant au placard les " vieux habits des campagnes électorales " et en substituant de la couleur, de l'âme, du plaisir ; bref du tempérament et surtout de l'authenticité.

    Les campagnes vont se jouer à un  niveau plus émotionnel que rationnel.

    Mais surtout, au-delà de ce socle, il importe de constater que le style ne peut être le même selon les circonstances rencontrées et qu'il doit être travaillé en fonction des étapes de vie d'une campagne électorale.

    Trois " temps de vie " appellent des profils différents de personnalités.

    Le temps de crise produit la super-personnalisation avec le retour en force du sérieux qui sécurise.

    Le temps de croissance forte favorise un profil d'arbitre.

    La période de "croissance douce" ouvre la porte aux " copains du quotidien ".

    Nous traversons une indiscutable période de crise. Les prochaines campagnes seront donc marquées par une personnalisation poussée à l'excès.

    Derrière cette personnalisation se cachent trois enjeux.

    Tout d'abord, recréer les bases d'une nouvelles confiance. Le vrai séisme des années 90 c'est la chute généralisée des piliers classiques de la société. C'est le manque de confiance de tous côtés. Nous ne croyons plus en ceux qui nous gouvernent mais pas davantage aux entreprises, à la religion, à la médecine, à la publicité, aux valeurs familiales…Tout s'est écroulé et fracassé en mille morceaux.

    Ensuite, trouver les bases d'une nouvelle simplicité. Tout est devenu trop compliqué, trop incertain à l'exemple des actuelles controverses sur le "vaccin de la peur". Il faut redonner de la visibilité et de la lisibilité comme nouveau dispositif d'orientation collective.

    Enfin, réhabiliter le sens du concret mesurable. Dans l'actuelle perte d'orientation, c'est à la fois le sens qui fait défaut mais aussi le concret mesurable qui tend à disparaître.

    Dans cette course, quatre challengers se détachent actuellement.

    Dominique de Villepin incarne le chevalier contre les épreuves : bravoure, panache, vertu. Se transformera-t-il en mousquetaire défenseur de tous et pas seulement des grandes causes ?

    François Hollande représente la force tranquille : il mérite la confiance et sait gérer avec sérieux. Mais disposera-t-il de cette touche de charisme qui séduit ?

    Martine Aubry se positionne de plus en plus en Simone Veil de gauche : mère courage porteuse de principes claires. Mais ne sera-t-elle pas trop taciturne à la longue ?

    Daniel Cohn-Bendit apparaît comme le troublion talentueux qui s'interdit aucune nouveauté. Ce sens de "l'interdit d'interdire" ne choquera-t-il pas lors d'une provocation de trop ?

    Pour les autres, le jeu s'est compliqué. Les quadras sont à la peine. Ségolène Royal s'est marginalisée progressivement par des polémiques trop fréquentes et surtout trop banales.

    La course commence à sélectionner ses concurrents principaux.

  • Barack Obama : surtout ne pas être un « Jimmy Carter bis »

    Obama 29 11 08 La décision de Barack Obama sur l'Afghanistan est très cohérente avec sa campagne électorale.

    La nouvelle génération des démocrates a la conviction qu'elle doit éviter deux risques majeurs : incarner la naïveté de Jimmy Carter et / ou la vie privée de Bill Clinton.

    Sans ces deux risques, elle est très confiante dans sa capacité à détenir durablement le pouvoir.

    Quels sont les critères distinctifs des étoiles montantes de cette nouvelle génération démocrate ?

    Leurs représentants emblématiques partagent quatre caractéristiques majeures.

    1) Ils ne veulent pas être "carterisés". Par conséquent, ils décident sans naïveté et assume le rôle de gendarme international des Etats-Unis.

    2) Ils n'entrent pas dans les frontières anciennes d'opposition entre les républicains et les démocrates. Ils revendiquent la rigueur de gestion. Ils se présentent comme animés par une forte foi religieuse. Ils sont sortis des chemins classiques des leaders démocrates pour aller chasser sur des thèmes longtemps considérés comme réservés aux républicains.

    3) Ils ne sont pas " lisses ". Ils ont tous connu des parcours compliqués parfois difficiles. Les difficultés sont reconnues, assumées, embellies. Par cette transparence, ils sont perçus comme honnêtes, intègres, frais, neufs. Leurs difficultés montrent qu'ils sont "comme chacun" avec des hauts et des bas.

    4) A l'intérieur des contraintes ci-dessus énoncées, leur valeur ajoutée réside dans la solidarité respectueuse des contraintes de gestion et dans une force internationale respectueuse des contraintes de morale.

    Cette génération a gagné en engageant la course au centre. Par conséquent, elle n'est pas l'adepte des cassures. Les décisions sur l'Afghanistan sont très cohérentes avec cette logique.