Le top 3 concerne la désignation de Philippe Meirieu comme tête de liste des Verts en Rhône-Alpes. Cette désignation marque une triple évolution du courant écologiste. Tout d’abord, il désigne un intellectuel qui a une vision d’ensemble de la société. L’école, le logement … sont pour lui des dossiers au moins aussi importants que l’environnement. Ensuite, il désigne un contestataire de la gauche étatique. Enfin, il désigne une personnalité qui veut « changer le système ». C’est ce dernier volet qui est le plus intéressant dans la démarche de Cohn-Bendit et de ses proches. Il ne s’agit plus de teindre de « vert » une politique. Il faut changer le système politique notamment dans ses « équilibres » des pouvoirs.
Auteur : Denis Bonzy
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2012 : « l’élection au peuple »
Le top 4 concerne l'évolution du climat politique. Par un brillant article dans Le Monde, Emmanuel Todd s'invite dans le climat présidentiel. Il dresse un parallèle entre 2012 et 1995. Il annonce une élection qui ne se jouera pas à droite, pas à gauche, pas davantage au centre mais "au peuple". En ce qui concerne le flop 4, c'est l'absence de fiabilité des chiffres dans le débat public Français.
Le top 4 est l'analyse faite par Emmanuel Todd sur le climat pré-2012. La politisation d'un enjeu électoral est dangereuse. Les élections locales de 2008 ont vu parfois des "candidats auto-proclamés indépendants" l'être … le temps d'un printemps électoral ayant laissé au vestiaire leur carte UMP pour mieux la reprendre après …car ils savaient qu'elle allait être un boulet dans ces circonstances.
Considérer qu'un candidat ne peut être que le fruit de son appartenance politique, c'est le réduire à une fonction de porte-drapeau qui est trompeuse.
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Quand le comptable est le nouveau « rédacteur en chef » …
Nous continuons la liste des top et des flop sur 2009. Au titre des top, les rigidités de la presse traditionnelle qui a légitimé Internet dans la fonction d'information authentique puisque n'émanant pas de … journalistes ; ce qui est un exploit. Au titre des flop, la chute du militantisme qui traduit d'abord la volonté des partis de confiner les citoyens dans deux fonctions : payer et approuver.
Top 5 : la presse classique légitime Internet : les médias généralistes classiques sont en crise. En crise d'audience donc de recettes directes. En crise de recettes publicitaires compte tenu de la crise économique qui a généré une baisse de ces dépenses là. En conséquence, ces médias s'en remettent à des partenariats avec des annonceurs publics et ont perdu un "esprit d'impertinence" qui alimente la baisse d'audience. Ce cycle infernal est tellement redoutable qu'une profession a suscité un réflexe de légitimité pour des informations données par ceux qui n'appartiennent pas à cette profession…
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La nouvelle communication publique
Top 6 : la nouvelle communication publique ou l'art pour détourner l'attention : la vie publique Française est entrée dans une nouvelle ère de communication à l'écart de la vie de tous les jours. Les grands sujets sont ignorés. Le droit de suite sur les dossiers majeurs est laissé aux vestiaires. La communication publique vit sa vie comme si elle avait renoncé à s'intéresser aux sujets du quotidien…
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Les qualités de Tim Geithner
Top 7 : la politique économique Américaine : aux Etats-Unis, les élections se jouent d’abord sur la situation économique et tout particulièrement le niveau de l’emploi. Depuis janvier 2009, Tim Geithner, comme Secrétaire d’Etat au Trésor, incarne le pragmatisme de la nouvelle Administration. Cette administration récuse la sécheresse du jeu libre du marché mais définit des conditions d’interventions de l’Etat Fédéral qui sont claires en contrepartie des financements fédéraux alloués. Les parlementaires procèdent à des auditions musclées, investiguent. Tim Geithner s’est identifié à cette nouvelle politique économique. Certes, cette situation l’expose mais en contrepartie il libère une réelle marge de manoeuvre pour le Président.
Flop 7 : à l’opposé de la situation ci-dessus, la France occulte tout débat de fond sur la situation économique. Le nombre des chômeurs a augmenté de + 22 % au cours de l’année civile 2009, ce qui est considérable. Les outils d’interventions de l’Etat n’ont pas fait l’objet de discussions publiques sérieuses. Bien malin qui pourrait énoncer les critères d’interventions du FSI ? Le tissu des PME et des TPE est durement exposé depuis l’été 2009. Les conditions du « sauvetage bancaire » n’ont fait l’objet d’aucune mission de contrôle ultérieur. La France traverse la crise économique dans un esprit de sauve qui peut individuel surprenant qui restera avec le recul l’une des caractéristiques particulières de la crise d’octobre 2008.
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La fête des Lumières à Lyon
Top 8 : la fête des lumières 2009 à Lyon : réussite hors du commun pour ce temps fort qui attire désormais plusieurs centaines de milliers de personnes à la grande joie notamment des commerçants.
Flop 8 : la volonté d’exclusion des militants qui anime les partis politiques Français : pas un parti n’a voulu trouver des bases modernes de participation en dehors de la simple contribution financière. Il est donc facile dans ces conditions de comprendre la désertion militante qui les frappe. Rien n’est effectué pour changer sérieusement cette situation qui permet une moindre concurrence interne et le partage « entre amis et initiés » des places sur les listes tout particulièrement. Le thème de la démocratie interne est passé de mode.
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Michel Destot et le lycée de la Vallée de la Gresse
Nous mettons en ligne le n°6 de notre lettre d’information. Pour en prendre connaissance, il suffit de cliquer sur une page. Elle apparaît alors en version plein écran apte à la lecture.
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Top 9 : le quartier de Bonne à Grenoble. Jean-Louis Borloo a décerné plusieurs prix nationaux à ce nouveau quartier au titre de son Ministère de l’Environnement. Une réalisation qui intervient à un moment où le Maire de Grenoble est désormais libéré à la fois des Verts qui n’appartiennent plus à la majorité municipale mais aussi de toute opposition municipale au sein de son Conseil puisque cette dernière est fractionnée en plusieurs groupes au sein même de l’ex-dernière liste de mars 2008.
Flop 9 : le lycée de la vallée de la gresse : décembre 2007, pas un tract pré-électoral dans la périphérie sud de Grenoble sans la mention de la « priorité absolue » en faveur de cette construction. Décembre 2009, aucune avancée d’aucune sorte sur ce dossier. Les engagements d’élections n’engagent parfois que ceux qui acceptent de rester crédules. Les actuels élus du Canton de Vif ont beaucoup perdu en crédit avec un tel décalage entre les intentions et les actions. Dommage !
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Rétrospective 2009 : les 10 top et les 10 flop : André Vallini et l’UMP 38
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Le top 10 est attribué à André Vallini et à la pause fiscale dans l’Isère une année sans élection. Cette volonté tranche avec la logique du mistigri dans laquelle de trop nombreux élus sont engagés se réfugiant derrière le moindre argument pour continuer une fuite en avant fiscale.
Le flop 10 est attribué également à ce Département mais à l’UMP 38 qui a défini un nouveau fond de cale en juin 2009 lors des européennes : 21, 2 % dans la Capitale du dauphiné et 24 % pour l’ensemble du Département. Par rapport aux européennes de 2004, c’est une chute de près de 9 points sur Grenoble et de 7 points sur le Département par rapport aux réserves des composantes politiques de cette liste. Un record historique !
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Copenhague ou les limites de la « communication armageddon »
Sur le plan étymologique, le terme "armageddon" est employé pour qualifier une catastrophe planétaire, l'apocalypse.
C'est la technique mise en oeuvre depuis l'été 2008 pour réhabiliter la politique présidentielle française.
La Georgie fut le premier épisode. L'ex-bloc de l'Est était alors supposé sombrer dans la guerre. Puis ce fut la catastrophe bancaire où les épargnants étaient supposés perdre le fruit d'une vie de labeur. Puis ce fut l'Iran au printemps 2009 avec la perspective de la troisième guerre mondiale pour mettre un terme au nucléaire iranien. Puis, ce fut la grippe H1N1 et on imaginait les salles d'hôpitaux prises d'assaut pour l'équivalent de la "grippe espagnole" d'antan. Puis ce fut Copenhague et le sauvetage de la planète face au réchauffement climatique. Et demain …?
Cette logique trouve progressivement ses limites ne serait-ce que par la répétition des catastrophes éventuelles.
La limite nait surtout du fait que pour l'opinion la catastrophe n'est plus pour demain et ailleurs mais qu'elle intervient ici et tout de suite : le chômage, le pouvoir d'achat, la précarité, le logement … autant de dossiers de la vie quotidienne sans la moindre amélioration.
Ce décrochage fait apparaître tout le reste comme manipulation.
En réalité, ce système de communication est victime de trois facteurs.
1) La diminution de l'indépendance d'esprit. La soif de grandeur notamment matérielle a emporté l'autonomie d'analyse pour laisser place à une logique de répétition.
Les professionnels du commentaire sont de moins en moins nombreux. Ils occupent tous les fronts : hebdomadaires, radios, TV.
L'essentiel du commentaire tourne actuellement sur moins de 20 noms pour un pays tous médias confondus. Ils s'auto-confinent à un jeu de rôles au contenu bien ajusté.
Second phénomène, la place croissante admise pour l'irréflexion. Tout n'est que répétition et parfois dans des conditions d'une pauvreté affligeante tant la préoccupation n'est pas de délivrer un message mais de relayer la parole officielle.
Quelques exemples récents :
" le grand emprunt vise à effectuer des investissements pour l'avenir et ce volet d'avenir le justifie donc ". A-t-on déjà vu un emprunt lancé pour financer des investissements du passé ?
" on est sorti de la crise mais la reprise est laborieuse ". Qu'est une "reprise" si elle ne se différencie pas significativement de la crise ?
…La quasi-totalité du discours gouvernemental repose sur des affirmations vides que le moindre "innocent indépendant" dénoncerait avec facilité.
Le troisième phénomène est celui la généralisation de la "vie d'illusion".
La politique est vécue comme un festin de mots relevé d'un doigt de formules. Mais la réalité est absente de ce festin.La réalité est celle d'un pays qui ne bouge pas, qui ne se réforme pas, qui ne progresse pas. Les chutes de la première neige bloquent les routes nationales dans les mêmes conditions chaque année. Les priorités se succèdent à un rythme effréné comme si la suivante était supposée remplacer la précédente non réglée dans les faits.
Le décrochage est intervenu entre l'opinion et les acteurs de ce système de communication. Le danger naîtra lorsque la colère succédera à la déception qui, elle, existe déjà.
L'interrogation porte désormais sur le calendrier.
C'est peut-être là le véritable "phénomène armageddon" ?
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vers une nouvelle exception Française ?
La période actuelle voit progressivement la naissance d’une nouvelle exception Française : une comédie permanente sans prise sur les réalités.
Prenons quatre exemples récents.
Le 17 décembre, le patron d’un grand groupe industriel est reçu sur plateau TV à une heure de grande écoute. De quoi est-il question ? De la crise économique ? De la reprise ? Des mutations de l’édition ? Aucun de ces sujets « accessoires » n’a trouvé grâce aux yeux des journalistes comme du patron en question. Dans un rire permanent de grande complicité, des questions portent sur des couvertures de magazines et le point de savoir si l’intéressé a couché avec un joueur de tennis (voir vidéo ci-dessous).
Second exemple : la décision de l’AMF dans le dossier EADS. Que traduit-elle ? La France dispose d’analystes financiers hors pair qui décident de vendre tous en même temps des actions d’un groupe sans savoir qu’il s’apprête à traverser des moments difficiles qui vont faire chuter le cours. Avec des financiers d’un tel talent, comment comprendre que le pays puisse être confronté à une crise de quelque nature que ce soit ?
Troisième exemple : Julien Dray. Pendant des mois, il fut question d’une affaire qui mêlait des comptes qui auraient dû être étrangers et imperméables. Les sommes en question sont très élevées. L’objet des dépenses concerne des frais purement privés et futiles : des montres de collection. A quelques jours de Noël, sans élément nouveau, le dossier est dénoué par un rappel à la loi, procédure originale qui s’apparente à une petite fessée publique.
Quatrième exemple : Copenhague. Pendant des mois, une campagne publicitaire a proclamé « il n’y a pas de petits gestes quand on est 60 millions à le faire ». Quels « petits gestes » ont été invités à faire les Français pour donner l’exemple pendant le sommet de Copenhague ? Aucun puisque Copenhague c’est l’enjeu que la France porte en dehors de son territoire où là l’enjeu est … l’identité nationale.
Il est rare de trouver de tels décrochages entre la réalité et la version officielle. C’est le politique show permanent qui évite de s’attaquer aux problèmes de fond. Pendant encore combien de temps cette nouvelle exception française peut-elle durer ?