Le départ d’Alliot Marie est d’abord la traduction d’un échec du système d’informations en France. C’est la caricature de trois échecs graves.
1) L’échec de la diversité des sources : sans le Canard Enchaîné, ce dossier ne « sortait pas ». S’il ne sortait pas, Alliot Marie continuait comme si rien n’était. Pourquoi est-il sorti à ce moment là ? Qui a organisé la fuite ? Pourquoi cette fuite là ?
2) L’échec de l’explication : sans la relance du Canard Enchaîné, la première vague des révélations aurait été contenue en dépit d’invraisemblances considérables qui n’avaient fait l’objet d’aucune observation de la part des médias institutionnels.
3) L’échec du respect de l’équilibre : les médias classiques sont tout aussi déséquilibrés dans la recherche de la vérité que dans le traitement de celle-ci une fois formulée. Ils se refont une santé en menant la chasse avec d’autant plus de fureur que la recherche initiale avait été complaisante.
Toute la démocratie française est actuellement déstabilisée par une information qui n’est pas digne d’une démocratie moderne.
Sur le plan national, la présidentielle 2012 sera probablement d’une extrême violence parce que les scandales vont se succéder à un rythme effréné révélés par les candidats pour échapper à l’indifférence de l’opinion.
Sur le plan local, la concentration structurante est déjà un danger en elle-même.