La décentralisation française est un naufrage. Elle devait renforcer la démocratie de la base. Elle l'a considérablement éloignée. Elle devait donner de la vitalité au pays. Elle l'a bloqué dans des conservatismes généralisés.
Quand on compare les ambitions affichées lors du vote des lois sur la décentralisation avec la réalité actuelle, le fossé est terrible.
Ce fossé est dû à l'émergence d'exécutifs locaux rois qui ont installé des rapports de forces sans équilibre. La France avait connu le mur de l'argent par les 200 familles. Elle connaît maintenant le mur du pouvoir par quelques 300 roitelets locaux.
Toutes les digues des abstractions ont cédé devant des pratiques qui dans le temps seront jugées avec une extrême sévérité. La tendance générale est installée. L'ampleur varie selon les tempéraments et les sociologies. Le véritable danger réside dans l'existence d'une couleur politique unique parce que seules les sensibilités politiques variées peuvent faire vivre un nouvel équilibre tant tous les autres pouvoirs ont disparu.
Même dans des géographies où la sociologie pouvait laisser imaginer une faible prédisposition au règne d'exécutifs locaux, des évolutions irréelles sont intervenues à l'exemple de l'Isère :