Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • En dehors de Denis Payre, dans l’actuelle vie publique française, l’économie n’a pas les patrons qu’elle mérite

    On me demande souvent pourquoi actuellement je soutiens Denis Payre. La raison est simple. Face à un système bloqué, Denis Payre va avoir des difficultés à percer. Mais lui au moins il se bat. Il sait qu'il peut gagner sa vie sans être aux crochets d'un secteur public donc dans la réalité des marchés. Il a déjà gagné sa vie pour "être à l'abri".

    Payre 22 02 14

    Il pourrait profiter des "vacances éternelles" dans une belle destination lointaine. Mais il bagarre pour défendre des idées au moment où l'économie française est déclassée, maltraitée, malmenée.

    Mais ils sont où les autres "patrons français" ?

    Sur le plan local, à quelques rares exceptions, les responsables des grandes entreprises sont maintenant des "cadres supérieurs". C'est un tempérament très différent de celui qui

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  • Vox, Erza Klein, Ijsbergmagazine … : la nouvelle info

    Aux Etats-Unis, la percée de Vox est un réel temps fort dans le secteur de l'information. Erza Klein, initiateur de Vox, a changé la donne : de la synthèse, des tableaux …

    En France, une équipe vient de lancer un blog qui mérite l'attention : Ijsbergmagazine.

    Je connais l'un des initiateurs : Sébastien Bossi.

    Etudiant à l'Université de Lyon, il avait participé alors à une association Agora qui organisait des débats sur des thèmes très précis (Sébastien Bossi au centre de la photo ci-dessous).

    DB 2 Agora Lyon 06 12 12

    Pour avoir participé avec le Consul des Etats-Unis à

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  • Politique : ne plus s’étonner si les Français veulent « faire sauter le haut »

    Hier, la publication des patrimoines des parlementaires ne peut qu'ajouter à l'actuelle détestation des politiciens. Ces derniers réussissent d'autant plus qu'ils n'épargnent aucune maladresse. Que voit-on ?

    La "France d'en haut" traite "la France d'en bas" avec une désinvolture caricaturale

    1) des publications rédigées à la va vite sans justificatif : certaines des publications sont des copies qui ne seraient même pas recevables dans des établissements scolaires des premiers degrés tant elles sont rayées, illisibles. La forme de la rédaction dénote un dédain intolérable.

    Ils avancent sur le chemin de la transparence mais à reculons,  à marche forcée, contre leur gré.

    2) le formulaire est très incomplet :  il manque de nombreuses étapes utiles dont celles de la traçabilité de certains postes.

    3) pourquoi ne pas avoir une case : "total des ressources" dont celles de … parlementaire ? Parce que cette case "ferait désordre".

    En France, pour "représenter" il faut "faire pauvre", une illustration de plus de l'hypocrisie et du mensonge qui tuent la vie publique française, théâtre avec des acteurs de plus en plus mauvais et des spectateurs de moins en moins nombreux.

    Dans l'actuelle descente aux enfers de la vie publique française,

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  • Hillary Clinton ou l’équation impossible d’une élection

    Une élection est la plus imprévisible des consultations. Et pourtant, progressivement, une équation s’est dégagée.

    Une élection serait :

    E = N + P + C + X.

    N, c’est la notoriété. L’opinion ne vote pas pour un candidat qu’elle ne connaît pas. La notoriété ne fait pas l’élection mais l’élection est hors d’atteinte d’un inconnu total.

    P, c’est la popularité. La popularité doit accompagner la notoriété.

    En France, la popularité repose sur un positionnement dans l’une des 4 cases suivantes :

    • le Héros qui se détache du lot,
    • Le Séducteur qui répond à la mode du moment,
    • Le Juste qui incarne le point d’équilibre d’une société,
    • Le Savant qui apporte une réponse technique de confiance aux problèmes posés.

    Charles de Gaulle, François Mitterrand ont été des Héros.Valéry Giscard d’Estaing, Nicolas Sarkozy appartiennent à la catégorie des Séducteurs. Jacques Chirac n’est parvenu à être élu que lorsqu’il est devenu le Juste qui pouvait être le rempart contre les fractures sociales. Raymond Barre, Edouard Balladur, Jacques Delors … ont été des Savants. Leurs échecs montrent la voie étroite de cette catégorie.

    C, c’est la conjoncture qui rythme les modes. L’élection n’est pas un rendez-vous en dehors du temps. Bien au contraire, c’est un rendez-vous avec un calendrier qui vit et qui impose des cycles différents de profils souhaités.

    X, c’est les capacités à remplir pour une élection donnée. C’est la part de variables appliquée aux spécificités de la fonction en jeu.

    Dans la longue marche vers une élection, chaque étape impose ses actes fondamentaux.

    Le candidat de la Séduction doit aller vers un «rêve collectif». Il doit être le moteur du changement d’une société, permettre de construire ce rêve collectif.

    Le candidat qui se veut Juste doit  choisir des actes liés à un magistère moral.

    Le candidat qui se veut Héros doit travailler le passage de l’image à l’imagination. Il doit s’identifier à de nouveaux modèles.

    Mais de la théorie aux réalités, le chemin est long et tortueux parce que la part des variables est toujours plus grande.

    Hillary Clinton a perdu la primaire démocrate 2008 parce que l'enjeu collectif devenait le rêve d'une Amérique réconciliée avec ses idéaux dont celui que le 1er candidat métis puisse devenir … Président. Obama devint l'homme de la situation.

    Obama bis 30 10 09

    En 2016,

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  • 19 – 24 juillet 2008 : les 5 jours où la présidentielle bascule vers l’Obamamania

    Au printemps 2008, la campagne de Barack Obama est très serrée avec Hillary Clinton. La primaire a été difficile. Les écarts sont étroits. Avec le profil atypique de McCain, les Républicains n'ont pas la partie perdue en dépit d'une usure répulsive de GW Bush.

    La présidentielle va basculer en une semaine : du 19 au 24 juillet 208.

    Petraeus_Obama

    Barack Obama engage son premier grand déplacement international dont Afghanistan, Irak, Israël et Berlin.

    En une semaine, l'Obamamania internationale va naître.

    Son discours à Berlin soulève la foule le rapprochant de Kennedy.

    D'un coup l'Amérique retrouve un leader capable de porter sa voix, défendre ses valeurs, lui rendre l'image d'elle-même qu'elle aime.

    Sur une ville comme Boston,

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  • Yo ou mieux vaut avoir tort avec tout le monde que prendre le risque de …

    Mieux vaut avoir tort avec tout le monde que prendre le risque d'avoir raison seul contre tout le monde : c'est une des règles du capitalisme institutionnel à la française. La raison est simple à comprendre.

    Imaginez : vous gérez des fonds qui ne sont pas les vôtres. La facilité : être suiviste parce que le suivisme est le bouclier contre l'engagement de votre responsabilité. Votre mise ne fonctionne pas. Votre argument de défense : " je ne suis pas le seul, nous nous sommes tous trompés". Si vous étiez le seul à vous être trompé, comment le justifier ? Impossible.

    C'est le mimétisme de placement.

    C'est ce à quoi échappe une partie du capital-risque US puisque les gérants des fonds sont les propriétaires des fonds qui ont de surcroît intégré le risque comme une donnée à part entière du métier.

    C'est ce mimétisme en France qui accompagne la situation

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  • Mattéo Renzi et le pari de socialistes français sur la contagion positive

    Pour la première fois à ce point, des socialistes européens ont un modèle : Mattéo Renzi. Ils s'habillent comme Mattéo Renzi. Ils décident comme Mattéo Renzi. Ils parlent comme Mattéo Renzi. Les PS européens auraient maintenant une maison mère en Italie avec les filiales dans les divers pays. 

    C'est une situation inédite :  l'attente de la contagion positive.

    Renzi doit jouer la fonction d'amorçage. 

    Et ensuite les "babies Renzi" devraient en profiter.

    Sur le fond, l'originalité tient au fait qu'il n'y a pas de fond ci ce n'est une capacité à cultiver l'autopromotion permanente. 

    Ils font leur "pub perso" et confient au réseautage le fait de la démultiplier. Et dans le "réseautage",

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  • En France, il est temps de sortir de la culture des totems

    Il ne faut jamais se ranger à une idée parce qu'elle est adoptée par un grand nombre. Mais il ne faut pour autant jamais refuser de s'interroger pourquoi le grand nombre a choisi cette idée. 

    Le débat politique français ne met pas en oeuvre ce comportement du bon sens parce qu'il est prisonnier de la culture des totems  : des sujets qui clivent positivement ou négativement sans réellement d'ailleurs savoir pourquoi de façon détaillée.

    C'est le cas du gaz de schiste. Un après l'autre, les Etats s'y engagent pour recouvrer une indépendance énergétique, des ressources, des emplois. C'est le cas tout dernièrement de l'Argentine même dans des localisations excessives. Mais en France, le dossier n'est même pas sérieusement traité alors même que le récent rapport de l'Institut Montaigne établit des repères solides.

    La culture des totems a frappé. Des groupes de pression très organisés avec des relais médiatiques forts ont décidé que même le débat serait interdit. Et les politiques y compris de droite subissent. 

    La culture des totems interdit mais il y a des moments où

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  • Information : jusqu’où la réalité des faits peut-elle être kidnappée ?

    La crise de régime en France atteint une gravité inédite.

    Les politiciens brassent dans le vide. L'analyse faite par VGE dans Paris Match cette semaine est d'une terrible lucidité. Les affaires de l'UMP jointes à l'amateurisme du Gouvernement font que la majorité est défaite sans qu'une alternative séduisante ne se dégage. Deux forces de gouvernement décrédibilisées en même temps, c'est rare à ce point.

    La Justice est désormais perçue comme partiale. C'est une appréciation (juste ou fausse ?) qui correspond désormais à une réalité dans l'opinion parce qu'il ne suffit plus que la "justice soit rendue" mais il faut aussi que "la décision de justice soit perçue comme la Justice". Ce qui est plus qu'une nuance. Dans l'affaire Taubira, la ministre a gagné dans le prétoire mais elle a perdu dans l'opinion à entendre les commentaires unanimes sur la sanction d'un délit très grave d'expression, voire de pensée. 

    L'Information, supposée quatrième pouvoir, est entrée dans la même zone de crise. Perpignan et le viol qui n'a pas eu lieu. L'eau et

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  • Bubblews et le nouveau modèle sur Internet … ?

    Il n'y a pas de pensée plus "iconoclaste", "rebelle" ou "décalée" que celle de Google lors de la création de son modèle :

    – imagine-t-on un restaurant que l'on rémunérerait parce qu'il mettrait à disposition un espace alors que l'on amène son plat et que de surcroît les autres peuvent goûter le plat sans rémunérer celui qui l'a fait ?

    – imagine-t-on payer le gérant d'une bibliothèque qui demanderait aux auteurs exposés de fournir les ouvrages et sur lesquels ils ne recevraient aucune rémunération ?

    L'acte créateur génial a été de considérer qu'Internet permettait de sortir des flux classiques de vie des produits et de rémunération des auteurs des produits.

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    Mais cet acte créateur poussé à l'excès va peut-être connaître des limites ?

    C'est là où  l'initiative de Bubblews mérite l'attention. Il  partage une partie

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