Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Jusqu’où ira l’insouciance des parlementaires français ?

    La définition même  d'une crise systémique c'est que la crise est tellement installée au coeur d'un système que ce système ne peut plus se réformer tant qu'il n'a pas connu le krach qui change la donne de façon incontournable.

    C'est la situation de l'actuelle crise du système politique français.

    Comment des parlementaires peuvent-ils  imaginer pouvoir toujours demander des efforts supplémentaires aux autres sans donner le moindre exemple sur leur propre régime de privilèges (retraites, réserves, emprunts, rémunérations réelles …) ?

    Europe 12 05 09

    C'est une insouciance d'une extrême gravité. Le pays est plongé dans la crise et son système représentatif est totalement discrédité, détesté.

    C'est comme pour les dernières élections municipales, qui peut dire dans une Commune ayant connu l'alternance ce qui a changé ? Rien.

    C'est la plus belle rampe de lancement pour le FN : PS = UMP, quant à l'"autre gauche" elle se dissout au pouvoir pour devenir le … PS.

    Et les cantonales de mars 2015, si cette date est confirmée en dépit de

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  • Terrorisme islamiste : Londres déjoue hier soir un attentat d’une extrême gravité

    La police et le Service de sécurité britanniques ont annoncé avoir déjoué le premier complot terroriste planifié par le groupe État islamique au Royaume-Uni. Quatres hommes ont été arrêtés hier soir à Londres.

    David Cameron 22 05 14

    Selon le Telegraph,

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  • Ebola dans le « voisinage » à partir de fin octobre … ?

    Selon des chercheurs de Northeastern University (Boston), la France serait l'un des pays les plus exposés à court terme à Ebola. 

    A partir de fin octobre 2014, selon les paramètres mis en place dont le trafic aérien, la France serait l'un des pays les plus en crise.

    Il serait quand même temps de disposer de plus amples information sur cette perspective (juste ou pas ?) et les mesures envisagées.

    France ebola

  • France : discrétion sur la journée internationale des enseignants : un système en déroute

    Hier, 5 octobre, c'était la journée internationale des enseignants. Une belle initiative de l'UNESCO datant de 1994. En France, cette journée a été marquée par une discrétion absolue. Normal pour un système en déroute.

    Dans le primaire, les 20 dernières années ont été celles de la déstructuration d'un système national longtemps exemplaire. Les bâtiments dépendent des Communes. Donc d'une Commune à l'autre, on assiste à un éclatement des situations : là un équipement neuf, ailleurs des préfabriqués rudimentaires qui se multiplient …

    Quant aux enseignants, leur fonction a été grignotée par les autres intervenants éventuels dont les familles. Le temps de l'instituteur de la République est passé. Hier, l'instituteur était maître à l'école. Aujourd'hui, il reçoit la … leçon du premier parent d'élève pourtant hier manifestement fâché avec son propre parcours scolaire …

    Dans le secondaire, c'est identique. Les Départements ont sauvé les collèges. Les Régions ont sauvé les lycées. Mais les statuts des enseignants n'ont pas suivi les qualités des murs dont les grilles salariales.

    Dans le supérieur, la diversité est encore plus forte. Le tissu universitaire national égal est désormais une illusion absolue. 

    En quelques années, c'est un dispositif global initialement d'excellente qualité qui a été déstructuré, paupérisé, déqualifié.

    Montréal 30 03 14

    C'est un terrible handicap pour l'avenir.

    Tout au long de mon parcours professionnel,

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  • Politiques : ont-ils peur de la province ?

    Les 15 premiers jours du "retour" de Nicolas Sarkozy sont assez decevants. Sur le plan numérique, il promettait la "plus belle campagne depuis celle d'Obama en 2008". Or, c'est le vide. Même pas un blog dédié. Sur le terrain, il reste à la logique de la "plongée ponctuelle" si possible avant 20 heures pour que les journaux TV puissent reprendre les formules. Déjà vu. Surtout, déjà pratiqué par tous les autres compétiteurs. 

    Cette logique de la plongée ponctuelle (3 heures au plus) est surprenante. Elle est très éloignée des pratiques qui ont fait des succès. En 20 ans, j'ai participé à de nombreuses visites de ce type. 

    Les échecs les plus notoires sur cette période ont été les suivants. Raymond Barre dans le Vercors lors de la présidentielle 1988. Jean Faure avait beaucoup intrigué auprès d'Anne Marie Comparini pour que Barre fasse un saut dans le Vercors. Il y avait de la neige. Depuis 24 heures, le vent du Sud avait pris le dessus rendant la neige très molle. Eva Barre accompagne son mari en … petits escarpins des villes. Elle glisse. Elle se mouille les pieds … Le cortège officiel était pris de "fou rire" en attendant la prochaine … glissage et surtout la tempête d'adjectifs qui allait suivre de la part de l'épouse de l'ex-Premier Ministre a priori pourtant très … policée.

    Autre couac, VGE à la Mairie de Grenoble. Il pleut. Le Conseil Municipal doit lui être présenté. Il entre dans la salle du conseil. Il se fige. Ne quitte pas son imperméable tant que le chef du protocole ne vient pas lui retirer. "Le personnel de service" faisait défaut. Incroyable !

    Une déception également a été Villepin. Dominique de villepin 08 08 13Avec Sihame Arbib, nous lui indiquions qu'il fallait rencontrer les militants. Jamais fait. Ainsi, à Grenoble, Renaud de Langlade avait préparé un programme de qualité. Mais en dehors de l'attention que l'ex Premier Ministre manifestait pour les journalistes, les militants de République Solidaire n'étaient manifestement pas parmi ses priorités. Dommage.

    La liste de visites sur le terrain qui tournent au fiasco serait longue : Madelin, Giraud, Veil (tempérament exécrable  à l'opposé de l'image douce) …

    Face à ces échecs qui en disent long sur le tempérament des intéressés, il y a des réussites considérables.

    Chirac reste un modèle en la matière. Il dormait sur place, ce qui parait impossible désormais pour les candidats. Et jusqu'à 2 heures du matin, il était disponible y compris pour aller rendre visite à une section de militants au fond de la campagne. Lors de déplacements professionnels, j'ai beaucoup entendu parler de pratiques identiques de la part de Mitterrand. Je  ne peux pas en parler pour y avoir participé. Ce n'était pas mon camp politique et je n'ai jamais apprécié ce personnage qui marque pour moi le tournant noir des pratiques de la Vème République.

    Payre 22 02 14Denis Payre  en 2014 a effectué un terrain remarquable avec un réel sens du contact. Dommage qu'il n'ait pas libéré sa soirée mais tout au long de la journée il a témoigné un sens du dialogue inattendu. Une disponibilité et une simplicité exemplaires.

    Disponibilité et simplicité exemplaires qui sont le cas également pour Alain Mérieux qui est souvent venu dans le canton de Vif à ma demande. 

    Ces chefs d'entreprises ont souvent manifesté une capacité à dialoguer largement suprieure à

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  • Hollande et la notion de « guerres normales »

    La normalité ces deux dernières années a surtout impacté l'engagement de troupes françaises sur des théâtres extérieurs d'opérations. 

    Ce serait désormais banal que d'envoyer des militaires français en Afrique et au Moyen Orient.

    Ce qui est très surprenant ce sont les conditions dans lesquelles ces engagements interviennent. L'acte d'entrer en guerre est l'un des plus graves. Dans une démocratie, il serait concevable que l'opinion soit informée : choix entre plusieurs variantes ? Pourquoi l'entrée en guerre est incontournable ? Le coût ? La durée ? Les objectifs poursuivis ? La victoire, c'est quoi ?

    Aucune de ces questions n'est abordée. Il ne s'agit pas d'entrer dans de la stratégie militaire mais de disposer d'éléments indispensables.

    Hollande 04 10 14

    Ce manquement est d'autant plus surprenant que lors de la guerre d'Irak il est avéré que GW Bush a menti à la communauté internationale comme il est avéré qu'en 1991 la communication de guerre de son père avait comporté des manipulations grossières dont des témoignages montés de toutes pièces.

    Ces expériences ont été sans lendemain.

    Au Canada, Justin Trudeau, leader du Parti Libéral, a demandé hier ces explications dans un discours bref, concret, lucide :

    " Avec cette motion, le premier ministre a finalement annoncé au Canada ce qu’il avait dit à New York il y a maintenant plus d’une semaine. Il a l’intention de faire entrer le Canada en guerre en Irak.

    L’État islamique en Irak et au Levant est une menace pour la sécurité des régions concernées, pour la sécurité mondiale.

    Il assassine des membres de minorités ethniques et religieuses en Irak.

    Il assassine des civils innocents, des travailleurs humanitaires et des journalistes.

    Ces actes horribles ont été pleinement documentés, souvent par les terroristes eux-mêmes.

    C’est pourquoi le Parti libéral a appuyé de bonne foi la mission de non-combat d’une durée de 30 jours que l’on nous avait présentée.

    Cette fois-ci, au lieu d’une réunion de présentation, nous avons eu droit à un

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  • 4 novembre : la magistrature morale change de camp

    Les Démocrates arrivent au 4 novembre, date des élections américaines dites intermédiaires, en étant épuisés. La panique est installée. Aucun bastion démocrate n'est plus à l'abri d'une "surprise". 

    Les moyennes de sondages donnent une majorité Républicaine au Sénat assez large.

    Senate_histogram_1001

    La magistrature morale a changé de camp.

    Les démocrates sont aujourd'hui démonétisés comme les Républicains en … 2008.

    Cette offensive républicaine est d'abord le résultat des faiblesses de l'administration Obama qui multiplie les échecs significatifs : la mise en oeuvre de l'Obamacare, la "stratégie" face à l'islam intégriste, les Services Secrets … : plus aucun domaine ne semble à l'abri d'un amateurisme qui inquiète. 

    Mais cette offensive c'est également l'intégration progressive par le Parti Républicain d'une partie du contenu du Tea Party. Cette intégration a décongestionné les confrontations internes. Avec cette nouvelle paisibilité, le Parti Républicain a gagné en amélioration d'image de marque.

    C'est enfin la vague des "bons citoyens contre les élites". En 2012, l'élitisme a

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  • Le coq, l’autruche et le renard

    Le Washington Post, Le Monde … tentent de trouver le contenu offensif du nouveau rituel quotidien de l'information. C'est un enjeu passionnant au moment où la concurrence s'accélère dans les supports, dans le rythme, dans l'internationalisation. 

    Jeff Bezos 20 06 14

    En France, selon la juste classification d'Eric le Boucher (les saboteurs), ce défi s'annonce très difficile car il y a trois tempéraments qui se dissocient de plus en plus : le coq, l'autruche et le renard.

    Appliquée à l'information, le coq, c'est le journal de

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  • Mars 2014 : des élections pour rien ?

    Dans de très nombreuses localités, germe actuellement une question simple : à quoi ont servi les élections de mars 2014 ?

    Pourquoi cette question nait-elle ? Parce que tout semble figé même si des équipes municipales ont changé. 

    A quoi tient ce phénomène ?

    1) Aux situations financières d'abord : d'ordinaire, le plus facile pour montrer le changement c'est de faire ce qui n'avait pas été fait. C'est donc de dépenser et comme les caisses sont généralement vides, les décisions d'économies sont repoussées. Elles arriveront en novembre et décembre avec les derniers arbitrages sur le budget 2015.

    Chomage1

    2) A la paralysie dans l'organisation de votes populaires : s'il y a un point de méthode sur lequel Sarkozy a raison, c'est le constat que le déblocage passe par des referendums. L'opinion est en avance sur la classe politique. Donc il faut donner la parole à l'opinion pour des avancées réelles. La classe politique donne le sentiment de se méfier de l'opinion. C'est quand même incroyable que la seule économie faite soit celle des

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  • La France et sa « communication » de guerre

    Avec Hollande, la communication sur la guerre semble répondre à un mode opératoire très simple. Lors de la décision d'engagement, tout est mobilisé pour magnifier le rôle international de la France. On dirait que le monde est suspendu aux lèvres de la France : va-t-elle dire oui ?

    Une fois la décision prise, c'est le néant. Plus la moindre information. C'est le thème ": "cachez cette guerre que nous ne pouvons voir". 

    Des militaires français sont en Afrique. Un reportage sur les conditions de vie ? Leurs

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