Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La vague du refus de l’austérité se forme

    Les  opinions publiques occidentales sont confrontées à un défi de fond :  leur rapport à la crise. Jusqu'à quand une crise est-elle acceptable, avec quelle durée ? Jusqu'où une crise peut-elle remettre en question des avancées supposées acquises ?

    La Grèce vient de répondre : le temps de la soumission à la crise est passé.

    L'Espagne va répondre sur des bases probablement comparables à celles de la Grèce avec le succès de Podemos.

    Jusqu'ici, ces deux pays pouvaient faire figures d'exceptions compréhensibles parce que particulièrement touchés par l'austérité.

    Mais pour jeudi est annoncé au Canada le début d'un mouvement sur cette accroche et au sein de l'une des économies les plus saines et dynamiques des dernières années.

    Syriza

    Si la vague se forme à ce point, c'est

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  • Politique : vivement le retour des pirates !

    Grèce : la semaine qui veut et qui peut rendre du sens au vote. La nouvelle majorité grecque va présenter son programme détaillé d'actions pour la relance économique. Les différentes agences de presse évoquent les pistes possibles. L'enjeu de la Grèce n'est pas un enjeu national ni d'ancrage politique. Il s'agit de rendre du sens au fait de voter. 

    Pourquoi l'abstention progresse comme les votes extrémistes : parce que les citoyens se demandent à quoi ça sert de voter. 

    C'est un doute sur la notion même de citoyenneté. 

    Pour que ce doute se dissipe, il faut deux conditions :

    1) des programmes contrastés,

    2) des résolutions fermes immédiatement mises en oeuvre.

    Si ces deux conditions sont remplies, le citoyen a le sentiment de retrouver du pouvoir, donc le vote retrouve un sens. 

    3 campagnes m'ont conforté dans ce sentiment :

    1) 1995 : Chirac passe à l'assaut avec une campagne entièrement clivante face aux pouvoirs. Quand des très proches de l'époque racontent les débuts de campagne, ils avaient "l'esprit pirate" : à l'assaut !

    Chirac bis 08 02 15

    Le discours de Philippe Seguin sur les "tiercés politiques" reste un modèle du genre : "puisque tout est déjà fait, on va se bagarrer encore davantage …".

    Philippe Séguin

    2) 2011 : le Club Villepin : les réunions dans une cave avec Dominique de Villepin. En quelques mois, le Club Villepin se structure avant de se perdre dans les querelles des vieilles formations.

    Dominique de Villepin

    3) Localement, 1983 et 1985 :

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  • Grenoble : il n’y a pas « d’agglo B »

    Le décalage entre février 2014 et février 2015 est immense. En février 2014, les Verts promettaient une "agglo B", libérée des pesanteurs du vieux PS qui verrouillait tout. La fête serait partout. Les citoyens auraient le pouvoir. L'écologie du 21 ème siècle serait inventée à Grenoble …

    Où en sommes-nous après le vote du budget 2015 de l'agglo ?

    La "fête" est organisée par ceux dont les subventions ont été … supprimées.

    Les citoyens n'ont pas été appelés une seule fois à voter.

    L'écologie du 21 ème siècle donne lieu à un appel mais à …  Bordeaux et non pas à Grenoble.

    La  Métro a voté hier son budget 2015 comme elle le faisait pas le passé : une mutuelle financière sans lisibilité.

    Métro 14 12 14

    Certes, le grain du costume  du nouveau président de la Métro a gagné en qualité comme en finesse de coupe. La couleur de la cravate est plus fun. Eric Piolle peut arriver en vélo mais la place du vélo doit être réservée. 

    Comme avant, l'opposition UMP ne présente pas de

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  • Grenoble Agglo : un temps d’avance pour les start-ups

    Numéro de Challenges cette semaine sur les start-ups prometteuses. L'agglomération grenobloise est en bonne place. De jeunes et dynamiques entrepreneurs sont mis en relief. Cowork In Grenoble, Une Petite Mousse … sont dans la short list. Mais tant d'autres auraient pu y appartenir.

      Cowork In Grenoble

    Ceux qui veulent changer la vie aujourd'hui font de l'économie et pas de la politique. Plus les promotions avancent, plus je constate que

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  • Défendre la justice dans l’effort

    J'ai participé aujourd'hui au concert de soutien aux Musiciens du Louvre de Grenoble pour deux raisons :

    1) Il faut défendre la justice dans l'effort : que des subventions soient révisées à la baisse, c'est possible. Mais ces révisions doivent intervenir dans la transparence sur la base de critères techniques connus de tous permettant de garantir l'équité. Faute de cette transparence et de la publication de tels critères, c'est une frontière contre l'arbitraire qui disparaît et cette disparition est grave.

    Musiciens du Louvre 4 06 02 15

    2) Ce n'est pas un critère de supprimer une subvention parce que la trésorerie d'une association est saine, avec des réserves financières. Si ce critère devait

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  • Vine, Instagram … et la mode des vidéos courtes

    Au départ, la photo était la légende d'un texte.

    Puis le texte est devenu la légende de la … photo.

    Et maintenant, la photo est concurrencée par la courte vidéo. Vine et Instagram sont de remarquables succès. 

    Hollande s'est "mis" à Vine depuis début janvier et c'est assez réussi même s'il a encore beaucoup de retard sur ses homologues.

    Un nouveau rythme est en train de naître. Parce qu'avec ces

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  • L’actualité de la clause de retour à meilleure fortune

    La Grèce met en relief à juste titre, et pour la première fois à ce point, trois facettes jusqu'alors marginalisées au sujet de la crise de 2008.

    1) Dans le feu de l'incendie en octobre 2008, les banquiers d'affaires ont remarquablement pris en otages les dépôts des particuliers pour que le plan de sauvetage des banquiers d'affaires deviennent le bouclier des particuliers. 

    L'équipe Obama était en pleine installation. Elle avait besoin de passer des messages pour sécuriser les marchés. L'orthodoxie a donc primé.

    Tim  Geithner livre

    2) Dans cette orthodoxie, deux réflexes ont dominé. D'une part, ne pas ouvrir le dossier de fond sur la vraie responsabilité des acteurs de la crise : politiques et milieux d'affaires seraient fragilisés. Par conséquent, le "filet de sécurité" a fonctionné pour tous. Mais la crise de septembre 2008 avait débuté de façon manifeste dès le 1er semestre 2007 quand les défauts de paiements sur les crédits hypothécaires se multiplient aux États-Unis et provoquent les premières faillites d'établissements bancaires spécialisés. Mais aussi quand en juin 2007 la banque d'investissement Bear Stearns annonce la faillite de deux fonds spéculatifs.

    D'autre part,

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  • Comme aux pires heures de la IV ème République …

    La descente aux enfers de la politique française semble ne pouvoir rencontrer aucun plancher. Il y a trois semaines, 4 millions de personnes manifestaient. Quoi de concret 3 semaines plus tard ? Rien.

    Un pays voisin (Grèce) ouvre un sujet sérieux sur la dette. La France aborde-t-elle le fond du dossier ? Non. Aux Etats-Unis qui ont un taux de croissance 17 fois supérieur à celui de la France, la question de fond est ouvert. En France : non.

    Des pays connaissent un taux de croissance près de 20 fois supérieur à celui de la France : un débat sérieux est-il organisé sur les raisons de ce décalage ? Non.

    IV eme république

    Le Front National creuse l'écart en tête des partis politiques quand au

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  • Obama, Syriza : enfin les questions sur le sens de la dette

    Selon des expressions différentes, la question du sens de la dette commence enfin à être posée. Jusqu'où est-il possible de pousser à l'exécution absolue d'un actif qui place le débiteur dans une situation impossible ? Obama a posé la question avec une réelle honnêteté.

    C'est une question de fond.

    Il y a une conception punitive de l'endettement : conduire l'endetté à l'épuisement total.

    Cette conception occulte la responsabilité du créancier. 

    Dans les dettes publiques, la responsabilité des créanciers est considérable et tout particulièrement dans le dossier de la Grèce avec le dispositif de titrisation qui a consisté à volontairement masquer la réalité globale de l'endettement.

    Pourquoi les contribuables de ce pays seraient-ils tenus pour responsables d'un maquillage comptable qui n'a pas été de leur fait ? Pourquoi seraient-ils responsables  alors même  que les auteurs de ces mécanismes sont … irresponsables ?

    A quel moment faut-il  accorder une faculté de rebond et si oui sur quelles bases ? La proposition de Syriza  "avec une clause de retour à bonne fortune" n'est pas dépourvue d'intérêt, loin s'en faut. C'est même probablement un dispositif intelligent et constructif.

    Obama 21 01 15

    C'est d'ailleurs cette logique qui m'avait conduit à défendre pendant les municipales

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  • Neige : la beauté de la « solidarité village »

    Fortes chutes de neige cette nuit dans l'agglomération grenobloise. Et ce matin, le plaisir de retrouver la "solidarité village". Dans mes fonctions d'élu local, les temps de neige ont été les plus sympas. Que de nuits à accompagner les services municipaux pour déneiger.

    DIAPO28

    Les petits-déjeuners avec les personnels des services des ordures ménagères. La tournée de déneigement était aussi celle des …

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