Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La fin des Communes ?

    La semaine dernière, la Fondation Concorde a publié un rapport remarquable sur un sujet de fond : les structures publiques locales. Et la Fondation de proposer de passer de 36 000 à 2 500 Communes et de 100 à 50 départements !

    Comme c'est un sujet de fond sur une réforme, le rapport a été peu abordé dans l'actualité.

    Mais le constat est pourtant simple :

    1) L'Etat français est le nouveau pauvre du secteur public français. Certes, des économies sont possibles. Mais dans certaines fonctions, ces économies sont désormais une vraie remise en question de la fonction même : santé, défense, justice …

    2) La dépense publique locale a explosé. Donc il faut chercher des économies. Les économies les plus simples et rapides sont les économies de structures en dégageant des synergies. D'où les propositions de la Fondation Concorde.

    Hotel de ville

    Mais ces propositions touchent au coeur du vrai système politique français : les titres et les indemnités des professionnels de la politique.

    Tant que ces sujets seront laissés à la décision des intéressés, pas de crainte quant à la moindre évolution. Ce sont sur des domaines de ce type que

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  • David Cameron et la vraie pauvreté

    Le billet d'hier sur Cameron a suscité de nombreux commentaires. Sur Twitter @Franc-Tireur-fr et @LesBulles1 ont posé une question de fond : défendre Cameron est-ce défendre aussi la situation sociale de la Grande-Bretagne ?

    C'est une question de fond qui impose une réponse précise donc bien au-delà des mots limités de Twitter. 

    La vraie pauvreté n'est pas seulement une situation matérielle, c'est avant tout un "statut où l'espoir est impossible". Le mot "statut" montre bien qu'il s'agit d'un état figé. C'est justement cette vraie pauvreté contre laquelle Cameron a lutté en apportant de la fluidité à la société. 

    Pour moi, aucune doctrine n'est parfaite ni une ennemie absolue. En revanche, la pauvreté devrait être une véritable ennemie parce qu'elle est contraire à la dignité et au progrès humains. 

    Pour lutter contre la pauvreté, quatre mesures pratiques sont incontournables.

    1) Un enseignement public de qualité qui assure la non-reproduction mécanique des inégalités financières ou culturelles. Cet enseignement public, c'est le passeport pour l'avenir de chacun. Quand j'ai exercé des responsabilités publiques, cette priorité a toujours été la mienne avec des investissements scolaires reconnus.

    Mais pour l'Etat, et là Cameron a raison, il faut rehausser le statut des enseignants et cela passe par des revalorisations salariales majeures. Aujourd'hui, la part financière d'un métier est forte. Pour attirer les meilleurs, il faut les payer. C'est une logique que l'Etat devrait assumer en révolutionnant la grille et les critères de rémunération dans l'enseignement.

    David cameron 09 05 15

    2) Les 20 premières années ne doivent pas déterminer toute une vie. Par conséquent, le dispositif de la formation permanente comme les critères d'évolutions des carrières doivent permettre des deuxièmes et troisièmes chances constantes. Regardons les cursus dans les entreprises britanniques et allemandes et comparons les "sortis du rang" avec la situation française : le fossé est considérable. Cette idée de la seconde chance est d'ailleurs celle qui avait inspiré nos propositions sur Grenoble sur l'effacement des dettes des précaires et le dispositif des cautions pour les entrepreneurs.

    3) La meilleure aide pour les personnes traversant une passe difficile c'est de les aider à s'en sortir en devenant autonomes. La première mesure sociale c'est donc l'emploi. Tout le reste c'est de l'assistanat qui ne rend pas l'espoir mais qui fait devenir proie : la peur que les aides diminuent ou prennent fin. Sur ce point,

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  • Un effet Cameron peut-il impacter la France ?

    David Cameron a gagné une majorité absolue sur la promesse d'actions de fond à continuer de conduire. Cette phrase résume à elle seule l'immensité de la différence entre la Grande-Bretagne et la France. Dans des faits concrets, par exemple en matière d'emploi, des zones urbaines britanniques ont créé en 5 ans davantage d'emplois que sur tout le territoire français pendant la même période. 

    Cameron bis 09 05 15

    Je ne pense pas qu'il puisse y avoir un effet Cameron qui impacte la France pour trois raisons.

    1) Le différence de fond entre de nombreuses nations dont les britanniques et les français c'est que les français ne croient plus en eux. Bien davantage, une sorte de haine de la France a pris corps presque partout pour des motifs parfois même contraires. Les uns haïssent la France qui accueille mal tandis que d'autres haïssent la France qui accueille trop … : tous les contraires se retrouvent au moins sur un point : une détestation suicidaire.

    2) L'abaissement du niveau de la classe politique est terrible. La comparaison des débats parlementaires entre les III ème, IV ème et V ème Républiques est terrible. Mais il en est presque de même à tous les autres niveaux. La classe médiatique a

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  • De l’élection la plus serrée à la majorité la plus … large

    En Grande-Bretagne, les sondages viennent de confirmer leur changement de nature. Ils sont devenus une composante à part entière de la décision électorale.

    Le tournant date de plusieurs années et se confirme désormais de façon manifeste. Les électeurs intègrent les éléments des sondages pour faire leur choix.

    Lors des départementales françaises de mars 2015, ils voulaient sanctionner le Gouvernement sans installer le FN en 1er parti de France donné grand vainqueur par les sondages : le jour du vote l'UMP est devenue le grand bénéficiaire de cette tendance.

    En GB, les électeurs voulaient conforter la politique de dynamisme économique donc ne pas la fragiliser par une coalition incertaine : les Conservateurs sont devenus les grands gagnants.

    David cameron 14 04 15

    Le sondage n'est plus la photo du vote mais une composante de

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  • Les vrais révolutionnaires actuels : Periscope et Meerkat

    Periscope et Meerkat sont en train de faire sauter des barrières dans des conditions encore peu soupçonnables. Le flux de leurs abonnés augmente dans des conditions qui font exploser les repères traditionnels. 

    Meerkatperiscope_3250188b

    Voir en direct comme si on y était : c'est l'étape ultime du partage par le numérique. Tout ce qui restait du ressort de l'écrit avait le

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  • Un vrai « coup de saveur » : une bière hors du commun : la Kernel

    C'est tardivement que j'ai découvert la bière. Par décision maternelle incontournable, j'étais voué à l'eau plate et aux jus de fruits sans dérogation possible. Puis en 1988 lors d'une réunion, un important entrepreneur de l'industrie pharmaceutique a cette confidence en fin de discussion "… et dire que dans ma vie j'ai surtout pratiqué deux médicaments : la bière et l'aspirine …". Puis la discussion tourne sur les qualités des bières pour la santé.

    De cette date, épisodiquement et avec modération, la bière accompagnait donc des moments agréables.

    Tout dernièrement, Jonathan m'a recommandé une bière qu'il mettait en relief sur Une Petite Mousse : la Kernel.

    Et là une découverte superbe : une bière qui dépasse toutes les autres.

    Bière 03 05 15

    Une Petite Mousse la présente ainsi :

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  • Baisse de la fiscalité : sujet tabou en France ?

    Hier, Justin Trudeau a pris des engagements fermes pour baisser la fiscalité sur les classes moyennes.

    Taux-imposition
    Le programme est clair, détaillé, précis, chiffré.

    En Grande-Bretagne, David Cameron a baissé la fiscalité dans de nombreux domaines. En France, le sujet n'est jamais abordé.

    Bien davantage, les mots menteurs frappent toujours avec des complicités multiples notamment journalistiques. Ainsi le maintien des taux des impôts locaux est-il présenté comme une … stabilité des impôts alors même qu'il s'agit d'une … hausse par application de l'actualisation technique des bases.

    Mais plus grave encore,

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  • La démocratie d’opinion et le boom prochain des sondages en ligne

    Nous sommes actuellement dans la salle d'attente d'une nouvelle étape de la démocratie d'opinion avec le boom à venir des sondages en ligne. 

    La délocalisation d'opérateurs de sondages sérieux a déjà permis un accès différent, plus large sur la base des techniques téléphoniques classiques.

    La seconde étape est celle de logiciels pour des sondages en ligne. SurveyMonkey par exemple a remarquablement surfé sur cette tendance nouvelle.

    Sondage

    La troisième étape sera

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  • #David_Cameron 2015 : très belle avancée créative sur documents diffusés

    Pendant la campagne électorale qui prendra fin le 7 mai, l'équipe créative des Conservateurs a effectué un travail remarquable sur les documents papiers diffusés. Des formats jusqu'aux montages des images en passant par les effets de pliages, rien n'a manqué pour retenir l'attention donc susciter l'intérêt donc favoriser la lecture.

    Conservatives bis

    La campagne numérique était très attendue avec l'arrivée d'ex conseillers d'Obama. Mais finalement, c'est dans l'édition traditionnelle que les créations ont été les plus imaginatives et parfois avec beaucoup d'humour à l'exemple notamment du

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  • La vraie réforme de David Cameron : laisser la société respirer

    Derrière le concept de "big society" de David Cameron se cache probablement l'une des réformes incontournables du nouveau millénaire : laisser la société respirer. Le constat est simple : le pouvoir politique n'est plus le moteur des grandes évolutions. Au mieux, il les accompagne. Au pire, il les diffère. Il doit donc "laisser vivre" la société avec une indépendance croissante.

    David Cameron 01 05 15

    Ce constat effectué, il est préférable d'évoluer vers un pouvoir politique humble, peu coûteux et qui progressivement se consacre à des actions sociétales symboliques.

    Un pouvoir politique humble, c'est un pouvoir qui accepte cette nouvelle donne liée pour partie à la mondialisation. Qui en tire les conséquences pratiques. Qui s'organise sur ces bases nouvelles.

    Ce faisant, c'est un pouvoir politique qui revoit à la baisse la dépense publique, le coût des politiques publiques. C'est un pouvoir politique qui revient sur le socle de ses fonctions régaliennes strictes.

    C'est enfin un pouvoir politique qui devient le point d'équilibre des actions sociétales symboliques. Il ne force pas les évolutions. Il les organise dans le dialogue et dans le compromis pour qu'elles interviennent de façon apaisée.

    Quand on dresse ce constat,

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