Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La fin des Centres ?

    Chaque crise économique profonde et durable a changé le paysage politique. La crise de 2008 ne va pas échapper à cette règle. Elle semble marquer la fin des Centres en politique. 

    Elle apporte trois modifications profondes :

    l'attente d'énergie : cette attente ouvre un espace particulier à des candidats jeunes, qualité d'état civil qui porte l'apparence immédiate de l'énergie. Si la candidate est une femme jeune, elle ajoute encore au look à la mode puisque son statut de femme la positionne immédiatement en contre-système d'un univers politique traditionnellement masculin. Lors des récentes législatives en GB, des membres de l'équipe de Cameron indiquent qu'il a travaillé sa "vitesse de déplacement" lors de la dernière campagne pour donner l'image d'une énergie en mouvement,

    la radicalisation des réponses : le temps n'est plus au pastel. Il est aux couleurs vives, fortes,

    la vague est aux anti-systèmes : en GB, Cameron pourtant sortant au pouvoir a remarquablement géré le référendum sur l'Europe puisqu'il devenait ainsi un anti-système. 

    En Grèce, l'ampleur de la crise pouvait expliquer la percée de Syriza comme outil de revanche populaire. En GB, le parti travailliste a d'abord payé le prix de sa modération. En Espagne, Ciudadanos a été débordé par les plus anti-systèmes radicaux dans des conditions où, là aussi, l'analyse des derniers sondages mériterait des explications. Au Canada, dès que Justin Trudeau s'est trop modéré pour devenir "premier ministrable", les intentions de votes ont pâli. Aux Etats-Unis, les incarnations du système sont à la peine. Hillary Clinton vient de renoncer à rencontrer les médias depuis 28 jours (du jamais vu lors d'un lancement de campagne !) tant les questions qui la scotchent au système politique la contrarient  : "les "années Maison Blanche", l'emailgate …). La campagne 2016 est toujours à la recherche de son candidat anti-système. La mode Elizabeth Warren donne une indication forte des positionnements attendus.

    Elizabeth Warren bis

    Dans cette vague culturelle,

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  • Quand il ne manque plus que la sensation du soleil, de la pluie ou du froid …

    Mon adolescence a été marquée par la revue National Geographic. Au début, bien involontairement de ma part. Pendant les "vacances" d'été, maman me faisait préparer l'anglais de l'année suivante avec cette revue. La revue d'un côté. Le dictionnaire d'un autre côté. Etre prêt pour le rendu du devoir en fin d'après-midi. Des années et des années d'un rite immuable. 

    Plus tard, quand j'ai été attiré par le métier d'éditeur, ma première démarche a été en direction d'un éditeur géographique lyonnais qui, pour des raisons de santé, envisageait de vendre sa société. L'accord n'a pas pu être trouvé. Dommage. Quelques années plus tard, avec Didier Richard, cette passion a trouvé une forme de concrétisation.

    Puis, les techniques évoluant, ma passion pour National Geographic a pris d'autres formes complémentaires : vidéos, sites de photos (Instagram) …

    Ours

    Dernièrement, à l'occasion d'un déménagement, j'ai retrouvé la collection des National Geographic de mon adolescence. L'émotion a été très grande. J'ai même retrouvé des numéros antérieurs commandés à cette époque en fonction des thèmes comme ce numéro de juillet 1957 parce qu'il y avait un reportage sur le pole Sud, sujet d'intérêt pour moi à cette époque. Un mois et une année qui correspondent à

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  • Pourquoi priver les citoyens de la faculté de décider … ?

    La France succombe à une appréciation grave : les citoyens ne sont pas dignes de confiance sur les décisions de fond. Par conséquent, pas de référendum. Comme si la plus mauvaise décision était vouée à être prise par une décision populaire. 

    C'est un sentiment qui en dit long sur la crise de la démocratie en France.

    Regardons l'Irlande et son dernier référendum. Qui annonçait ce résultat ? Ce pays froid, austère, fier de ses traditions semble voué au non et il vote … oui.

    Irlande

    Dans l'acte de voter, si le climat s'y prête, il y a une abstraction qui fait vivre la citoyenneté au-delà du simple individu. 

    Dans mon action publique, j'ai participé activement à

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  • Climat : la carte qui devrait faire réfléchir !

    L'incapacité des actuels gouvernants sera jugée avec beaucoup de sévérité dans les prochaines années. Pas un sujet structurant grave qui soit traité par les gouvernants français. Un décalage inédit. Hollande commente les élections internes du PS … pendant ce temps la dette s'aggrave, le climat se réchauffe, EI gagne du terrain, l'économie ne redémarre pas … Du jamais vu !

    Quand la France est devenue Monaco vivant au rythme des anecdotes des princes.

    Climat carte des risques 23 05 15

  • Podemos et les cavaliers de Marianne en France

    Demain, en Espagne, Podemos va peut-être bousculer l'échiquier politique. Un parti créé en 2014 peut arriver au pouvoir en … 2015. Impossible en France où tout est figé. Tout sauf les marques des partis. Le "paquet cadeau" change mais le contenu et les dirigeants restent toujours les mêmes.

    Pourquoi au bal politique français, Marianne succombe-t-elle toujours aux mêmes cavaliers ? 

    Aux Etats-Unis, le Tea Party est né en 2008 quand les "héros du quotidien", les citoyens qui résistaient face à la crise de 2008, s'organisaient. Ils ont fait l'élection de … novembre 2010.

    Tea-Party-IRS

    En Grèce, Syriza a été fondé en 2004. 11 ans plus tard : au pouvoir.

    La question n'est pas de savoir qui est de droite ou de gauche mais de constater que dans ces pays le bal politique bouge. 

    Au moment où les remises en question s'imposent, en France, la politique est un îlot où rien ne change. Les contribuables financent les partis, leurs permanents et leurs trésors de guerre. Le balancier fait que le battu devient l'élu 6 ans plus tard et ainsi de suite.

    En France, le cavalier de Marianne attend tout simplement le prochain bal. Il a alors toutes ses chances.

    Le désert culturel est absolu mais

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  • 418 jours après : les nuages s’amoncellent

    Quand la Métro décide de boucher les déficits récurrents d'Alpexpo à hauteur de 8 millions d'euros, qui se rend compte qu'il doit y avoir un moment où l'inacceptable doit prendre fin ? Quel a été le message de l'opinion sur Grenoble en mars 2014 ? Ceux qui avaient le plus dénoncé le système par tous les biais possibles dont des contentieux spectaculaires étaient portés à la tête du … système. Mais à la tête pour quoi faire ? Pour mettre un terme au système ou pour le perpétuer ? 

    Pour y mettre un terme. Or ils le … perpétuent.

    Depuis mars 2014, la position du Club 20 a été conforme au sérieux de notre campagne. Nous avons présenté des solutions. Le suffrage universel passé, nous jugerions des solutions. 418 jours après, il va commencer à être temps de tirer les premières conclusions.

    1) Au pouvoir, les écologistes n'ont pas été capables de tirer les leçons de leur victoire. Ils ont gagné parce qu'ils n'ont pas fait une campagne électorale écologiste "habituelle". Ils sont sortis des clichés y compris dans le profil perçu de leur tête de liste. Ils ont affirmé une puissance dans les faits avant même qu'elle ne le devienne dans les urnes (permanence, affichage, tractage …). Pour s'en tenir aux clichés, il ont alors été professionnels d'une campagne électorale avant d'être … Verts.

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    Au pouvoir, sur plusieurs dossiers dont la sécurité dans la ville, le même défi les attendait. Et là, la même intelligence efficace n'a pas été au rendez-vous. D'où l'actuelle exaspération croissante. En période de campagne électorale, ils avaient montré qu'il était possible d'être écologiste sans que la campagne ne soit un immense foutoir. Au pouvoir, ils devaient montrer qu'il était possible d'être écologiste sans que la vie en ville ne devienne un immense foutoir. Ce second défi n'est pas réussi. Dommage.

    2) Mais surtout, le système se perpétue. La Métro bouche les trous aux

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  • La Bourse (suite) et le CAC 40 à 5 100 points : une approche différente …

    @LesBulles1 communique l'article ci-dessous qui porte une approche différente avec d'excellentes questions de fond permettant à chacun d'y réfléchir. Une approche à l'opposé de celle que j'ai défendue ce matin mais qui mérite un examen à part entière sur des bases comparables à l'article de ce matin :
     
    "Je trouve que vous passez à côté du sujet ….
     
    Que la bourse se porte bien sous un Président "de gauche" dont l'ennemi n'a pas de visage et ragnagna … peut surprendre sauf si on constate qu'il mène la même politique économique que son prédécesseur (de droite) mais sans l'inconvénient d'avoir une opposition critique.
     
    Le sujet essentiel me semble être celui-ci : comment expliquer que la bourse se porte à merveille alors que l'économie est exsangue : pas de croissance, chômage qui s'envole, déflation, investissements en recul … ?
     
    Comment expliquer que le capital se porte si bien alors que le travail et l'investissement sont au plus bas ?
     
    A vrai dire, la réponse est dans la question. Le travail et l'investissement souffrent car le capital se porte trop bien.
     
    Dans le monde financier actuel, un placement doit cracher du dividendes sinon les investisseurs (fonds de pension, fonds d'investissement ..) vont voir ailleurs. Pour sortir un max de dividendes, pas de secret, il faut contraindre les coûts (salaires) et sacrifier les investissements.
     
    Bourse
     
     
    C'est une stratégie à court terme puisque

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  • La Bourse sous un pouvoir de gauche en France : cacher le bel indice pour cause de pudeur politique …

    Le CAC 40 s'est installé avec stabilité au-dessus des 5 000 points. C'est une situation qui mérite l'attention puisque cet ancrage stable marque le retour à la période pré-crise 2008 avant les flambées de 2007 qui ont connu une chute terrible lors du dernier trimestre 2008.

    Pour comparer la situation actuelle à celle de la crise, il faut avoir à l'esprit qu'en octobre 2008 l'indice était tombé à … 3 200 points en ayant perdu 43 % entre cette date et le début de l'année 2008. 

    CAC 40 historique 21 05 15

    Normalement, le pouvoir politique du moment devrait s'en féliciter. Mais ce n'est pas le cas en France parce qu'un pouvoir de gauche a ses pudeurs. Et sous un régime de gauche, la Bourse ne doit pas bien se porter. C'est politiquement incorrect. 

    Ce sont des situations de ce type qui montrent

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  • Nous Citoyens Grenoble, la Métro et le scandale des hausses d’indemnités des politiques : la pétition utile

    Je partage entièrement la pétition lancée par la nouvelle équipe de Nous Citoyens Grenoble sur le scandale des hausses d'indemnités des politiques à la Métro : + 256 %.

    La réconciliation nécessaire entre les citoyens et la politique ne se fera pas en douceur mais avec des mesures fortes ayant valeur de ruptures par rapport aux pratiques incompréhensibles.

    Sur ces pratiques incompréhensibles, la jeune équipe grenobloise de Nous Citoyens met à juste titre le doigt sur trois aspects essentiels :

    1) Pourquoi un élu déjà rémunéré pour sa fonction municipale serait-il rémunéré en plus quand il représente dans sa Commune à la Métro ? Imagine-t-on un salarié toucher sa rémunération de base et en plus une rémunération quand il fait son travail de base pour lequel il est déjà rémunéré ? Non. Ce sont des privilèges incohérents de ce type qui creuse le fossé entre les politiques et les citoyens.

    Grenoble Fete des Tuiles

    2) Réduire le nombre des Vice-Présidents : là aussi, c'est juste. Et on devrait ajouter avec des blocs de compétences clairs. Parce que parfois quand on a fini de lire l'objet officiel de Vice-présidences, on se demande à quoi cela correspond. Et pire encore quand il y a des chevauchements de compétences. Et dans ce domaine, le Département fait "fort". 21 Vice-Présidents. Un Vice Président est chargé des transports. Un autre est chargé des grands projets. Un autres est chargé de l'aménagement des territoires. Qui gère un dossier de transports qui constitue un grand projet pour l'aménagement des territoires ? 

    3) Et enfin la transparence sur le montant global réel des indemnités. C'est le sujet tabou dans l'agglomération grenobloise. A Lyon, les journalistes ont fait l'enquête et les révélations ont été instructives par organisme para-public. A Grenoble, c'est un sujet tabou. Interdit de savoir pour le contribuable qui paye !

    Ce sont des révolutions de ce type qui permettront la réconciliation des citoyens avec la politique. En mars 2015, des élus l'ont été avec moins de 15 % des électeurs inscrits ! C'est une crise de citoyenneté qui demande des mesures radicales.

    Pour signer la pétition, cliquer sur le lien suivant : la pétition

  • Les Grizzlys de Grenoble : un sport à découvrir

    Très intéressant reportage hier soir sur FR3 sur l'équipe de softball les Grizzlys de Grenoble. Le baseball est l'un des sports les plus remarquables qui soit avec un mélange de qualités comme rarement dans d'autres sports. 

    Grizzlys Grenoble

    L'équipe féminine de Grenoble, les Grizzlys Grenoble, effectue une percée de qualité. 

    Ce doit être l'occasion pour rappeler trois considérations malheureusement pas assez respectées dans l'agglomération grenobloise :

    1) Bâtir une réelle diversité de l'offre sportive : les collectivités locales devraient considérablement plus aider les différentes composantes d'une offre sportive diversifiée et pas seulement résumée par quelques sports qui auraient vocation à tout capter.

    2) Renforcer les équipements sportifs de proximité par bassin de vie. A titre personnel, je suis en désaccord total avec une conception élitiste du sport qui consiste à mettre des sommes publiques déraisonnables dans des équipements. Si comme à Lyon le privé a les moyens de prendre les risques du financement : pas de problème. Si cela relève du financement public, la course au gigantisme sur fonds publics n'est pas raisonnable. Par exemple, depuis que je connais la réalité du coût de

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