Denis Bonzy

Un séisme collectif absolu

Nuages 03 08 17

Nous sommes en train de vivre un séisme collectif absolu parce que l'actualité nous impose les deux sujets tabous de la vie moderne : la souffrance et la mort. Dans la vie moderne, chacun vit sa vie comme si elle ne devait pas avoir de fin. La croyance dans la science comme celle dans les progrès médicaux favorisaient ce sentiment. Les chiffres étaient là aussi pour nous convaincre : presque chaque année, l'allongement de l'espérance de vie. La place de la fatalité se réduisait. Nous avions confiance dans les avancées techniques. Bien davantage, avec plusieurs débats sur la "fin de vie", on espérait même pouvoir "réussir sa mort" en refusant des souffrances extrêmes. Et aujourd'hui toutes ces croyances là s'effondrent. Sous nos yeux en ce moment. Et elles s'effondrent en imposant un point de passage qui est le confinement donc la solitude. Le "chacun chez soi" c'est la solitude consacrée repliée sur l'ultime cercle familial. Si on est en droit de se demander comment l'économie repartira, on doit avoir la même question sur l'impact collectif de ce séisme absolu face à notre imaginaire d'hier. On a du mal à percevoir aujourd'hui l'immensité des traces durables profondes du choc actuel.

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