Depuis plusieurs années déjà, la vie publique française vit au rythme de la satisfaction immédiate de plaisirs. Ceux qui rappellent la nécessité de maintenir la qualité d'équipements publics essentiels sont des "austères décalés", des "rabat-joies", des "adeptes du vieux monde". Des commentaires souvent lus sous certains de nos articles. C'était le règne de "l'Etat communication paillette" et des "collectivités locales comités des fêtes". La période où il vaut mieux organiser un feu d'artifice, une grande fête symbole de la convivialité que d'entretenir des services publics fondamentaux avec des efforts financiers qui se voient peu du grand public. Que prouve d'abord l'actuelle période : qu'il fallait d'abord soigner l'hôpital. Quand il le demandait de très longue date déjà. Avec des moyens humains et matériels différents, il serait plus apte aujourd'hui à faire face à une crise d'une telle ampleur parce que le progrès ne s'accompagne pas nécessairement de la disparition des catastrophes. Comme au moment du terrorisme, il fallait d'abord soigner nos armées. La communauté de l'émotion de l'immédiat et de l'éphémère n'aime pas les efforts de longue durée souvent invisibles sur le champ mais efficaces dans le temps. A force de sortir du réel des fondamentaux de toute collectivité, de terribles fragilités sont apparues. C'est la conséquence de la tyrannie des plaisirs immédiats : un contrecoup brutal immense d'un autre monde. Pas sûr que cette alerte d'une ampleur aussi violente ne serve pourtant durablement de leçon. Sortir du plaisir-dépendance sera une épreuve collective forte.
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