Denis Bonzy

Quand le temps soigne : 12 ans et … 9 mois

Ottawa 1 bis 13 08 19

Il y a 9 mois, date pour date, nous étions avec Marie sur la route pour rencontrer Ottawa. A partir de Bourgoin, la météo a été très délicate : brouillard, pluie dense, vent fort. Ce n'est qu'après Beaune que la météo s'est calmée. Je m'étais planté dans les estimations horaires avec un écart de … 2 heures à l'aller comme au retour. Et à l'arrivée, la rencontre avec Ottawa âgée de 2 mois qui nous adopte immédiatement. La rencontre avec un bébé briard est un choc. Le bébé mesure quelques centimètres, pèse moins de 10 kg. Et 9 mois plus tard, il fait près de 60 cm et 25 kg. Nous avions beaucoup hésité. Depuis 1983, nous avons toujours eu une chienne briard qui était d'abord la compagne de jeux de nos deux fils Jonathan et Thomas et la dernière, Aspen, a été adorable franchissant tous les repères déjà formidablement positifs de celles qui l'avaient précédée. Elle a vécu 12 ans. Les 2 dernières années ont été très dures avec une succession d'épreuves liées à des cancers. Dans les traitements parfois difficiles comme après l'ablation d'un oeil, nous avons surmultiplié toutes nos attentions. Un dimanche matin , en urgence, son vétérinaire a même obtenu de moi que je l'aide pour une intervention délicate mais indispensable dans des conditions que je n'avais jamais imaginées possibles, moi qui suis si douillet et si paniqué devant le sang. Mais pour Aspen, mes angoisses classiques sont alors restées au vestiaire. Il fallait sauver Aspen. Son décès plusieurs mois plus tard a été une douleur terrible. Une douleur telle que nous pensions ne plus jamais reprendre une chienne briard pour ne jamais revivre de telles douleurs. Quand j'ai porté son flacon de sang au laboratoire vétérinaire ce matin de janvier pour bien vérifier le diagnostic alors rendu à l'échographie, j'étais dans un état second. Au point, rue Hébert, de tomber au sol sur un passage piéton glissant et de voir la roue d'un véhicule s'arrêter à quelques petits centimètres de mon visage au sol. La conductrice sortir paniquée et mon seul souci consistait à bien m'assurer que le flacon n'était pas cassé. Puis, la force de conviction de Marie faisant effet une fois de plus (comme toujours d'ailleurs !), elle a choisi Ottawa. Et depuis 9 mois, nous retrouvons tout ce que nous adorions chez Aspen. Tout y compris dans les plus petits détails du comportement. Comme si Aspen était de retour. C'est impressionnant à ce point. Comme si elle était désormais toujours là mais sous une autre couleur de poils. C'est la première fois que, face à ces tristesses si durablement lourdes, le temps soigne à ce point alors que d'ordinaire il creuse la mélancolie. 

Ottawa 2 13 08 19

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