Denis Bonzy

Le vrai décalage : quand le client devient mieux traité que le citoyen …

Conseil Départemental Isère juin 2019

Cette semaine, deux articles me sont apparus très intéressants. L'analyse de Jérôme Sainte-Marie sur le dégagisme et celui de Olivier Holmey sur le feuilleton journalistique (merci à JF Fechino pour ce signalement). Le dégagisme sévit presque partout dans les démocraties occidentales. Pourquoi ? 1) La fin de l'Etat Providence avec les conditions de gestion de la crise de 2008. Mais surtout 2) une inversion considérable est intervenue : aujourd'hui le client est mieux traité que le citoyen. Le citoyen n'accepte plus ce décrochage. Pendant longtemps, être citoyen c'était une "double fête" : celle de l'égalité et celle de la considération. L'égalité est liée au droit de vote notamment. La considération est + subjective. Elle était liée au fait que le citoyen trouvait une écoute, des réponses que le client n'obtenait pas dans le circuit économique classique. Aujourd'hui c'est le contraire. Vous passez un mail à Amazon, à une start-up … vous avez une réponse sous 24 heures. Vous passez un mail à la mairie qui est à votre porte, elle ne vous répond pas ! Ce décrochage n'est pas accepté. Il est pris pour du mépris, de l'indifférence. La sanction naturelle c'est alors le "vote sanction". Voilà le socle du dégagisme : en économie, le client est mieux considéré que le citoyen ne l'est en démocratie. Tant que des collectivités publiques n'auront pas intégré cette "révolution" de la réactivité comme celle de la mobilité, elles s'exposent au vote sanction parce que le citoyen est devenu client, moins militant d'idéologie et plus praticien de solutions attendues. Un changement majeur. 

NB : la photo ci-dessus est extraite du compte Twitter de Place Gre'Net suite à une manifestation d'hier au siège du Conseil départemental de l'Isère. Une formule simple sur un support simple qui résument tout. 

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