Il y a au moins un domaine où la vie publique mérite son féminin : le rapport à l'âge. Toujours sans âge. Quand sur le terrain, on écoute des habitants arrivés dernièrement dans une Commune, les équipements publics n'ont pas d'âge. Pas de parent. Surgis de nulle part. Tombés du ciel. Immédiatement inscrits dans le patrimoine collectif c'est à dire devenu l'oeuvre de tous donc de chacun, donc de personne. Celle ou celui qui traverserait la vie publique française en espérant que le fruit de travaux lui resterait attaché dans le temps se vouerait à des insomnies douloureuses ou pire encore à une torture intense. Le vide est à la remise des clefs. La magie d'appropriation collective opère alors. Localement, Synchrotron, nouveau Musée, Collèges, voiries … : pas d'âge. Nés avec la géographie concernée. En France, l'oubli est désormais plus contagieux que la grippe. C'est peut-être ce qui motive certains à faire si peu ? Dans la durée, ils seront ainsi parents d'équipements publics qu'ils n'ont jamais travaillés et partageront le vide avec d'autres parents involontaires. Le spectacle du temps perdu est peut-être l'un des actuels facteurs du déclassement manifeste des engagés dans ce domaine ? Inédit à ce point. Instructif à constater.
Laisser un commentaire