Denis Bonzy

Chronique de la crise annoncée …

BC 19 08 18

L'actuelle période marque un enfoncement dans la crise en France qui est d'une extrême gravité. Depuis la seconde guerre mondiale, nous sommes à la quatrième génération. La première au lendemain de la seconde guerre, c'est la génération des héros. Ils ont connu l'enfer. Ils ont été capables de résister. De reconstruire. De poser les jalons pour éviter la répétition. La seconde génération (années 70), c'est la "génération artiste". Elle se déconnecte des réalités. Elle "veut vivre peace and love". 68 et son cortège d'illusions. La troisième (début des années 2000), c'est la génération nomade. Elle découvre la planète. Elle peut vivre à l'international dès les études … Les frontières ont moins de sens pour elle. Et la quatrième génération depuis 2015, c'est la disparition de la génération des héros pour cause d'état civil à quelques exceptions près et c'est le dramatique cumul des deux suivantes : les artistes et les nomades. C'est d'ailleurs un lien très instructif, des artistes célébrés par les Français sont souvent des nomades vivant à Londres, à Miami, à San Francisco mais vivant grâce aux produits vendus en France. Le produit de ces deux cultures, c'est la "génération crise". Pas de sacrifice. Pas de racines. Une capacité à s'extraire des réalités qui est revendiquée. Celui ou celle qui vit dans le réel est un réac ou un "con". Elle ne veut pas de "règle du jeu collectif". Dès que ça ne va pas, c'est la "faute du système" ; ce qui est la dé-responsabilisation individuelle la plus totale. Chacun s'apitoie vite sur son sort mais pas en réalité sur le sort de l'autre. Elle privilégie le ludique (dont les loisirs) face au travail. Le matériel immédiat ostentatoire face à l'effort austère. Avec une telle mentalité assumée, la crise est incontournable. Elle est là. Avec de tels repères, il n'y aura pas de sortie de crise. La "génération des héros" ne suçait pas les caprices de l'opinion. Aujourd'hui, à force de renoncer même de tenter de convaincre pour défendre une idée hors du culturellement correct, quelle chute. Pas un dossier qui désormais en France ne se présente plus positivement qu'il y a quelques années. C'est une drôle façon d'entrer dans le futur. Et le pire dossier c'est l'incapacité à changer le système pour se préparer à un dérèglement climatique qui est le défi collectif ultime. Il est engagé. Mais tout est fait pour l'ignorer. Nous sommes bien entrés dans la chronique de la crise annoncée. 

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