Denis Bonzy

Du « tout se vaut » au règne du « c’est juste puisque beaucoup le pensent » …

Aron Raymond 01 02 19

Après l'égalisation des règles et des comportements, la France vit maintenant dans le règne de l'audience. C'est la dictature du nombre. Un sujet devient juste ou important parce que beaucoup le pensent. Au pays supposé historique de la raison, la raison perd du terrain chaque jour devant un chiffre magique : l'audience. Jusqu'où cet affaissement peut-il durer ? Cette semaine, Le Point consacre un long reportage à Raymond Aron. Enfin ! En quelques décennies, le pays de Raymond Aron, Jean Guitton, Sartre … s'est abandonné au vide. Dans la quasi-totalité des domaines. Même la musique. Qui oserait comparer les paroles des chansons de Bécaud, Brel, Dumont, Trenet, Aznavour … avec les Booba et Kaaris ? Et les films de Chabrol ou Melville avec Camping 3, 4, 5, 6 … ? Le pire, c'est que le nombre accepte à ce point que le parti pris de la bêtise puisse devenir le socle de la vénalité. Car c'est d'abord le règne des "faux cons", ceux qui ont fait le pari de la bêtise des autres pour faire carrière, pour devenir riches … et si souvent pour faire du fric à partir des français mais pour le dépenser ailleurs et sans le moindre grief aux yeux des français. Le palmarès des vedettes les plus populaires en France est truffé d'exilés fiscaux qui vivent notamment aux Etats-Unis, à Londres ou en Suisse. Un tissu manifeste de contradictions. Mais en France la mode n'est plus aux raisonnements mais à la résonance : faire du bruit et surtout susciter l'attention. Quel peut être le devenir d'un pays qui fonctionne sur de telles bases ?  La question se pose de plus en plus sérieusement chaque jour qui passe. 

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