Hier matin, le vrai séisme en France n'était pas dans l'annonce du 9 ème samedi des GJ mais dans la publication du baromètre de confiance du Cevipof. Du jamais vu. Depuis 10 ans, la "température" est prise sur des bases techniquement solides et là, pour la première fois à ce point, la crise est partout. Elle a tout gagné : de la morosité à la défiance en passant par le discrédit à des niveaux rarement atteints. Plus une situation est grave, plus elle est complexe, plus il faut s'en remettre à des idées simples. Pour l'essentiel, elles sont au nombre de 5. 1) L'existence d'une crise n'est pas exceptionnelle. La notion de crise est même liée à toute activité humaine. Ce qui est important ce n'est pas l'existence d'une crise mais la capacité à une sortie rapide de crise. 2) Dans une démocratie, en cas de crise, un pouvoir ne gagne jamais contre le peuple. Si un pouvoir parie sur l'usure et si l'usure n'intervient pas, il vaut mieux retourner le plus rapidement devant les électeurs. 3) Pour qu'un système soit respecté, il faut qu'il soit respectable. Or depuis un nombre élevé d'années, le système politique français a sombré dans des travers répétés qui lui ont fait perdre sa respectabilité aux yeux d'un nombre croissant de citoyens. 4) Un système non respecté peut quand même rester en place s'il donne des résultats positifs pour le grand nombre. Or en France, les résultats font défaut. Au pays de l'impôt le + élevé et de la dette la + lourde, chaque pan du secteur public semble défaillant. 5) Toutes ces réalités anciennes sont amplifiées, accélérées par les réseaux sociaux qui chassent les angles morts de la démocratie. On va y chercher ce qu'on n'a pas trouvé dans les réseaux professionnels classiques. Et dès qu'on y trouve une information qui conforte son sentiment initial, elle est démultipliée. C'est une spirale terrible. Plus le pouvoir s'éloignera de ces réalités de bon sens, plus la température collective risque de monter. Et d'escalade en escalade, il deviendra très peu probable que des décès soient toujours évités. A cette étape dramatique là, l'émotion chasse totalement la raison. Chaque samedi on s'en rapproche de plus en plus dangereusement.
Laisser un commentaire