L'une de mes premières observations de la politique sur le terrain a été aux côtés de Jacques Chirac dans le Sud Isère. Sur la route de Mens, dont le Conseiller Général était alors Pierre de Villard, il s'arrête pour saluer un agriculteur au fond d'un champ humide. Il revient les chaussures crottées de terre comme le bas de son pantalon. Il avait le symbole de son "pied à terre" pour le reste de la journée. Personne ne douterait qu'il avait fait du … terrain. Plus tard, j'ai appris que cette "méthode" était classique pour l'intéressé. Les chaussures en disent en effet long sur le rapport d'un individu avec le terrain. Imaginez-vous recevoir une leçon de terrain par une femme munie d'escarpins d'orsay impeccablement cirés à talons aiguilles de 15 cm. Serait-elle crédible ? C'est comme la génération des hommes à mocassins à glands toujours remarquablement cirés. Quand on a le pied à terre au vrai sens du mot, la terre laisse des traces. C'est que j'ai toujours constaté et encore davantage actuellement sur le terrain avec des jours de pluie. Des traces pas seulement dans le raisonnement. Quand on a le recul de l'âge pour comparer les situations, c'est fou ce que l'arrogance des escarpins à talons aiguilles ou des mocassins à glands a pu gagner comme terrain dans la vie publique française sans connaitre le … terrain. C'est finalement pour une grande partie la bataille du gilet jaune contre les mocassins à glands que vit la France actuellement. Le vêtement a toujours une dimension qui dépasse sa seule utilité primaire.
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