L'ouverture demain d'une conférence internationale de plus sur le thème de la lutte contre le réchauffement climatique pose une question de fond : les Etats sont-ils contournables ? On assiste actuellement à deux mouvements qui méritent l'attention : le municipalisme et l'appel aux fonds privés. Avec le "municipalisme", c'est le sentiment que le local pourrait faire à la place de l'Etat. Avec les fonds privés, c'est l'idée que des grandes fortunes peuvent "remplacer" les Etats. Les deux sont dans le faux ou plutôt dans la seule communication. Le municipalisme vise à faire vivre un pouvoir de proximité. Les fonds privés vivent à faire vivre des corrections d'images. C'est comme quand Rhône-Poulenc finançait Ushuaia. Les cycles de production, les fumées, l'exposition des salariés à des pollutions gravissimes … : rien n'avait changé chez Rhône Poulenc mais la vitrine permettait de se refaire une "morale". Il y a des domaines où les Etats ne sont pas contournables. Les autres initiatives, locales ou privées, ne peuvent que démultiplier les actions des Etats. Mais pas les remplacer. Au passage, la conférence de demain montre surtout l'enfumage de la COP21 : qu'est ce qu'un engagement sans conséquence contraignante ? Qu'est ce qu'une action planétaire sans solidarité financière à destination des pays les plus pauvres ? Tant que ces deux questions de bon sens n'auront pas de réponses, il ne s'agira que d'actions de communication sans effet réel sérieux sur le jour d'après. Et cette superficialité ne fait que renforcer l'impact ultérieur de la revanche des faits d'une planète qui va de plus en plus mal car agressée de façon de plus en plus sévère avec des espèces animales en péril. A ce rythme, l'être humain sera peut-être la dernière espèce à disparaître mais mourir le dernier est-ce un objectif mobilisateur ? C'est la seule vraie question de la présente période.
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