La vie publique française vit toujours au même rythme : un jour la publication d'un volumineux rapport et le lendemain l'oubli des conclusions comme si le rapport ne servait à rien sauf à alimenter un rayon supplémentaire de bibliothèques. Il y a 15 jours, Emmanuel Macron présentait son plan pour le numérique dont la volonté de créer des leaders. Mais comment un pays qui ne finance que 14 introductions en bourse par an en moyenne ces dernières années pourrait-il financer des leaders là où ailleurs, sur le même financement, par exemple le Canada en finance 100 en moyenne sur la seule Bourse de croissance de Toronto pour une levée moyenne de plus de 3 millions de dollars ? L'avenir économique est inscrit dans ces chiffres. Un rapport presque de 1 à 10. Parmi les nombreux prospectus d'introduction en bourse auxquels j'ai participé celui d'Ober montrait toute la gamme des possibilités que seule la Bourse offre : de la valorisation post IPO à la faculté de cessions de titres permettant des évolutions rapides du périmètre d'actionnariat … Sans cette introduction, cette société n'aurait jamais pu affronter avec efficacité ses défis stratégiques d'alors. Ce n'est pas avec 2 ou 3 business angels plaçant au mieux 50 000 € d'économies pour surveiller à ce titre l'équipe de gestion et tromper l'ennui d'une retraite trop frustrante que cette société aurait pu "changer de gamme". Au rythme actuel, la France se prépare à une petite économie régionale en ayant quitté tous les hauts de classements des segments d'avenir. Cette réalité est inscrite dans les actuels chiffres. Ce sera intéressant d'écouter Emmanuel Macron ce soir sur ce sujet à la condition que la question soit posée bien sûr …
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