Dans 48 heures, comme chaque année, la France va célébrer ses journées du patrimoine. Avec les déplacements nombreux dans le temps, je suis surpris par la conception française du patrimoine : il y a un snobisme, un patrimoine mondain. Pour appartenir au patrimoine reconnu, donc respecté, il faut mériter être au musée. Dans cette mentalité assez étonnante, il n'y a pas d'espace pour le "petit patrimoine", celui du "coin de la rue" : la vieille porte d'un immeuble, la petite fontaine d'une place de village, deux arbres qui portent une mémoire centenaire … Le grand perdant de cette approche, ce sont les paysages comme si la nature pouvait en permanence refaire ce qu'elle a créé. Très souvent, ce "petit patrimoine" n'intéresse personne. Il peut disparaître dans l'indifférence. La fontaine peut être taguée dans l'ignorance. Des arbres centenaires peuvent être abattus et constater qu'ils seraient "équilibrés" par de jeunes pousses … Cette mondanité du patrimoine, c'est la négation même du patrimoine. C'est dommage que tant de villes et de villages y succombent. C'est mauvais signe pour les prochaines années.
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