Denis Bonzy

Le chêne et le roseau …

Roseau

Hier, j'ai ouvert la première page d'un cinquième carnet sur des formules à conserver au sujet de la vie. Mon premier carnet a été ouvert en … 1975. Un Professeur de droit me fait découvrir le droit public : Gustave Peiser. C'est alors une découverte fabuleuse : le poids des mots, leur sens, leurs nuances … Une intelligence remarquable. Une gentillesse magnifique. 3 ans plus tard, pour préparer le concours d'entrée à l'ENA, il m'avait proposé que je lui adresse sur son lieu de vacances des copies pendant l'été sur des sujets qu'il me posait. J'ai toujours certaines de ces copies avec ses annotations détaillées, la note, ses suggestions … Un second enseignant avait fait de même : Gilbert Anton, alors Conseiller au Tribunal Administratif de Grenoble. Depuis cette époque, que de fois j'ai pensé à eux. Leurs remarques occupent des pages entières de mon premier carnet. Hier soir, sur ce nouveau carnet, j'ai écrit la première phrase trouvée dans une lecture avec la plus belle définition des seniors modernes : ils ont la souplesse du roseau avec les racines du chêne. Notre culture est faite pour une grande partie par les remarquables leçons des fables de La Fontaine dont "Le chêne et le roseau".  Dans la fable, le chêne est solide. Epais. Il tire sa force de ses racines. Le roseau est frêle, Mais il est souple. Cette souplesse peut lui permettre de traverser des tempêtes car il sait se plier, se courber. Le roseau incarne la jeunesse. Le chêne symbolise l'âge mûr. Et le chêne peut rompre sous certaines tempêtes. Pourquoi opposer leurs qualités ? Les seniors modernes, c'est la souplesse du roseau avec la force des racines du chêne. Avec cette belle définition, la fin de journée m'est apparue plus légère …

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