A ce rythme, Emmanuel Macron va vite réhabiliter le profil de seniors pour les prochaines élections. Depuis de nombreuses années déjà, l'opinion publique moderne vit en s'affirmant par des contrastes forts. La caricature des contrastes, c'est les Etats-Unis. La présidentielle vit au rythme des contrastes vifs et depuis longtemps déjà. Début des années 70, Nixon et Ford sombrent dans le machiavélisme, conséquence directe : élection du moraliste Jimmy Carter. Carter est perçu comme trop "innocent" affaiblissant la puissance américaine. Conséquence directe : élection de Ronald Reagan, le cow boy qui n'hésitera pas à ré-armer la puissance américaine. Bush Sr lui succède dans la foulée de la popularité de Reagan mais il est hautain, lointain. Conséquence directe : un brave gars simple du petit Etat de l'Arkansas est élu : Clinton. Mais Clinton sombre dans des frasques sexuelles. Conséquence : élection de GW Bush qui affiche sa foi religieuse comme rédemption des années peu "sérieuses". Bush vit au rythme de "simplicités" assez énormes : les "bushismes" qui suscitent des moqueries. Conséquence : élection d'un intellectuel nuancé aux repères quasi-européens qui font choc avec les "vérités primaires" de l'ex président texan. Après les nuances (Obama), c'est le rouleau compresseur Trump. La logique voudrait que Trump ouvre la voie à un profil plein de modération et de morale. Bref, l'opinion publique moderne fonctionne à coups de volant radicaux. La France n'échappe pas à cette "méthode". Chirac, "roi fainéant" ouvre la route à l'énergique Sarkozy. Ce dernier passe d'énervements en énervements, il ouvre la voie au "paisible Hollande" plus "rond" et consensuel. Mais le consensuel est perçu comme faible, fragile, trop "normal", ce qui ouvre la voie à la jeunesse brillante rebelle : Macron. Mais si Macron donne rapidement le visage d'une jeunesse cassante, arrogante, qui sait tout mieux que les autres, le prochain profil performant sera celui d'un senior sage, à l'écoute, plein de précautions … Choisir n'est pas tant élire qu'éliminer. Et celui qui exerce une fonction en poussant certains traits de tempéraments à l'extrême devient le plus sûr prometteur de son … contraire. C'est la règle du "ne plus vouloir ce dont on a plus envie" …
Ne plus vouloir ce dont on a plus envie
Commentaires
Une réponse à « Ne plus vouloir ce dont on a plus envie »
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Très pertinent! Ceci met en lumière ce que le monde médiatique n’aborde jamais: la responsabilité des populations dans les choix politiques, leurs contradictions jamais mises à jour de l’opinion. Tout se passe comme si l’important était de trouver un bouc émissaire plus que de se poser les questions dans leur complexité. « C’est la faute à » évacue le « pourquoi » et donc obère la capacité de « construire ensemble » sur la base de compromis éclairés.
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