Le vocabulaire français est si riche que parfois le changement d'une seule lettre d'un mot met en relief le danger du changement du sens du mot initial. C'est le cas du mot "engagement". C'est un mot magnifique. Le contraire de l'indifférence. L'opposé du repli sur soi donc de l'égoïsme … Mais l'engagement est menacé par l'encagement. Comme si s'engager c'était entrer dans une cage pour ne jamais pouvoir en sortir. C'est ce que refuse l'opinion moderne parce qu'elle est libre, autonome, plus mûre. Quand des candidats font des campagnes dignes de "l'élection de miss camping", quelle tristesse de voir des engagés les défendre à tout prix. Quand un président d'un conseil départemental nie toute légitimité à des élus ayant obtenu moins de 50 % de participation, quelle tristesse de voir des engagés de son parti ne pas lui rappeler que l'immense majorité des élus de son département l'ont été à … 48 % de participation au plus. Quand dans un pays avec 9 millions de pauvres, dont 5 millions de chômeurs, un candidat à une élection se fait offrir deux costumes à 6 000 € pièce, c'est la disqualification assurée. Quelle irréalité de ne voir aucun "engagé" rappeler une telle vérité de base. Et la liste pourrait continuer longtemps d'exemples récents qui sont une insulte à l'engagement qui est d'abord un niveau élevé d'exigence. C'est comme Macron, si les affaires continuent à voler en escadrille avec les mêmes arguments de défense qu'hier pour les opposants sanctionnés, il sera … sanctionné pareillement. L'opinion moderne n'accepte pas d'être encagée et c'est la plus belle expression de ses progrès. Elle ne va pas accepter de la politique ce qu'elle refuse même désormais à la religion. Le jour où en France cette évolution sera mieux reconnue la politique y gagnera.
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