Denis Bonzy

Et si Vivarte permettait enfin d’ouvrir des vrais dossiers de fond … ?

Bourse 12 12 16

Pour dynamiser l'économie française et relancer l'emploi, il faut ouvrir enfin des sujets tabous qui sont des verrous implacables. Deux d'entre eux méritent un examen sérieux : les banques et la grande distribution. 1) La France doit réorganiser totalement son système bancaire. Les Français se sont beaucoup appauvris ces dernières années. Un exemple concret, aujourd'hui France Domaine diffère la cession de biens immobiliers de grande qualité appartenant à l'Etat parce qu'ils savent que les Français ne pourront pas tenir la compétition face à d'autres candidats étrangers (arabes, russes, turcs …) et qu'ils protègent ainsi le patrimoine de l'Etat en gelant les opérations possibles. Faute de vrais investisseurs privés, à la différence des Etats-Unis avec ses capitalistes risqueurs, en France, la banque reste donc le pivot des financements. Or la culture de sécurité de la banque française c'est le bouclier contre le risque. Quand une holding achète une société par un dispositif d'emprunt susceptible d'être remboursé par les remontées de dividendes de la société cible, par définition, le dispositif devient impossible si la société cible ne dégage plus des bénéfices. La cession d'autres actifs devient alors incontournable pour honorer la dette. C'est ce mécanisme qui a secoué les LBO avec la crise de 2008. Pour éviter de telles évolutions, la banque doit accorder des "facilités", différer des remboursements … : bref accepter une part de risque. C'est le dossier actuel de Vivarte. En 2012, Hollande avait pris la promesse de distinguer l'activité de banque de gestion courante (particuliers) et celle de banque d'affaire. Il n'a pas opéré cette distinction. Dommage. Il serait temps de l'effectuer pour distinguer deux esprits différents de fonctionnement. 2) Second sujet tabou, la grande distribution. Là encore rien n'a été fait en dehors de changer certaines étiquettes qui ne sont jamais lues par les clients. Pour rendre un espace au petit commerce ou à certains fournisseurs comme les agriculteurs, les règles doivent être changées. Mélenchon a évoqué une mesure qui mérite l'attention : et si la grande distribution alimentaire était mise à contribution pour financer une partie d'un fonds de retraite des agriculteurs ? Le rapport de domination est tel entre le donneur d'ordre et le fournisseur qu'il peut être intéressant le lier les sorts dans la durée pour protéger le plus faible. Avec Vivarte et la question de la cession d'André, il serait temps que ces sujets soient enfin traités sérieusement. Les circonstances s'y prêtent avec la campagne présidentielle en cours. Pour le moment, les sujets abordés restent très superficiels.

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