Hier, Cécile Duflot a essuyé une défaite cinglante. Il y a encore quelques semaines, les sondages la donnaient gagnante et facilement. Des médias de gauche comme le Huffington Post l'annonçaient même déjà comme la "révélation probable du 1er tour de la présidentielle". Et le Jour J = plongeon. Par définition, il n'est pas possible de sonder avec rationalité quand l'échantillon de base n'est pas sécurisé. Même si l'échantillon est sécurisé, c'est déjà difficile quand 30 % des votants se déterminent en moyenne dans les derniers jours. Mais quand l'échantillon de base est totalement aléatoire, c'est du jeu et non plus de l'expertise.
Pour des primaires, c'est la différence entre dire oui à un vote et donner un nom en étant assis dans le fauteuil douillet de son salon lors d'un sondage téléphonique et le Jour J prendre sa voiture pour aller voter, faire 15 kilomètres, neutraliser une 1/2 journée de week-end …
Les Etats-Unis ont connu cette année de nombreux sondages pour des primaires locales. Le 5 août dans le Wisconsin sort un sondage. Un inconnu (Paul Nehlen) est donné gagnant face à Paul Ryan (ex co-listier de Mitt Romney en 2012 et Speaker de la Chambre / photo ci-dessus). Nehlen doit battre Ryan : 48 / 41. Et les médias se déchaînent. Le 9 août, le vote a lieu : Ryan = 84 % et Nehlen = 16 % ! Les partisans de Ryan avaient voté et les indécis et indépendants plus favorables à Nehlen étaient restés chez eux. La différence entre répondre à un sondage téléphonique en 5 minutes et se déplacer le Jour J en consacrant tout le temps nécessaire.
Les médias connaissent cette réalité. Les instituts de sondages aussi bien entendu. Mais les médias doivent alimenter l'information et les instituts de sondages doivent vendre des sondages même en ayant conscience de leurs lourdes imperfections. Quand un système avance sur de telles "bases", il est manifestement cassé.
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